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Publié par Dreuz Info le 13 mai 2008

  

   
  

 

 

Un certain nombre de réalités

  

1. Comme l’on récemment souligné divers analystes fiables tel par exemple David Bescond, Israël et le Liban en particulier et les démocraties en général font face à un certain nombre de réalités de plus en plus difficiles à passer sous silence. Israël fait face à la création à ses frontières de deux républiques islamiques de type iranien, au Sud Liban d’une part et dans la bande de Gaza d’autre part. Le Hezbollah se prépare à la guerre et pour ce faire il met sur pied un système perfectionné de communication et il affaiblit le gouvernement libanais.

  

2. Des roquettes tirées depuis Gaza provoquent quotidiennement des victimes parmi les civils israéliens. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad continue de proclamer sa volonté de détruire Israël. Son pays, l’Iran, est sur le point de détenir suffisamment de plutonium pour produire des armes nucléaires avant la fin de l’année 2008. Israël doit se battre avec une crise politique interne dont le responsable est le Premier ministre Ehud Olmert, officiellement soupçonné de corruption par la justice.

  

3. Ainsi que le rappelle Gregory Schwartz sur Reuters, la visite cette semaine au Proche-Orient du président américain George Bush portera de fait sur l’instabilité dans la région. Le scandale de corruption qui pourrait coûter son poste au premier ministre israélien Ehud Olmert et le fait qu’au Liban le Hezbollah défie l’armée et affronte des factions progouvernementales, pèseront sur la visite du président américain. Sans doute Bush veut-il laisser un bilan diplomatique dépassant la guerre en Irak.

  

4. Mais la visite de Bush suscite peu d’espoir. ‘Il est difficile de se rappeler d’un moment moins propice que celui-ci au processus de paix israélo-arabe’, a déclaré à Reuters John Alterman, du Centre d’études stratégiques et internationales de Washington. Si Olmert quitte ses fonctions, des élections anticipées pourraient avoir lieu en Israël qui vont interrompre le processus de paix. Bush doit rencontrer Olmert mercredi 14 mai en Israël. Puis Bush se rendra vendredi 16 mai en Arabie saoudite. Enfin, Bush rencontrera samedi 17 mai à Charm el Cheikh en Egypte le leader palestinien Mahmoud Abbas et le premier ministre libanais Fouad Siniora.
  
  

  
  

 

 

Un certain nombre d’analyses

  

Caroline Glick dans le Jerusalem Post (adaptation française de Sentinelle 5768 ©) fait partie de ceux qui pensent que le renversement réussi par le Hezbollah des forces démocratiques au Liban était prévisible. Mais le fait qu’on pouvait prédire le coup d’Etat du Hezbollah ne veut pas dire qu’il était inévitable. Je reprends ci-après sous forme synthétique les analyses de Caroline Glick, analyses que je partage et que j’ai moi-même effectuées à plusieurs reprises.

  

1. Un grand nombre d’acteurs ont dû détourner les yeux au réarmement du Hezbollah financé par l’Iran et la Syrie au cours des deux années passées. Un grand nombre de pays et d’organismes internationaux ont dû accepter la fiction que l’armée libanaise prend ses ordres auprès du gouvernement libanais élu. Depuis que le Hezbollah a commencé sa violente prise du Liban mercredi 7 mai, le Hezbollah l’a fait en coopération avec l’armée libanaise. Quand les forces du Hezbollah ont lancé leurs attaques, mis le feu et détruit les bureaux du journal et de la station de TV Future News de Hariri, elles l’ont fait avec une escorte de l’armée.

  

2. L’armée libanaise n’a pas rouvert les installations des médias démocratiques de Hariri, après avoir ordonné aux forces du Hezbollah de quitter les rues de Beyrouth en fin de semaine. L’armée libanaise n’a pas fait face aux forces du Hezbollah à Tripoli ou à Tyr. Maintenant, l’armée libanaise autorise la destruction des Druzes. L’armée libanaise dominée par les shiites a donné la victoire au Hezbollah dans le coup d’Etat, quand les généraux de l’armée ont annoncé qu’ils n’appliqueraient pas les décisions légitimes anti-Hezbollah prises par le gouvernement Siniora.

  

3. L’armée a remis en place l’agent et espion du Hezbollah limogé, le brigadier général Wafiq Shuqeir, comme chef de la sécurité à l’aéroport international de Beyrouth. Elle s’est aussi inclinée devant le Hezbollah en annonçant qu’elle ne prendrait aucune mesure pour fermer le système de télécommunications indépendant du Hezbollah, dirigé par l’Iran et lié aux services de renseignement syriens. Depuis 2006, l’armée libanaise déployée le long de la frontière avec Israël, conformément la résolution 1701 du Conseil de Sécurité de l’ONU, a permis au Hezbollah de transférer des armes et de déployer des combattants dans les villages frontaliers d’Israël.

