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Publié par Dreuz Info le 1 mars 2008


Par Maurice G. Dantec

L’écrivain français a passé deux ans dans les Balkans en 1994 et 1995, pour prendre la mesure du conflit dans cette région. Il en parle longuement dans ces ouvrages. Dernier roman par : Artefact (Albin Michel, 2007).

Il arrive très souvent aux nations de commettre des erreurs fatales. Il arrive plus souvent encore aux empires de les commettre au nom de la justice. Tout le monde connaît depuis longtemps mes positions pro-américaines et pourtant hostiles à la religion démocratique, pro-israéliennes et pourtant catholiques, pro-occidentales et pourtant pro-russes, pro-européennes et pourtant anti-bruxelloises. Des positions qui m’ont valu tout le dictionnaire des noms d’oiseaux disponibles dans les magasins de la République, et quelques insultes de cour de récréation de la part du nouveau parolier de la Front-National Académie, surtout depuis que mon dégoût pour le Zéropa-Land bruxellois se double de la volonté affirmée mille fois de voir renaître un Saint Empire Romain susceptible d’unifier pour de bon le continent des indo-européens.

Je ne suis pas à une contradiction près, car le monde que j’observe se déliter lentement est précisément le point nodal de tous ces paradoxes et ce qui s’est passé dimanche dernier au Kosovo en est comme l’aboutissement «post-moderne», ce moment ineffable où la pensée humanitaire a remplacé les fondamentaux millénaires de toute authentique politique.

Les USA et l’Union Européenne n’ont pas joué exactement le même rôle dans cette tragi-comédie onuzienne qui prépare déjà un conflit majeur dans les Balkans d’ici les dix prochaines années.

L’UE est un spectre sans la moindre souveraineté, elle est uniquement capable de s’appuyer sur les fonctionnaires de l’ONU pour produire quoi que ce soit en matière de politique étrangère, autant dire rien.

Les USA sont le premier empire circumterrestre/orbital de l’Histoire, cela fait longtemps qu’ils ont compris que l’Europe ne serait jamais un continent fédéré, cela fait longtemps qu’ils ont compris qu’elle ne ferait jamais un allié vraiment fiable, cela fait longtemps aussi qu’ils savent qu’ils n’ont pas vraiment d’autre choix que de la défendre, y compris contre elle-même.

Et c’est précisément ici que tout s’est joué à la fin du XXe siècle, sur cette ligne de fuite qui à la fois distancie et relie les deux continents de la conquête occidentale. C’est ici, dans la poudrière balkanique multicentenaire que tout a commencé, et que tout finira. Car c’est ici que l’histoire s’est renversée, au cours des dernières années du siècle précédent, c’est ici, dans la seule et unique «Europe» qui existe vraiment, que les aberrations du communisme ont conduit à la folie islamiste, c’est ici que l’Europe institutionnelle a baissé les bras devant les génocides de Milosevic et de sa clique, c’est ici que l’armée américaine a dû prendre la relève du néant, en empêchant de justesse le régime bolchevique de Belgrade de conduire jusqu’au bout sa politique absurde, criminelle et suicidaire de nettoyage ethnique dans la province albanophone. C’est-à-dire la mise en place de tous les éléments nécessaires et suffisants pour que sa séparation soit un jour acclamée comme une «victoire de la démocratie».

Que les Américains soient en train de commettre une erreur historique bien plus grave que celle qui a consisté à aider les combattants afghans antisoviétiques sans trop de discernement ne devrait non seulement échapper à personne, mais plus encore il conviendrait de comprendre que cette erreur n’est que le produit de l’incurie européenne, de son incapacité ontologique à faire régner ses principes, et en particulier ceux de la souveraineté nationale.

Dans le même temps il convient de remarquer certains faits non dénués d’intérêt, au regard de la crise qui vient de s’ouvrir:

Les opinions publiques européennes, et leurs gouvernances, ont majoritairement soutenu les communistes serbes lors de la guerre en ex-Yougoslavie. Cela n’a commencé à changer que vers 1994 et surtout après les abominations de Srebrenica qui, soit dit en passant, ont représenté par la suite un des points clés de la propagande djihadiste diffusée à travers le monde pour susciter des vocations.

