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Publié par Dreuz Info le 2 juin 2008

INTERVIEW EXCLUSIVE « LE BLOG DRZZ » 

Nom : 

Mohamed Pascal Hilout
 
    
http://www.nouvel-islam.org/

 
CV:

– Lycée à Fès

– Etudes de gestion et d’informatique de gestion en Allemagne(Mannheim) /

– Enseignement de la dynamique des systèmes et de la programmation Dynamo dans la même université. En parallèle, découverte de l’école philologique allemande d’étude du Coran et de son histoire /

– Dans les années 80 divers postes dans le privé /

– Ancien vice-président du défunt Mouvement des Maghrébins Laïques de France /

– Co-rédacteur du magazine électronique Riposte Laïque :
        http://www.ripostelaique.com /

– Fondateur du mouvement de réforme Le nouvel islam /


 


  
Adamastor : Bonjour M. Hilout. Pour le projet »le nouvel islam », y a-t-il eu un déclic, et/ou de manière plus large, pouvez-vous reprendre pour nous le parcours qui vous a mené à cet engagement réformateur?  

 

HILOUT :  Il y a très longtemps que j’ai pris conscience de la nécessité de réformer l’islam. Dès la fin de mon adolescence, c’est-à-dire dès le début des années 70, j’ai compris que l’islam posait problème aux musulmans, à commencer par le Maroc où je suis né et que je n’ai quitté, pour la première fois, qu’en 1974. Mais de là à avoir les idées claires sur ce que je voulais proposer comme réforme à mes coreligionnaires, il fallait d’abord que je fasse l’analyse des raisons qui ont abouti à l’échec de maintes tentatives de réforme en islam. Et c’est à la fin des années 90 que j’ai définitivement compris que l’islam était irréformable et que c’est plutôt d’une re-fondation qu’il fallait parler. Mais le lancement de mon projet intellectuel sur la place publique n’a commencé réellement qu’à partir de la création du CFCM en 2004. J’ai d’abord milité avec des amis, des musulmans, des juifs, des athées… pour une loi interdisant le foulard à l’école. Au départ, ce n’était pas gagné d’avance, mais finalement presque tous les partis de France se sont ralliés à l’idée qu’il était nécessaire de légiférer en la matière.

Depuis, j’envoie toutes mes idées sous forme de textes à nos représentants au CFCM (Conseil Français du Culte Musulman) et aux CRCM (Conseils Régionaux du Culte Musulman). J’essaie d’atteindre des journalistes, dont M. Rioufol du Figaro, et je les publie sur internet.
J’ai aussi soutenu Charlie Hebdo lors du procès qui lui a été intenté et il y a même un petit texte qui a été publié à cette occasion. J’y démontrais que la caricature danoise montrant le prophète avec une bombe sur la tête n’était même pas une caricature : Et si ce n’était pas une caricature ?!


Adamastor :
Vous parlez de tradition et d’héritage culturel, historique de l’Europe à reconnaître et assumer par les musulmans européens. Pour certains, il semble que le socle culturel sur lequel l’ islam s’est construit soit inconciliable avec la tradition de pensée du monde occidental. Quel islam prônez-vous en ce cas, et d’abord comment définissez-vous l’islam?


HILOUT :
 
Justement le cas des caricatures montre très bien que l’Europe c’est d’abord la liberté de critiquer les religions et les religieux sans ménagement, y compris de façon tout à fait caricaturale. En Europe, cette liberté-là est devenue quasiment sacrée. Or, en terre d’islam, c’est le Coran et le Prophète qui sont encore sacrés, mais pas du tout la liberté d’expression. J’ai une formule qui résume bien cet état de fait et que les musulmans doivent comprendre et intérioriser avant d’espérer rejoindre un jour le concert des nations d’aujourd’hui : la dignité humaine est sacrée, pas les religions. Dans la mentalité du Moyen-âge, c’est le contraire qui prévalait, y compris ici en Europe.

