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Publié par Dreuz Info le 10 avril 2008

Georges Duhamel Israël, clef de l’Orient. Mercure de France 1957

 


Extraits relevés par N.F. 


Extrait


P 9-11 « Est-il possible de regarder sans étonnement et sans malaise la carte géographique de cette région du Proche-Orient ? Je ne le crois pas. J’ai cent fois repris cette carte, au cours de mon voyage, et, cent fois, j’ai fait des vœux pour que de nouvelles répartitions du sol puissent tracer des frontières plus logiques, moins absurdes, moins fatalement menacées par les incidents d’une guérilla dont on n’aperçoit pas le terme. Les peuples dits arabes, parce qu’ils ont été finalement soumis à la religion musulmane, puis aux confuses disciplines de la Ligue arabe, ces peuples, souvent, m’ont inspiré de la pitié, et même de la sympathie.  J’ai fait de fréquents séjours en pays d’Islam.  J’ai vu ces foules misérables, sous-alimentées, exploitées depuis des siècles par des souverains ou des féodaux que l’égoïsme retranche des multitudes parmi lesquelles ils vivent en parasites, et cela depuis le Maroc jusqu’aux rives du Golfe Persique. S’il est aisé de fanatiser ces pauvres gens, il est difficile de les ramener au calme. Les événements du Proche-Orient, depuis le coup de force tenté par le dictateur égyptien, ont fait apparaître au grand jour les ambitions des hommes et des groupements politiques. Les chanteurs de  l’Internationale ont favorisé de mille manières la nationalisation d’une grande voie maritime, internationale dès le principe. Les Etats-Unis d’Amérique, oubliant les devoirs que leur dicte leur position à la tête des nations occidentales, ont montré que la ruse a souvent le visage et la démarche de l’erreur. Un seul pays a prouvé qu’il savait ce qu’il voulait  qu’il demandait seulement la paix et les moyens de travailler, et ce pays, c’est Israël. Une seule nation a compris, salué, secondé l’admirable effort d’Israël, et c’est la France. Dans cette douloureuse épreuve, l’O.N.U. a fait mesurer une fois de plus et ses vices de structure et sa lamentable impuissance, l’O.N.U. qui donne, aveuglément, la même capacité électorale à des nations qui ont une longue et glorieuse histoire, aussi bien qu’à de vagues peuplades qui ne peuvent s’enorgueillir d’un seul homme remarquable, l’O.N.U. qui ferme les yeux devant les crimes des puissants et se montre impitoyable envers de petits Etats qui n’ont pour toute fortune que leur courage et leur génie. »

P 12

« Pendant les semaines qui ont précédé mon voyage, il m’est arrivé, chaque jour, de rencontrer des amis qui représentaient toutes les variétés d’opinion –mis à part, naturellement,  les communistes que leur esprit d’obédience oblige aujourd’hui à devenir anti-israéliens et donc antisémites, ce dont nous prenons bonne note. Toutes les personnes entrevues, et sans la moindre exception m’ont tenu des propos tels : « Nous avons appris par les journaux que vous vous disposiez à partir pour Israël. Comme ce voyage doit être intéressant ! Ne manquez pas de leur dire à tous, là-bas, qu’ils ont été bien courageux et que nous applaudissons à leur courage. »

 

 P 44 « Ils sont armés et c’est bien nécessaire : la frontière arabe est à huit kilomètres de là. Deux des jeunes gens ont été assassinés, l’an passé, par de ces nomades paresseux et fanatiques pour lesquels l’O.N.U. manifeste une si belle sollicitude et que l’Amérique ménage pour faire triompher sa politique de mercantis.