  

4. L’armée libanaise a permis à l’Iran et à la Syrie de transférer des quantités massives d’armes au Hezbollah à travers le Liban. Ces transferts d’armes ont permis de tripler l’arsenal de missiles du Hezbollah. L’armée libanaise n’est rien qu’une autre milice ; il aurait aussi dû être clair qu’en l’absence d’une armée loyale et subordonnée, le gouvernement Siniora était juste un peu au-dessus d’un groupe de pression. Plutôt que de prendre une mesure efficace contre le Hezbollah pour empêcher la prise du Liban par laminage, la vice première ministre et ministre des affaires étrangères israélienne Livni et le premier ministre israélien Olmert se sont contentés d’émettre des plaintes à l’ONU concernant le réarmement massif du Hezbollah et son redéploiement le long de la frontière avec Israël.

  

5. L’apogée de l’abandon par les USA du gouvernement démocratique libanais, ce fut la décision de la Secrétaire d’Etat américaine Rice d’inviter la Syrie à participer à sa conférence de la « paix » à Annapolis en novembre dernier. Aussi bien l’acquiescement silencieux des USA et d’Israël à la prise du Liban par le Hezbollah complète leur acceptation de la prise de Gaza par l’Iran par le Hamas. Pendant sa visite festive en Israël cette semaine, on s’attend à ce que le Président George W. Bush célèbre l’alliance stratégique des USA avec l’Etat juif. C’est une grande tragédie que les stratégies que ces alliances ont promues dans les années récentes aient ouvert la voie de la disparition du Liban, et de l’encerclement d’Israël par des vassaux iraniens. La tragédie n’est que renforcée du fait que ce résultat était éminemment évitable.
  
  

Les Chrétiens (et Chrétiennes…) du Liban

  

Dès le vendredi 9 mai, le chef chrétien Samir Geagea a mis les points sur les ‘i’ en déclarant : «…ce qui s’est passé à Beyrouth, dans ses alentours et son aéroport international, n’est qu’un putsch fait par le Hezbollah contre le Liban (…) Face à ces sérieuses infractions contre la société civile et contre la capitale libanaise, le ‘14 mars’ (ndlr : coalition démocratique théoriquement au pouvoir) exhorte l’armée libanaise à observer ses principaux devoir en tant qu’institution militaire afin de mettre fin à ces discordes. L’alliance du 14 mars condamne fermement la prise des journalistes et des médias pour cibles par les putschistes ».

  

« Les forces de la majorité s’adressent aux pays arabes frères et leur demandent d’assumer leurs responsabilités envers le Liban, mettant en garde contre ce coup d’état sanguinaire dont le but est de refaire entrer les forces syriennes au pays du cèdre et permettre à l’Iran d’atteindre les côtes méditerranéennes (…) La coalition du 14 mars estime que la communauté internationale ne doit pas rester les bras croisés devant ce qui se passe, et est tenue de mettre un terme au trafic illégitimes d’armes et de soutenir le peuple libanais et son gouvernement présidé par M. Fouad Siniora ».
  
  

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L’armée libanaise face à la crise

  

Le mardi 13 mai, l’armée libanaise envisage, du moins c’est ce qu’elle déclare, de recourir à la force pour rétablir l’ordre. Des affrontements opposent partisans de la majorité indépendante et Hezbollah mardi 13 mai à Tripoli, au nord du Liban. Ces affrontements se produisent tandis que la majorité indépendante affirme qu’elle n’accepte pas de dialoguer avec le Hezbollah sous la menace des armes. De son côté, le Hezbollah annonce qu’il poursuit sa désobéissance civile’.

  

Mais le fait est qu’en ce mardi 13 mai, l’armée libanaise déclare avoir décidé « d’utiliser si nécessaire la force » sans pour autant empêcher les affrontements dans le nord du Liban. Toutefois, l’armée libanaise se redéploie en périphérie de Tripoli, dans le nord du Liban, où s’affrontent des miliciens sunnites progouvernementaux et des miliciens alaouites alliés au Hezbollah chiite. Par ailleurs, le Hezbollah et ses alliés maintiennent leurs barrages et bloquent tout trafic y compris sur la route de l’aéroport au sud de Beyrouth et sur la route à l’est de Beyrouth qui mène à la frontière syrienne. « Non seulement l’armée s’est bien gardée de s’interposer efficacement entre les combattants, mais elle a honteusement failli, de surcroît, à la protection des simples citoyens », lit-on mardi 13 mai dans le quotidien libanais indépendant l’Orient le Jour.
  
