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Publié par Dreuz Info le 19 mai 2008

INTERVIEW EXCLUSIVE « LE BLOG DRZZ » 

Interview réalisée par notre rédactrice Jeanne-E. Semenic pour le compte du blog drzz

Oury est un citoyen israélien d’origine française qui nous conte ici les différentes guerres dont il a été le témoin



 

 

OURY – Oui, j’ai participé à plusieurs guerres, qui ont pris des formes très différentes.

 Ma première guerre a été celle des « Six jours » en 1967, meurtrière, mais rapide. Il y a eu plus de 600 tués, ce qui est beaucoup proportionnellement  aux effectifs de Tsahal.

J’avais  18 ans, et je venais de commencer mon service militaire depuis 3 semaines. Je n’ai été affecté à aucun corps d’armée en particulier, j’étais un auxiliaire, je savais à peine tirer…

Les jeunes comme moi ont été affectés à la garde des frontières.

A cette époque, Jérusalem avait une frontière avec la Cisjordanie, qui appartenait aux Jordaniens.  En 48, nous avions perdu Jérusalem, le  Mur des lamentations et un secteur appelé le « Radar ». Il comprenait des villages arabes à 10 km de Jérusalem  en direction de Tell Aviv. C’est là que je me trouvais et que je suis resté.

Le commandant Ouri Ben Ari a repris ce secteur.



La guerre des Six Jours

OURY –  Tous les pays arabes s’étaient ligués et  pensaient venir facilement à bout des kibboutzim, dans lesquels il n’y avait plus d’hommes ; seuls restaient des femmes, des enfants, des vieillards.  Mon unité était chargée d’y assurer la garde.

   En raison de mon inexpérience, je n’ai donc pas participé directement aux combats, mais leur relatif éloignement n’empêchait pas la conscience de la guerre. Les dommages sur les  civils y contribuaient aussi. Dans l’ensemble, nous avons vu des avions, entendu des coups de feu, c’est tout.

Aujourd’hui cette frontière a disparu, elle a été déplacée de 50km, les villages sont maintenant à l’intérieur du pays. On n’imagine pas qu’elle ait existé. Ailleurs, comme au Liban, les frontières n’ont pas changé depuis 1948.

 Les terrains avaient été minés pour que les Arabes n’entrent pas, mais les Arabes avaient fait de même de leur côté, de sorte qu’après la guerre le déminage été difficile, particulièrement pour les petites mines de 5cm.

 Toutes ces guerres ont été courtes pour les soldats : même à la guerre de Kippour, qui a été très meurtrière et très éprouvante, les soldats ne sont restés qu’environ 5 jours au front sur les 3 semaines de guerre.

La guerre des « Six jours » s’est terminée le jour même où elle commencé.

Dans le Sinaï, les tanks qui vont à 20 km à l’heure ont à peine eu le temps de parcourir les 300 km de l’aller. Ils ont fait la guerre en roulant.

Les paras sont entrés dans Jérusalem et tout s’est passé à une vitesse folle.

 Ensuite j’ai continué mon service militaire dans le corps d’infanterie Golani en tant qu’infirmier, ce qui consistait à accompagner les hommes sur le terrain mais  aussi  à combattre.

 Les troupes faisaient une rotation de 6 mois sur les différentes frontières, pour ma part en Syrie et au canal de Suez, en alternance  avec des périodes d’entraînement.


Dans le Sinaï, il m’est arrivé une histoire incroyable : nous étions 5 hommes de garde, appuyés la nuit par un tank, dans un des abris souterrains placés tous les 20km pour surveiller le front égyptien. Il n’y avait donc personne à la ronde à 20 km. Une nuit dans l’obscurité, j’entends  dans un tank  parler l’hébreu avec l’accent français : je reconnais la voix d’un ami de Cannes… Au fin fond du Sinaï, nous avons parlé  de Cannes toute la nuit …


 
Paradoxalement, en tant qu’infirmier, j’ai eu plus de travail pendant les entraînements, qui se faisaient à balles réelles, en raison d’accidents dus à des maladresses pendant les manœuvres, à des mines, à des tentatives de suicide, que dans les combats proprement dits. Nous avons eu beaucoup de pertes…


 
C’étaient surtout les groupes terroristes, comme le FPLP (Fatah) les groupes de Georges Habache et Septembre noir, parfois les Syriens et Egyptiens qui cherchaient l’affrontement.

Après 1967, les Jordaniens n’ont plus bougé. Jusqu’à aujourd’hui, la frontière jordanienne est restée calme. Nous sommes même entrés en Jordanie pour aider le roi Hussein, en difficulté avec les Palestiniens, majoritaires dans son pays.

