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Publié par Dreuz Info le 16 juillet 2007
HEZBOLLAH : double langage
16 juillet 2007
Miguel Garroté, Journaliste d’investigation, Monde-Info
http://monde-info.blogspot.com/   miguel.garrote@yahoo.fr
  
Les commentaires entre parenthèses et en caractères gras sont de Monde-Info.
Voici les propos recueillis à Beyrouth par SIBYLLE RIZK et publiés dans le FIGARO du 14 juillet. Dans une interview au « Figaro », le chef de la délégation du Hezbollah (lors de la rencontre des 14 et 15 juillet près de Paris) le ministre Mohammad Fneich, affirme que son mouvement a les moyens d’affronter à nouveau Israël (est-ce une bonne nouvelle dans le cadre de la rencontre interlibanaise ?).
  
  
Question -Comment avez-vous réagi aux déclarations de Nicolas Sarkozy invitant le
Hezbollah à cesser ses actions terroristes ? Réponse -Nous avons envisagé dans un premier temps de renoncer à nous rendre à Paris, car de tels propos nous portent préjudice. Mais un communiqué de clarification des autorités françaises a ensuite rectifié les choses (en effet, rappeler que le Hezbollah est un mouvement terroriste lui « porte préjudice » ; le communiqué « de clarification » ne clarifie rien du tout ; il donne, au contraire, l’impression que la Présidence française maintient la vérité et que le Ministère des Affaires étrangères contourne la vérité).
  
  
Q. Qu’attendez-vous de la réunion de La Celle-Saint-Cloud ? R. Nous étions dès le départ favorables à l’initiative française. D’autant que la France a modifié son approche de la question libanaise, qui est désormais plus équilibrée, au moins dans la forme (espérons qu’il en va autrement sur le fond). Ce n’est un secret pour personne que la précédente équipe avait pris ouvertement parti pour un camp (le camp de la lutte contre le terrorisme). La nouvelle administration tire les leçons de cette expérience politique, qui n’a fait qu’exacerber la crise. La France sait que si elle veut continuer de jouer un rôle au Liban elle n’a pas intérêt à ce que la situation y devienne incontrôlable (menace ou chantage ?). Ses objectifs diffèrent en cela de ceux des États-Unis, qui se servent du Liban pour satisfaire leurs intérêts régionaux. Désormais, l’objectif français semble être de vouloir rapprocher les Libanais. Cette initiative pourrait créer un climat positif en mesure d’ouvrir la voie à une éventuelle solution.
  
  
Q. Quelles sont les chances de succès de la conférence ? R. Le dialogue ne sera pas fructueux si toutes les parties ne prennent pas conscience du danger d’arriver à l’élection présidentielle libanaise (en septembre, NDLR) sans entente interne préalable destinée à résoudre la crise du pouvoir exécutif (« entente interne préalable » avec le Hezbollah libanais, bras armé de l’Iran à la frontière nord d’Israël). Cela passe par l’acceptation du principe d’un partenariat véritable, faute de quoi le pays s’enfoncera dans l’inconnu. Le camp au pouvoir doit faire comprendre à ses amis américains que leurs intérêts nationaux diffèrent des calculs régionaux des États-Unis. La position du Hezbollah est claire, nous voulons la fin des pratiques hégémoniques du camp au pouvoir et revenir aux pratiques institutionnelles normales (des « pratiques institutionnelles normales », c’est, en principe, le désarmement de toutes les milices, surtout celle financée par l’Iran).
  
  
Q. Le saut dans l’inconnu que vous craignez comprend-il des risques d’une guerre entre sunnites et chiites ? R. Certainement pas. Pour le Hezbollah en tout cas, il s’agit d’une ligne rouge ( ligne rouge pour casser Israël oui, ligne rouge pour casser le Liban non).
  
