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Publié par Dreuz Info le 11 février 2007

Par Guy Millière, www.menapress.com, 31 janvier 2007 

David Pryce-Jones, rédacteur au magazine américain National Review, avait publié, il y a quelques mois, dans la revue Commentary, un article remarquablement documenté sur la diplomatie française et sur l’antisémitisme et les rêves arabes qui l’habitent depuis toujours, ainsi que sur les conséquences qui en découlent jusqu’à ce jour. Il vient de donner une suite à son article, sous la forme d’un livre éminent, publié aux Etats-Unis : « Betrayal : France, the Arabs, and the Jews » [1]. 

Pryce-Jones démontre comment, depuis deux siècles, la diplomatie française est aux mains d’une sorte de clan qui fonctionne par cooptation et qui évolue dans un univers mental où se mêlent une mégalomanie, une idée boursouflée de la « grandeur de la France » et de sa « mission civilisatrice », une condescendance antiaméricaine, un antisémitisme qui n’attend jamais très longtemps pour dire son nom, et l’idée que, pour maintenir sa « grandeur », la France doit s’affirmer en tant que « puissance musulmane ». La montée du sionisme et l’avancée vers la création de l’Etat d’Israël va donner à l’ensemble ainsi constitué des dimensions carrément pathologiques.

Jusqu’à la fin du dix-neuvième siècle, la France a tenté de représenter la « puissance protectrice » des chrétiens du Proche-Orient et l’interlocuteur privilégié des autorités islamiques. A partir de la Première Guerre Mondiale, l’objectif a été de s’associer aussi étroitement que possible avec le nationalisme arabe et de favoriser sa cristallisation. Quand, après l’épisode pétainiste et l’indépendance que la France dut concéder au Liban, puis à la Syrie,  il apparut impossible de s’opposer à la création d’Israël, une période de coopération franco-israélienne s’ouvrit, dictée par des considérations de circonstances et la situation en Algérie, mais sans que les préjugés antijuifs les plus immondes ne disparaissent pour autant.

Dès le retour du général de Gaulle au pouvoir, la coopération cessa, l’hostilité recouvra pleinement sa place, la « politique arabe de la France » reprit et se déploya jusqu’aujourd’hui. Israël fut soumise à un embargo de toute livraison d’armes et à une interruption de toute coopération militaire. Les liens avec le nationalisme arabe s’intensifièrent sans que la France ne fût jamais regardante sur la violence ou les penchants génocidaires dont ce nationalisme pouvait se faire porteur. Le discours du général sur le « peuple dominateur et sûr de lui » ouvrit, comme le nota Raymond Aron à l’époque, « une nouvelle ère de l’histoire de l’antisémitisme ». Ce discours trouva divers prolongements, dont les propos de l’été 2006 sur les réactions « disproportionnées » d’Israël aux actions du Hezbollah ou du terrorisme palestinien et les paroles d’Alliot-Marie sur les provocations intolérables par Tsahal contre la souveraineté du Liban ne sont que les plus récentes illustrations.

 

La France, au cours des quarante dernières années, a ainsi soutenu Hafez El-Assad, Saddam Hussein et le colonel Khadafi, et ne s’est jamais brouillée avec les uns ou les autres, que lorsque ses intérêts financiers étaient en jeu et qu’il n’y avait strictement plus d’autre issue. Elle a joué un rôle considérable dans la légitimation internationale d’Arafat, comme elle a favorisé l’arrivée au pouvoir de Khomeiny en Iran. Elle a accueilli sur son sol des terroristes arabes et islamistes de divers ordres et obédiences, en fermant le plus souvent les yeux sur leurs actions et leurs capacités de nuisance.

Elle a, en parallèle, mené les politiques de rapprochement que Bat Ye’or a décrites sous le nom d’ « Eurabia » et est devenue, en Europe, la principale terre d’accueil et d’installation de populations musulmanes, le pays le plus ouvert à une implantation de la culture arabe et l’interlocuteur privilégié des dirigeants arabes.

Là où il y a, outre la mégalomanie, du cynisme, de la corruption, un mépris certain de l’être humain et peu de choses qui justifieraient la prétention de la France à être le « pays des droits de l’homme », les résultats ne peuvent qu’apparaître fort peu glorieux, et même, pour tout dire, saumâtres.

 

La France n’a pu sauver ni Saddam Hussein ni son régime, mais elle a été suffisamment nuisible pour que le changement de régime en Irak ne s’opère pas de façon optimale, que l’action américaine soit entravée, que l’Occident et l’Europe soient divisés, et que cette division apparaisse aux yeux du reste du monde comme une marque de faiblesse. 

Certes, le gouvernement français est en froid avec le régime Assad en Syrie, mais il a été à la pointe, dans ses discours et ses actes, d’apaisement envers le régime des mollahs en Iran et de sa tentative de se doter de l’arme nucléaire, avec les finalités avouées que l’on sait. La France se positionne de facto en protectrice du Hezbollah et de ses installations militaires au Liban. Elle est, au sein de l’Europe, le fer de lance du soutien aux instances palestiniennes, et de la pusillanimité européenne vis-à-vis des massacres au Darfour et des menées islamistes en Somalie.

La France paie ses attitudes troubles dans le monde musulman sur son propre sol.  Une proportion notable des populations musulmanes installées en France continue à souffrir du racisme, de l’exclusion, de la marginalisation et se trouve en même temps incitée à s’identifier avec les « résistants » palestiniens ou irakiens,  bien davantage qu’avec les valeurs de la civilisation occidentale. Les zones de non droit et de guerre civile froide persistent. Les autorités s’inquiètent sporadiquement de l’antisémitisme, feignant de ne pas s’apercevoir qu’elles ont tout fait ou presque pour qu’il s’installe, pour que le pays devienne l’otage de tout un ensemble de décisions dont nul ne semble avoir discerné qu’elle pouvaient finir par constituer un engrenage délétère.

Si Pryce-Jones ne propose pas de remèdes, il nous présente un  diagnostic de l’étendue et de la profondeur du mal. Pendant ce temps, à Paris, on disserte sur l’athéisme ou la volonté masochiste des Français de se repentir et de s’accuser de tout. On aborde l’islam dans l’abstrait. On glose sur la relance d’un « processus de paix » où, c’est Israël, bien sûr, qui devrait faire toujours davantage de concessions. On considère que la situation en Irak aurait été bien meilleure si l’on avait laissé Saddam Hussein tranquille. Un dictateur avec qui on peut s’entendre, une « stabilité » qui condamne à la misère des millions de gens mais qui permet de signer de lucratifs contrats. Si cette « stabilité » menace un pays dont on pense qu’il n’est qu’une « parenthèse de l’histoire », ce n’est pas grave. Des diplomates du Quai d’Orsay vous le diraient aisément : les Arabes sont faits pour la dictature, les diplomates français sont faits pour s’entendre avec les dictateurs, et les parenthèses sont faites pour être refermées. Ce que le Quai d’Orsay ne dit pas, c’est si la dignité de la France, et la France tout court, ont des chances de survivre longtemps en ces conditions. J’aurais tendance à en douter. Nous saurons de toutes façons, très bientôt, si un changement de cap est encore possible.

 

Note :

[1] David Pryce-Jones : Betrayal : France, the Arabs, and the Jews, Encounter Books, 2006, 185 p.

 

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