  

  
  

 

 

Le putsch du Hezbollah était planifié depuis longtemps

  

Selon les sources militaires de DEBKA, il y a trois semaines en arrière le Hezbollah a pris livraison de 35 vedettes rapides pour l’utilisation d’explosifs en provenance d’Iran. Ces vedettes peuvent menacer la flotte américaine en Méditerranée et, en Israël, les ports et installations pétrolières de Haïfa et d’Ashdod. Les vedettes ont été construites pour le Hezbollah par les Gardiens de la Révolution de l’Iran dans les chantiers navals à Bandar. les vedettes sont capables de transporter des systèmes d’armes chimiques, biologiques et radioactives. Ils ont été livrés à la mi-avril par un cargo iranien au port syrien de Lattaquié et transportés par camion à Naimah, un port au sud de Beyrouth. Là, ils ont été cachés dans les souterrains de hangars.
  
  

  
  

 

 

La Syrie tente un come back et l’Iran avance ses pions

  

Dans un éditorial du Figaro, Pierre Rousselin écrit que « le Hezbollah est en train de prouver au monde qu’il ne se soucie, en fait, que de préserver l’État parallèle qu’il s’est taillé au Liban sous prétexte de combattre les Israéliens. Seule milice libanaise à avoir refusé de désarmer, comme l’exigent pourtant les résolutions 1559 et 1701 du Conseil de sécurité de l’ONU, le Hezbollah a eu son heure de gloire en 2006, lorsqu’il a réussi à entraîner Israël dans une guerre à laquelle il a pu résister, au prix de la destruction du pays. Aujourd’hui, le masque est en train de tomber : l’État libanais est le véritable ennemi du Hezbollah. La Syrie souffle sur les braises (…) Damas fera valoir que seul son retour au Liban garantira la stabilité. Quant à l’Iran, il cherche à établir, avec la milice chiite, une tête de pont sur la Méditerranée. Il a donc toutes les raisons de soutenir son allié jusqu’au bout. Le Hezbollah ayant profité de la couardise internationale pour se réarmer à la barbe de la Finul, rien ne permet d’être optimiste pour le Liban ». On ne saurait mieux dire.
  
  

  
  

 

 

Les mollahs intégristes iraniens tirent les ficelles

  

Dans Libération, Antoine Basbous, spécialiste du monde arabe, de l’islam et du terrorisme islamiste, directeur de l’Observatoire des Pays Arabes, fait quelques remarques intéressantes : « Le guide de la révolution iranienne, le président iranien et le vice-président iranien disent depuis des mois que le Liban est la terre où il faudra vaincre l’impérialisme et le sionisme. Ce pays a été désigné comme un théâtre des opérations, comme une terre de Djihad. Les Iraniens, avec le portail syrien auquel ils sont associés, ont investi pendant un quart de siècle environ 30 milliards de dollars pour faire du Hezbollah le bras armé de l’Iran en méditerranée. Aujourd’hui, ils ont un très bon retour sur investissement ».

  

« Le mouvement chiite dispose 40.000 à 50.000 missiles, d’un bon entraînement militaire, de structures sociales et sanitaires et a mis en place une organisation de la société calquée sur l’Iran. Chez les civils chiites, on s’habille de plus en plus comme en Iran, on répète les mêmes slogans. Il y a vingt mois, ce mouvement a été capable de mettre en échec la plus puissante armée de la région (l’armée israélienne). Depuis, il s’est réarmé, a augmenté ses capacités en bénéficiant du couloir syrien. Après la guerre de 2006 contre Israël, le Hezbollah est devenu l’acteur incontournable du pays. Aujourd’hui, il prend le pouvoir en faisant du Liban un lieu privilégié de la confrontation régionale, une ‘Gaza bis’ à la disposition de Damas et de Téhéran ».

  

« Une ‘irakisation’ du Liban se profile. Dans un premier temps, le Hezbollah peut gagner la bataille car il a une armée structurée, de l’argent, etc. Mais cette occupation va très vite se retourner contre lui. La milice sera perçue comme une force d’occupation par les citoyens lambdas, notamment sunnites, qui ne partagent pas ses valeurs. En arrivant dans les quartiers sunnites, ils tirent, ordonnent le silence des médias. Cette façon de soumettre Beyrouth va provoquer des contre-attaques et le retour des snipers car il n’y a pas d’adhésion globale au projet social du Hezbollah. Une guerre civile, la plus atroce et la plus cruelle entre radicaux chiites et sunnites, se dessine sur instruction de Damas et de Téhéran ».

  

Miguel Garroté
  

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