FLASH
Geert Wilders jugé coupable de propos de haine par la Cour  |  Egypte : 8 morts dont 4 policiers lors d’une explosion jihadiste au Caire  |  Nouvel effet Trump : Foxconn Taiwan, qui fabrique les iPhone et d’autres smartphones, déclare au WSJ qu’il envisage de se développer aux USA  |  Le géant de l’acier United States Steel annonce : « maintenant que Trump élu, nous allons investir et réembaucher jusqu’à 10 000 personnes »  |  Viola Desmond, activiste noire engagée dans la défense des droits des noirs, va apparaître sur le dollar canadien, première femme sur un billet de banque  |  Les premiers avions de combat F35i sont en route vers Israël, premier Etat au monde à être livré  |  L’espérance de vie a baissé de 78.9 à 78.8 ans aux Etats-Unis en 2015 (mais progresse régulièrement depuis 1990)  |  Australie : les tapis de prière d’un hôpital de Sydney vont être nettoyés après que du bacon ait été posé dessus  |  L’ex-ministre Michèle Alliot-Marie (0 chances d’être élue) annonce sa candidature à la présidentielle  |  Fraude fiscale : Jérôme Cahuzac condamné à trois ans de prison ferme  |  Grèce : la Cour bloque l’extradition de 2 soldats turcs suspectés de complicité du coup d’Etat  |  Les forces israéliennes ont arrêté une cellule du Hamas qui s’apprêtait, depuis la Judée, à commettre attaques et kidnappings  |  Sondage Gallup: 47% des Américains sont pour le droit à l’avortement, 46% sont pro-vie  |  Où l’on apprend que Trump a eu plus de 30 heures de conversations téléphoniques avec Obama depuis son élection  |  Sondage : le taux de popularité de Donald Trump est monté à 50%, celui des médias est tombé à 6%  | 
Rafraichir régulierement la page
Publié par Dreuz Info le 20 septembre 2007
Révélations et perspectives pour le Moyen Orient
  
Michel Garroté, journaliste
http://monde-info.blogspot.com
  
Le document ci-dessous reprend, d’une part, des extraits de deux articles, l’un de Kissinger, l’autre de Murawiec ; et d’autre part, des informations sur l’assassinat, hier 19 septembre, du député chrétien libanais Antoine Ghanem et des informations sur le Liban en général.
  
Kissinger sur le Moyen Orient et sur l’Irak
Henry Kissinger, ancien Secrétaire d’Etat, directeur de la société de conseil Kissinger & associés, revient, dans un article du International Herald Tribune du 16 septembre 2007, sur la situation d’une part, au Moyen Orient en général ; et d’autre part, en Irak plus particulièrement. Dans son article, Kissinger souligne d’abord, au sujet de l’Irak, qu’on « ne peut pas mettre fin au conflit par des moyens militaires seulement » et qu’on « ne peut pas y mettre un terme, en cédant le champ de bataille au jihad, dont le radicalisme n’a pas de limite. Un retrait brutal d’Irak ne fera pas cesser la guerre, mais la redirigera vers les conflits génocidaires entre confessions et vers la résurrection de bases terroristes. Si l’Amérique abdique, le Liban sera dominé par le Hezbollah, aux ordres de l’Iran, une guerre Israélo-syrienne pourrait éclater, Israël pourrait frapper les installations nucléaires d’Iran, afin de desserrer l’encerclement islamiste, la Turquie et l’Iran séviraient chacun contre ses autonomistes kurdes et les talibans d’Afghanistan s’enhardiraient. Voilà ce que signifie un départ précipité. Les Etats-Unis perdraient toute initiative pour façonner les événements, en Irak même, dans la lutte contre l’islamisme radical, et dans le monde en général ». A propos du Moyen Orient, Kissinger précise que « rien dans l’histoire du Moyen Orient ne montre que l’abdication donne de l’influence. Ceux qui suggèrent ce processus devraient assumer les terribles conséquences d’un retrait brutal, prévues par une majorité d’experts et de diplomates. Ce qui manque ce n’est pas un calendrier de retrait des troupes, mais un dessein politique et diplomatique, lié à la stratégie militaire globale ». Revenant sur l’Irak, Kissinger souligne que « les exhortations américaines pour une réconciliation nationale sont basées sur des principes constitutionnels tirés de la culture occidentale. Et il est impossible d’obtenir un résultat en 6 mois, période définie pour la contre-insurrection, dans cet état artificiel ravagé par des conflits sectaires et ethniques millénaires. L’expérience doit nous apprendre qu’essayer de manipuler une structure politique fragile, résultant notamment d’élections sponsorisées par l’Amérique, fait le jeu des éléments radicaux. Et nos frustrations actuelles devant un gouvernement irakien peu performant ne doivent pas être l’excuse pour les transformer en désastre pour nous. Une première voie plus sage serait de se concentrer sur les trois principales régions et de promouvoir dans chacune d’elle une administration technique, efficace et humaine. Un gouvernement régional pourrait réduire la violence chez lui et progresser vers un état de loi et vers une économie viable. Au bout d’un certain temps, apaisé, le peuple irakien pourrait alors considérer une réconciliation nationale, surtout si chaque région n’est pas assez dominante pour imposer sa volonté aux autres. Sinon, le pays pourrait bien sombrer dans la partition de fait, sous le prétexte d’autonomie, comme c’est le cas aujourd’hui dans la région kurde. Cependant aucun de ces objectifs ne peut être réalisé sans deux conditions : la nécessité d’une présence américaine dans la région sur laquelle nos amis puissent compter et que nos ennemis puissent prendre au sérieux. Et surtout, notre pays doit comprendre la nécessité d’être uni, sans tactique politicienne ».
  
