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Publié par Dreuz Info le 29 janvier 2008

021206_1811_0019_osms-copie-1.jpgPar Michael Czinkota, qui mène des recherches dans le domaine du commerce international à la Georgetown University à Washington.

Les commentaires économiques qui circulent sur la planète pourraient laisser croire que les États-Unis sont devenus un fardeau économique global, et que la baisse actuelle du dollar va conduire à un amoindrissement de la force militaire et de l’influence politique du pays. Ces commentaires sont erronés. Pour leurs auteurs, le futur semble s’arrêter au prochain week-end.

Ces auteurs devraient se pencher sur l’histoire
et se donner les moyens de raisonner sur le long terme. Ainsi, dans une discussion récente que nous avons eu sur l’économie globale, un ami chinois a reconnu immédiatement que son pays avait peut-être eu un mauvais vingtième siècle, mais il a ajouté que la Chine allait à nouveau devenir le centre du monde. En discutant du désir de la Turquie devenir membre de l’Union Européenne, un ami autrichien m’a rappelé plusieurs fois l’attaque de l’empire ottoman contre Vienne en 1683. Les puissances dominantes subissent parfois des difficultés et sont aisément sujettes à la critique. Et la liberté de parole qui règne largement aujourd’hui sur la planète devrait permettre un débat vaste et éclairé plutôt qu’à des propos hâtifs.

Pensez à la façon dont les États-Unis ont été attaqués
, par les mots et par les actes, en 1917, en 1941, et plusieurs fois depuis. Si le président Reagan a été pleuré comme un grand président lorsqu’il a disparu, quand il était en fonction, des caricatures le montraient sous l’apparence d’un cow-boy dégainant son revolver. Ce n’est que très rarement qu’on a souligné l’impact positif de la force et de la détermination américaine sur l’architecture de l’économie globale.

Au cours des soixante années passées,
les États-Unis ont été le contributeur clé à la croissance et au bien-être économique mondial. Dans les années 1940 son leadership a permis de créer la Banque mondiale, le Fonds monétaire international et l’Accord général sur le commerce et les taxes, devenu aujourd’hui Organisation Mondiales du Commerce. Ces trois institutions, quoi qu’on en pense, ont fait reculer la pauvreté globale, soutenu les flux financiers et mis en place les règles qui régissent le commerce international. Dans les années 1970, les États-Unis ont mené le mouvement qui a conduit à sortir des taux de change fixes basés sur l’étalon or et à passer aux taux de changes flottants. Ce changement a permis la croissance de la masse monétaire, et a, de fait, donné naissance à l’abondance économique planétaire qui règne aujourd’hui.

Les États-Unis ont continué à être un exemple pour le monde
en montrant que des actions et décisions basées sur les principes du marché produisent  dans la durée des résultats efficaces et très effectifs. Ils ont été la locomotive économique du monde, absorbant la production étrangère grâce à un marché large et riche. Il y a, bien sûr, eu des erreurs, comme il y en a toujours chez les pionniers, mais l’approche américaine en général a fonctionné mieux que toute autre pour ce qui concerne le progrès économique.

La stabilité économique et politique a été une caractéristique
distincte des Etats-Unis. Il est aisé de voir que les changements économiques et politiques à l’échelle internationale se sont souvent trouvés, au long du vingtième siècle, accompagnés de fumée et de flammes s’élevant au-dessus des villages et des villes. Quand bien même il y a eu des remous et des disputes vaines, les changements aux Etats-Unis se sont opérés sans violences ou destructions majeures.

La société américaine a tendance à admirer les gagnants
dans la concurrence économique et à apprécier l’accumulation de richesses, et le gouvernement des Etats-Unis, en général, n’essaie pas de confisquer les fruits de la réussite. Il existe, bien sûr, des taxes, mais les gens gardent, pour l’essentiel, ce qu’ils ont pu gagner et accumuler. Cela semble une question mineure : jusqu’à ce qu’on voie que dans de nombreux pays cet état de fait, dans la durée, est tout à fait inhabituel.

Ce sont tous ces facteurs qui placent les États-Unis
à part si on les compare avec d’autres pays et c’est ce qui explique le comportement des investisseurs du monde entier. Depuis des décennies, les experts ont prévu le crash du dollar. Maintenant ceux qui disaient que ce crash était fatal prédisent un déclin économique majeur du pays. Certains prévisionnistes ont même émis un soupir de soulagement lorsqu’ils se sont dits que le futur sombre qu’ils prévoyaient survenait enfin. Il n’y a pour autant aucune raison pour que le pays sous le poids de difficultés temporaires. Les États-Unis continuent à offrir sans cesse des opportunités nouvelles au monde. Ils offrent une sécurité dans la durée qui à été et reste un objectif presque hors d’atteinte pour la plupart des pays et des hommes sur la terre. Ils sont porteurs d’une vision,  d’une flexibilité et d’une capacité à s’ajuster à de nouvelles conditions qui sont enviées partout sur la planète.

Examinant les perspectives à long terme
, les investisseurs globaux montrent une réticence très logique à se détourner du dollar. Ce qui détermine la valeur d’une monnaie dans le long terme est la confiance dans le futur qu’un pays offre à ceux qui détiennent sa monnaie. Aux prévisionnistes pleins d’amertume, je fais cette suggestion : ne pensez pas trop vite que les États-Unis sont en déclin, rappelez-vous que l’empire romain a duré plus de 700 ans, l’empire ottoman plus de 600. C’est incontestable : parfois on se sent seul lorsqu’on est au sommet.

http://neoconexpress.canalblog.com/archives/2008/01/28/7733391.html#comments

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