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Publié par Dreuz Info le 2 mai 2008

 

 

                                                                           présentation du livre par Brett Stephens



En Octobre 2002, un mémorandum détaillant les pire scénarios de l’après-guerre en Irak fut transmis aux membres les plus élevés de l’ administration Bush. Parmi les 30 et quelque avertissements figuraient:

• «Les États-Unis pourraient ne pas trouver d’armes de destruction massive sur le terrain. »
 
• « La stabilisation et la reconstruction de l’après-Saddam pourraient ne pas prendre deux à quatre ans, mais huit à dix ans. »
 
• « Les États-Unis pourraient être tellement absorbés par leur tâche irakienne qu’ils ne prêteraient pas suffisamment attention à d’autres problèmes graves – comme des problèmes de prolifération et de terrorisme ».
 
• « La Syrie et l’Iran pourraient aider nos ennemis en Irak….L’Irak pourrait connaître des troubles ethniques entre Kurdes, sunnites et chiites ».

La provenance de ce remarquable mémo? Si vous avez pensé au Département d’État, à la CIA ou à quelque autre personne pouvant aujourd’hui affirmer avoir été mécontente de la dérive de l’administration vers la guerre, vous aviez faux. Le mémo émanait de l’ancien Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld qui l’avait rédigé avec ses principaux conseillers militaires et civils. L’un d’entre eux, l’ancien sous-secrétaire Douglas J. Feith, nous présente « War and Decision », le meilleur compte-rendu concernant, pour les réponses militaires de l’administration Bush aux attaques du 11 septembre 2001, les circonstances du débat, ce qui fut décidé, organisé et éxecuté.

Ce qui rend en grande partie« War and Decision«  si irrésistible, c’est que c’est un récit qui remet en cause les clichés, peu importe que M. Feith fût proche ou juste au centre des plus importantes décisions de politique extérieure pour la décennie. Jusqu’ici, la plupart des livres écrits sur le sujet – du « State of Denial »de Bob Woodward au « Fiasco »de Tom Rick – ont dépeint une administration incompétente et paranoïaque fixée sur tous les mauvais ennemis et toutes les mauvaises raisons. Ces ouvrages, chacun à leur manière, ont parfois reposé principalement sur une série de fuites servant les intérêts personnels de leurs auteurs, une suite de déformations et de mensonges pur et simple, bon nombre d’entre eux émanant d’opposants internes à l’administration, qui appartenaient en particulier au Département d’Etat et à la CIA.

Mais le livre de M. Feith adopte aussi une attitude critique sur la manière dont l’administration elle-même a réglé les choses ou encore, parfois, la manière dont Feith lui-même s’est comporté. Toutefois, comme l’indique la note ci-dessus, la plupart des idées reçues sur la dynamique du premier mandat Bush – opposant « les néocons bellicistes» et ceux qui fantasmaient sur la démocratie comme M. Feith, aux réalistes aux idées plus mesurées tels que le secrétaire d’État d’alors Colin Powell et son adjoint Richard Armitage – sont des foutaise manifestes.

 

Par exemple, l’idée que Rumsfeld était l’auteur de la politique de l’administration sur les détenus terroristes. Feith écrit qu’au contraire le secrétaire a mis en garde contre la transformation de l’armée américaine en « geôlier du monde», limitant pour cette raison volontairement les capacités de rétention des installations carcérales à Guantanamo, et qu’il a défendu l’application de la Convention de Genève pour les détenus talibans et affirmé que les Etats-Unis « ne devraient maintenir en détention personne que nous n’ayons absolument besoin de garder ».


Ou encore, cette idée que les néoconservateurs ont rejeté les travaux du projet « Future of Iraq », et les conseils qu’il aurait prétendument offert pour la reconstruction de l’Iraq. En réalité, le chef de ce projet, le savant irakien en exil Kanan Makiya, était lui-même une sorte de protégé néocon, et le projet consistait principalement en des discussions conceptuelles sur tout, de la démocratisation à la réforme de la justice – de tout, c’est à dire tout sauf un schéma directeur significatif pour le proverbial jour du lendemain. En revanche, M. Feith et son équipe ont bien élaboré un plan pour assurer la transition avec un nouveau gouvernement dirigé par des Irakiens, mais ce plan fut rapidement écarté par le proconsul américain Paul Bremer.

