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Publié par Dreuz Info le 10 juillet 2007

Par Laurent MurawiecMENA


Arafat d’abord,
 
C’est pour cela que jamais la paix n’a été possible : dès le départ, et en permanence, la fonction impartie aux ustensiles « palestiniens » a toujours été celle d’instruments violents des intérêts soviétiques, arabes et islamiques dans la région pour des motifs géopolitiques et stratégiques. Or c’est dans la réalité que les croyances et les assertions se vérifient : si ce que je qualifie d’assemblage artificiel avait eu le moindre vouloir-vivre ensemble, la moindre ambition de nation-building, de construction nationale, il l’aurait, de toute évidence, mis en pratique. Qu’après plus d’un demi-siècle d’ « existence » proclamée, il n’en ait pas exhibé la capacité, mais ait toujours fait le mauvais choix de la destruction et de l’autodestruction, voilà les preuves accablantes de mon analyse. Ce sont les derniers clous dans leur cercueil, que les « Palestiniens » s’évertuent à refermer sur la terre qu’ils ont, à mauvais escient, réclamée comme leur. Et les plus récentes occurrences, les triomphes électoraux et militaires du Hamas, après le choix de l’Iran comme nouveau « patron », sont encore venus étayer la réalité dont je parle.
 
Notons que dans la grande tromperie « palestinienne », on s’est tôt évertué à tout confondre : « notre terre », disaient les « Palestiniens », « leurs terres », psalmodiaient les autres. Mais s’agissait-il de la terre que possède un individu, un clan ou une tribu, c’est-à-dire, se trouvait-on sous un régime de propriété ? Ou s’agissait-il du régime politique, c’est-à-dire de la souveraineté politique ?
 
Les territoires régis par des régimes impériaux et tribaux font mal ce genre de distinctions, mais le trouble servait les desseins confusionnistes : être propriétaire d’un verger, ce n’est pas en être le souverain politique ! Confondre les deux, c’est tout mélanger à dessein. Mais l’embrouille n’a jamais cessé : tout comme les ingénieurs socioculturels soviétiques, l’intelligentsia marxiste européenne manufacturait, elle aussi, du faux ethnologique à plein régime ; les années soixante étaient emplies de la « poésie palestinienne » qui devait annoncer un peuple à créer, lequel existait surtout dans les proclamations sanguinaires du Fatah, de l’OLP et du FPLP – lesquels travaillaient, avec délice, en suivant les indications du KGB et des services de renseignement arabes.
 
Poètes, les représentants locaux des « Palestiniens » à Paris et ailleurs, qui, raffinés, culbutaient les rombières d’extrême gauche extasiées à coups de poésie le jour, et préparaient l’assassinat des enfants juifs la nuit. Voilà qui vous aide à mettre sur pied une nation ! C’était l’époque où, en Europe, on « prenait la parole », où, sous couvert de « donner » la parole au peuple, on inventait du faux peuple, on manufacturait du peuple-Michelet, du peuple-Victor Hugo, on attribuait à un Peuple manufacturé dans l’officine gauchiste et littéraire toutes sortes d’attributs léninistes, maoïstes et autres. L’IRA « était » le peuple irlandais, l’ETA « était » le peuple basque, le PC vietnamien « était » le peuple vietnamien, Pol Pot « était » le peuple du Kampuchéa. L’OLP et Cie « étaient » donc, logiquement, « le » peuple « palestinien » : c’était la mission historique du « peuple » en question qui en déterminait l’existence. Le lecteur familier des concepts hégéliens remâchouillés marxiens apercevra aisément le peuple « en soi » et le peuple « pour soi » : la fiction philosophique envahissait la réalité sous les traits rébarbatifs de la dialectique soviétique, chaussée de godillots guébistes.
 
Il y avait plus. La politique bolchevique avait toujours été largement visuelle, tout comme la religion orthodoxe russe : elle agissait moins par le Verbe que par l’Image. Elle agissait largement par l’icône que l’on vénère, les vertus en lesquelles on croit. C’est une religion qui agit directement par la voie du symbole – l’orthodoxie croit moins à la vertu de ce que le symbole représente, qu’en l’action directe du symbole (l’icône) sur la réalité : magie de l’image ! D’où la force des images des films d’Eisenstein, par exemple, qui recréèrent, recomposèrent, redéfinirent la réalité, l’image se substituant à la réalité. Lénine conçut, aussi promptement que Joseph Goebbels, la puissance du film, et l’utilisa avec semblable alacrité. Il confia à son protégé, le jeune et doué agitateur et manipulateur Willy Münzenberg, l’orchestration de l’iconographie filmique de l’Internationale communiste. Il s’agissait de manufacturer du mythe visuel – le Cuirassier Potemkine, Ivan le Terrible, etc. De créer des mythes à forte composante visuelle. Les artistes « prolétariens » ou bolchevisants s’y mirent avec enthousiasme, eux qui développaient à la fois un art d’irrationalité visuelle, à l’instar de Vladimir Mayakovski et des Futuristes russes d’un côté, et des Surréalistes conquis au communisme de l’autre.
 
