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Publié par Dreuz Info le 8 avril 2008


Le sabotage médiatique de Bassorah.
Dégonfler les deux plus gros mythes des média à propos des récents combats


                                                  
par Daveed Gartenstein-Ross & Bill Roggio

traduction Marc Brzustowski


Moins de 48 heures après le lancement de la campagne
des forces de sécurité irakiennes contre les factions chiites à Bassorah, les médias avaient déjà déclaré que les opérations se soldaient par un échec. Ces opérations qui ont été initiées le 25 mars avaient pour mission de réprimer les factions criminelles de l’armée du Mahdi de Moqtada Sadr. Durant sa couverture du conflit, la presse a manifesté son penchant déjà noté à jeter rapidement l’éponge dès qu’une opération militaire n’atteint pas instantanément ses objectifs.

Il est pourtant évident que l’attente d’un succès immédiat pour une opération destinée à ratisser une zone urbaine densément peuplée est hautement irréaliste. L’histoire récente en Irak est pleine de ce genre d’exemples : il a fallu des mois avant que les efforts de la coalition pour ratisser et tenir Bagdad montrent de réels progrès, et même à ce jour, seulement 75% de la capitale sont considérés comme totalement sécurisés. L’an dernier, les médias proclamaient que le « Surge » se soldait par un échec bien avant que la totalité du contingent des forces prévues ne soit déployée, mais la presse n’a encore rien appris de ses précédentes erreurs. Deux mythes populaires ont été alimentés à propos de la bataille de Bassorah : 1) elle constitua un échec complet pour les forces de sécurité irakiennes, et 2) elle a entraîné un embarras politique majeur pour le Premier Ministre Nouri Al-Maliki.


Avant même qu’une semaine se soit écoulée
, presque toutes les publications médiatiques ont virtuellement déclaré l’échec militaire des opérations à Bassorah. Un titre du New York Times beuglait littéralement que « l’assaut de l’armée irakienne contre les milices à Bassorah est stoppé », dès le 27 mars, deux jours seulement après le lancement des opérations. Deux jours plus tard -à peine 4 jours après le début des opérations- l’Independent britannique signalait que « l’armée et la police irakiennes ont échoué à déloger l’armée du Mahdi de chacun de ses bastions dans la capitale et dans le sud irakien ». Et six jours après la mise en route des opérations, le Guardian rapportait que « l’armée irakienne n’avait que très peu avancé dans Bassorah et que de larges secteurs de la ville étaient encore sous le contrôle de l’Armée du Mahdi ».


A coup sûr, la performance des forces de sécurité irakiennes à Bassorah
a, dans le meilleur des cas, été décrite comme mitigée. Cependant, elles ne se sont pas pour autant écrasés contre un mur. Les militaires irakiens ont été capables de ratisser complètement un faubourg de Bassorah entièrement contrôlé par l’armée du Mahdi  et étaient en voie d’en nettoyer un autre au moment où Sadr a proclamé son cessez-le-feu. Le cessez-le-feu est intervenu le 30 mars, après 6 jours de combats, et était apparemment unilatéral en ce sens que le gouvernement irakien n’a fait en retour aucune concession avérée. A ce moment-là, dans tout le pays, 571 combattants de l’Araée du Mahdi avaient déjà été tués, 881 blessés, 490 capturés et 30 s’étaient rendus, selon les chiffres enregistrés par The Long War Journal. De fait, 95 combattants de l’Armée du Mahdi ont été tués en moyenne par jour durant les 6 jours d’affrontement. Par comparaison, Al Qaida en Irak n’a jamais subi de pertes aussi intenses, même aux périodes de pic du Surge.