Ceci montre bien qu’il n’y a pas de compromis possible : on reste dans le Moyen-âge ou bien on passe à un autre espace-temps. Avons-nous d’ailleurs le choix ? Il y a longtemps que le monde clos d’Aristote, enrobé de sept cieux selon le Coran, s’est effondré.

Adamastor : Vous écrivez ainsi que « la théologie islamique est morte »


HILOUT : Oui, la vision islamique classique de Dieu, du monde, de l’être et de l’autre est totalement dépassée. Nous devons re-fonder le tout en mettant au centre la dignité de l’être humain et le respect inconditionnel du prochain, de l’autre, bien autre, pour aboutir finalement à la vision de Dieu qui est digne de l’humanisme islamique à venir.Il nous faut faire le deuil de notre glorieuse astronomie du Moyen-âge. Il y a longtemps que nous ne sommes plus la meilleure communauté donnée au monde, comme pourrait nous le faire croire la sourate III, verset 110 du Coran.

Je définis l’islam d’une façon très simple : I = M + C, c’est à dire l’islam = Muhammad + Coran. Tout le reste n’est qu’avatars historiques de l’islam, forcément différents de cette définition-là.

Beaucoup de personnes parlent d’islam à tort et à travers. L’amalgame entre croyants d’un côté et religion d’un autre est très courant. Bien des gens parlent de réforme de l’islam alors qu’ils veulent tout simplement réformer la politique pratiquée par les musulmans. D’autres parlent d’islam modéré alors qu’il s’agit de musulmans modérés. Quant aux propos du Coran, vous pouvez y trouver ce que justement vous êtes venus chercher ! Vous voulez la bagarre, vous avez de quoi vous justifier et même de quoi y être encouragé. Vous êtes enclin à laisser les gens croire ce qu’ils veulent, vous trouverez le fameux slogan : nulle contrainte en religion ! Heureusement qu’il y a l’Histoire et sa vérité que nous ne pouvons plus trafiquer. Les historiens musulmans nous racontent que les tribus arabes n’ont pas eu de choix. Et une fois le prophète mort, elles ont cru pouvoir revenir à leurs premières croyances et allégeances. Conséquence immédiate : le premier Calife (successeur) leur a fait les guerres d’apostasie (hurûb ar-riddah).

Lorsque je parle de re-fonder l’islam, je parle bien du Coran et de l’expérience du prophète Muhammad. Le Coran, tout comme la Bible et les Evangiles, sont des livres composés de lettres de l’alphabet, donnés une fois pour toute. On ne peut qu’expliquer ce qu’on y trouve d’inacceptable et comment faire pour les dépasser, afin de ne pas en être les esclaves, puisque leur intention est justement de libérer notre humanité. Quant à Muhammad, c’est pareil : c’est un grand homme de l’Histoire dont certains comportements, rapportés par des historiens musulmans, posent problème à la conscience de tout musulman honnête. Dans ces cas, je le dis clairement, il ne peut servir de modèle.


Adamastor :
 Que rétorquez-vous à ceux qui assimilent l’islam à l’islamisme?

  HILOUT :  Moi je définis très clairement ce qu’est l’islam et je démontre que le Coran contient des feuillets caducs et des feuillets persistants. Je démontre aussi que certains comportements de mon prophète, comme la conduite des razzias et le fait de nous avoir laissé neuf veuves interdites de remariage, me posent, ainsi qu’à tout musulman de bonne foi, de graves problèmes d’éthique. D’ailleurs, tant qu’il n’y a pas de liberté, de respect inconditionnel des autres et de notre douce moitié, il n’y aura pas, comme il n’y en a jamais eu, d’éthique en terre d’islam.

Il me semble que ceux qui parlent d’islamisme ne font pas cet effort de clarification. Si on ne définit pas ce qu’on entend par islam et ce qu’on entend par islamisme on ne peut pas trancher votre question. Moi, je ne parle jamais d’islamisme. C’est le noyau dur et incontournable de l’islam, tel que je l’ai défini, et sa re-fondation qui me préoccupent.

