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Publié par Dreuz Info le 13 mai 2008

Une seule tradition religieuse?

Tout récemment, un lecteur (A. merci à lui) nous donnait son avis sur la parenté islam-christianisme dans un commentaire inspiré de Jacques Ellul.

« Jacques Ellul, grand intellectuel français dans son ouvrage Islam et Judéo-Christianisme dénonçait les trois fameux mythes que sont les expressions « les trois religions monothéistes »,  » les trois religions d’Abraham » et « les trois religions du livre ».

Ellul énumérait les différences.

-« l’islam comme le christianisme sont deux religions monothéistes ». Mais croire en un seul Dieu ne signifie pas que nous croyons dans le même Dieu. Le Dieu chrétien est trinitaire alors que le Dieu musulman est uniforme. De plus le Dieu chrétien s’est fait homme et n’est pas resté dans la majesté de son ciel. L’idée de l’immanence, de l’incarnation est inconcevable pour l’islam.

Nous aurions soi-disant un ancêtre commun qu’est Abraham

La vérité est que l’enfant que Dieu promet à Abraham est de sa femme légitime et non pas de son esclave Agar dont est né Ismael ancêtre des Arabes. Ismaël est le résultat d’une union qui est la conséquence du manque de confiance d’Abraham dans la promesse de Dieu.

Isaac est l’enfant de la promesse et le sceau de l’alliance entre Dieu et les hommes. Les chrétiens sont avant tout les descendants d’Isaac alors que les musulmans sont les descendants d’Ismaël.

Pour l’islam, Abraham est déjà musulman. Tout est déjà dit en Abraham qui est un Mahomet avant l’heure.

Pour les chrétiens, Abraham n’est que le premier maillon de la chaîne. Il est celui qui engendrera le peuple d’ou naîtra le Messie.

Nous ne croyons pas dans le même Abraham.

Nous aurions un autre point commun qui est que nous vénérons un livre sacré. Mais c’est le cas de presque toutes les religions de vénérer des livres sacrés. En fait dans cette optique là toutes les religions sont des religions du livre. L’important est de savoir quelle est l’importance du livre. L’islam par l’importance qu’elle donne au Coran est véritablement la religion du livre. Le Coran est la parole de Dieu matérialisée dans un livre. La parole de Dieu dans le christianisme c’est le Christ. Le christianisme n’est en aucun cas la religion du livre mais la religion d’une personne qui est le Christ.

Comme le disait si bien Jacques Ellul, le Christ est véritablement une pierre d’achoppement entre nos deux religions. Soit nous croyons que le Christ est la Vérité soit nous ne le croyons pas. Peu importe que l’islam considère Jésus comme un prophète ça n’a aucune importance.

En conclusion, on peut affirmer que les trois fameuses expressions ne veulent rien dire. Ces expressions nous donnent une vision fausse de ce que sont réellement l’islam et le christianisme et nous induisent donc en erreur.

 

A propos de parenté religieuse, j’aimerais à mon tour rappeler quelques notions et différences entre les deux monothéismes bibliques et l’islam.

 


 

Nous n’avons pas d’histoire biblique commune

 

Ainsi l’histoire biblique est histoire sainte…

 


 

 

Le texte est parsemé de références concrètes (d’où l’importance des découvertes archéologiques) indiquant ainsi par les traces laissées cette coopération au fil du temps.

Nous parlons d’histoire sainte car cette histoire est celle du cheminement de Dieu et des hommes côte à côte, celle d’une Alliance vécue au fil des générations et des siècles.

