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Publié par Dreuz Info le 11 septembre 2007

drzz à New York (2004) – 1

DSC00684.JPGCe 11 septembre 2004 avait tout pour être particulier.

Au milieu des élections présidentielles, il devait affirmer la volonté américaine de se relever des terribles attentats de 2001. 

Lorsque je me suis levé, ce jour-là, New York paraissait être pétrifiée dans les glaces. La veille, au sommet de l’Empire State Building, les bobbys anglais posaient pour la photo, venus spécialement à New York pour rendre hommage aux hommes de la NYPD tombés au champ d’honneur alors qu’ils cherchaient à porter secours aux hommes enfermés dans les deux tours en feu. 

Il faut être allé aux Etats-Unis avant 2001 pour mesurer le changement. En 1999, à Washington, vous pouviez encore visiter la Maison Blanche, comme je le fis. Nous vivions alors en période clintonienne : des amies hollandaises avaient pu approcher la limousine du Président de quelques mètres, vous pouviez vous photographier devant l’entrée de la Maison Blanche et arpenter les couloirs où trônaient les statues de Benjamin Franklin et Abraham Lincoln. A l’évidence, le centre du pouvoir américain ressemblait plus à une attraction qu’à un lieu de travail. 

Trois ans plus tard, cette fivolité se payait. L’Amérique vivait un cauchemar. 

Mon souvenir le plus marquant de ses commémorations du 11 septembre restera sans doute l’extrême tristesse qui régnait sur Ground Zero. Il faut avoir vu un pompier aux épaules saillantes s’effondrer en larmes, ou entendre la voix cassée d’une mère récitant le nom de son fils – ses fils, parfois – pour mesurer l’ampleur de cette tragédie. 

Je me souviens très bien des soldats du feu italiens venus saluer la mémoire de leurs collègues new-yorkais, ainsi que des policiers allemands, en uniforme, posant une gerbe devant un immense panneau aux couleurs américaines, où un « Never Forget » avait été bâti en mosaïque avec les noms de toutes les victimes. A l’écart, un jeune Marine à la coiffure militaire serrait la main d’un matelot de la Navy, tout de blanc vêtu, venu spécialement pour l’évènement. Cette scène, inoubliable pour un citoyen européen pour qui la guerre paraît bien lointaine, devait se répéter deux ans plus tard, au Texas, lorsque je vis un jeune soldat traverser l’aéroport en tenue du désert. Moi, je rentrais en Europe. Lui partait en Irak. 

J’ai visité bien des lieux de tragédie américaine. Certains éloignés, d’autres plus récents (Dealey Plaza), mais jamais je n’avais vu le coeur de l’Amérique saigner à ce point que sur la place de Ground Zero. Les New Yorkais pein(ai)ent encore à en parler. Scène vécue : un touriste japonais, qui cherchait son chemin, eut le malheur de demander la direction « du World Trade Center » à un quadragénaire de Wall Street, lequel l’envoya promener avec colère. 

Difficile d’expliquer la tristesse qui dévastait le Ground Zero, en ce troisième anniversaire des attentats. Ma modeste vidéo vous livrera quelques notes de la bande-son, ce violon au miaulement strident qui tirait les larmes aux plus insensibles, au bord de la place grillagée couverte de fleurs, à une dizaine de mètres de la rampe qui plongeait au coeur du trou béant formé par le drame. Plus loin, au coeur de l’église attentante, un mémorial improvisé dévoilait les visages emportés par la folie islamiste. Dans un geste d’unité nationale, les pompiers et policiers de toute l’Amérique, et au-delà, avaient collés le badge de leurs unités respectives au centre des messages de soutien écrits par des milliers de particuliers anonymes.   
 
Au crépuscule, les lieux se sont embrasés. Deux immenses lasers bleu ont jailli vers le ciel. Vision magnifique relayée par des milliers de caméscopes et d’appareils photos. Autour de Ground Zero, de patients volontaires lisaient les biographies de chaque vie emportée ce jour du 11 septembre. Deux minutes pour chaque histoire. Michael, Polly, Hang Wan, Roberto… comme une carte virtuelle
de la planète. Guy Millière écrivait très bien que l’Amérique symbolisait le monde. Plus tôt, au XVIIIe siècle, Turgot lui-même écrivait que « ce pays pouvait devenir l’espoir du genre humain ». Les islamistes ne s’y sont pas trompés en l’attaquant en plein coeur. 

L’idée de ce blog est probablement née de ce requiem de violon, en ce 11 septembre 2004. Ou de ce 3 mars, en 2004 toujours, lors de la visite dans le camp de concentration d’Auschwitz. Peut-être des deux. Quoiqu’il en soit, il est impossible d’avoir touché le fond de l’humanité, le Gound Zero de New York et celui de Pologne, sans ressentir en soi une colère sans limites à l’égard de tous les nouveaux collaborateurs hitlériens des temps modernes. 

« drzz » ne veut strictement rien dire, malgré les mails que je reçois régulièrement d’un internaute qui tente de décrypter ce pseudonyme. Ou peut-être « drzz » symbolise-t-il l’Histoire. Personne ne le sait, et moi moins que les autres. Mais une chose est certaine. Je ne veux pas passer à côté de l’Histoire, et je refuse d’être de deux qui s’agenouillent pitoyablement, sacrifiant le peu d’honneur qui leur reste en quémandant la grâce des nouveaux Hitler du Moyen Orient. 

Ces gens-là perçoivent cette sensation obsédante qui s’appelle « la honte », la haine de soi consécutive à la faiblesse et à la couardise, ce sentiment douloureux d’un homme ou d’une femme choisissant volontairement le camp du « nouvel ordre » totalitaire, cet affreux déshonneur qui emplit encore la population allemande devant les chambres à gaz. Cette humiliation, ils la vivent, vous savez : ces « humanistes » qui soutiennent le peuple palestinien condamant ses enfants à finir en charpie, ces « militants humanitaires » qui saluent les bombes dans les écoles irakiennes, ces « héritiers de Voltaire » qui se couchent honteusement devant le premier fou qui hausse la voix. Ils tentent de le cacher, mais vous pouvez le lire dans leurs yeux.

Toute cette foule de pleutres souffrira en ce 11 septembre, date qui symbolise combien ils manquent leur passage dans l’Histoire, sans espoir de retour, comment ils seront à jamais des êtres, mais pas humains. Des êtres, simplement. L’humanité s’acquiert et se défend. Vous pouvez la perdre, et ils l’ont déjà enterrée. Le déshonneur, même caché sous les éditoriaux, les missives gouvernementales ou les spots télévisés, est une tâche indélébile qui les hante et hantera leur enfants.  

Aujourd’hui, 11 septembre 2007, je me souviens de ces deux lasers qui dominaient la baie de l’Hudson, qui reliaient le bout de l’île à Dieu lui-même, et qui rappelaient, à quelques encablures de la Statue de la Liberté,  combien il est beau d’être un humain quand vous en assumez les devoirs, que vous soyez Français, Irakiens, Iraniens, Chinois, Japonais, Américains, Afghans, Israéliens, Marocains, Brésiliens, Australiens… 

Je ne serai pas un Allemand en 1933, un Français en 1940, un homme de gauche pendant la guerre froide ou un Européen en 2007.

 

  

  

 

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