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Publié par Dreuz Info le 29 mai 2008

Après celle de Daniel Pipes, la semaine passée, voici la prise de position de John Lewis (et non de Bernard Lewis, comme je l’ai d’abord écrit, tôt ce matin, en prenant mes rêves pour des réalités) sur la réforme ostensiblement entamée par le gouvernement turc (traduction intégrale, je mets en gras):

Selon un récent article du Jerusalem Post («Le gouvernement turc réformerait-il l’Islam?» Daniel Pipes, 22 mai 2008), un ministère turc, la «Présidence des affaires religieuses et la Fondation caritative religieuse», a entamé un projet de trois ans visant à étudier et condenser des milliers de pages de textes liés à l’Islam. Le problème, selon les responsables du projet, réside dans le fait que 14 siècles de hadiths, des récits sur les paroles et les actes de Mahomet, ont faussé la signification de l’Islam tel qu’il est révélé dans son texte central, le Coran. Le projet se donne donc pour objectif d’éliminer tous les éléments qui ne s’accordent pas au Coran.

L’un des 80 théologiens islamiques travaillant sur le projet précise que «le Coran est notre guide fondamental. Nous tentons d’éliminer tout ce qui le contredit.» Mehmet Görmez, un maître de conférences de l’université d’Ankara, ajoute: «Nous souhaitons mettre en évidence l’aspect positif de l’Islam, qui promeut l’honneur de la personne, les droits humains, la moralité, les droits de la femme, le respect d’autrui.» Les théologiens turcs se proposent de redéfinir la pratique de l’Islam par les Musulmans pour en promouvoir la diffusion dans le monde du XXIe siècle.

Le simple fait que ce projet soit mis en chantier par le gouvernement turc révèle la montée du règne islamique en Turquie. Tout gouvernement qui entreprend de décider de l’interprétation religieuse «correcte» établit ainsi une théocratie. Le premier pas d’une réforme authentique doit consister à couper tous liens entre le pouvoir politique et la religion, puis à affirmer le droit de chacune et chacun à penser et s’exprimer en toute liberté.

Les promoteurs du projet le présentent comme une tentative de pratiquer un Islam qui soit adapté au monde moderne. Comme le Coran est leur autorité centrale, la première question est de savoir ce que le Coran en dit?

En ce qui concerne les femmes, le Coran est clair sur leur statut subalterne, la supériorité mâle par la force physique et la nécessité pour les femmes de rester chez elles, d’être prises en charge par leur mari et d’obéir, sous peine d’être battues:

Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leur époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les (légèrement). Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est, certes, Haut et Grand! (Coran, 4.34)

Le passage est tout à fait univoque. Pour en adoucir le sens, le traducteur a ajouté «légèrement» après «frappez-les», comme s’il était légitime de battre une femme dès lors qu’on y met de la modération. Qui va décider de la force appropriée des coups? Des ecclésiastiques mâles, évidemment. Aucun effort de sophistique ne doit cacher le fait qu’il s’agit là d’un plaidoyer non négociable en faveur de la maltraitance des femmes.

Et qu’en est-il des gens qui ne sont pas musulmans, des «autres»? Le Coran indique clairement qu’ils doivent être soumis à l’ordre islamique, accepter une position sociale inférieure et payer un tribut pour éviter la mort:

Combattez ceux qui ne croient ni en Allah ni au Jour dernier, qui n’interdisent pas ce qu’Allah et Son messager ont interdit et qui ne professent pas la religion de la vérité, parmi ceux qui ont reçu le Livre, jusqu’à ce qu’ils versent la capitation par leurs propres mains, après s’être humiliés. (Coran 9.29)

La signification de cette exigence de soumission a été définie comme suit par l’un des philosophes islamiques les plus respectés, Al-Ghazali, un personnage central du courant soufi, soi-disant non violent, de l’Islam:

Il faut lancer le jihad au moins une fois par an […] on peut faire usage d’une catapulte contre eux [non-Musulmans] lorsqu’ils se trouvent dans une forteresse, même si des femmes et des enfants se trouvent au milieu d’eux. On peut les faire périr dans un incendie et/ou les noyer […]

Il est interdit au dhimmi de mentionner Allah ou son messager […] Les Juifs, les Chrétiens et les Majians doivent payer la jizya […] Le dhimmi doit baisser la tête pendant que le fonctionnaire s’empare de sa barbe et le frappe [le dhimmi] sur l’os situé près de son oreille […] Leurs maisons ne doivent pas être plus hautes que celles des Musulmans, même si ces dernières sont très basses […] Les dhimmis doivent porter un signe [permettant de les identifier] […] Ils doivent tenir leur langue. (Source: «Sufi Jihad?» par Andrew Bostom, 15 mai 2005)

Ce passage reste pertinent de nos jours. La hauteur des maisons (par ex. la hauteur insolente du World Trade Center), les injonctions à ne jamais critiquer l’Islam, l’exigence d’une attitude conciliante, effacée, des non-Musulmans, le paiement d’un tribut («aide étrangère») et jusqu’au signe distinctif des Juifs chez les nazis — toutes ces questions sont abordées dans les écrits d’Al-Ghazali, le plus mystique  des «modérés» de l’«âge d’or» de l’Islam et grand avocat du jihad.