Dans un premier Testament, il nous est entre autre rapporté que Dieu entre en relation avec des hommes, qu’Il prend l’initiative, marche à la tête d’un peuple qu’il a choisi, répand Son esprit, est présent au Temple, forme Son peuple, Israël, par les prophètes qui lui rappellent l’Alliance déjà présente et les exigences divines : la Loi qui est loi d’amour. Il entame un projet de vie avec les hommes, un compagnonnage malgré leurs infidélités, à travers le peuple juif qui porte témoignage pour tout humain de ce qu’il vit avec Dieu (avec les nombreuses tentations rencontrées au cours de son histoire pour se fondre dans les puissantes cultures qui l’environnaient et/ou visaient sa disparition), que Dieu est le seul vrai Dieu, le libérateur qui les a délivrés car il est attaché aux hommes, qu’il veut les voir exister. Dieu reste fidèle malgré les infidélités. Leur route commune connaît des épisodes difficiles…mais Dieu se révèle, donne son inspiration et le peuple continue sa marche, attend un Messie.

Dans un second Testament, l’ alliance est selon les chrétiens portée à l’alliance ultime et la totalité du Salut (et le premier Testament est toujours valide, les promesses de Dieu sont éternelles) par l’incarnation du Christ, l’Homme-Dieu. Jésus est le Messie reconnu par les chrétiens. Il donne à l’histoire humaine sa densité ultime, et à chaque homme personnellement une dignité infinie, l’appelant à la divinisation, non à devenir Dieu mais à vivre éternellement de Son Esprit.

 

 

…et l’histoire coranique est histoire sacrée

 

 

 

Contrairement à la tradition biblique, l’historicité est déniée, et dès le texte. La composition tend à l’abstraction et au formalisme. La chronologie coranique est secondaire, peu de détails, de notations concrètes, sociales ou géographiques affleurant. Les dates et références sont vagues, (même effet par la cantillation, les répétitions, effets poétiques), tout cela renforçant l’aspect divin au détriment de la temporalité : tellement distincte des repères humains qu’elle en paraît intemporelle et sans profondeur.

Il s’ensuit que pour le croyant le temps du passé est vécu au présent, d’autant plus que cette pregnance s’accentue encore à force de retours incessants au passé censé protéger des écarts doctrinaux, lui transférant insidieusement le poids du mythe.

S’il y a une loi coranique se déroulant dans l’Histoire, c’est la loi du prophète incompris mais vainqueur, car la figure divine ne peut échouer contre les hommes. L’alternance prophétique se continue selon un seul schéma répété, comme une figure rythmique, par le récit du prophète…

1/que le dieu coranique envoie à chaque peuple, chaque époque de l’Histoire

2/le peuple rejette le prophète

3/le prophète est sauvé par le dieu

4/le peuple est puni

Par son accent mis sur Mahomet et la prédominance de la prophétie(prophète nabi ou envoyé rasûl) sur les données humaines, la religion islamique apparaît aux yeux de divers islamologues comme un prophétisme, voire un monoprophétisme, toute la composition apparaissant forgée sur les expériences, succès, échecs de Muhammad.

Le temps de cette tradition n’est qu’un cadre propice à enseigner le caractère omnipotent du divin, non l’objet d’une histoire, d’une progression dans une rencontre. Ce dieu ne s’engage pas dans l’histoire des hommes, ni ne la prend en charge. Les pactes (mîthâq) existent bien, mais ils sont extérieurs au dieu de Mahomet, il ne s’y donne pas.

Il faut mentionner un pacte particulier, d’un autre ordre, pré-éternel, accordé à la race adamique. L’islam redit là sa prétention à être le monothéisme authentique originel oublié par les hommes (mais cher au syncrétisme de notre époque) en substituant ce texte à celui de la Genèse et à la relation entre Dieu et Adam telle qu’envisagée par les rédacteurs du texte biblique :(7,172) « Ne suis-je pas votre seigneur ? »Ils dirent : « Oui, nous en témoignons ! ».

 

 

 

Nos textes ne relèvent pas de la même nature et ne disposent pas de la même autorité

 
 

Car le texte biblique est inspiré de Dieu…


 

 

La Bible est parole de Dieu incarnée, elle est le fruit de l’Alliance entre Dieu et les hommes, inspirée par l’Esprit de Dieu et rédigée par concours humain. Les hommes agissent en auteurs-rédacteurs. Dieu est auteur mais choisit des rédacteurs avec leur génie propre, avec leurs ressources culturelles et leurs facultés pour transmettre.