De nombreuses manifestations de soutien au régime de Belgrade se sont déroulées dans tout l’Occident, lorsque l’US Air Force bousilla trois chars yougoslaves, deux ponts, une usine, et la moitié d’une centrale électrique en 1999.

La Serboslavie était alors encore aux mains de l’ami des progressistes, notre vieille connaissance, Slobodan Milosevic qui, une fois délogé de son trône et assis sur le banc du TPI, ne tarda pas à mourir juste avant de désigner ses complices, dont certains siégeaient au Tribunal.

Milosevic avait ouvert l’ère de la translation, il la ferma. De l’opposition intra-occidentale démocratie/communisme, en dix ans, le monde se configura selon la nouvelle faille: Occident contre islamisme.

On aurait pu alors penser que la Serbie s’étant délivrée du totalitarisme rouge, en parallèle avec la Russie, une nouvelle unité politico-militaire pouvait surgir des cendres du siècle précédent. On pouvait imaginer une adhésion de tous les «pays de l’Est» à l’OTAN, puis une transformation de l’Alliance en une structure de défense hémisphérique, qui inclurait la Russie.

Mais le communisme et l’islamisme en ont décidé autrement, en se repassant le relais du démoniaque au tournant du siècle.

En obligeant les Américains à intervenir contre son propre pays, en les poussant dans les bras de l’UCK et des partis «démocratiques» du Kosovo, Milosevic ne savait pas ce qu’il faisait, bien sûr, comme tous les petits planteurs de clous de l’Histoire.

Il ignorait qu’il signait l’arrêt de mort de la province historiquement matricielle de sa propre nation, il ignorait qu’à cause de lui, et de sa sorcière, les Serbes seraient marqués au fer rouge du sceau de l’infamie au moment même où, lui et ses complices disparus, l’infamie allait se retourner contre son propre peuple.

Car l’ignorance, même celle des roitelets de république populaire, n’a jamais stoppé la roue implacable de l’histoire, cette roue qui broie tout sur son passage, et qui ne pardonne aucune erreur.

Ainsi, à la lumière de ces événements tragiques, qui marquent officiellement le début de la dislocation de l’Europe, avant même sa fondation, voit-on on mieux comment la France, et ses supplétifs de Zéropa-Land, ont à chaque fois trahi les Serbes quand, dans l’Histoire, ils furent directement menacés par les invasions islamiques ou germaniques, pour ne les soutenir en retour que lorsqu’ils glissaient sur la pente du totalitarisme (lire «progressisme») et du génocide socialisant.

Maintenant que ce peuple s’est libéré des griffes du communisme, le voilà pris dans les rets de la «politique» onuzie, c’est à dire cette époque nouvelle qui a décidé d’exterminer les souverainetés historiques au profit d’un morcelage ethnique pacifié, démocratique, poursuivant paradoxalement la politique des génocidaires communistes, avec d’autres moyens, mais des visées assez semblables: extraire les peuples de leurs matrices historiques, les reconfigurer selon des quotas raciaux et linguistiques, les soumettre aux lois de la «communauté internationale», leur allouer la liberté d’obéir ou d’être punis. 1984 va très vite ressembler à un épisode de la Petite Maison dans la Prairie.

Que les États-Unis, si pointilleux sur la notion de souveraineté nationale, aient pu se faire embarquer par les Zéropéens dans cette misérable farce qui sert à ces derniers à faire oublier, de tous leurs larmoiements humanistes, l’inaction complice dont ils ont fait preuve pendant quatre années pleines lors de la guerre civile yougoslave, montre avec quelle intensité la réversion démonique communisme/islamisme a franchi le mur du siècle.

La roue de l’histoire n’épargne pas les empires dominants, bien au contraire. S’ils oublient qu’ils en sont les serviteurs, les «servo-moteurs», s’ils s’en croient les maîtres tout-puissants, les «ordinateurs», les voilà placés devant la lumière aveuglante de l’absurde, devant l’infernale logique des causalités historiques qu’ils n’ont pas su prévoir. Alors qu’ils sont engagés, à l’échelle du globe, dans une guerre tous azimuts contre l’islamisme radical et, osons le dire, contre la poussée générale de la dé-civilisation islamique, les USA soutiennent les Européens et l’ONU dans cette sinistre première qui voit un pays séparé de son cœur historique par un décret «démocratique» de fonctionnaires non élus.