Pour l’anecdote et pour prendre un peu de hauteur, je vous rappelle qu’au XIXe siècle on parlait de judaïsme, de christianisme et d’islamisme pour désigner tous simplement les trois religions. On ne se faisait aucune illusion à leur sujet et on les critiquait sans ménagement. Il était de notoriété publique que l’islamisme avait conquis la péninsule arabique grâce à des razzias et on savait bien que l’Empire ottoman, comme tous les empires de l’humanité, avait été fondé grâce à l’usage de la force et de la coercition. Mais nos contemporains ont appris la langue de bois, une langue d’ébène, voulant nous faire croire que nous les musulmans, nous ne serions pas comme tous les êtres humains. Mon islam se serait diffusé comme par magie, sans effusion de sang. Si on suivait les visions hypocrites répandues parmi des intellectuels bien français, le djihad serait presque inventé par les islamistes intégristes et non pas par mon prophète ! Ils prennent les musulmans pour des incapables de lire leur histoire et de l’assumer telle qu’elle est, avec ses exactions et ses côtés glorieux. Je considère donc que le mot islamisme tel qu’utilisé aujourd’hui n’est pas opératoire. Mais de là à mettre toutes les déviances sur le compte de l’islam, ce serait plutôt malhonnête.

 

Adamastor : …Parce que vous pensez que ces déviances sont imputables à Muhammad et non au texte d’ Allah?

HILOUT :  Muhammad ne s’est jamais considéré comme un ange et le Coran lui reproche ouvertement des actes inconsidérés. D’ailleurs, dans la conception islamique des êtres, ce sont les anges qui doivent se prosterner devant l’homme. L’ange Satan proteste et reproche à Dieu d’avoir créé un être qui va semer la corruption (al-fassâd) sur terre. Même au Ciel, il y avait donc une opposition et elle usait de son droit de réponse. Satan, même s’il représente le Mal, est une créature divine tout de même. Il est laissé libre de tenter l’humanité. La parole de Dieu est donc conçue comme la guidance qui doit nous éloigner du Mal. Je crois que c’était bien là le rôle des prophètes, y compris Muhammad. Le réel problème de cette assemblée et de cette lignée qui agence le monde monothéiste, est qu’elle ne fait pas de place à des créatures féminines. On n’y trouve ni Isis, ni Vénus ni Allat (féminin d’Allah) et encore moins de prophétesses. A la rigueur, on y a recours à une mère-porteuse. Le père lui fait l’affront de lui enlever son fils d’une façon atroce : pour sauver l’humanité, tout en ignorant l’humanité et les sentiments de Marie. Le sacrifice des êtres n’a jamais cessé après Abraham et il continue de nos jours.

Je crois que toute parole, y compris celle inspirée à des prophètes, s’inscrit dans un certain espace-temps et elle a ses limites. Ce sont les feuillets caducs de la Bible, des Evangiles et du Coran. Ils ont certes une valeur historique inestimable, mais ils ne peuvent être considérés comme infaillibles. Depuis que le Moyen-Orient ne nous produit plus de prophètes, il y a bien eu des intellectuels engagés qui ont pris sur eux la responsabilité de mobiliser leurs tripes et leur bonne foi pour aider l’humanité à aller de l’avant. Gandhi en est un bon exemple et il nous en faudra encore des personnes de cette envergure.


Adamastor : Sur quelle bases et dans quelle mesure réformer est-il possible? Jusqu’où vont vos espoirs?

HILOUT :  La réforme et même la re-fondation peuvent être immédiatement réalisées. Elle n’a besoin que d’un peu de bonne foi et de la bonne volonté des musulmans. Comme je l’ai écrit à nos représentants ici en France, je considère qu’il est immédiatement possible d’effectuer des prières dignes en gardant la tête haute, les yeux tournés vers le ciel. Les musulmanes et les musulmans méritent bien cette posture digne qui peut transformer la face du monde dont les musulmans occupent une part non négligeable.