Murawiec ne mâche pas ses mots
De son côté, Laurent Murawiec, correspondant à Washington de Metula News Agency, écrit, le 18 septembre 2007, que depuis le début de la bataille d’Irak « pas un officier général américain n’a été révoqué, comme si l’armée américaine n’était qu’une vulgaire fonction publique, protégée par des syndicats à la française et où la pérennité de l’emploi est sacro-sainte. Ceci, alors que les opérations ont révélé, chez les officiers généraux bien plus que dans les rangs inférieurs, de très graves carences. Pis, le summum de l’incompétence complaisante et prétentieuse, l’ancien patron de la CIA, George Tenet, aux responsabilités accablante dans la non prévention des attentats du 11 septembre, fut non seulement maintenu à son poste, mais quand il le quitta de son plein gré, il reçut, des mains mêmes du président, la Médaille de la Liberté, la plus haute décoration civile des Etats-Unis ». Parlant de Bush, Laurent Murawiec écrit que celui-ci « s’est largement entouré d’opposants à sa propre politique ou de sycophantes à la compétence douteuse. Au département d’Etat, Condoleezza Rice présente bien, mais ses options, celles du ‘réalisme’, qui préfère toujours la stabilité à court terme, quel qu’en soit le prix, même si elle consiste à abandonner nos meilleurs amis et à pactiser avec nos pires ennemis, se situent aux antipodes des instincts politiques de Bush. La liste est interminable – et je ne la répéterai pas ici – des opposants farouches qui sapent de l’intérieur la politique présidentielle, sans que Bush ne s’en offusque. La logique aurait voulu que Bush purge avec énergie les secteurs de l’Etat qui, non seulement refusaient d’appliquer sa politique, mais la sabotaient sans même s’en cacher – diplomatie, services de renseignement au premier chef -. Bush laissa faire, quand bien même ces opposants de l’intérieur affaiblissaient et dénaturaient sa politique ». Concernant plus particulièrement l’Irak, Murawiec précise que « les succès militaires doivent non seulement être prolongés par une reconstruction politique en Irak, mais aussi par un recadrage de la stratégie américaine : les troubles en Irak, la guérilla, les attaques, sont très largement orchestrés par l’Iran, par la Syrie, et par l’Arabie saoudite côté sunnite. Faute de mettre les points sur les ‘i’ avec tous ces manants, les militaires américains font face à une tâche de Sisyphes. Or Bush oscille sans fin et continue d’appliquer, en partie, les désastreuses recommandations du ‘Groupe d’études Irak’ de MM. James Baker et Lee Hamilton : afin d’acquérir les bonnes grâces des ennemis, Iran et Syrie, et Arabie, il importe de livrer le Liban à Damas, l’Irak à Téhéran et Israël aux Arabes en général. Cela devrait permettre de se retirer d’Irak – comme on s’était éjecté du Vietnam -. On cause avec les ennemis en espérant les amadouer. Tout en même temps, on serre la vis à l’Iran avec des mesures bancaires, financières et énergétiques, qui font très mal au régime des mollahs. En un mot, on est en pleine incohérence politico stratégique ».
  