  
Q. Percevez-vous une différence de politique entre l’Iran et la Syrie au Liban, la première ayant davantage intérêt à sa stabilité que la seconde ? R. Il n’y a pas de différence sur le plan stratégique. Mais chacun a ses particularités. La Syrie est le voisin direct du Liban à qui elle est donc liée par des intérêts vitaux. Elle se perçoit aujourd’hui comme la cible principale de l’offensive américaine qui passe par le Liban. Or, il est évident que si Damas considère que le système politique libanais allié à ses adversaires constitue un danger pour sa sécurité et ses intérêts, elle ne va pas rester sans réagir (« ne pas rester sans réagir » signifie faire transiter des armes iraniennes jusqu’au Hezbollah libanais). Il faut comprendre une réalité géopolitique essentielle : faute d’établir des relations amicales avec la Syrie, le Liban est voué à l’instabilité politique et économique.
  
  
Q. Les armes dont dispose le Hezbollah n’autorisent-elles pas vos rivaux libanais à se sentir menacés ? R. La résistance (le terrorisme) est le résultat de l’occupation (du djihad islamique). Nous avons pris les armes pour défendre notre terre (pour exporter la révolution iranienne). Elles n’ont jamais servi pour obtenir des victoires internes (elles n’ont fait que cela). Celui qui invente des peurs en ce sens a des motivations politiciennes. Elles ne sont pas réalistes (ces « peurs » sont le bon sens et la sagesse).
  
  
Q. Qui a commis selon vous l’attentat par lequel six Casques bleus espagnols ont été tués le 24 juin au Liban-Sud ? La Syrie manipule-t-elle des groupuscules islamistes sunnites ? R. La déclaration d’Ayman Zawahiri (le numéro deux d’al-Qaïda) fait office de revendication de mon point de vue. al-Qaïda considère la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) comme une puissance occupante et a été jusqu’à nous accuser de protéger la frontière israélienne en acceptant la présence des Casques bleus. Personne ne peut démêler le jeu des services de renseignements de toutes sortes, mais je ne crois pas possible d’imputer à la Syrie les agissements d’al-Qaida au Liban (Un peu plus haut, le représentant du Hezbollah disait qu’il n’y a pas de conflit entre sunnites, donc Al-Qaïda, et chiites, donc le Hezbollah ; en fait, les deux mouvements se chamaillent parfois sur scène pour mieux collaborer, en coulisse, contre Israël, les USA et l’UE, au nom du même djihad).
  
  
Q. La guerre de l’été 2006 a été déclenchée à la suite de la capture par le Hezbollah de soldats israéliens. Où en est le dossier de l’échange de prisonniers ? R. Il ne dépend pas uniquement du Hezbollah. Nous sommes entièrement disposés à réaliser une opération d’échange de prisonniers et l’ONU est en train de jouer les intermédiaires. Nous avons déclaré dès le premier instant que l’objectif de notre opération était de parvenir à un tel échange (c’est bien de nous le confirmer, même si nous l’avions déjà compris). Il s’agissait pour nous d’un moyen de pression sur Israël. Mais elle a servi de prétexte pour déclencher une offensive préméditée par Israël et les États-Unis. Il est apparu que la guerre était avant tout américaine. Condoleezza Rice l’a énoncé clairement en disant qu’elle symbolisait l’accouchement du nouveau Moyen-Orient (inutile d’essayer de diviser les USA et Israël ou de les renvoyer dos à dos ; il s’agit de réagir à la même guerre sainte, au même djihad islamique, au même terrorisme).
  
  
Q. Êtes-vous en train de réarmer, en prévision d’une nouvelle guerre ? R. Le Liban est dans la tourmente depuis la création de l’entité sioniste (l’Etat d’Israël est dans la tourmente depuis sa création, sous l’égide de l’ONU, en 1948). Notre expérience nous a appris que les crises régionales se répercutent d’une façon ou d’une autre au Liban (à cause de la Syrie et de l’Iran qui font du Liban un poste avancé aux frontières d’Israël). Par conséquent, nous n’allons pas céder à l’illusion béate que tous les dangers ont disparu. L’arsenal dont dispose le Hezbollah est largement suffisant (c’est ce qu’Israël, les USA et quelques journalistes indépendants répètent depuis des mois ; merci quand même de l’avoir confirmé).

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