On créait du mythe, de l’icône, susceptibles de mobiliser. L’Internationale communiste se spécialisa dans la manufacture de récits hagiographiques mobilisateurs et porteurs. Les amateurs d’histoire pourront se référer au Procès de Leipzig, intenté à Georgi Dimitrov, aux assises et aux spectacles du Front populaire, aux Grands Procès de Moscou, liturgies du pseudo-Bien et du pseudo-Mal, etc.
 
Les parades et défilés sur la Place Rouge de Moscou, stricts équivalents des parades nazies orchestrées par Albert Speer, rythmaient l’imaginaire romantique et visuel. Les créateurs de mythes mobilisateurs travaillaient à plein régime : Fidel Castro fut ainsi créé (avec l’aide du New York Times et de son grand reporter Herbert Matthews, gauchiste soviétophile bon teint) ; Che Guevara fut assemblé comme légende combattante ; l’atelier contribua à engendrer l’image de Mao, grâce aux journalistes Agnes Smedley, Edgar Snow et leurs semblables, grands menteurs devant l’éternel ; Ho Chi min, grâce à Wilfred Burchett, entre autres employés de l’Internationale Communiste.
 
Yasser Arafat fut construit de la même manière par la méga-machine de propagande centrée à Moscou. Le voyou de bas étage devint – étonnante métamorphose – le « héros » controuvé du « peuple » inventé, avec l’aide de « La Voix des Arabes » et des autres media moyen-orientaux, dans lesquels les patrons politiques – les services secrets locaux et surtout les politiques panarabes et panislamistes – possédaient un intérêt stratégique.
 
L’historiographie moderne admet tout à fait la création de « réalités fictionnelles » qui deviennent « sources de réalité. » Elle ne l’a simplement pas assez étendue et développée : les nazis inventèrent non pas les griefs des Allemands des Sudètes, mais leur transformation en processus politique majeur ; l’URSS passa maîtresse dans les fables permettant de violer les frontières, de légitimer les assauts et les manoeuvres – y compris l’invention de la République d’Azerbaïdjan -, permettant de partitionner l’Iran, parmi les stratagèmes et subterfuges du même type.
 
C’est ici qu’interviennent la convergence et la complicité de ceux qui trouvaient l’intérêt commun qui permit l’invasion de la réalité moyen-orientale par la fiction « palestinienne ». Quand un instrument nouveau fait son apparition dans la politique mondiale, les divers acteurs s’intéressent aussitôt aux usages qu’il est possible d’en faire. Quand l’instrument est strictement dénué de fondements dans la réalité et s’avère incapable d’y plonger des racines, il est incapable de générer une transition de l’invention à la réalité la plus minime.
 
Il y aurait peut-être eu un moment historique où aurait pu naître un peuple palestinien. Ce qui est sûr, c’est que les éléments constitutifs de ce peuple putatif en auront constamment décidé autrement, dans toute la mesure où l’artifice qui avait, dès l’abord, présidé à sa pseudo-création l’emportait sur le principe de réalité.
 
L’appel du néant et la volonté de destruction qui régnaient, dès le départ, sur le mouvement palestinien, ce mouvement consacré à la terreur et à la ruine, au massacre et au sang, ont si intimement formé et moulé le pseudo peuple qu’ils prétendaient créer ou représenter, qu’il n’en est plus resté quoi que ce soit d’autre : telle est la leçon de la prise du pouvoir et de contrôle de Gaza par le Hamas.
 
Alea jacta est ! disaient les Romains, le sort en est jeté.
 
 
 
Notes : l’intégralité des éléments historiques utilisés dans cet article sont développés dans les livres de l’auteur :
 
       The Mind of Jihad, t. 1, Presses de l’Institut Hudson, Washington, DC, 2005
       Pandora’s Boxes, Vol. 2 : The Mind of Jihad II, Presses de l’Institut Hudson, Washington, DC, 2007
       The Mind of Jihad, t. 3, à paraître, Presses de l’Institut Hudson, Washington, DC, 2008
 
Les deux premiers volumes seront également réunis et agrégés dans le cadre d’un volume unique à paraître aux Presses Universitaires de Cambridge en 2008.   

le Hamas ensuite : c’est l’âme de la destruction qui règne. Alors qu’un peuple qui veut se lever et acquérir sa juste place au sein des nations désire, avant tout, se construire, c’est au contraire le nihilisme qui a inspiré, dès le départ, le pseudo peuple « palestinien ». Encore je ne parle pas des perdants, ces nombreux « Palestiniens » qui auraient préféré agir autrement, mais qui ont toujours été assujettis à leur leadership, la courroie de transmission des maîtres internationaux de l’ingénierie politique.

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