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Publié par Dreuz Info le 4 avril 2008

America is making a difference in eastern Afghanistan  The Globe and Mail:

traduction M. Brzustowski

le 2/04 par Seth Jones



BAGRAM- De retour de mon quatrième séjour au cours de l’année qui s’est écoulée, selon ce que j’ai pu observer, les Etats-Unis ont franchi un tournant déterminant en Afghanistan. Cela se traduit par des progrès contre les Talibans et d’autres groupes insurgés dans l’Est de l’Afghanistan, et ouvre une fenêtre d’opportunité pour étendre ces avancées substantielles vers d’autres zones.

La vision
consensuelle partagée à Washington
, s’appuyant sur plusieurs rapports récents, c’est que l’Afghanistan a sombré dans une spirale de violence. Plusieurs régions du pays ont assurément fait l’expérience d’une situation sécuritaire qui se détériore. L’Amiral Michael Mullen, responsable de la coordination des chefs d’Etats-majors, a récemment fait remarquer qu’on notait une augmentation des phénomènes de violence de 27% entre 2006 et 2007. La majorité de ces incidents se sont déroulés dans le Sud du pays, là où les Canadiens, les Britanniques et les Néerlandais affrontent les Talibans et d’autres groupes.

Cependant, dans l’Est de l’Afghanistan où se trouve déployé le gros des forces américaines
, le niveau de violence a décliné d’environ 40 % en 2007. A Khowst, une ville que j’ai visitée le mois dernier, les attaques-suicides ont chuté, passant d’une moyenne de une par semaine à une par mois.
La raison la plus significative correspond à un changement d’attitude dans la stratégie américaine. A partir des leçons tirées de l’histoire des expériences contre-insurrectionnelles britannique, française et américaine, les militaires américains ont considérablement concentré leurs efforts sur ce qu’on appelle le « pouvoir bienveillant » (« soft power »). Ceci s’est traduit par le fait de mettre l’accent sur les projets de reconstruction et de développement, plutôt que de donner un retentissement marqué aux opérations de combat.

Le coeur de cette stratégie s’enracine sur l’hypothèse forte
que les Afghans locaux constituent le centre de gravité des efforts déployés. Ils sont, en effet, nombreux ceux qui enragent à cause du manque de développement depuis toutes ces dernières années et sont sans illusion à propos d’une aussi piètre gouvernance. La stratégie américaine consistant à s’attaquer à ces préoccupations bien réelles s’échafaude autour de trois composantes essentielles :

  La première réside dans le fait de s’engager dans des interactions étroites avec les chefs tribaux, de façon à identifier correctement les besoins et griefs et de développer des projets en conséquence qui puissent répondre à de telles insuffisances. Par exemple, à Khowst, le colonel Martin Schweitzer et le gouverneur de la province, Arsala Jamal, ont constitué des équipes pour construire des routes, des hôpitaux et des projets d’irrigation et de fourniture d’électricité.  
  Le second volet de ces actions repose sur l’embauche d’Afghans locaux pour accomplir ces tâches. Une part importante de l’argent nécessaire à la réalisation de ces entreprises provient du commandant-responsable du programme d’attribution de fonds d’urgence, qui permet à la hiérarchie militaire d’allouer rapidement l’aide indispensable. D’autres subventions sont le fruit d’organisations telles que l’Agence Américaine pour le Développement International et, bien entendu, la Banque Mondiale.

   La troisième phase, c’est la réalisation même des projets en question. Dans la province de Paktia que j’ai également visitée, les forces américaines qui opèrent sous la coordination de la « task-force 82 » mettent toute leur énergie à aménager des routes et à retaper les infrastructures d’acheminement d’eau et d’électricité. Dans la province de Kunar, l’installation de nouvelles routes pavées a provoqué un « boom » commercial dans la vallée de la rivière Pech, où les affrontements ont pour ainsi dire cessé.

Globalement, les résultats s’avèrent impressionnants
, et les efforts américains ont largement contribué à un déclin des violences perpétrées dans l’Est. Mais de tels progrès pourraient rapidement être anéantis, à cause d’une incapacité à répondre à plusieurs défis qui surgissent aussitôt.

L’un de ces dangers vient directement du Pakistan
. Chaque groupe insurgé majeur –tels les Talibans, le réseau de Sirajuddin Haqqani, le Hizb-i-Islami et Al Qaeda – apprécie particulièrement de disposer de son sanctuaire au Pakistan. Des personnalités, au sein même du gouvernement pakistanais, liées directement au service des douanes et à l’agence du renseignement inter-services (ISI-pakistanais), fournissent également une assistance aux groupes insurgés, spécialement aux Talibans et au réseau Haqqani.

L’incapacité américaine à persuader le Pakistan qu’il faut assécher ce marigot
et mettre un terme à son soutien de groupes rebelles mine considérablement la sécurité en Afghanistan et dans la région. Le soutien d’autres Etats, de l’extérieur, s’est jusqu’à présent avéré fatal pour les efforts contre-insurrectionnels. Depuis 1945, les insurrections, qui, comme en Afghanistan, ont bénéficié
de la part d’ Etats d’un soutien s’étant maintenu ont eu gain de cause dans plus de la moitié des cas.

Un autre problème important relève de la faillite de la gouvernance
. Les Afghans sont de plus en plus déçus par leurs responsables locaux et nationaux qui sont corrompus et qui ont pour habitude de commencer par se servir eux-mêmes dans les caisses. Ce ressentiment est autant palpable dans les zones rurales que dans les villes. Il est de notoriété publique que des responsables des différents niveaux de districts provinciaux et nationaux sont directement impliqués dans le trafic de drogue.

Les efforts consentis dans l’Est par l’Amérique ont aidé les chefs locaux
à rétablir les services d’approvisionnement et la sécurité. Mais l’incapacité à stopper la corruption court-circuitera durablement ces évolutions positives.

Le challenge final sera celui qui concerne les ressources internationales
, encore loin d’être à la hauteur des besoins. L’Otan dispose péniblement de 50 000 hommes de troupe en Afghanistan, aux côtés de plus de 50 000 soldats de l’armée Afghane. Si l’on se fonde sur les estimations de la contre-insurrection, qui pensent que 4 soldats pour 1000 habitants sont nécessaires pour rétablir la sécurité, les besoins actuels en Afghanistan sont au moins de 128 000 soldats.

Subsiste un écart d’au moins 28 000 soldats
qui pourra être compensé par l’armée afghane avec le temps. Dans le proche avenir, cependant, c’est l’armée américaine qui devra pallier cette carence. Ceci requiert de faire des choix douloureux, consistant à envisager un redéploiement des forces américaines en Irak vers l’Afghanistan.

La guerre de l’Amérique contre le terrorisme a débuté en Afghanistan en 2001
, lorsqu’on a renversé le régime taliban. Il est grand temps pour les Etats-Unis d’achever le travail qu’ils ont commencé.


Seth G. Jones est un expert en sciences politiques à la Rand Corporation et l’auteur de « Ce qui va prochainement arriver sur la ruine des empires : la guerre de l’Amérique en Afghanistan ».

http://www.e-ariana.com/ariana/eariana.nsf/allDocs/2901C9D1B16DDB9D8725741F00554332?OpenDocument
  
 

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