Oui, je considère qu’il est immédiatement possible de suivre mon exemple et de donner comme consigne à nos familles musulmanes et juives de France de nous faire enterrer en rang à côté de nos concitoyens du cimetière communal, qui n’est pas un cimetière confessionnel. Nous pouvons faire ce choix au lieu de nous faire enterrer à part ou à l’écart. Nous devons réintégrer les morts pour intégrer les vivants.

Oui, nous pouvons autoriser nos enfants à goûter à tous les produits du terroir pour les y enraciner par les papilles. L’abattage rituel halâl et casher nous ont rendu service lorsque l’hygiène laissait à désirer, dans des espaces-temps bien différents, mais entre-temps nous avons changé de référentiel. Et voici ma touche de spiritualité bien particulière : le jambon est bon, aussi bien pour l’intégration que pour l’assimilation !


Mon espoir est que les religions monothéistes deviennent enfin spirituelles, se retirent dans leur lit naturel : le cœur, et ne submergent plus notre vie quotidienne. Il ne faut plus qu’elles servent à « séparer le bon grain de l’ivraie », mais à nous rassembler dans une communauté plus humaine. Le judaïsme, le christianisme et l’islam ont bien joué leur rôle civilisateur à un moment donné de notre histoire. Nous les en remercions. Mais s’ils ne lâchent pas prise, ils deviennent vite facteurs de conservatisme handicapant nos tentatives d’avancer en humanité
.


Adamastor : Quels sont vos repères? Vous appuyez-vous sur des figures contemporaines ? Les occidentaux ont du mal à citer des noms de musulmans dénonçant les attitudes islamiques sectaires ou menaçantes. Avez-vous des noms d’intellectuels, de religieux qui permettraient à nos lecteurs de découvrir des personnalités comme vous au niveau national ou européen?

HILOUT :  Mes repères se trouvent surtout en Grèce et au siècle des Lumières. Je suis un adorateur de la beauté divine des Vénus et Apollon. La beauté du corps humain est quelque chose que le judaïsme, le christianisme et surtout l’islam ont eu du mal à comprendre et à intégrer. Je suis foncièrement fasciné par Athènes, Rome et par l’Europe qui en est l’héritière directe. Beaucoup moins par Jérusalem, la Mecque et Médine. Je crois que cela est dû au choc esthétique que j’ai reçu lors de ma découverte de l’histoire gréco-romaine et puis de la peinture européenne. Mes autres repères sont d’abord Copernic, Galilée et Kepler qui ont osé dire non à la bêtise ambiante de la majorité de l’humanité. Et puis il y a Kant, Voltaire, Lessing, Hugo, Freud… Quant à mes références contemporaines c’est Camus que j’apprécie. Et puis il y a Gandhi. Mes références musulmanes sont si peu nombreuses que je ne vous citerais que Tahar Benjelloun, Mohamed Charfi et Abed al-Jabri. Il est certain qu’il n’y a pas de Gandhi musulman.

Contrairement à ce que vous affirmez, l’écrasante majorité des intellectuels musulmans dénoncent les exactions terroristes, le sectarisme et ils précisent bien qu’il s’agit d’actes extrémistes dans lesquels ils ne se reconnaissent pas. Mais ce n’est pas là que se situe le problème. Le problème est qu’ils ne disent jamais que les comportements déviants de nos enfants musulmans proviennent de ce que nous leur enseignons au quotidien. Que notre vision de nous-mêmes et des autres laisse beaucoup à désirer. Ils ne disent jamais que les extrémistes, algériens par exemple, ont été formés à la mosquée que nous avons au bout de notre rue.


Adamastor : Avez-vous des noms particuliers en tête et des exemples ? Pour ceux qui s’élèvent contre les dérives terroristes ou sectaires, considérez-vous qu’ils soient épaulés comme il convient par les occidentaux, penseurs ou médias ? Et si non pourquoi ? Y voyez-vous des raisons particulières ? Comment remédier à cela ?