Les forces de sécurité irakiennes ont été à leur meilleur niveau dans de plus petites villes du Sud-irakien. L’armée du Mahdi a subi ses plus cuisants revers à Hillah, Najaf, Kerbala, Diwaniyah, Amarah, Kut et Nassiriyah. Les forces de sécurité ont provoqué l’abandon des rues par l’armée du Mahdi en quelques jours. Les pertes subies par son armée à Bagdad, Bassorah et dans le Sud profond ont sûrement joué un rôle dans la décision tactique de Sadr d’appeler au cessez-le-feu. Un officier américain servant dans le Sud de l’Irak nous a dit : « Quels qu’aient pu être les gains qu’elles [les bandes armées] ont réalisées sur le terrain [à Bassorah], elles se sont trouvées à court de munitions, de nourriture et d’eau. En clair, [l’armée du Mahdi] n’avait plus les capacités de soutenir l’ effort. » Les sources du Time à Bassorah ont décrit un tableau similaire. « On a assisté à une retraite à grande échelle de l’armée du Mahdi dans la cité irakienne au riche port, à cause d’un moral affaibli et à cause de faibles approvisionnements en munitions, dûs à la fermeture hermétique de la frontière iranienne », rapportait le magazine dès le 30 mars.


Là où les forces de sécurité irakiennes ont rencontré une forte résistance
, et lorsqu’il était fait mention de la défection de quelques unités, cela a donné lieu à d’énormes exagérations permettant de dépeindre les affrontements sous le jour d’une totale défaite pour elles.

La presse s’est montrée toute aussi insistante sur le fait que l’action de Maliki visant à sécuriser Bassorah constituait un obstacle politique pour lui, avec l’émergence de la victoire de Sadr. Le jour suivant l’annonce du cessez-le-feu par Sadr, le Time proclamait que  » le fait essentiel que le cessez-le-feu ait explosé à la figure de Maliki signifie ouvertement qu’il n’y aura pas de négociations. C’est donc Maliki, et non Sadr, qui, désormais, apparaît militairement affaibli et incapable de contrôler les diverses composantes de sa propre coalition politique ». L’Associated Press n’hésite pas à présenter Maliki comme « humilié au sein même de la base chiite constituant le socle de son pouvoir. » Et un second reportage de l’Associated Press affirmait qu’un « couvre-feu rigoureux s’est abattu sur Bagdad, les diplomates américains sont terrés dans leurs bureaux de la Zone Verte, Al-Maliki est éprouvé et l’armée privée de Moqtada Sadr est intacte ».

Mais le fait est pourtant que le gouvernement Maliki n’a jamais donné son accord à la trêve en neuf points réclamée par Sadr, pas plus qu’il n’a recherché la paix à tout prix ni émis une quelconque promesse que les opérations allaient cesser. En dépit du fait que le gouvernement irakien ait désigné l’ordre de Sadr à ses combattants de se retirer des combats de rue comme représentant une « étape positive », cela ne l’a pas empêché d’insister sur la continuation des opérations.  « Les groupes armés qui refusent l’annonce de Sadr et le pardon que nous leur avons offert seront systématiquement pris pour cibles, et plus spécialement ceux en possession d’armes lourdes,  » a rétorqué Maliki, en référence à la période d’amnistie de dix jours proposée aux milices pour qu’elles rendent leurs armes de moyenne et de longue portée. « Les opérations sécuritaires à Bassorah continueront afin d’arrêter toutes les activités terroristes et criminelles, aussi bien que les gangs organisés qui s’en prennent à la population ».


Pour toute réponse au cessez-le-feu, les militaires irakiens ont annoncé
qu’ils mettaient en mouvement des renforts pour Bassorah, et le jour suivant ont fait entrer leurs troupes dans les ports de Khour al Zubair et Umm Qasr. Depuis lors, les forces spéciales irakiennes et les unités spéciales de la police ont mené plusieurs raids à l’intérieur de Bassorah, pendant qu’une brigade irakienne marchait sur le coeur d’un faubourg de Bassorah contrôlé par l’armée du Mahdi, le 2 avril. Et deux jours après l’appel au cessez-le-feu de Sadr, le gouvernement maintenait le couvre-feu à Sadr-City et dans les autres périphéries chiites de Bagdad. Rien de tout cela ne serait arrivé si (comme l’ont prétendu les journaux) Maliki s’était tout simplement effondré face à Sadr.