Les hommes de la Bible ne créent pas des récits et thèmes ex nihilo, mais mûrissent la réflexion de l’histoire de leur peuple avec Dieu et mettent ensuite leur relecture par écrit.

Elle est donc le témoignage d’un développement oral, d’une tradition-par exemple pour la Torah ou la tradition apostolique pour le NT-qui peut durer des siècles!

Pour les chrétiens, au cours de l’Histoire, le texte est sujet à l’interprétation de la recherche théorique, avec les matériaux culturels propres aux hommes de chaque époque: c’est la théologie. Les chrétiens tendent à élaborer rationnellement leur compréhension de la Révélation.

 

 

…Tandis que le texte coranique est dicté


 

 

Le texte est premier, dicté mais aussi éternel, incréé, surplombant donc en autorité et antériorité la tradition orale qui se développera après la mort de Mahomet dans les Hadith.

La transmission du texte se fait par descente (tanzil) externe sur chaque prophète, récepteur passif (comme une cavité renvoie un écho) donnant récitation (Coran) du même message, sans progression ni modification, à partir d’un livre prototype au ciel, un Livre-Mère préexistant, lui aussi évidemment objectif et extérieur aux hommes (comme aux anges : Gabriel qui en transmet la dictée à Mahomet est lui-même extérieur au texte)

Cette dictée n’est qu’un rappel évidemment conforme, une confirmation (de confirmation de confirmation…) déjà apportée à des prophètes ou des peuples antérieurs, le garant du divin n’ayant pas suffi devant la nature déficiente des hommes. La dictée à Mahomet ne rend peut-être pas intégralement le texte du Livre-Mère mais le message est cette fois indépassable. Les précédentes descentes ont donné une Torah, un seul Evangile puisqu’ils sont la descente d’un seul texte à chaque fois. C’est à ces descentes que l’islam fait référence lorsqu’il dit « confirmer » les textes antérieurs qui restent hypothétiques puisque l’histoire n’en a gardé aucune trace…

Quant à la théologie, elle n’existe pas. On parle plutôt d’un « discours », le Kalam, destiné à l’apologie du Coran, avec commentaires, et se confrontant aux non-musulmans. Le terme théologie est impropre.

 

 

 

Nos textes ne révèlent le même message ni sur Dieu…

 

 

Dieu dans la tradition biblique se dévoile, s’incarne…

 

Dès le texte de la Genèse, la parole divine( le leitmotiv « et Dieu dit ») fait naître, ordonne les éléments et donne la vie jusqu’à l’homme, qu’elle fait exister comme répondant, appelé à la responsabilité dans la Création . L’Alliance est déjà là, parole que Dieu donne, au sens où Dieu « donne sa parole », et où celle-ci est compénétration, schéma d’Alliance(Les Grecs parlaient eux-aussi de la parole comme semence, et engageant les deux interlocuteurs).

L’Alliance se déploie selon un projet par lequel Dieu se donne à l’Homme sans fusion qui nierait l’altérité et se l’approprierait. La distance est faite pour aimer, faire exister, et non pour éloigner ou nier. Amour, il montre sa grandeur, refuse de s’imposer aux hommes, veut susciter l’amour désintéressé.

Le christianisme ajoute que Jésus manifeste la plénitude de la divinité. Dieu est Amour-Agapè, parole-don de vie et c’est pourquoi il est tout-puissant, fidèle, juste, loyal. Sa toute-puissance découle de son Amour, et non l’inverse. Il ne peut que ce que peut l’Amour, mais cet amour est tout-puissant. 

 

 

 

…Alors que le dieu coranique livre des décrets

 

Sur son dieu, l’islam ne prétend pas dire qu’il se révèle, se dévoile, mais qu’il présente ses décrets. Cette révélation ne porte pas sur qui il est mais ce qu’il veut.

