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Publié par Dreuz Info le 8 février 2007

Dans un récent article , Jean Rouxel note :

L’islamisme avance, la République recule. Le 5 janvier dernier, le Conseil d’État avait interdit la distribution en pleine rue de la soupe au cochon, jugée discriminatoire à l’encontre des juifs et des musulmans. […] La loi islamique exploite les possibilités offertes par un droit français que les tribunaux interprètent souvent dans le sens du politiquement correct islamophile. Les communautaristes exhortent à ne pas s’agripper à un modèle républicain – unificateur – qui serait dépassé. Mais cela nécessiterait l’acceptation d’un fonds commun de principes, parmi lesquels la séparation du politique et du religieux. C’est là que le bât blesse. La théologie musulmane, en ses divers courants, proscrit formellement cette séparation, quoi qu’en disent certains. Et elle n’accepte pas que les musulmans soient soumis à des lois d’inspiration non musulmane, hormis force majeure. Cela contrevient à l’esprit, quand ce n’est pas à la lettre, du droit des pays occidentaux. La France, et pas seulement elle, détricote un droit tissé depuis des siècles au nom de la liberté de pensée.

Le procès intenté par la mosquée de Paris et l’UOIF (Union des organisations islamiques de France)  contre Charlie Hebdo a débuté hier. De nombreuses personnalités, dont François Bayrou et François Hollande, sont venus témoigner en faveur du journal satirique. La critique de la religion, ont-il affirmé, est le propre de la nation des Lumières.

Sarkozy approuve, et apporte son soutien à Charlie Hebdo, provoquant la fureur des du Conseil français du culte musulman. Tout cela exige quelques remarques :

1) Sarkozy comprend-il la bêtise qu’il a faite en donnant son aval à la création du CFCM, noyauté par les fondamentalistes et déserté par les musulmans libéraux ? Le CFCM est très influencé par l’OIF, elle-même proche des Frères musulmans. En d’autres mots, le premier interlocuteur musulman du gouvernement français n’est pas musulman libéral, mais islamiste.

2) Est-ce que la préfecture de Paris rappellera le recteur Bourbakeur à l’ordre ?

3) Les Français réaliseront-ils que "l’ouverture" et la "tolérance multiethnique" face à l’intolérance et à l’obscurantisme religieux s’apparente à de la soumission ? 


Sur son site internet, l’UOIF justifie sa prise de position par des pirouettes dignes des plus grossiers discours de Tariq Ramadan. Examinons ce jeu rhétorique :

a) Rassurer le gouvernement français en rappelant les principes du pays :

Qu’il soit dit haut et fort : Nous n’avons jamais renié le droit à l’expression libre pour tout un chacun quand bien même le propos ou la parole nous serait déplaisant ou critique.

Mais, en s’autoproclamant opportunément « martyr » de la liberté de critique, après avoir usé de l’insulte comme vecteur d’expression, Charlie Hebdo joue sciemment la carte de la confusion et des raccourcis simplistes. Il cherche à nous proposer une vision binaire du monde ; d’un côté seraient postés les censeurs de la liberté d?expression, musulmans et donc suspects ; de l’autre, les tenants des libertés fondamentales et garants de nos droits, et donc innocents et au-delà de tout soupçon.

b) Exploiter la faille française de l’interdiction à tout-va, en clamant "responsabiliser" alors que l’on veut interdire :

Tout être humain raisonnable aspire à la liberté, quelles que soient ses variantes. C’est pour cette raison naturelle que celle-ci est indiscutablement une valeur première de notre République en même temps que l’assise indispensable à toute société démocratique. Mais la liberté ne supporte pas l’absolu. En ce sens, liberté s’accorde nécessairement avec responsabilité. Il est en effet évident pour tous qu’on ne peut pas tout accepter en son nom, raison pour laquelle il est coutume de dire qu’il n’est pas de liberté sans limite.

Or, précisément, le problème n’est pas dans le principe mais dans sa délimitation. Et c’est exactement le sens de notre action devant les tribunaux : donner au juge, qui est le mieux à même de trancher, la possibilité de dire si la limite de la liberté d’expression a été franchie et si, le cas échéant, comme nous le croyons, Charlie Hebdo lui a porté atteinte en l’utilisant pour blesser nos concitoyens de confession musulmane.

c) Victimisation des musulmans :

Car au-delà de l’horizon des mots et des dessins, une réalité demeure : la meurtrissure de milliers d’individus, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes qui ont été visés au travers des attaques déguisées de leur tradition historique, religieuse et culturelle.

En tant que musulmans, nous avons été et sommes toujours profondément outrés par l’attitude violente, et assumée comme telle, consistant à dénigrer les symboles de notre foi et via ceux-ci nos référents identitaires les plus intimes.

d) Dénigrement explicite des principes de la République, tentative d’introduire en jurisprudence des considérations contraires à la constitution française :

Attaquer les croyances d’un individu revient en réalité à attaquer l’expression de sa conscience, l’intimité même de son intégrité, ce qui fait sa personne, ce qui fait son espérance, son être et son devenir.

La liberté ne peut servir de paravent à cette violence. Au contraire, elle impose, à défaut de comprendre la foi de l’autre, de respecter son droit de croire et de respecter sa foi en interdisant par exemple d’en faire un sujet d’amalgame criminel.

e) Contradiction entre les principes de la République et les lois communautaires :

Le respect des croyances de chacun, qui ne veut pas dire négation de la libre critique, est le meilleur garant pour un plus grand vivre ensemble. Telle est notre conviction.

D’un discours faussement rationnel émerge le véritable avertissement des membres de l’UOIF : pour vivre côte à côte avec eux, la République doit bafouer ses principes fondateurs.

D’autres articles sur le même sujet : L’islam et la France

Quand l’obscurantisme se déclare fidèle aux principes de la République…

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