On imagine que la Russie soviétique aurait pu trouver, dans la vie des kibboutz et des villages de jeunesse, d’étonnantes justifications d’un véritable communisme, d’un communisme humain et sage. Mais la Russie impérialiste et nationaliste nous démontre, par la position qu’elle a prise à l’égard d’Israël, qu’elle est et veut demeurer la Russie des pogroms, celle qui ne pardonne aux Juifs ni leurs dons, ni leurs vertus. »

 P 50 « Je m’attendais à trouver Gaza occupée par de considérables forces militaires. Il n’en fut rien. Nous allâmes, au centre de la ville, rendre visite au colonel qui commande une très modeste force de police.  Après un bref entretien, nous retraversâmes l’agglomération. Elle semblait en proie au loisir.  Les Arabes devisaient dans l’ombre des cafés maures en buvant des tasses de leur boisson favorite. Ils ne semblaient pas préparés à l’insurrection. Ils attendaient avec une tranquille confiance les décisions prises au-delà des mers par des personnes qui ne pensent pas à la justice, mais à de sordides combinaisons commerciales.

Les communistes français, qui n’ont pas eu un mot pour condamner les massacres de Budapest, auraient pu visiter Gaza sous l’occupation israélienne, ils auraient appris ce qu’est la sagesse humaine et ils auraient peut-être désavoué, au moins en secret, les maîtres aux ordres desquels ils obéissent aveuglément. 

Je pensais, pendant que la voiture s’arrêtait devant le poste frontière, que l’Arabie séoudite est environ cinq fois grande comme la France. J’entends bien qu’il  s’agit d’un pays désertique. Le souverain de ce pays, le souverain esclavagiste, a fait le voyage d’Amérique pour annoncer aux politiciens des Etats-Unis que dix millions d’Arabes sont prêts à sacrifier leur vie afin de chasser les Juifs de la patrie retrouvée, restaurée, reconstruite, labourée, fleurie, féconde. Je connais les peuples arabes. Ils méritent de vrais chefs qui les conduiraient sur la route du travail profitable, du bonheur et de la paix. Ils ne les ont pas encore trouvés : ils n’ont que des maîtres ambitieux et intéressés.

La plus harmonieuse vue de la terre israélienne, nous l’avons eue du sommes du Mont Thabor. Quelle plaine soignée, verdoyante, préparée pour de riches récoltes ! L’ombre des nuages errait, comme un avertissement, sur cette magnifique tapisserie.  Je n’ai jamais parlé de mes craintes aux Israéliens : ils sont fiers de leur effort et semblent sûrs de leur énergie. J’espère que le monde entier ne s’unira pas pour livrer une telle œuvre humaine à des rois fainéants et à des aventuriers sans scrupules qui rêvent de détruire toute la civilisation occidentale et de plonger finalement le monde entier dans quelque nouveau moyen âge.  

 P 52 « La population agricole, celle des kibboutz et des autres villages n’utilise pas le cheval (…). Toute l’agriculture est donc motorisée. Que deviendrait ce pays si les produits pétroliers venaient à manquer tout à fait ? Les prospecteurs sont en branle, comme dans notre Sahara. Reste à savoir ce qu’il résulterait d’une recherche heureuse. J’ai toujours pensé, toujours dit que si l’on trouve du pétrole dans le Sahara, ce pays est perdu pour nous, Français. Les mercantis qui nous ont volontiers abandonné un désert, nous chasseraient aussitôt d’un territoire riche en gisements. Une fois de plus nous aurions travaillé pour la cupidité des autres.

En Israël, nous avons vu, partout où l’herbe est suffisante, de beaux troupeaux de bovidés. Les moutons sont innombrables. Les chèvres sont rares, car les Israéliens savent que la chèvre, parce qu’elle détruit tous les végétaux, est à l’origine de l’érosion désertique. On retrouve d’ailleurs la chèvre dans les régions du pays où vivent les minorités arabes. Dans ces mêmes régions, on aperçoit l’âne, le cheval, le mulet. 

