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Publié par Dreuz Info le 23 février 2007

Par Helios, 20 février 2007

Décidément la crainte est le début de la sagesse, les pétromonarchies du Golfe peuvent en témoigner mais pour rester dans la vérité et rendre à César ce qui lui revient il importe de citer en premier lieu l’ogre iranien comme l’objet principal de leurs craintes. Ce ne sont donc pas seulement les démocrates majoritaires au congrès qui leur donnent du souci.  

Et du souci les arabes en ont, l’Iran chiite héritier des perses sassanides ne cache pas ses visées hégémoniques sur le moyen orient et manœuvre à qui mieux mieux en déstabilisant l’Irak le Liban et les territoires palestiniens. Non content de fomenter des troubles voilà qu’il se lance dans la fabrication d’armes nucléaires dans le but d’exercer plus efficacement le chantage et assurer ainsi sa domination sur la région. 

Mais comme une menace ne vient pas seule voilà que l’allié américain semble vouloir se désengager. Du rapport Baker aux opinions affichées au congrès à majorité démocrate les signaux ne trompent pas, le compte à rebours du désengagement pourrait  s’enclencher dans peu de temps, au plus tard quelques semaines après le départ de Bush à la fin de son mandat, deux ans c’est une éternité en politique diriez-vous, mais c’est moins d’une semaine en histoire et (on ne le dira jamais assez) l’histoire ne pardonne pas à ceux qui oublient ses leçons. 

L’idée que l’Oncle Sam s’apprête à quitter donne des sueurs froides aux riches arabes. Les américains ont beau être des infidèles, ils n’en sont pas moins indispensables au salut des serviteurs d’Allah. Quoique irrités par l’idée de démocratisation et l’ayant combattue en finançant les terroristes sunnites en Irak, les pétromonarchies ne peuvent se résoudre à l’idée de se retrouver seules face à des dangers autrement plus effrayants que l’obligation de tenir des élections. 

Ces dernières semaines les saoudiens se sont démenés pour colmater les brèches, conscients que l’argent est le nerf de la guerre et réalisant à quel point les ayatollahs  sont prodigues du leur, ils se sont mis en tête de tirer le prix du pétrole vers le bas en inondant le marché. Du coup la République islamique s’est trouvée à cours de fonds pour financer la reconstruction de la machine de guerre du Hezbollah, soudoyer la Syrie, acheter le Hamas, fomenter les troubles en Irak, payer l’armement livré par la Russie, subventionner l’essence importée, augmenter les subsides à la population iranienne et surtout poursuivre l’enrichissement de l’uranium en se procurant à prix fort l’équipement  et la matière première nécessaires.  

Mais appauvrir les ayatollahs ne suffit pas, les saoudiens font monter les enchères sachant que, des syriens au Hamas en passant par le Hezbollah, l’argent possède un pouvoir de persuasion irrésistible. En compagnie des koweitiens et des autres roitelets du Golfe ils mettent tout leur poids en arrière du gouvernement Siniora au Liban faisant ainsi échec au Hezbollah et aux iraniens. Profitant de la zizanie meurtrière qui oppose l’autorité palestinienne au Hamas ils convainquent les deux protagonistes à convoler en justes noces se chargeant de la dot et des frais inhérents aux épousailles. Faisant preuve d’une largesse toute arabe les saoudiens ont réussi à damer le pion aux ayatollahs d’autant plus facilement que, contrairement à ces derniers, ils n’exigent pas qu’en échange de leurs dons les palestiniens et les libanais répandent leur sang. 

Et Israël dans tout ça? C’est à peine si on s’aperçoit de sa présence! Officiellement l’ennemi sioniste demeure la plus grande source de danger, en coulisses on s’en félicite comme d’une police d’assurance. L’ennemi de mon ennemi est mon « ami », pour un temps du moins et, tant que l’ogre iranien affichera son appétit, Tel Aviv pourra compter sur la bienveillance de Riad. 

Et l’Irak dans tout ça? Il devient urgent de le soustraire à l’influence de l’Iran, cependant les saoudiens wahhabites ne peuvent s’empêcher d’éprouver de l’antipathie à l’égard de la majorité chiite et regretter du coup les beaux jours de la domination sunnite, ils devront toutefois se résoudre au gouvernement de la majorité tout en négociant pour les sunnites le meilleur compromis possible, pour ce faire ils devront fermer le robinet d’argent d’armes et de terroristes qui alimente l’insurrection sunnite en Irak, ils devront par la même occasion convaincre les syriens d’interdire aux terroristes leur territoire. 

Les ayatollahs accepteraient-ils d’être évincés de tout règlement? Ils auront probablement d’autres chats à fouetter, leur isolement diplomatique, les sanctions économiques que leur imposera l’ONU s’ils ne renoncent pas à leur programme nucléaire, la pénurie d’argent découlant de leurs folles dépenses et de la fuite des capitaux, la grogne populaire et la prochaine lutte à la succession du guide suprême Khamenei dont on dit que les jours sont comptés. Tout porte à croire que les ayatollahs ont risqué gros en jouant leur va tout, leur stratégie a fait long feu ils sortiront grandement affaiblis de la bataille actuelle. Reste à savoir si l’occident consentira à leur donner une chance additionnelle ou s’il ne choisira pas d’appliquer à leur endroit le mot d’ordre  « vivre et laisser mourir». 

Quel rôle l’Amérique aura-t-elle joué dans cet épisode? En maintenant le cap contre vents et marées et en accentuant la pression militaire l’administration Bush a envoyé un signal clair, les ayatollahs ne l’auront pas facile. En s’opposant verbalement aux renforts et en évoquant le désengagement militaire le congrès, sans l’avoir recherché, a obligé les pays arabes à prendre leurs responsabilités, du coup  faire échec à la démocratie en Irak a été retiré de l’agenda, c’est désormais le besoin de faire échec à l’expansionnisme iranien qui devient la priorité. 

Pour contrer les visées hégémoniques de l’Iran, les États Unis doivent pouvoir compter sur les monarchies pétrolières dont les réticences face à la démocratisation sont bien connues. À moyen terme l’espoir réside dans un changement de régime à Téhéran, s’il se concrétisait la démocratie au moyen orient pourrait connaître de beaux jours. 

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