Les responsables du projet turc revendiquent la prérogative de juger quels textes sont cohérents ou pas avec le message du Coran. Mais que dit le Coran sur notre aptitude à porter de tels jugements? Il la nie catégoriquement et à maintes reprises — c’est pourquoi de nombreux Musulmans fondamentalistes musulmans affirment que le Coran leur suffit. En ce qui concerne les combats, le Coran dit, par exemple:

Le combat vous a été prescrit alors qu’il vous est désagréable. Or, il se peut que vous ayez de l’aversion pour une chose alors qu’elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu’elle vous est mauvaise. Allah sait, et vous ne savez pas. (Coran 2.216)

Ailleurs, le Coran affirme que le jihad doit continuer «jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’association, et que la religion soit entièrement à Allah» (8.39).

L’objectif de tout ceci est un accord universel abject avec les élites ecclésiastiques: vous n’êtes pas capable de décider qui vous devez combattre et quand — et vous n’êtes pas non plus en mesure de déterminer quels aspects du Coran vous avez à respecter; votre esprit est incapable de porter un jugement indépendant; votre rôle dans l’existence est d’obéir aux Turcs.

Les passages mentionnés ici ne sont que quelques exemples de ce que l’agence du gouvernement turc va prendre pour guide en abordant ce siècle. Ainsi, on ne s’étonnera pas que les positions adoptées par ce même ministère soient ouvertement opposées à toute pensée, tout discours ou tout écrit faisant la critique de l’Islam. Voici par exemple sa position sur le film «FITNA», critique envers l’Islam, relatée dans un communiqué de presse du 4 février 2008 et figurant sur son site Web:

Ce film comporte des insultes directes envers le livre saint de l’Islam et la religion islamique, ce qui constitue une nouvelle manifestation d’hostilité, appelant à la violence et à la haine contre eux, alors que l’Islam est venu compléter les autres religions par son message axé sur l’égalité, la liberté de conscience et le respect mutuel entre les peuples […]

Les Musulmans condamnent fermement toutes les formes de messages de haine et les idées fausses fabriquées de toutes pièces contre l’Islam. Le monde musulman est conscient des provocations qui tendent à présenter les Musulmans comme des terroristes potentiels et à les exclure graduellement, à les blesser dans leurs sentiments.

Relevons que l’évocation des «sentiments» et l’affirmation que ceux-ci sont «blessés» sont des motifs de censure, d’interdiction d’expression orale et écrite par les pouvoirs publics. Relevons aussi que ceux qui incendient, posent des bombes et décapitent des gens en scandant «Allahu Akhbar» ne sont pas censés insulter l’Islam ou blesser les sentiments de quiconque. Le reproche s’adresse à ceux qui observent le fait que ces incendiaires, ces poseurs de bombe et ces coupeurs de tête invoquent l’Islam en agissant.

Ceci n’est pas une réforme. C’est un élan vers un nouveau fondamentalisme basé sur l’autorité d’une fable malveillante, vieille de 13 siècles, et vers une lutte incessante contre ceux qui la critiquerait. En fait, l’utilisation de la terreur dans la lutte contre les ennemis de l’Islam est expressément approuvée par le Coran:

Et préparez [pour lutter] contre eux tout ce que vous pouvez comme force et comme cavalerie équipée, afin de jeter l’effroi [dans le coeur de] l’ennemi d’Allah et le vôtre, et d’autres encore que vous ne connaissez pas en dehors de ceux-ci mais qu’Allah connaît. […] (8.60)

Aucune réforme authentique de l’Islam ne peut être entreprise sans remise en question du Coran lui-même. Mais c’est là une chose que les théologiens turcs ne feront pas. Ils ont même nié énergiquement les suggestions dans ce sens parues dans la presse. Le chef du ministère, Ali Bardakoðlu, souligne ainsi que «nous ne réformons pas l’Islam; nous nous réformons nous-mêmes, nous réformons notre propre religiosité». Et Mehmet Görmez, son adjoint, va dans le même sens: «Notre projet ne vise pas à engendrer un renouveau radical de la religion, comme le prétend la BBC.» La presse «dénature les faits» en affirmant cela, poursuit Görmez. Nous ferions bien de le croire.

Toute «interprétation» de l’Islam qui s’aligne sur le Coran, considéré comme une autorité révélée indiscutable, débouchera sur une régression vers sa signification fondamentale brutale: la subordination des femmes et la soumission des non-Musulmans à un ordre dictatorial défini par une élite ecclésiastique.

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