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Publié par Dreuz Info le 24 avril 2008

 

« Les grands esprits ont toujours rencontré une opposition farouche des esprits médiocres » disait Einstein. Il aurait sans doute trouvé confirmation dans l’état du parti démocrate aujourd’hui. Voilà une frange de la gauche américaine qui glousse d’envie en contemplant ce qu’elle appelle « la chute de Hillary Clinton » ou son « échec historique ».

 
Braves idiots. Lorsque l’on s’informe par MoveOn et DailyKos, le jeu politique se résume à des slogans publicitaires, et nul doute que l’on décèle chez Barack Obama, pur produit marketing, la même ingénuité. C’est la génération 68. Qu’importe la politique, pourvu que jeunesse se passe !


 
Face à cette masse suant de bêtise se tient Hillary Clinton. Politicienne d’expérience, elle ne laisse rien au hasard. Si, aujourd’hui, elle continue sa campagne pour la présidentielle de 2008, sous les quolibets, c’est qu’elle a une bonne raison. Comme tout bon joueur d’échecs, Hillary a deux coups d’avance sur ses opposants. Le but est clair, les moyens aussi. La stratégie, en tous points, est brillante. Décryptage.


 
Juin 2004. John Kerry, nominé démocrate pour la course à la Maison-Blanche, prépare la convention de la fin juillet. Dans l’ombre, son staff s’affaire afin qu’il obtienne le maximum de couverture médiatique. Kerry a bien préparé ses sujets, et pense évacuer les attaques de ses adversaires en s’affichant continuellement dans une presse bienveillante. Mais voilà. Kerry entre dans les plans de Mrs Clinton, qui brigue la Maison-Blanche en 2008. Pas question pour Hillary que le prétendant affable du Massachusetts remporte la mise. Sinon, il se représentera en 2008, et elle ne pourra concourir au poste suprême. Il faut agir. Et pour se faire, elle dispose d’une arme de taille : son mari. En effet, alors que Kerry s’apprête à passer un début d’été sous les projecteurs, Bill Clinton publie son autobiographie, Ma vie. La presse se rue à sa rencontre, et les Démocrates abordent leur convention nationale avec, en bouche, le mot « années Clinton ». Au lendemain de la convention de Boston, Kerry n’a pas progressé dans les sondages, les Démocrates foncent tête baissée vers un nouvel échec en novembre, et Hillary prépare son entrée. Objectif : 2008.

 
Février 2008. La campagne est catastrophique. Hillary, n’ayant pas su anticiper la montée en puissance de l’extrême gauche au sein du parti démocrate, se retrouve à devoir convaincre la frange la moins fiable de son parti. Le calcul est cauchemardesque : satisfaire l’aile gauche des Démocrates, c’est hypothéquer ses chances de gagner l’élection générale. Mais plaire au plus grand nombre, c’est perdre la nomination. Un dilemme perdant-perdant auquel Hillary refuse de se soumettre. Sa décision est prise : 2008 ne sera pas l’année décisive. Elle a attendu huit ans, quatre de plus ne l’effraient pas. D’autant que la situation préoccupante de la gauche américaine exige une réorientation de la  « stratégie Clinton ». Il faut non seulement reconquérir la Maison-Blanche, mais également retrouver un parti politiquement viable.

 
Oui, mesdames et messieurs, oubliez les « superdélégués » et le comptage et recomptage du Michigan et de Floride. Tout ceci n’est que poudre aux yeux. La vraie campagne, elle, se déroule dans l’ombre. Contrairement à ce que l’on pourrait croire en consultant les informations, Hillary fait campagne pour être Présidente… en 2012. Et cette fois-ci, elle veut être sûre de remporter la mise. Aucun détail n’a été laissé au hasard.


 
Tout d’abord, l’ex-première dame doit réaffirmer son leadership. Depuis les deux mandats de son mari, îlot au milieu d’une période de domination républicaine, les Clinton jouissaient d’une image messianique au sein de leur  parti. Depuis, ce mythe s’est trouvé sérieusement écorné par l’extrême gauche, laquelle s’est trouvée d’étonnants supporters dans le seul clan capable de rivaliser avec les Clinton : les Kennedy.


 
En effet, le duel Obama-Clinton s’affirme bien plus qu’une lutte entre deux idéaux : il s’agit d’une lutte entre deux pouvoirs. Le vieux mythe de JFK contre le nouveau mythe de Bill Clinton. Au final, l’issue de cette guerre interne déterminera le futur du parti démocrate. Hillary le sait. Le soudain élan politique de Barack Obama prouve la résurgence des Kennedy dans la politique américaine, et les Clinton comptent bien mater cette rébellion. Sans pitié.