Mais sur le moment, on ne se rend pas compte de l’importance de l’action militaire. On n’a que la vison limitée d’une personne dans un coin perdu, un  pion qui a participé à cette guerre. Un hélicoptère nous a déposés dans une région garnie forêts et de montagnes, nous avons marché 20 km … Les officiers eux-mêmes ne savaient pas ce qui se passait… On a appris par la radio que la région avait été  capturée.

 Le reste du temps, notre mission consistait à ouvrir les routes pour les voitures. Tous les jours, il fallait vérifier si les barbelés n’avaient pas été coupés, s’il y avait eu du passage, par les traces  laissées sur le sable que nous avions répandu la veille. Parfois il y avait des escarmouches, des échanges de coups de feu.  Les contrôles sur les routes n’étaient pas aussi commun comme ils le sont aujourd’hui. 

Parfois on dormait, la nuit, en Jordanie ou en Syrie, on passait la frontière pour empêcher les infiltrations.

 Après la guerre des « Six jours » les Israéliens étaient maîtres, mais il n’y avait pas d’hostilité comme aujourd’hui. Il n’y avait même pas de troupes en territoire occupé.

On pouvait manger et même dormir chez les Arabes à Jérusalem et à Jéricho ; ils ne considéraient pas les Israéliens comme les ennemis, l’ambiance était normale. Mais… ça a changé après 30 ans.

 Après 1967, jusqu’en 1973, avec un point culminant en  70-71,  a donc eu lieu une « guerre d’usure », Milhemet ha atacha,  menée par des groupes terroristes et les états syrien et égyptien principalement.

Cette guerre peu connue a été la plus pénible, en raison de sa durée. Ce fut une guerre permanente, avec des morts tous les jours.

Les terroristes attaquaient les  kibboutzim, et parallèlement faisaient des attentats, comme à Munich.

  

Yom Kippour, 1973

 


OURY –
    En 1973, j’étais étudiant, en vacances à Paris, lorsque la guerre a éclaté.

  En 1973, j’étais étudiant, en vacances à Paris, lorsque la guerre a éclaté.

 

Sur le front syrien étaient postés quelque 600 soldats.  Sur le front égyptien quelque 900. Un réseau défensif de tuyaux de pétrole destinés à être enflammés avait été installé pour prévenir une invasion, mais il n’a pas fonctionné. L’ensemble des forces en poste équivalait à environ 1500 hommes…

Tout le monde était à la maison, à la fête.  La majorité des soldats aux frontuères a été massacrée, les prisonniers ont été rares.

Mais les territoires « occupés » n’ont pas bronché.

 Un Sos a été lancé pour appeler les combattants. Les gens sont arrivés à toute vitesse,  en vêtements civils d’Europe ou d’Amérique. J’ai fait toute la guerre en jeans.

 Les corps d’armée, le commandement, ont été reconstitués dans les aéroports, les campings, n’importe où.

Ensuite c’est l’héroïsme des soldats et la ruse – nous faisions croire que nous étions plus nombreux qu’on ne l’était, qui nous ont permis de tenir. On distribuait des roquettes antichar, et il fallait se débrouiller pour tirer sur les Egyptiens.

 J’étais dans un groupe dont tous les tankistes ont été tués. De nouveaux tankistes ont été formés en 3 semaines. J’ai vu comment on transforme un groupe en nouveaux tankistes. Il a fallu inventer des méthodes nouvelles pour répondre à une situation totalement inconnue et improviser. Mais Tsahal sait s’adapter. A bien des égards, cette guerre a été une guerre surréaliste.

  Mais les Egyptiens non plus n’étaient pas organisés : Sharon est passé, il a réussi à entrer en Egypte et a encerclé les Egyptiens dans le Sinaï.  Abandonnés par leurs officiers, ils mouraient de faim et de soif. Alors que nous faisions des tirs d’essai pour vérifier le fonctionnement de nos armes, nous avons eu la surprise de voir des soldats égyptiens se rendre par milliers.

 Cette guerre a été compliquée, elle a fait beaucoup de morts – 5 ou 6 000 – principalement parmi les conducteurs de tanks, beaucoup aussi parmi les officiers : la moitié des forces combattantes.

Elle n’a duré que 3 semaines, mais il a fallu faire 6 mois de plus de négociations, à cause des  pourparlers avec les Américains et les Russes. Le gouvernement est tombé. On a reproché à Golda Meir l’impréparation  et l’incurie qui ont conduit à ce désastre. Israël se sentait invincible : il n’y avait même pas d’obus dans les tanks !