Les Israéliens, fidèles aux prescriptions religieuses, qui sont des prescriptions hygiéniques, n’ont pas réhabilité le porc, pas plus que ne l’ont fait les Turcs, d’ailleurs. Comme en Turquie, j’ai répété que, certaines précautions prises, le porc, parce qu’il peut se conserver salé, fumé ou séché, représente une précieuse nourriture d’attente. Je n’ai pas eu le sentiment d’être compris.(…)

Je ne veux pas quitter ce chapitre sans revenir sur le reboisement. Les Israéliens ont compris que le déboisement est le prélude au désert. Ils font donc le nécessaire pour favoriser l’extension des boqueteaux, des bois, des forêts. » 

P 91 « Cette ville de Gaza, que j’ai parcourue voici quelques semaines, et qui était alors occupée par la police israélienne, elle a été remise aux troupes des Nations Unies. Ce peuple israélien, que j’ai vu si tranquille, si pacifique et laborieux, il se trouve aujourd’hui contraint par l’Amérique, agissant, tout le monde le sait, sous le masque de l’ONU, d’abandonner les garanties conquises par le courage de sa jeune armée. Après la France et l’Angleterre, Israël doit, à son tour, plier l’échine, abandonner la partie, s’incliner devant les puissances d’argent. Une fois de plus, le dictateur égyptien va triompher.  Je prie ceux qui me répondraient en invoquant la liberté du trafic dans le canal de Suez d’attendre encore quelques semaines pour mesurer la gravité de leur erreur. On entendra parler de Suez pendant tout le printemps qui va venir. Quant aux Français d’Algérie, ils doivent, au lendemain d’une si cruelle défaite diplomatique, se demander ce que le proche avenir leur réserve.

Nous sommes payés d’expérience : nous savons bien que l’histoire, en définitive, donne toujours tort aux dictateurs.  Mais si l’Etat d’Israël, clef de l’Orient, se trouve réduit à l’impuissance par l’aveuglement des grandes puissances, par la conjuration déraisonnable de ceux qui se disent ses amis comme de ceux qui se déclarent ses adversaires, nous pouvons tout redouter des saisons qui vont venir. Et c’est pourquoi, dans l’attente angoissée des événements futurs, j’ai voulu saluer la jeune république exemplaire qui représente à mes yeux l’avant-garde de la civilisation occidentale dans un monde en folie, la saluer, la remercier, lui rendre loyalement hommage. »

 p 97 «  Il se trouve pourtant, de par le monde, un certain nombre de personnes qui se déclarent opposées à cette idéologie, tout en souhaitant de voir disparaître les Juifs des pays où ils sont encore installés et qu’ils honorent souvent par leurs travaux scientifiques, philosophiques ou autres. Où les mettre, alors ? Tel serait le problème, si la protection des grandes nations occidentales était retirée à l’Etat d’Israël. »

p 97-104 « Dans les conditions actuelles, dans les conditions que sont imposées aux nations de l’Occident européen, nul ne peut affirmer que des événements graves, certaines invasions par exemple, – nous en avons l’expérience – ne pourraient pas contraindre une partie du peuple français à chercher refuge hors de la patrie qu’il a, depuis des siècles, cultivée, ornée, enrichie, offerte à l’admiration et à la convoitise du monde entier. Que feraient ces Français exilés ? L’intelligence particulière dont ils sont doués ne serait-elle pas insupportable aux nations dont ils auraient, non sans peine, reçu l’hospitalité ? Qui nous affirme que l’on ne verrait pas, dans les pays demeurés libres, se former des ghettos de Français ? Et si, quelque jour, plus tard, les Français en exil s’accordaient avec leurs compatriotes demeurés sur le sol natal pour déclencher une guerre d’indépendance, les hommes raisonnables –il en est encore dans le monde – s’aviseraient-ils de manifester leur mauvaise humeur et de souhaiter la totale extinction d’un peuple qui a tant fait pour la  civilisation universelle, de ce peuple français que les hommes des autres nations comprennent parfois si mal et qu’ils sont parfois forcés d’admirer ?

Telle est la question que je pose à ceux de mes compatriotes qui trouvent encore le temps de méditer sur les graves problèmes de l’heure. 

Le voyageur qui revient du Proche-Orient et qui suit attentivement l’évolution de la conjoncture internationale ne peut s’empêcher de faire certaines comparaisons entre les événements qui précédèrent la seconde guerre mondiale et les événements auxquels nous assistons depuis quelques mois.