HILOUT : Je pense tout particulièrement à Mme Babès, à MM. Arkoun, Chebel, Bencheikh, Sifaoui, Meddeb… Ce sont des gens très bien. On ne peut pas leur reprocher de ne pas s’élever contre les terroristes et contre les idéologues qui manipulent les musulmans. Ils écrivent, publient, répandent la bonne parole dans des conférences, participent à des associations et à des mouvements au-dessus de tout soupçon. Deux d’entre eux ont même leur propre émission : l’une télévisée, l’autre radiophonique. Ils sont grands par eux-mêmes et n’ont nullement besoin d’être épaulés ou de se hisser sur les épaules de qui que ce soit. C’est même eux qui pourraient en épauler d’autres. Donc, comme je vous l’ai dit, le problème n’est pas du tout là. Le problème est que le travail de fond n’a jamais été effectué par aucun de ces messieurs-dames : celui de définir correctement l’islam comme étant Coran+Mahomet et puis de voir ce qui ne va pas dans ce noyau primordial. Pour y remédier, il faut donc se mettre au travail et aller au charbon. Et comme le dit si bien un proverbe arabe : « tu ne trouveras pas mieux que tes ongles pour te gratter ». J’y ajoute : « là ou il faut ! ».

 
Adamastor : Selon vous quelle est votre audience potentielle? Avez-vous des retours significatifs d’une attente par des rencontres, des courriers? Que vous apprennent-ils?


HILOUT :

  Je n’ai aucune idée de mon potentiel, mais je sais que beaucoup de musulmans en France cherchent un vrai renouveau. Depuis l’été 2007, je me suis limité à écrire, presque toutes les semaines, dans le magazine Riposte Laïque et à participer à quelques colloques. La lettre d’information de ce magazine électronique est diffusée à environ 20 000 abonnés. Notre site est très consulté et mes articles sont parmi les plus lus. Mon site « nouvel-islam.org », que j’ai négligé depuis, voit encore passer plus de 200 visiteurs différents par jour. Aujourd’hui, presque tous les retours sont positifs alors qu’il y a quatre ans, j’essuyais encore des insultes.

 

  Je n’ai aucune idée de mon potentiel, mais je sais que beaucoup de musulmans en France cherchent un vrai renouveau. Depuis l’été 2007, je me suis limité à écrire, presque toutes les semaines, dans le magazine Riposte Laïque et à participer à quelques colloques. La lettre d’information de ce magazine électronique est diffusée à environ 20 000 abonnés. Notre site est très consulté et mes articles sont parmi les plus lus. Mon site « nouvel-islam.org », que j’ai négligé depuis, voit encore passer plus de 200 visiteurs différents par jour. Aujourd’hui, presque tous les retours sont positifs alors qu’il y a quatre ans, j’essuyais encore des insultes.

 


Mais au lancement de Riposte Laïque, les réactions d’amis laïques et progressistes n’étaient pas tendres : on nous soupçonnait d’être une bande de racistes, prenant la critique des religions uniquement comme prétexte. C’était pour moi comme une sorte de défi. Je n’ai laissé aucune prise de position sans réponse circonstanciée et argumentée. Et comme par magie, je n’avais plus de réponses, alors que j’ai toujours offert un droit de réponse à mes contradicteurs. Beaucoup d’intellectuels en France vivent derrière l’écran de fumée dénommé « islamisme » pour ne pas remettre en question l’islam et ses bases malsaines. C’est comme si l’islam était encore une religion étrangère à la France, alors que théoriquement, nous sommes concitoyens depuis 1830! Tous ces échanges m’apprennent finalement que la critique et le débat démocratique, nous font toujours avancer dans la réflexion.

 
Adamastor :  Comment définiriez-vous l’islam en France? Avez-vous d’ores et déjà des souhaits pour les prochaines élections du CFCM qui auront lieu en juin prochain? Vous sentez-vous proche de certaines de ses associations? Et a contrario avez-vous des critiques à l’ encontre du CFCM ou de certains de ses membres?

