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Publié par Dreuz Info le 30 juin 2007

Par Ayaan Hirsi Ali, ancien député hollandais, d’origine somalienne, elle a écrit le scénario du film Soumission, dont l’auteur, Theo Van Gogh, a été assassiné par un islamiste radical, ainsi que sa biographie, intitulée Infidèle. Copyright 2007 Global Viewpoint.

 
Imaginez une foule d’Anglais manifestant à Londres, brandissant des calicots à l’effigie de Muhammad – la paix soit sur lui – portant des exemplaires du Coran, des reproductions de la Kaaba de La Mecque et des drapeaux saoudiens. Imaginez-les en train de dresser un bûcher et d’y précipiter ces objets un par un, vociférant « Longue vie à la reine » à chaque fois que le brasier repart.
 
Ce serait l’équivalent de ce qui vient de se dérouler dans la ville de Multan, située dans la partie orientale du Pakistan, où des étudiants, adeptes d’une ligne dure de l’islam, ont brûlé des panneaux à l’effigie de la reine Élisabeth et de Salman Rushdie en criant : « Tuez-le, tuez-le ! » en réponse à la récente élévation de l’écrivain au titre de lord.
 
Ce genre de foule enragée s’observe rarement dans le monde occidental moderne (exception faite des hooligans lors des matchs de football). Mais elles sont devenues monnaie courante dans le monde musulman chaque fois qu’un pape, un caricaturiste ou maintenant une reine franchit une ligne mouvante tracée par les forces de l’intolérance.
 
Un nombre toujours croissant de musulmans de par le monde se sent engagé dans une lutte à mort avec l’Occident sur le champ idéologique, pour le pouvoir, le territoire et l’accès à des ressources limitées. Comme dans toutes les guerres de l’histoire humaine, les symboles y sont d’importance. Mais c’est tout spécialement vrai dans la mentalité islamique, gouvernée par un très rigide code d’honneur – et de déshonneur. Dans ce contexte, les symboles ne constituent pas tant des images qu’une raison de vie ou de mort. Ils incarnent l’honneur (qui doit être défendu au péril de sa vie) et son contraire (qu’il faut éviter à tout prix, quitte à tuer ou à mourir). Qui s’en tient éloigné et considère ces symboles comme autant d’âneries a déjà perdu l’honneur.
 
Ce code d’honneur affecte toutes les strates de la société musulmane, qu’il s’agisse de la famille, de la tribu ou de l’oumma. Tout musulman enfreignant ce code – et c’est le crime dont Salman Rushdie s’est rendu coupable – doit être mis à mort. Il a jeté l’opprobre sur l’islam, gravement, deux fois déjà. D’abord, il a quitté l’islam. Ensuite, il a insulté son infaillible fondateur. La reine Élisabeth, dans leur esprit, a ajouté l’injure à l’offense en honorant Rushdie. Une gifle lancée à la face d’1,5 milliard de musulmans ! L’islam est une religion tribale combinée à une mouvance politique. Dans cet univers mental, que la profanation d’une de ses icônes sacrées reste sans suites est synonyme de capitulation. Ce n’est pas tant la réalité objective de cette capitulation qui fait problème que sa perception.
 
Beaucoup d’Occidentaux ne voient en leurs drapeaux que de simples pans de tissu salués durant les événements sportifs et seulement chéris par une poignée de patriotes. Mais aux yeux des masses ardentes, tribales et masculines qui ont fait allégeance à l’islam, ces bannières incarnent l’honneur national. Le drapeau saoudien est à chaque musulman (et pas seulement pour ceux d’Arabie saoudite) ce que le drapeau américain et la croix du Christ représentent pour chaque Américain dévoué à son pays et marqué par sa foi chrétienne. La phrase écrite sur le drapeau vert « Il n’y a de dieu que Dieu, Mahomet est son prophète », gage d’allégeance à l’islam, est en outre soulignée d’un sabre.
 
Les Occidentaux ont trop souvent haussé les épaules quand leurs propres icônes étaient profanées par le pied du soldat ou par le barbarisme tribal – lorsque par exemple l’image de la reine est brûlée en place publique. L’Ouest a compris que la faiblesse rend les djihadistes encore plus féroces et attire plus sûrement les recrues avides de suicide pour l’amour de Ben Laden, que toutes les guerres en Afghanistan, en Irak et en Palestine réunis. Au lieu de s’enferrer dans son mutisme, l’Occident doit réagir en unissant ses forces pour défendre vigoureusement ses symboles et les piliers de sa civilisation, laquelle, en dépit de toutes ses failles, continue d’offrir la meilleure qualité de vie possible pour une majorité de ses citoyens.
 
Les appels à la contrition doivent être reçus avec le plus grand stoïcisme. L’Ouest ne doit rien céder d’un pouce sur sa position. Il doit plutôt demander des comptes aux gouvernements qui, comme celui du Pakistan, encouragent ces actes barbares et soufflent à l’occasion sur le feu. Les États-Unis et la Grande-Bretagne doivent exiger que le ministre pakistanais des Affaires religieuses, Mohammed Ijaz ul-Haq, démissionne pour avoir déclaré au Parlement d’Islamabad : « L’Occident accuse les musulmans d’extrémisme et de terrorisme. Ce serait justice qu’un kamikaze s’y fasse exploser, sauf si le gouvernement britannique présente ses excuses et retire son titre de lord à Salman Rushdie. »
 
Sur cette « affaire Salman Rushdie », qui concerne beaucoup d’autres « apostats », le dramaturge nigérian Wole Sorinka a raison d’affirmer que l’Occident commet une erreur fatale en laissant les forces de l’intolérance « définir les limites du domaine de l’insulte ». L’Occident doit rester maître de son territoire. En anoblissant Salman Rushdie, la reine a honoré la liberté de conscience et cette créativité chéries par l’Occident. Ce geste a fait d’elle non pas le symbole d’une monarchie caduque, mais l’essence même de notre art de vivre. Longue vie à la reine !

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