D’après le Coran, on peut malgré tout en dire que cette figure divine est transcendance absolue, sans co-auteur, qu’il est cause première et immédiate de tout le crée, et qu’en conséquence ce dernier n’a pas d’autonomie, ce qui pose la question de l’altérité: quelle est la consistance de ce qui se trouve face à lui?

Ce dieu impose sa transcendance omnipotente, souveraine jusqu’à l’arbitraire, seule consistance, à la manière d’un despote oriental : il fait ce qu’il veut. Il crée aussi ce qu’il veut, d’où le décret divin « si dieu veut » ; Et même le dieu coranique guide et égare qui il veut, disposant de la prédestination, car ce dieu ne peut qu’avoir la « tutelle » dans tous les domaines.

 

 

…ni sur l’Homme

 

 

 

 

Le texte de Genèse (Gn1, 26-27) affirme que l’Homme masculin et féminin est crée à l’image de Dieu et que Dieu bénit sa création. Il pose l’homme en maître responsable de la Création, lui laissant nommer les animaux par exemple, en quelque sorte co-créateur. En instaurant ce rapport avec l’homme, Dieu révèle l’homme à lui-même, à sa capacité de présence infinie et d’amour.

Pour le musulman, l’Homme ne saurait être crée à l’image de son dieu en aucune manière. L’homme devant la toute-puissance divine doit se rendre, faire soumission, « islam», et cette soumission est la seule possible pour la figure divine. Elle est culte immuable. Séparation et éloignement absolus sont les règles qui régissent les rapports entre la figure divine et la créature.

 

 

 

…ni sur les croyants

 

 


 

 

Dans la Bible, les croyants sont appelés à suivre la perfection de la Loi ou de Jésus…

 

A l’initiative d’amour (Deutéronome 4,37) de l’alliance de Dieu, son peuple, tout croyant, ne saurait répondre en simples exécutant d’ordres. Israël doit faire acte de foi dans le fait que c’est bien Dieu qui délivre, et aussi acte d’espérance dans le fait qu’il est capable d’assurer au croyant un avenir par sa puissance, son universalité et sa fidélité. Ainsi l’obéissance exigée due au commandement de l’amour«tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force » (Dt 6,5) peut être comprise, ramenant l’homme dans la communion de la vie avec Dieu. C’est une réponse d’amour.

Jésus reprendra les mêmes termes: « Tu aimeras le Seigneur Ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit (…) et tu aimeras ton prochain comme toi-même. «  Evangile selon Saint Matthieu (Mt 34,40) et encore chez Matthieu  » Ainsi, tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux : voilà la Loi et les Prophètes. « (Mt 7:12)

Pour le chrétien, la voie est de suivre l’exemple du divin maître, chemin de perfectionnement infini :aimer comme seul l’ homme-Dieu a aimé, dans sa liberté et sa volonté humaine parfaite puisqu’ unie à sa liberté et sa volonté divine, montrant ce que veut dire aimer jusqu’au bout et jusqu’où va le cœur de Dieu, donnant sa vie pour la vie des hommes. Dans sa liberté, l’homme peut rechercher la perfection de cet amour.

Le chrétien doit aussi témoigner de cet amour divin, de la personne divine de Jésus, et permettre à quiconque le désire de le rencontrer et d’apprendre que Jésus est mort  pour lui sur la croix et ressuscité, qu’il est Seigneur et Sauveur.