HILOUT :  L’islam en France est une pratique religieuse encore trop attachée à l’Afrique du Nord et au Moyen-Orient. L’islam, par ses mécanismes internes s’immisce de ce que j’ai dans mon assiette, du contenu de mon verre, du marquage dans ma chair, de ma langue liturgique, de l’orientation de ma sépulture, de l’habit de ma femme. Il réserve ma fille à des musulmans ou à des convertis bien circoncis… Tout cela est à même de consolider nos ghettos sociaux pour me maintenir, pour des siècles, dans mon étrangeté diasporique. Voilà donc l’esquisse du tableau « l’islam en France et en Europe » !

Malgré cela, je souhaite que la République continue d’avoir des instances islamiques bien identifiées pour régler les questions pratiques du culte, de construction des lieux de culte, de formation des imams etc. Ceci a aussi un avantage pour moi : j’aurai une adresse bien identifiée à qui je peux envoyer mes critiques et mes idées concrètes de réforme.

Vous pensez bien qu’avec les idées iconoclastes que j’ai, je ne me sens proche d’aucune association actuelle. Elles en sont encore à inscrire la soumission dans le corps, l’espace et le temps et elles ne sont pas prêtes de proclamer la libération des musulmanes et des musulmans. Ma critique principale à l’égard des membres du CFCM c’est qu’ils sont trop accros des opiacés : ils n’ont aucune audace. Or, c’est le courage et l’audace qui caractérisent les grandes figures de l’histoire. Hélas, nous n’avons aujourd’hui que des gestionnaires, à la petite semaine, du licite et de l’illicite (du halâl et du harâm).

Adamastor Nous fêtons les soixante ans de la création de l’Etat d’Israël. Souhaiteriez-vous vous exprimer à ce sujet?

HILOUT : Oui, je souhaite d’abord une bonne fête à mes cousins et j’espère que cette année sera aussi la première qui connaîtra un réel accord de paix que les Palestiniens méritent autant que les Israéliens. Il faudra que les Palestiniens soient aussi de la fête et ne considèrent pas cela comme une catastrophe ou une défaite. Seulement, connaissant mes frères humains, pas toujours très humains, je conseillerais à tout le monde de ne jamais oublier que l’horreur absolue est tapie au fond de nous-mêmes. Si vous voulez la paix, préparez-vous aussi à la guerre ! Des garanties internationales doivent être toujours de rigueur pour laisser le temps à nos profondes blessures de cicatriser.


Et puis il nous faut retravailler nos mythes fondateurs. Il nous faut peut-être en fonder d’autres, créer une nouvelle identification et de nouveaux rêves. Je rêve donc d’un temple juif à Jérusalem au-dessus duquel, un peu en retrait, est construite une belle église et au-dessus duquel il y aura une mosquée : une sorte de reconstitution de nos couches géologiques. Le tout construit par des jeunes venus du monde entier : des musulmans, des chrétiens, des juifs, des athées et des adorateurs de Vénus et d’Apollon. Les trois édifices seront reliés par un déambulatoire et des rampes permettant de passer d’un édifice à l’autre, d’entendre la prière de ses voisins. Et nous y aurons une liturgie où au moins une partie des prières sera commune aux trois rites : juif, chrétien et musulman. Voilà donc de quoi construire de nouveaux mythes d’Abraham et de ses enfants qui n’ont jamais arrêté de se taper sur la tête pour se réconcilier quelque temps après. Il nous faut de nouvelles œuvres humaines pour attacher nos cœurs à la nouvelle Jérusalem. Peut-être faudra-t-il aussi y intégrer, sur une colline, un beau temple pour Vénus et Apollon que les enfants d’Abraham ont toujours feints d’ignorer.

 Adamastor Monsieur Hilout, merci pour vos réponses!

 

 

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