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Publié par Dreuz Info le 29 juin 2007

Par Guy Millière, Les 4 Vérités Hebdo

Le mot étant devenu une insulte en France ces dernières années, j’étais sûr que parler de néo-conservatisme pour désigner la période qui s’ouvre dans notre pays me serait reproché et me vaudrait du courrier. Je dois, comme je m’y attendais, répondre maintenant.

Le néo-conservatisme est né aux États-Unis, dans un contexte et une configuration bien particuliers, mais il n’est pas obligatoirement ou nécessairement un phénomène propre aux États-Unis. Il y est question, en effet, de valeurs et de vision du monde qu’on peut rejoindre partout, particulièrement au sein de ce qu’on nomme la civilisation occidentale.

Le néo-conservateur s’oppose au conservatisme tout court en ce qu’il n’est ni passéiste ni autoritaire. Il n’est pas xénophobe. Il n’est pas fermé. Il est partisan de ce que Karl Popper appelait la « société ouverte » et défend l’importance de ce que Friedrich Hayek appelait l’« ordre spontané ». Il défend la liberté d’entreprendre et de passer contrat, ainsi que l’ensemble des libertés individuelles. Il considère que tous les droits dignes de ce nom sont fondés sur les droits de propriété ou reconductibles à eux. Et cela en fait un « libéral classique » au sens que ce mot a outre-Atlantique. Il pense aussi qu’une société ouverte ne peut fonctionner durablement si on n’y maintient pas les valeurs fondamentales sans lesquelles l’ouverture et la liberté n’ont pas d’avenir. Il constate que la confiance, l’idée que certains principes sont placés en transcendance dans une société et y dessinent les différences entre le bien et le mal, sont cruciales pour le maintien de ces valeurs.

Il porte sur la politique, guidé là par Leo Strauss, un regard faisant qu’il considère que celle-ci, elle-même ne vaut que guidée par l’éthique. Il considère qu’en l’ère de la mondialisation, dans laquelle il s’insère sans hésitation et les yeux grands ouverts, les droits des êtres humains doivent se trouver respectés le plus largement possible. Il considère que le cynisme ou l’indifférence vis-à-vis de crimes contre l’humanité, de comportements criminels ou d’actes barbares sont fondamentalement inadmissibles, surtout s’il était possible d’agir pour s’y opposer. Il préfère laisser l’accommodement avec les dictatures et les totalitarismes aux cyniques de droite et de gauche, sachant que sur la petite planète sur laquelle nous sommes, ce genre d’accommodement a, en général, des conséquences lourdes pour celui qui y a cédé.

Éthique et politique

Le néo-conservatisme a inspiré l’équipe Reagan et s’y est retrouvé : dans la dérégulation généralisée, les baisses d’impôts, l’économie de l’offre, une politique étrangère fondée sur des principes et qui a amplement porté ses fruits. Le néo-conservatisme inspire l’équipe George W. Bush, du conservatisme compassionnel destiné à replacer ceux qui sont tombés dans le statut d’assistés sur le chemin de la droiture, de la discipline et du travail aux baisses d’impôts destinées à relancer la croissance, d’une réforme scolaire (« No child left behind ») à une politique étrangère visant à « rendre le monde plus sûr pour la liberté ».

Contrairement à ce que je peux lire ici ou là, le néo-conservatisme n’est pas mort du tout aux États-Unis, et, du « Weekly Standard » de Bill Kristol au « Frontpage » de mon ami David Horowitz, ou au Hudson Institute, il continue à mener le combat des idées de façon influente.
Ceux qui en France se retrouvent plus ou moins en lui pourraient avoir un passé marxiste ou maoïste au temps des illusions désormais perdues, comme André Glucksman ou Bernard Kouchner. Ils pourraient dire comme Irving Kristol, père de Bill, que les néo-conservateurs sont des idéalistes qui se sont heurtés à la réalité et discernent que, désormais, leurs idéaux ne peuvent s’accomplir que grâce au capitalisme et à la démocratie libérale.

Les valeurs de travail, d’éthique, de droiture en lesquelles les Français se sont reconnus récemment lors de l’élection de Nicolas Sarkozy et les valeurs exaltées par lui lors de sa prise de fonctions sont néo-conservatrices.
La façon dont Bernard Kouchner n’a cessé de placer l’éthique humaniste et les droits de l’homme avant les considérations politiques est elle aussi, fondamentalement, néo-conservatrice. 

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