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Publié par Dreuz Info le 4 avril 2007

La crise des otages est terminée. Ahmadinejad a déclaré qu’ils seraient libérés aujourd’hui.

Plus tôt, il a octroyé une médaille aux Gardiens de la Révolution qui ont kidnappé les Britanniques dans les eaux territoriales irakiennes. Une récompense du devoir accompli, sans doute.

Hier il était écrit sur le blog :  

Dimanche passé, l’Iran a annoncé qu’il ne divulguerait plus certaines informations à l’Agence de l’Energie Atomique. Dans le même temps, il sait que dès qu’il refusera totalement la coopération avec l’AEIA, le Pentagone passera en Defcon 2, soit en mode de guerre. Hier, le ministre des Affaires étrangères iranien répétait que l’Iran voulait continuer à coopérer avec l’AEIA. A quelques minutes d’intervalle, suprême outrage, le régime annonçait le jugement des soldats britanniques. Coïncidence ? Bien sûr que non.  

   En prenant ces otages, l’Iran veut obtenir des garanties des Etats-Unis. Il veut que l’administration Bush accepte de ne pas lancer des frappes si l’Iran cesse toute coopération avec l’AEIA.

Tout cela est confirmé aujourd’hui dans Le Figaro :

ET SI l’affaire des marins britanniques était destinée, pour le régime islamique, à détourner l’attention des avancées nucléaires de Téhéran ? Vu de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), à Vienne, cette tactique semble pour le moment couronnée de succès. Téhéran vient de notifier à l’agence en charge de la lutte antiprolifération qu’elle ne serait plus informée par avance des projets de développement de ses installations nucléaires.

Cette guerre des nerfs se poursuit depuis le début des inspections en territoire iranien, en février 2003. Les rapports successifs de Mohammed ElBaradei n’ont jamais manqué de relever « le manque regrettable de coopération » de Téhéran à l’encontre des inspecteurs, confrontés à des harcèlements administratifs, des dissimulations de documents suspects ou à l’escamotage de pièces compromettantes. À la suite d’une première série de sanctions, votées le 23 décembre dernier dans le cadre de la résolution 1737 du Conseil de sécurité, l’Iran avait déjà refusé le 22 janvier de renouveler le visa de trente-huit inspecteurs de l’AIEA, tous ressortissants de pays occidentaux.

Cette mesure de rétorsion après le vote de la résolution 1747 du Conseil de sécurité des Nations unies, prévoyant un renforcement des sanctions à l’encontre de Téhéran, était certes attendue. L’AIEA a aussitôt répliqué, priant instamment Téhéran de « revenir sur (sa) décision » et de l’autoriser à installer des caméras de vidéosurveillance sur le site de Natanz, où près de 1 000 centrifugeuses, sur les 3 000 prévues, oeuvreraient à produire de l’uranium enrichi à échelle industrielle. De quoi alimenter à terme en combustible des centrales nucléaires, quoique non encore sorties de terre, mais aussi des ogives nucléaires.

Cette décision de cacher ses ambitions nucléaires, rappelle l’AIEA, viole ouvertement un règlement de l’AIEA adopté en 1992, selon lequel tout pays membre doit communiquer par avance sur ses projets d’installations nucléaires, pour permettre une « application efficace des mesures de protection ». Elle pourrait déboucher sur une session extraordinaire du conseil des gouverneurs, l’organe exécutif de l’agence.

Pourquoi l’Iran a-t-il cédé aujourd’hui ? Certes, et ce n’est pas négligeable, un membre du commando des Gardes de la Révolution arrêté en Irak a été relâché. Mais, surtout, au même moment, à quelques milliers de kilomètres de là, la Speaker de la Chambre des Représentants des Etats-Unis, Nancy Pelosi, rendait visite à Bacher El-Assad pour évoquer le futur de la région. Sous les protestations de la Maison Blanche, Pelosi a rompu un isolement diplomatique de plusieurs années (depuis 2003 plus précisément, soit le début des inspections de l’ONU en Iran), ruinant une pièce charnière de l’échiquier diplomatique américain.

Pour rendre hommage à cet exemple de dhimmitude, pour encourager cette soumission devant l’ennemi, les Iraniens ont annoncé la libération des otages.

Le message est très clair : les Iraniens veulent la bombe, et l’auront coûte que coûte. Mais pour y parvenir, ils doivent isoler les politiciens fermes et lucides sur la scène internationale, dont le GOP de George Bush et le Likoud de Netanyahou, et attirer les cauteleux et les idiots utiles, à l’image des Européens, des Démocrates américains ou des travailliste et kadimistes israéliens.

La venue de Pelosi a servi de tremplin à cette stratégie. Au final, dans cette crise, la presse de gauche verra la victoire de la diplomatie. Les amis de la liberté lucides savent qu’Ahmadinejad a encore fait un pas vers le conflit général  au Moyen Orient auquel il aspire. Certains médias prétendent que l’Iran pourrait avoir une bombe nucléaire dès 2009.

L’Histoire nous enseigne que les totalitaires ont toujours usé les ressorts de la diplomatie démocratique pour exécuter la démocratie. Aujourd’hui, 4 avril 2007, elle nous en donne une nouvelle confirmation.  

D’autres articles sur le même sujet : La marche à la guerre contre l’Iran

Rien n’a changé depuis 1938  

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