 

 

 

 

…Et le musulman doit observer des commandements extérieurs



 

Le message est une exhortation à être un bon et fidèle musulman, dans l’Islam. Les cinq « piliers » nécessaires sont de professer au moins une fois la chahada qui affirme qu’il n’y a qu’ un dieu unique , pas d’autre dieu et que Mahomet est son prophète;prier Allah cinq fois par jour ;suivre le jeûne annuel du mois de Ramadân;donner la Zakat(aumône au sens de « vertu ») en généreux ;accomplir le pélérinage à la Mecque une fois dans sa vie si on le peut. Pas de mystère ni de mystique(le soufisme est rejeté par l’orthodoxie) et des rites simples. Pour le croyant, l’important est d’être fidèle, pas la route à suivre, d’où le souci de retourner à l’exemple des pieux ancêtres car la répétition, le raisonnement par analogie, fournissent la garantie de la fidélité. Pour le musulman, vassal de son suzerain et croyant d’une religion qui rend caduque les précédentes révélations, s’ensuit aussi le devoir de supplanter et rejeter les autres cultes, eux non fidèles et donc idolâtres, et d’instaurer vis-à-vis des autres croyants insoumis le statut de dhimmi, et la sujétion des non-musulmans car le dieu coranique ne peut qu’ avoir la tutelle dans tous les domaines.

 

 

 

 

   

Bref, l’islam, tout en étant vraiment une religion du livre, n’est pas une religion biblique

 

 

 

 

Contre cela on objecte souvent qu’on trouve dans le Coran des noms et des thèmes déjà présents dans la Bible. Pourtant les termes et personnages repris apparaissent sans épaisseur, comme des silhouettes floues aux seuls contours, des coquilles vides : il y a bien une alliance au Sinaï mais plus de peuple choisi; il y a bien des pactes mais pas d’alliance; Jésus (présent 25 fois) est appelé Messie mais sans rapport au contexte donnant sens à cette notion, sans cohérence avec l’idée d’accomplissement de l’histoire d’Israël, l’idée d’alliance. Or ce Jésus (qui, remplacé par un sosie, ne meurt pas sur une croix) est nommé Îsâ,  mais sa traduction comme présentée par les Evangiles en arabe est Yasu, ce qui ajoute encore à la confusion…Ou encore Marie, renommée Mariam( 34 occurrences) est bien à la fois vierge et mère mais sans plus aucune raison (théologique), plus aucun rapport avec la conception virginale.

Les réminiscences ont valeur substitutive. On découvre comme une novlangue niant toute identité propre aux autres cultures religieuses. C’est, répondant à une logique accusatrice, un nouvel emploi des mots qui composaient une identité, pour une réécriture jusqu’à la racine du sens par la réfutation de nos textes. On induit en effet que c’est l’histoire et la culture des autres traditions monothéistes qui sont perverties puisque le rapport aux juifs et chrétiens déclare que leurs textes soit furent mal interprétés, soit furent sciemment modifiés, trafiqués. C’est une des raisons pour lesquelles les musulmans (lettrés et religieux) n’ont jamais lu nos textes au cours de l’histoire. Ce dont on nous informe aussi, c’est qu’il n’y a donc plus rien à attendre de l’interprétation de nos textes, de la théologie, de l’exégèse, de la philologie, plus rien à faire pour corriger ou reconsidérer le sens reçu, le sens arrivé jusqu’à nous: tout est faux, tout est nié, dans une reprise du sinistre mot d’ordre « Du passé, faisons table rase! ».


La doctrine coranique est diamétralement opposée à l’esprit biblique. Les textes ne se répondent qu’en apparence. La cohérence de la bible et son thème central est l’Alliance: Dieu se mêle à l’aventure humaine. Pas le dieu islamique. L’islam est vraiment religion de son livre, pas des livres de la Bible. Anne-Marie Delcambre parle d’ «inverbation»: le dieu est le Livre. 


Le dialogue est légitime lorsqu’ installé sur des bases saines, sans commencer à procéder par captation. Quel dialogue prônerait-on sinon, à encourager les équivoques ou à passer sous silence les clivages? Dans le dialogue culturel ou interreligieux, avec l’islam il y a toujours un « oui mais ». Il peut être exprimé avec le sourire mais fermement, au risque sinon de tromper l’autre et nous-même.

 

 

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