Adire vrai, Hitler prit
son temps et procéda somme toute, sans trop de hâte, avant de plonger le monde entier dans le désordre et dans le sang. Mais il rencontra, pendant cette lente préparation, l’apathie des puissances adverses et put ainsi préparer avec cynisme ce qu’il devait considérer dans ses calculs, comme un triomphe éclatant et fatal.

Rappelez-vous, ô vous tous

qui ne pensez qu’à la paix, à l’équilibre de sociétés humaines menacées des plus grands désordres et même d’une destruction totale, rappelez-vous !

 

(chronologie hitlérienne)

Aujourd’hui, c’est vers le Proche-Orient que tous les yeux se tournent. Les hommes attentifs comprennent, depuis quelque temps, qu’une guerre au Proche-Orient  dégénérerait fatalement en guerre mondiale. (…)

Les événements d’Afrique du Nord appelaient des réformes qu’il eût été bon de faire dès la fin de la seconde guerre mondiale et que j’ai pour mon compte, demandées avec insistance, après divers voyages

d’enquête dans le Proche-Orient et l’Afrique.

La prise du pouvoir, en Egypte, par un dictateur qui semble observer à la lettre l’éternel catéchisme des dictateurs, a soudainement aggravé la tension survenue entre le monde arabe et les puissances d’occident, la seconde guerre mondiale ayant montré toutes les faiblesses et les dissensions occidentales.

 

Comme en 1935-39, devant Hitler, les nations occidentales ont été, vis-à-vis du dictateur égyptien, depuis deux ou trois ans, d’abandons en abandons. L’O.N.U. n’a jamais fait le moindre geste pour obtenir en temps voulu la libre circulation des navires israéliens dans le canal de Suez. La nationalisation de ce canal appelait une réplique immédiate de toutes les nations intéressées. Seules ont agi la France, Israël et l’Angleterre. L’intervention de  l’O.N.U. a donné, une fois de plus, aux puissances du désordre, et l’apparence du succès et la confiance dans les entreprises futures.

En cette fin de mars 1957, force nous est de juger la situation avec rigueur.

L’Etat d’Israël, qui est bine, à mon regard, présentement, la clef de l’Orient, vient d’être abusé par  l’O.N.U. agissant sous la pression des Etats-Unis qui poursuivent une politique absurde. Israël a dû évacuer Gaza et les points stratégiques où les Israéliens se maintenaient encore sur le golfe d’Akaba.

 

La Syrie interdit aux avions français des lignes internationales de survoler son territoire. C’est que la Syrie regorge de troupes soviétiques. Ce sont des Soviétiques musulmans, des Soviétiques malgré tout.

La Turquie est inquiète.  Ses alliés du pacte de Bagdad ne lui inspirent qu’une confiance modérée. L’aile droite du front occidental pourrait se fissurer. Que la guerre reprenne, entre Israël et le monde arabe, alors la Russie, ne se contentant pas d’envoyer des armes, peut faire descendre une armée considérable vers ce Moyen-Orient d’où les nations occidentales tirent le meilleur de leur énergie, l’indispensable pétrole.

Cependant la Russie soviétique installe vingt divisions en Prusse orientale. Elle a rétabli »l’ordre » en Hongrie par la force et la cruauté.

 


L’Angleterre envisage
de retirer une partie des troupes qu’elle tient sur pied de guerre en Allemagne occidentale.

La France doit fournir
en Algérie un exténuant effort militaire.

Les Etats-Unis sont loin ! Ils vivent dans l’euphorie de la richesse. Que le désordre éclate et les Etats-Unis pourront-ils compter sur une population dont on connaît mal les sentiments profonds et qui comporte vingt millions de Noirs, descendants d’esclaves ?

La Russie propose ironiquement, un désarmement qui, sur son immense territoire serait tout à fait incontrôlable.

Les savants, épouvantés de ce qui est leur œuvre même, adjurent le monde entier de renoncer à l’arme atomique. Nul ne tient compte de cet avertissement.

L’homme de sens rassis se demande avec douleur si l’histoire et l’expérience ont, pour le commun des mortels, la moindre valeur d’enseignement. »

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