Jamais, même au cours du terrible XXe siècle, on en était arrivé là. On avait déjà, au prix de quelques guerres mondiales, pulvérisé des empires, comme l’Autriche-Hongrie, ou l’Empire Ottoman, on avait déjà rediscuté le tracé de frontières disputées, on avait accordé subséquemment des pays à ce qui avait été des minorités nationales à l’intérieur de ces grandes structures fédérales, mais on avait jamais encore attenté directement au principe fondateur de la souveraineté politique, et en tout cas on ne l’avait jamais fait en organisant pour ce faire le plus grand «téléthon» humanitaire de l’histoire.

Cette époque, qui s’ouvre comme les cuisses d’une catin au plus offrant, les Américains et les Européens vont devoir la méditer longuement. Les Russes, isolés comme toujours, se sont avérés incapables de retourner la situation en leur faveur. Ils en avaient eu pourtant l’occasion à de nombreuses reprises, depuis 2001. Une alliance bipolaire entre USA et Russie aurait évidemment déverrouillé tout le processus. La Russie est aujourd’hui dans la position de l’Allemagne en 1914 ou en 1939. Où qu’elle se tourne, il n’y a plus que des ennemis, ou des amis peu fiables: Europe occidentale, ex-marches ukrainiennes/biélorusses, Chine, Asie Centrale, Nord-Caucase, Iran, Turquie, Japon, elle n’avait donc pas d’autre choix que de risquer le grand saut transpacifique, en rejoignant le continent nord-américain par le détroit de Béring. Une telle alliance aurait déporté tout l’axe du monde vers un autre avenir que celui qui nous est réservé par l’ONU et ses sbires.

L’affaire du Kosovo se serait réglée par un compromis, une large autonomie de la province, les Serbes n’auraient pas été soumis au joug des terroristes albanais et des bureaucrates de Bruxelles, l’Europe aurait sans doute fini par comprendre qu’il était temps de devenir une grande puissance alliée des deux premières, avec toutes les nations qui la composent, toutes les nations, et dans toute leur intégrité.

Au lieu de cela, nous voyons de nouveau l’Occident se diviser lui-même, se désagréger de l’intérieur, alors que les puissances islamiques s’y introduisent, par l’immigration, la démographie, le terrorisme et l’influence économico-politique.

Les Américains accepteraient-ils une motion, osons dire une directive, venue du grand immeuble de New York, dans laquelle l’État du Massachusetts serait séparé par décret «démocratique» et remis à je ne sais quelle «communauté» arrivée d’où vous voulez et dont la population serait devenue majoritaire? Les Britanniques accepteraient-ils que le nord-est de l’Angleterre soit rattaché au Pakistan? Les Français seront ils d’accord le jour où les communautés arabophones de la région de Marseille demanderont leur indépendance ou leur rattachement au Maghreb? Que feront-ils tous lorsque, de surcroît, ces exigences seront appuyées par les 200 autres États de la «communauté internationale»?

Accepteront-ils de devoir plier devant le vote d’un délégué du Swaziland, du Botswana, du Pérou ou du Turkménistan? Accepteront-ils de voir leur pays se faire émietter au nom de principes «démocratiques» édictés par des personnes qui ne se sont jamais rendues devant les urnes? Accepteront-ils que des pans entiers de leurs territoires soient gérés par des «forces de maintien de la paix» qui serviront à bétonner les séparations et les agrégations ethniques, fatales pour leur nation? Accepteront-ils que leurs millénaires d’histoire soient rayés d’un trait de plume par une Europe qui n’arrive même pas à se faire? Accepteront-ils de voir les islamistes se servir des «droits de l’homme» tout en s’activant pour leur Jihad?

Il va falloir que tout le monde comprenne bien ce qui vient d’être mis en jeu, ce dimanche:

Désormais les constructions politiques humaines créées tout au long de l’histoire – disons les 6000 dernières années écoulées– ne sont plus que des abstractions que la Matrice Supranationale Onuzie a pour fonction de remodeler selon les lois humanitaires qu’elle se charge de concocter.

Les Américains, qui ont appuyé cette folie, ne savent pas qu’ils viennent de créer un précédent extrêmement dangereux pour eux-mêmes.

