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Publié par Dreuz Info le 29 novembre 2007
  
AFTER-CONDIPOLIS ET TRAHISONS
  
Miguel Garroté, journaliste
http://monde-info.blogspot.com
  
A lire la presse et à regarder la télévision, la conférence d’Annapolis et l’après Annapolis semblent se résumer en cinq points que l’on trouvera ci-dessous.
  
bush-3.jpg1. Le Président américain G. W. Bush, a déclaré, mercredi 28 novembre, à la Maison Blanche, en présence du Premier ministre israélien Ehud Olmert et du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas : « Je ne me tiendrais pas ici si je ne croyais pas que la paix était possible. L’une des choses que j’ai assurées à ces deux messieurs, c’est que les Etats-Unis seront activement engagés dans ce processus, que nous utiliserons tout notre pouvoir pour préparer la création d’un Etat palestinien qui vivra en paix au côté d’Israël ».
  
2. Concrètement, Israéliens et Palestiniens, ont convenu, à Annapolis, de rechercher, avant fin 2008, un accord de paix, aboutissant, à la création, d’un Etat palestinien. Dans ce cadre, la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, a nommé, un ancien chef de l’Otan en Europe, le général James Jones, pour accompagner, Israéliens et Palestiniens, dans les questions de sécurité.
  
3. Quelques 42% des Israéliens considèrent que la conférence d’Annapolis a abouti à un échec, 17% estiment que la conférence est une réussite et 41% sont sans opinion. Quant aux Palestiniens (ça c’est moi qui l’ajoute), le spectacle, dans la Bande de Gaza, en Judée Samarie et dans les camps palestiniens du Liban, spectacle relayé par nos médias, avec un temps d’antenne considérable pour les nervis du Hamas, ce spectacle donc, donne un aperçu, du refus de la paix, qui règne encore, au sein de la population palestinienne.
  
4. Le fait que Bush s’investisse, personnellement, dans le processus, est considéré comme vital, par les alliés arabes des USA. Mais dans le même temps, ces mêmes alliés arabes des USA, relayés par nos médias, reprochent, aux autorités américaines, de « servir les intérêts israéliens ». Les Arabes disent vouloir donner une chance au nouvel effort. Mais ils veulent, aussi, « tester les intentions israéliennes ». C’est A. Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, qui raconte cela à la presse. Nous répondrons à Monsieur Moussa que nous testerons les intentions arabes et palestiniennes et que de ce côté-là c’est déjà très mal parti.
  
5. Dans le sillage d’Annapolis, trois rendez-vous sont prévus : une réunion du comité chargé des négociations le 12 décembre ; une conférence internationale à Paris le 17 décembre ; une conférence internationale à Moscou début 2008. Intéressant : les fruits de la conférence d’Annapolis, ce sont des réunions de comité et des conférences internationales : ça va encore une fois nous coûter un max de pognon pour des paloprunes.
  
Quelques conclusions. Selon la presse, Bush a dit : « Je ne me tiendrais pas ici si je ne croyais pas que la paix était possible (…) les Etats-Unis seront activement engagés dans ce processus ». Certes, Bush a dit cela. Et la presse fait bien de le relayer. Du reste, cela fait au moins sept ans que Bush, souhaite, un Etat palestinien. Ce n’est donc pas, comme on peut lire dans la presse, un désir récent, pour redorer son blason, à cause de l’Irak et à l’approche de la fin de son mandat présidentiel. Bush n’a pas besoin de redorer son blason, à cause de l’Irak, comme on peut lire dans la presse, car en Irak la situation s’améliore depuis des mois.
  
Le vrai problème n’est pas là. Bush a toujours soumis la création d’un Etat palestinien à deux conditions intimement liées : primo, l’Etat palestinien sera démocratique ; secundo, cet Etat palestinien démocratique ne mettra pas en danger la sécurité de la démocratie israélienne. Le vrai problème, ce n’est donc pas Bush.
  
Le vrai problème, c’est Madame Rice. C’est Madame Rice qui a consacré dix fois plus de temps au dossier palestinien qu’au dossier irakien et au dossier iranien. Or, Madame Rice est Secrétaire d’Etat, c’est-à-dire, en termes européens, Ministre des Affaires étrangères. A ce titre, l’Irak et l’Iran sont des dossiers qu’il faut régler avant, et non pas après, le dossier palestinien. Et par conséquent, Madame Rice n’a pas à gesticuler, au service des Palestiniens, en se détournant des Irakiens et des Iraniens qui, eux aussi, veulent vivre dans un Etat libre et démocratique.
  
Madame Rice a fait du forcing sur le dossier palestinien. Ce faisant, elle a forcé Bush a s’investir dans le processus d’Annapolis, le processus de Madame Rice depuis un an, et non pas le processus de Bush depuis au moins sept ans. Et si Bush ne s’était pas investi dans Annapolis, seule la nouvelle politique de Madame Rice eut été prise en compte. Or, la nouvelle politique de Madame Rice, consiste à brader précipitamment, des territoires (non pas occupés mais disputés), à une Autorité palestinienne qui, justement, n’exerce aucune autorité, effective et efficace, dans les territoires en question.
  
Madame Rice a retourné sa veste depuis un an, car elle pensait que Bush allait rater la fin de son mandat présidentiel et qu’il fallait donc quitter le navire et faire des choix nouveaux, plus progressistes soi-disant. Or, Bush ne rate pas la fin de son mandat et cela agace plus d’un. Cela agace le parti démocrate américain, car il n’est plus sûr du tout, de gagner, les prochaines élections présidentielles. Cela agace les médias. Cela agace la gauche.
  
Dans les futurs livres d’histoire, Bush sera peut-être dépeint comme l’homme de la fidélité à ses convictions. Madame Rice sera peut-être dépeinte comme une républicaine démocrate ou comme une démocrate républicaine. C’est à dire comme une figure d’une part insignifiante ; et d’autre part, responsable, parce que girouette, de ces fausses paix qui engendrent de vraies guerres.
  
A cet égard, le contraire de la fidélité porte un nom : trahison. Bush lutte presque200px-majestic_liberty_large.jpg seul contre une administration qui le met devant des faits accomplis, qui lui fait des enfants dans le dos et qui le trahit. L’interview que Bush a accordée, il n’y a pas si longtemps que cela, à PPDA, a montré, un Bush simple, humble, droit et concret. A ce stade et sous réserve d’événements imprévus à venir, c’est cela que je veux retenir de Bush pour l’instant.
   
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