Le Liban, encore le Liban, toujours le Liban
Le récent attentat au Liban, le mercredi 19 septembre dernier, lui aussi, est révélateur de la complexité du Proche et du Moyen Orient. Le Liban est, un peu, un modèle miniature de l’ensemble de la région. Ce qui se passe dans la région a d’énormes répercussions sur le Liban. Et ce qui se passe au Liban, donne un avant-goût de ce qui pourrait se produire à l’échelle du Proche et du Moyen Orient tout entier. Le 19 septembre, le député chrétien franco-libanais Antoine Ghanem est décédé dans un attentat qui, selon les sources, a frappé Horch Tabet ou Sin el-Fil, dans la banlieue chrétienne de Beyrouth. En 2004, le député Antoine Ghanem avait participé à la révolution des cèdres, suite à l’assassinat de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri. En 2005, il était réélu dans la circonscription de Baabda-Aley sur une liste parrainée par le député druze Walid Joumblatt et, les médias ont omis de faire cette précision, soutenue par le mouvement chiite Hezbollah, compromissions typiquement libanaises oblige… Le blog salon beige précise que les Etats-Unis ont clairement mis en cause la Syrie : « Depuis octobre 2004, il y a une constante dans les assassinats et les tentatives d’assassinats politiques destinés à intimider ceux qui oeuvrent courageusement à un Liban souverain et démocratique. Les victimes de ces lâches attentats ont été de manière constante ceux qui ont cherché publiquement à mettre fin aux ingérences de la Syrie dans les affaires intérieures du Liban ». L’attentat est survenu au moment où le Liban s’apprête à élire un nouveau Président. Le mandat de l’actuel expire le 25 novembre. L’attentat survient six jours avant la date prévue de la réunion du Parlement libanais pour élire un nouveau président de la République. L’ancien président libanais Amin Gemayel, qui dirige le parti Kataëb et dont le fils, ministre et député Pierre Gemayel, avait été assassiné en novembre a déclaré : « C’est la question de la survie de ce pays et de la démocratie dans le pays qui est en jeu pour le moment ». De fait, depuis deux ans, le Liban est le théâtre d’attentats visant des personnalités présumées anti-syriennes : le député Walid Eido ; le ministre de l’Industrie, Pierre Gemayel ; l’ancien Premier ministre Rafic Hariri, etc. Le Liban traverse une crise qui oppose la majorité du Premier ministre Fouad Siniora et de Saad al Hariri à une opposition soutenue par Damas et Téhéran. Les tensions au Proche et au Moyen-Orient (le nucléaire iranien, la guerre du Liban l’été 2006, les récentes victoires américaines en Irak, la prise de contrôle militaire de Gaza par les terroristes du Hamas) compliquent la crise politique libanaise. Le Parlement libanais devrait élire un nouveau président le 25 septembre, fonction qui doit revenir à un chrétien maronite.
  
Le 19 septembre, http://ajm.ch/wordpress/ rappelle, dans ce contexte, qu’il s’agit « du huitième responsable politique libanais anti-syrien subitement disparu depuis 2005. En plus, personne ne semble gêné par le fait que l’armée syrienne s’installe illégalement sur le territoire libanais. Depuis que le dictateur syrien a uni son destin à celui de l’Iran, et donc aussi à celui du Hezbollah, à part quelques menus problèmes techniques avec ses missiles chimiques et des broutilles avec les Israéliens, il a vraiment une chance de cocu ».
  
Les diverses déclarations de partis politiques libanais, suite à l’assassinat de Ghanem, sont, elles aussi, révélatrices d’un certain climat. Ainsi, la déclaration des Kataëb chrétiennes (19-9-07) indique que « ce meurtre coïncide avec le 25ème anniversaire de l’assassinat du président élu feu Bachir Gemayel, et vient servir le projet de sabotage des présidentielles au Liban pour entraîner le Liban dans un vide constitutionnel ».
  
Au cours d’un entretien téléphonique lors de l’émission de Kalam el Nass diffusée le soir du 19 septembre, le général « chrétien » (anciennement anti-syrien aujourd’hui devenu pro-Hezbollah pour cause électorale…) Michel Aoun s’est demandé « comment tout d’un coup, tous les ténors de la coalition du 14 mars ont tout de suite accusé en masse la Syrie d’avoir perpétré ce crime ». Déplorant le décès du député Ghanem, le général Aoun a rappelé qu’en tant qu’homme de loi, il lui est interdit d’accuser un parti quelconque avant le résultat des investigations. M. Aoun a évoqué, précise libnanews, le temps de l’hégémonie syrienne où tout attentat de ce genre était tout de suite attribué à Israël, et a rapproché ce genre d’accusation à celles lancées aujourd’hui par les dirigeants du 14 mars (ce qui est une manière indirecte et débile de pointer maintenant le doigt vers Israël…).
  
Le chef chrétien des Forces Libanaises Samir Geagea a estimé (19-907) que cet assassinat est une attaque contre les députés de la majorité pour qu’ils ne soient plus majoritaires. Il a appelé tous les partis à être présents lors de la séance de l’élection présidentielle. S’adressant spécialement aux forces de l’opposition pro-syrienne, il les a appelées à ne pas suivre leurs propres intérêts pour arriver aux positions qu’ils convoitent aux dépends de la sécurité du pays et de son peuple.
  
Entre le 3 et 10 septembre, Samir Geagea, Amin Gemayel et son fils Sami avaient reçu une délégation française. Sami Gemayel avait effectué, à cette occasion, un exposé sur la politique qu’il entend impulser dans le parti chrétien Kataëb où il œuvre au premier rang. Il avait notamment développé sa vision d’un Liban uni mais décentralisé en cantons chrétiens, druzes et musulmans bénéficiant d’une large autonomie. Une prophétie valable pour tout le Proche et le Moyen Orient ?
   
Merci de cliquer sur J'aime pour soutenir Dreuz