 Mais ce qui est terrible, c’est de rentrer et de trouver les amis amputés, ou de ne pas les trouver du tout.

 La guerre s’est terminée, on nous a mis dans un endroit appelé  Abou Znema, une région désertique. Il y avait une mine et une usine, des villas avec la mer en face, une sorte de train arrêté au milieu du désert… Nous sommes restés là, tranquilles, à regarder la mer, les requins… C’était très beau…

Lorsque nous avons pu rentrer, il ne restait que 2 mois de cours à l’université, où il n’y avait plus que des filles. Chaque fille avait été chargée de s’occuper d’un garçon, pour qui elle faisait des copies des cours ; quand je suis revenu, on nous a proposé d’ajouter 3 mois pour étudier. Mais j’ai préféré  passer les examens et j’ai été admis en 2ème année.

  


Liban ,1980

   

OURY –  J’ai fait la guerre du Liban en tant que dentiste.

Sharon est entré à Beyrouth, c’est alors qu’a eu lieu l’événement de Sabra  et Chatila.

Certains dentistes étaient aussi médecins ;  on avait aménagé un hôpital de campagne à l’arrière. J’y administrait des soins dentaires, ce qui me laissait des loisirs car les gens ne se soucient pas trop de leurs caries en temps de guerre.

Le cabinet dentaire avoisinait la salle où l’on recevait les familles  dont les fils avaient été tués ; c’était très éprouvant de les entendre.


Il faut savoir que des groupes de la gauche israélienne envoyaient aux familles de fausses nouvelles de décès pour les démoraliser.


Les territoires

 

 OURY – Ensuite j’ai été réserviste dans la bande de Gaza en tant que dentiste pendant près de 20 ans. On venait avec sa voiture qu’il fallait mettre à l’écart.

Il y avait parfois des choses étranges.  Le nôtres ont pris un jeune qui avait lancé des pierres ; ils l’ont enfermé et oublié pendant 5 jours.  Quand on l’a retrouvé, il était mal, on lui a donné des bonbons, ce qu’on avait

 Au moment de la guerre du Golfe, nous avons été bombardé par les  missiles de Saddam, les Scud. Il fallait porter des masques à gaz à la maisons, les petits ne supportaient pas bien.  Ma fille avait environ 2 ans, on lui mettait des masques. Mais mon père ne voulait jamais aller dans les abris…

 Depuis cela n’a jamais cessé, même dans la vie civile. Il y a eu des attentats partout ; une bombe peut encore exploser n’importe quand et n’importe où. 

 


Le mot de  Jeanne-E. Semenic

   Merci Oury. On peut donc conclure que tu n’as jamais connu de période de paix, que depuis que tu as commencé ton service militaire, tu as continuellement participé à des combats de formes très diverses et que le peuple israélien doit rester sur le qui-vive en permanence.

Je suis frappée par ce que tu décris de l’atmosphère il y a 30 ans et son évolution aujourd’hui. La propagande idéologique a exacerbé le conflit : il y a 30 ans, la guerre n’empêchait pas des relations détendues avec les habitants des territoires occupés. Aujourd’hui, le projet des organisations terroristes de « jeter les Juifs à la mer », autrefois minoritaires,  est devenu majoritaire, et on peut même constater par les sujets traités dans la presse française ou américaine, que la légitimité d’Israël est posée.

 Ce qui conduit à s’interroger sur cette propagande : on sait qui la finance, on sait que la maîtrise des médias permet d’influer sur les opinons publiques, et même de les orienter totalement.

Ce que tu révèles des actions de certains éléments de la gauche israélienne recourant à des fausses informations de décès pour déstabiliser le gouvernement israélien en jouant sur la douleur des familles est très significatif. Cela montre que l’idéologie terroriste trouve des soutiens à l’intérieur même d’Israël, sans parler des gauches européennes, tout acquises à la « cause palestinienne », et qui ont fait de la « palestinité », décrite par Bat Ye’or dans Eurabia un moyen de déstabiliser toute la société occidentale, et de la détruire, à terme.

Déjà à l’ONU, on demande de remplacer les Droits de l’Homme par les Droits du musulman.

L’exportation de cette propagande au niveau planétaire montre à quel point le combat d’Israël pour son existence n’est pas un simple combat territorial. Son enjeu est tout autre. Il est inséparable d’un combat pour la préservation de toute une civilisation, qui n’a pas cessé de voir son territoire se réduire depuis 14 siècles. 

 

 

 

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