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Publié par Dreuz Info le 19 octobre 2007
jerusalem.jpg1- Un vieil adage dit « si tu veux la paix, prépare la guerre ». Je ne suis pas certain que cet adage se vérifie toujours. En revanche, ce qui se prépare, actuellement, en vue du sommet de paix israélo-palestinien, à Annapolis, dans le Maryland (USA), donne plutôt l’impression inverse. A savoir que si l’on prépare mal la paix, l’on risque, justement, la guerre. Voyons cela. Combien de journalistes occidentaux savent-ils, qu’actuellement, Israël est dirigé par une coalition gouvernementale ? Que le Premier ministre Ehud Olmert, issu du parti centriste Kadima, est soutenu par moins de 10% des Israéliens ? Qu’Olmert fait l’objet de trois enquêtes judiciaires ? Que l’actuelle coalition gouvernementale israélienne, outre Kadima, se compose notamment de ministres issus du parti Shas et du parti Yisrael Beiteinu? Dans un article de Shmuel Rosner, publié dans le quotidien israélien Haaretz, édition du 19 octobre, le secrétaire général du parti Shas, M. Eli Yishai, déclare que si la partition de Jérusalem est mentionnée à la conférence d’Annapolis, le Shas quittera la coalition gouvernementale. Le secrétaire général du parti Yisrael Beitenu, M. Avigdor Liberman, a un point de vue semblable. En outre, plus de 60 personnalités politiques – la majorité des députés de la Knesset et plusieurs ministres – ont signé une déclaration qui s’oppose à la partition de Jérusalem dans le cadre d’un accord israélo-palestinien (il faut 61% des voix pour changer le statut de Jérusalem).
  
2- Lors d’une conférence de presse conjointe avec Condoleezza Rice, au Caire, le 16 octobre, le Ministre égyptien des Affaires étrangères, Aboul Gheit, a déclaré: « Ce qui vraiment nous déplait, c’est que certains cercles israéliens, soulèvent, à l’échelle internationale, aux Nations Unies, le problème des nombreux trafics d’armes à travers l’Egypte (à destination du Hamas dans la bande de Gaza) ».
  
3- Le 18 octobre, le bureau d’Istanbul de l’agence de presse syrienne Sana, a diffusé une dépêche, sur « le total accord de la Syrie et de la Turquie concernant l’Irak, le Liban et le processus de paix en la matière ». C’est le Président syrien al-Assad qui a effectué cette déclaration, lors d’une conférence de presse, en Turquie, le 18 octobre, suite à une rencontre avec son homologue turc.
  
4- Le 18 octobre encore, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a rencontré, à Moscou, le président russe Vladimir Poutine. L’express.fr du 19 octobre reprend information suivante : « Les principaux sujets de discussion concernaient le dossier iranien et le processus de paix au Proche-Orient », fait savoir le Kremlin sur son site Internet, sans plus de détails. « Le Premier ministre a réitéré sa position, selon laquelle seules des sanctions internationales efficaces peuvent mettre fin aux ambitions nucléaires de l’Iran », peut-on encore lire (autrement dit, rien de concret n’est sorti de cette réunion privée qui a duré trois heures). Plus tôt dans la journée, le président israélien Shimon Pérès a estimé que l’Iran tentait « de devenir un empire et d’étendre son hégémonie à tout le Proche-Orient. De plus, ils fabriquent une bombe atomique, malgré tous leurs démentis », a déclaré Pérès à des journalistes à Jérusalem. « Les preuves sont claires, aucun pays ne dépenserait des millions et des millions de dollars pour mettre au point des missiles à longue portée destinés à emporter des armes conventionnelles, ça n’a aucun sens ».
  