 
Le meilleur moyen d’y réussir reste de lancer Obama dans la course à la Maison-Blanche  tout en le poignardant dans le dos. La technique est vieille comme le monde, et si elle a pu défaire un Kerry plutôt expérimenté, elle ne devrait avoir aucun mal à détruire un politicien néophyte comme Barack Obama qui, d’ailleurs, aggrave son cas par une collection impressionnante de casseroles rédhibitoires. Le sénateur afro-américain représente aux yeux des Clinton un simple cas d’école : il faut au préalable détruire son image. Puis diviser l’électorat démocrate. Finalement, emmener Obama et le clan Kennedy en novembre 2008, les aider à foncer droit dans le mur à grande vitesse, et espérer leur infliger un échec si cinglant qu’ils disparaîtront corps et bien de la vie politique du pays.


 
La logique fera le reste : au milieu de la vague de dépression qui suivra, à gauche, la sixième défaite présidentielle en huit scrutins, Hillary pourra s’affirmer comme seule détentrice de la recette miracle. « Mon mari a pu gagner deux fois, personne d’autre n’a réussi un tel exploit. Ecoutez-moi, soutenez-moi ! » clamera-t-elle sous tous les cieux. Que lui répondront les électeurs ? « Vous avez une image déplorable chez les Américains, et les Républicains vous détestent ! Vous ne pouvez pas gagner ! » Et c’est là qu’Hillary assènera sa seconde carte, préparée de longue date. Tortueuse. Machiavélique. Brillantissime.

 
Comment gagner la Maison-Blanche lorsque l’on est démocrate, en ce début du XXIe siècle ? Le parti a prouvé son incapacité à produire une ligne idéologique claire et s’empêtre dans ses contradictions. Ses succès législatifs ne servent à rien s’ils ne sont pas accompagnés du levier exécutif. Chez les Clinton, le pouvoir ne saurait être plaisant s’il n’est pas suprême. Et pour le réclamer, Hillary a trouvé un moyen qu’on estimait impensable il y a encore quelques mois : elle va, simplement, le demander aux Républicains.

 
La stratégie clintonienne s’appuie en effet sur un axiome très simple : l’extrême gauche ne dérange pas seulement l’aile modérée des Démocrates. Elle inquiète profondément les Républicains. Si les Etats-Unis sont un pays aux multiples courants idéologiques, le fond de commerce assurant une victoire électorale sur l’ensemble du pays est, fondamentalement, conservateur : patriotisme, valeurs, respect de l’armée, économie. La plupart des candidats républicains se positionnent aujourd’hui au centre-droit. Pour rester politiquement viable, Hillary doit s’affirmer centre-gauche. Or l’aile militante de son parti l’en empêche. Les Clinton ont trouvé la parade : les élections de 2008 doivent être perdues par l’axe Obama-Kennedy. Voilà un point sur lequel Hillary et les Républicains s’entendent parfaitement. Pourquoi ne pas construire une alliance de circonstances avec la droite ?

 
Hillary promet au GOP d’affaiblir l’extrême gauche et Obama ;  elle offre la victoire à McCain comme elle l’avait donnée, naguère, à George W. Bush. En contrepartie, les Républicains, incapables de représenter un McCain trop vieux en 2012, conscients qu’ils ne peuvent gagner quatre mandats consécutifs, lanceront un candidat de paille et ouvriront la Maison-Blanche aux Clinton. Pour s’assurer de la bonne marche du contrat tacite, McCain promet de rester centre-droit. De son côté, Hillary peut argumenter qu’elle cherche principalement la concordance, comme son mari avant elle, et promet de maintenir les baisses d’impôts et les dépenses militaires. L’essentiel, pour les deux partis, est que l’extrême gauche, hostile au système, soit marginalisée de la vie politique et, à terme, dissoute. 


 
Comment voit-on ce rapprochement Clinton-GOP ? Hillary affirme être prête à « rayer l’Iran de la carte ». Elle diffuse une publicité plus martiale que les spots des Marines, puis s’en prend violemment aux internautes de MoveOn. A la télévision, son premier conseiller loue « l’impartialité de Fox News » et rappelle les joies de ce temps où le parti démocrate attirait encore les religieux, les classes moyennes et le Vieux Sud.   


Parallèlement, l’image
de Hillary devient angélique chez les Républicains. On salue son courage. On la soutient dans les shows télévisés et sur les programmes radio. La polémiste Ann Coulter, qui a bâti son succès sur sa critique des Clinton, annonce soudainement qu’elle serait prête à voter pour Hillary. Le calcul est rapide. Au sein de la droite, mieux vaut encourager la gauche traditionnelle et anéantir l’extrême gauche. Tout le monde y trouve son compte.

 
Voilà pourquoi Hillary Rodham Clinton continue sa campagne. Les meetings en Pennsylvanie servent à lui assurer une défaite digne en 2008, et un triomphe quatre ans plus tard. Les grands points de la stratégie qui lui offrira la Maison-Blanche ont déjà été pesés, analysés, affinés. Sans doute y apportera-t-elle quelques retouches avant la campagne décisive de 2012 qui, sans difficultés, lui permettra de devenir la femme la plus puissante du monde.

 

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