La coalition gouvernée par Maliki ne s’est jamais indignée contre les opérations
. Lorsque l’opposition irakienne a tenu une session extraordinaire au parlement pour s’opposer aux opérations de Bassorah, seulement 54 députés parmi les 275 étaient présents.  L’AFP en a déduit que « Les deux principaux blocs parlementaires -l’Alliance pour l’Unité des chiites d’Irak et l’Alliance Kurde- n’étaient ni l’un ni l’autre présents à la session à laquelle participaient les députés issus du bloc du religieux radical Moqtada Sadr, le petit parti chiite Fadhila, la liste nationale irakienne laïque et le Conseil du Dialogue National Sunnite ». Le fait que les blocs politiques principaux au parlement irakien aient ignoré cette session d’urgence est politiquement significatif, et aucune évidence ne vient suggérer que la coalition gouvernée par Maliki ait été mise en danger depuis lors.

Malgré cela, le flot de reportages ne tarit pas, déclarant que les actions de Maliki conduisent à un échec politique tout en annonçant la victoire de Sadr et de son armée du Mahdi. Plusieurs de ces reportages de presse citent les propres porte-parole de Sadr et ses dirigeants militaires pour étayer leur démonstration sur ce point : « Nous n’avons pas réellement projeté toutes nos forces dans la bataille. Nous n’avons fait que réagir en légitime défense », a déclaré un commandant anonyme de l’armée du Mahdi à l’Associated Press. « Si Al-Maliki l’avait emporté, c’est lui qui aurait dicté ses conditions. Mais c’est nous qui l’avons fait ».

Mais aucun journaliste ne s’est tracassé pour se poser une question simple : si Sadr était aussi victorieux, pourquoi arrêter le combat? Si l’armée irakienne était battue et Maliki politiquement affaibli, pourquoi ne pas accélérer les affrontements et provoquer la chute du gouvernement? Comme nous l’a déclaré un officier américain servant dans le Sud de l’Irak, « Proclamer une « victoire » et ensuite se retirer du champ de bataille, c’est la tactique de celui qui est en train de perdre ».

Si les récents combats contre l’armée du Mahdi à Bassorah, Bagdad et le Sud de l’Irak n’ont pas été une victoire éclatante pour le gouvernement et les militaires irakiens, jamais, en tout cas, ce ne fut la défaite retentissante que beaucoup imaginent.

On est loin de savoir clairement pourquoi les médias se sont jetés à pieds joints sur les conclusions qu’ils ont données à propos des opérations de Bassorah. Peut-être que l’impatience conjuguée à un manque de connaissance concernant les affaires militaires en fut le facteur essentiel. Peut-être que, fatigués de 6 mois de reportages généralement positifs concernant le Surge, les journalistes étaient-ils plein de joie à l’idée d’annoncer enfin que la situation sur le terrain allait en se détériorant. Ou peut-être qu’aborder les faits sous un angle négatif était-il irrésistible, à la lumière du  prochain témoignage du général David Petraeus devant le Congrès.

Quelles qu’en soient les raisons, la presse a rendu un très mauvais service aux lecteurs en pratiquant la désinformation sur les événements de Bassorah.

 

 

Daveed Gartenstein-Ross est le vice-président de la recherche à la Fondation pour la Défense des Démocraties et l’auteur de « mon année au sein de l’Islam Radical » (My Year Inside Radical Islam). Bill Roggio est un ancien homme d’infanterie de l’armée américaine, l’éditeur de « The Long War Journal  » et un adjoint permanent de la Fondation pour la Défense des Démocraties. L’un comme l’autre, Gartenstein-Ross et Roggio, se sont rendus en Irak en tant que correspondants de guerre.


http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/014/936meniz.asp?pg=1

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