5- Toujours le 18 octobre, dans l’organe de presse saoudien Arab News, Oliver Roy, spécialiste de la question kurde, déclare: « Ce que nous voyons actuellement, c’est un rapprochement sans précédent entre Kurdes du nord de l’Irak et de la Turquie, sur les plans culturel, linguistique et économique. L’Iran est également impliqué, avec une augmentation très claire de la répression d’Etat, au Kurdistan iranien ». Il faut ici préciser que les Kurdes vivent dans un espace qui s’étend à la fois sur la Turquie, l’Iran, l’Irak et la Syrie. Enfin, le 18 octobre également, sur lexpress.fr, Isabelle Tallec recueille les propos de Kendal Nezan, président de l’Institut kurde de Paris : « C’était une décision attendue (le parlement turc vient de donner son feu vert à des incursions militaires contre les Kurdes dans le Nord de l’Irak) qui donne à la Turquie un moyen de pression sur les Etats-Unis et l’Irak. Mais cela ne résoudra pas le problème, car la question kurde en Turquie est éminemment politique. Il s’agit en réalité d’un alibi, d’une totale instrumentalisation de la question du PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) par les dirigeants turcs. Les Kurdes d’Irak ont réussi à créer un Etat fédéré à l’intérieur du pays, doté d’institutions autonomes, que le reste de la nation kurde – en Iran, en Turquie – leur envie et voit comme un phare, un modèle. Il ne faut pas oublier que les quelque 15 à 18 millions de Kurdes en Turquie sont privés de leurs droits les plus élémentaires, leur identité n’est pas reconnue. Les Kurdes d’Irak n’ont aucune intention belliqueuse, ils privilégient au contraire la coopération, le règlement pacifique de la question kurde dans la région. Et d’autre part, contrairement à ce qu’affirme Ankara, qui accuse les Kurdes irakiens de fournir des armes aux rebelles, le PKK n’a jamais manqué d’armement (…) Il y a (…) un enjeu de politique extérieure : vis-à-vis des Etats-Unis (…) avec ce bras de fer qui les oppose à la Turquie au sujet du projet de résolution relatif à la reconnaissance du génocide arménien ».
  
Résumons et concluons. 1- Un gouvernement de coalition, très fragile, et dont le chef, d’une part, s’appuie sur 5% des citoyens et, d’autre part, fait l’objet de trois enquêtes judiciaires, un tel gouvernement, peut-il sérieusement envisager des négociations de paix ? Un tel gouvernement, est-il crédible aux yeux des Arabes en général et des Palestiniens en particulier ? 2- Depuis des années, le gouvernement égyptien laisse transiter des armes vers Gaza. Ce même gouvernement veut inclure le Hamas dans le processus de paix, en encourageant le dialogue de celui-ci avec l’Autorité palestinienne. Il n’y a pas que les Israéliens qui le disent et qui s’en inquiètent. Le fait que les Israéliens le disent « déplait » – il l’a dit devant Condoleezza Rice – au ministre égyptien Aboul Gheit. Ne lui en déplaise, nous le dirons encore. Car c’est la vérité. 3- La Syrie laïque et la Turquie islamique ont publiquement affiché leur accord sur une attaque turque en territoire irakien contre les Kurdes. Cette même Syrie laïque soutient l’Iran théocratique qui augmente actuellement sa répression contre les Kurdes iraniens. En clair, la Turquie, l’Iran et la Syrie sont prêt à tout et n’importe quoi pour affaiblir, et les Kurdes, et les Américains, en Irak. Autrement dit, à l’heure où l’on se gargarise avec la paix israélo-palestinienne, le monde musulman ouvre un nouveau front de guerre sur la frontière irako-turque. Alors que le Kurdistan irakien est actuellement la région la plus pacifique d’Irak. Je suis – évidemment – favorable à une reconnaissance, par le Congrès américain, du génocide arménien, perpétré par les Turcs en 1905. Mais le moment est mal choisi. De 1905 à 2007, les USA ne se sont pas trop pris la tête avec cette question. Et voilà qu’au moment où Bush progresse en Irak, la gauche américaine se réveille soudain et lui balance dans les pieds un boulet qui pourrait incendier tout le nord de l’Irak, via une incursion militaire turque, soutenue par la Syrie et donc par l’Iran. Avec pour conséquence un affaiblissement des Républicains dans la course aux élections présidentielles américaines de 2008. Utiliser le génocide arménien à des fins électorales, au risque d’incendier le nord de l’Irak, est-ce bien démocrate ? 4- Le Premier ministre israélien Ehud Olmert a donc fait un rapide aller-retour à Moscou. Non seulement il n’obtient rien de Poutine sur le dossier nucléaire iranien. Mais en plus, le site Internet du Kremlin nous annonce que « le Premier ministre (Olmert) a réitéré sa position, selon laquelle seules des sanctions internationales efficaces peuvent mettre fin aux ambitions nucléaires de l’Iran ». Autrement dit, Olmert pense comme Poutine. Génial.
5- Non seulement rien de bon ne sortira du happening d’Annapolis. Mais de plus,ahmadinejad-2.jpg l’initiative démocrate américaine (sur le génocide arménien, lancée au pire moment) et les gesticulations d’Olmert (aussi nombreuses que maladroites) ont renforcé un axe qui au vu des derniers événements regroupe (contre les USA) les pays suivants : la Russie, la Turquie, la Syrie et l’Iran. Bravo. C’est ce que l’on nomme un succès diplomatique au sens « si tu veux la guerre, prépare la paix ».
   
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