Aveuglés par les pleurnicheries européennes, sans doute désireux de faire un peu de realpolitik à l’égard des pays musulmans, ayant attendu des années un geste de la Russie, mais n’ayant pas su, en retour, instaurer les conditions d’un vrai dialogue, les Américains ont cru que le Kosovo était albanais et que, probablement, affaiblir la Serbie était de bonne guerre.

Toutes les guerres sont «bonnes», ce n’est pas le problème. Le problème est de savoir qui les déclenche et pourquoi. Détruire les fondations occidentales du concept de souveraineté politique est le geste d’un homme épuisé qui se suicide. De l’Europe, difficile de s’en étonner. D’une nation aussi vigoureuse que les USA, ce n’est compréhensible qu’en fonction de la réversibilité démoniaque qui a fait se déplacer le conflit contre le communisme sur le terrain bien plus général de la guerre totale à l’islamisme. Les deux anciens ennemis s’étaient chacun servi de leur influence dans les pays musulmans, durant la guerre froide. Jusqu’au jour où le mur de Berlin tomba, l’année même où Milosevic commençait à provoquer la crise qui conduirait à la dislocation de la Yougoslavie, précisément au Kosovo. Les anciens ennemis auraient dû devenir amis mais sont restés rivaux. Les anciens alliés ont tous changé de camp, soit pour celui d’en face, soit pour celui du Jihad. Et désormais c’est la civilisation européenne elle-même qui prend la décision mortifère de pulvériser les fondamentaux sur laquelle elle s’est construite.

Constatons la terrifiante nature de la réversibilité qui est en œuvre ici: l’UE n’ayant aucune réelle compétence juridico-politique, ce sera aux nations qui la composent d’approuver ou non la décision unilatérale d’indépendance que cette même «Union» aura pourtant promue. Mieux encore, nous allons très vite constater comment ce sont les pays de tradition jacobine-progressiste, telle la France, qui reconnaîtront ce fait accompli, en dépit du droit international, et les nations de nature fédérative, comme l’Espagne, qui sauront sans doute déceler le piège à temps. En attendant, le crime a été perpétré, et ses responsables continuent de s’en vanter à la télévision, leur sourire d’assassins humanitaires en travers de la face.

Il faudra un jour rappeler à tous ces enfants de putain que même l’Alsace est partie intégrante de la France, eu égard à tous ceux qui sont tombés pour elle et venaient de cette marche rhénane. Il faudra rappeler à tous les cuistres progressistes comment ils ont joliment ondulé du bassin entre le soutien total à la Serbie de Milosevic, quand elle se faisait bombarder par les avions de l’Air Force, et leur appui consensuel au complot islamiste en œuvre aujourd’hui au Kosovo. Il faudra que certains m’expliquent comment on peut à la fois soutenir les Serbes, ce peuple qui se tient droit face à l’envahisseur turc depuis plus de six siècles, et les pathétiques crapules criminelles d’Al Qaeda, dont on sait qu’ils tirent les ficelles de l’Armée de Libération Albanaise. Il faudra que d’autres m’éclairent sur l’incapacité des nations européennes à se regrouper autour d’un projet politique commun, celui d’une véritable union fédérative capable de faire pièce à tous les totalitarismes. Il faudra bien que ces concentrés madréporaires de crasse stupidité, ces agrégats d’inculture instruite devenus géopoliticiens de sous-préfecture, s’expliquent un jour sur leur obstination à ne présenter aux Européens que le choix truqué entre leur Union de jacobins technocrates et… rien.

Et puis, bien sûr, je ne manquerais pas de questionner mes amis américains, qui croient naïvement soutenir un projet «démocratique» d’indépendance nationale, sur leur réaction possible si j’évoquais la séparation immédiate d’un des 50 États de leur fédération, par une déclaration unilatérale de sécession, appuyée par l’ONU. Je serais le premier à leur expliquer que le Kosovo est serbe, comme le Massachusetts est américain. Comme la Moskova est russe. Comme la Saxe est allemande. Comme l’Île-de-France est française.

Je suis sûr que beaucoup se mettront à comprendre en quoi ils se sont fourvoyés. Évidemment, je leur dirais aussi en quoi il est désormais trop tard.

Montréal – le mardi 19 février 2008 –

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