 

                                                                                            Douglas Feith

Est également fausse l’idée que les néoconservateurs ont poussé à la guerre dans le cadre du dessein utopique d’ « imposer la démocratie ». Ainsi, une note de la Maison-Blanche d’octobre 2002 indique que la démocratie était classée dernière sur une liste des objectifs américains pour l’Irak en huit points. Même là, le modeste objectif était de «[encourager] la création d’institutions démocratiques. » En revanche, les principaux objectifs étaient, premièrement, un Irak qui « ne menace pas ses voisins  » et, ensuite, qui « renonce à fournir un soutien au terrorisme international et à le sponsoriser  ». Le quatrième point traitait des ADM .

 

Enfin, il y a le mythe affirmant que les fonctionnaires de l’administration tels le vice-président Dick Cheney et le secrétaire adjoint à la Défense Paul Wolfowitz ont « politisé »et trié les renseignements afin de monter leur dossier pro-guerre – un mythe qui persiste malgré deux commissions bipartisanes concluant que rien de la sorte ne s’est passé.

Ce qui est vrai, c’est que les renseignements furent souvent politisés en interne, principalement par des bureaucrates de la CIA bûchant selon leurs propres axes de politique. Un tel axe politique, largement partagé au Département d’Etat, était que les dirigeants irakiens en exil (connus sous le nom d’ «externes») n’avaient pas de crédibilité auprès des « internes » – les Irakiens à l’intérieur. Cette conception, qui semble avoir été motivée principalement par l’aversion à l’égard du chef irakien en exil Ahmed Chalabi, a finalement été démentie par les faits lorsque les Irakiens ont élu un gouvernement composé essentiellement de ceux qu’on appelait les externes, notamment Chalabi.
 

Avant cela, toutefois, la dichotomie en grande partie mensongère externe / interne amena le Département d’Etat à traîner les pieds dans l’organisation de l’opposition anti Saddam à l’extérieur en une force politique cohérente, apte à rapidement assumer la responsabilité des affaires irakiennes après la libération. Cela a également convaincu M. Armitage qu’une occupation américaine pendant plusieurs années serait nécessaire pour que les dirigeants intérieurs intégrent de manière adéquate la culture des droits démocratiques. M. Feith estime lui en revanche que « le maintien d’un gouvernement d’occupation plus d’un an » était « l’erreur majeure » de l’administration en Irak – une remarque singulière si vous considérez que M. Feith et ceux de son acabit s’acharnaient à imposer la démocratie à l’Américaine aux autochtones rétifs.

« War and Decision » offre encore bien plus d’exemples de ce type où la perception de la conduite de l’administration subit de plein fouet le choc avec la réalité. Au crédit de M. Feith, toutefois, son livre n’est pas une apologie, même pour ceux que de toute évidence il admire. A propos de M. Rumsfeld, il note que « son style de direction a parfois desservi ses objectifs: il a froissé des gens et s’est fait des ennemis personnels ». Quant au président Bush, Feith affirme – à juste titre, à mon avis – que son problème n’est pas qu’il a «  miné les défis », mais plutôt qu’il a fait preuve de « tolérance excessive à l’égard de l’indiscipline, voire de la déloyauté, de ses propres personnels. »

 

Les États-Unis auraient-ils mieux fait de ne pas abattre Saddam? Certainement pas, même si l’on garde l’impression que les forces d’inertie bureaucratique et la résistance idéologique au sein du gouvernement des États-Unis ont constitué pour les plans de l’administration un obstacle presque aussi grand que Saddam lui-même. Plus important encore, M. Feith a bien compris que « la politique consiste souvent à choisir entre deux séries de problèmes. » Ce n’est pas une idée qui va faire basculer l’opinion publique sur la guerre, mais elle est indispensable pour comprendre tant les choix déjà faits que ceux qui attendent encore cette administration ainsi que la prochaine.


 

 

 


                                   http://online.wsj.com/article/SB120761972863897011.html

 

 

 

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