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Publié par Dreuz Info le 8 juin 2008

Par Guy Millière, MENA

Dans un article récemment publié par le magazine Forbes, le grand historien anglais Paul Johnson notait qu’il était heureux de savoir que Bush était encore à la Maison Blanche. Dois-je le dire ? Je partage l’avis de Paul Johnson.
 


On peut, certes, reprocher
à Bush des erreurs dans la gestion de la guerre en Irak, et ces erreurs ont été effectivement coûteuses, tant en termes de vies humaines qu’en termes d’efficacité. On peut reprocher à Bush, aussi, d’avoir, en pratique, mis en sourdine une bonne part de la « doctrine Bush ». Et je pourrais ajouter que cette mise en sourdine de la « doctrine Bush » a eu des conséquences immédiates préoccupantes, qui vont de l’apparent renforcement de l’Iran sur l’horizon au placement graduel du Liban sous la tutelle du Hezbollah.


Cela dit, il convient également
de souligner aussitôt certains points cruciaux :
 

  1. La stratégie qui a consisté à affronter le terrorisme islamique sur son propre terrain et à détruire les bases arrières de celui-ci continue à me sembler avoir été essentiellement la bonne. Même si l’Afghanistan n’est pas stabilisé, al Qaïda n’y dispose plus de zones où les djihadistes du monde entier pourraient venir s’entraîner avant de partir ailleurs se livrer à de meurtriers travaux pratiques. Et les talibans ne régnant plus en maîtres, une fraction croissante de la population afghane jouit de libertés et d’éléments de développement humain dont elle avait été trop longtemps privée.

 Le régime de Saddam Hussein, lui, avait bel et bien, n’en déplaise à son fan club, des programmes de construction d’armes de destruction massive ainsi que des liens avec diverses organisations terroristes. Il était devenu un symbole de la possibilité, pour un Etat voyou, de narguer le reste du monde. Il a disparu. 

 Al Qaïda et divers groupes djihadistes ont fait de l’Irak un champ de bataille aux fins de préserver leur vision totalitaire et fanatique : la réalité – dont on refuse de parler dans les médias européens – est qu’ils ont perdu la partie. Et, comme le note Paul Johnson, dès lors que les terroristes font le choix de mourir en tuant, autant les tuer avant qu’ils ne tuent davantage. Des milliers de terroristes djihadistes ont été tués en Irak. Ces terroristes, en se fixant sur l’Irak, ont eu bien moins de disponibilité pour frapper en Amérique, en Europe ou ailleurs sur la planète. C’est une bonne chose.

Il est triste, évidemment, qu’ils aient tué des Irakiens : cela a contribué à rappeler à ceux qui se refusent à le voir, que les djihadistes, s’ils tuent des Juifs et des Occidentaux, n’hésitent pas à tuer aussi des musulmans, dès lors que leur frénésie de meurtre possède une dimension nihiliste. 
 

Cela a contribué aussi à une chute de popularité vertigineuse pour les tenants du djihadisme : Ben Laden n’est plus du tout, à la différence d’il y a cinq ou six ans, une sorte de héros populaire dans les terres d’islam, ce dont nul ne peut se plaindre.  

  1. La stratégie d’affrontement du terrorisme islamique au Proche-Orient, quand bien même elle n’a pas toujours été gérée au mieux, a, contrairement à ce que d’aucuns prétendent, et tout bien considéré, profondément déstabilisé l’Iran, où le régime des mollahs n’est pas en aussi bonne position que certains se l’imaginent.  

On sait que des dissensions internes se manifestent de manière croissante. On sait que la ligne dure, abjecte et obscène d’Ahmedinejad suscite des craintes chez de nombreux dignitaires, intéressés, surtout, par les circuits de corruption qui les font vivre grassement, et qu’ils entendent voir perdurer. On sait que des lézardes se dessinent et que la population iranienne est la plus proaméricaine de la région. On oublie surtout de dire que la victoire qui se dessine en Irak n’est pas seulement une victoire sur al Qaïda, mais aussi une victoire sur les factions irakiennes de la tendance Ahmedinejad, menées par Moqtada al Sadr. Et la prise en main de Sadr City, à Bagdad, par les troupes du gouvernement de Nouri al Maliki, ces derniers jours, est allégorique de la tendance qui se dessine. On verra, dans le moyen terme, que la version quiétiste du shiisme, défendue par l’ayatollah Sistani, est aux antipodes de celle prônée en son temps par Khomeiny, et on verra ce qui en découle.

 
L’intervention contre l’Iran, qui semblait programmée voici quelques mois, s’est trouvée freinée par diverses manœuvres internes aux Etats-Unis – essentiellement la publication et l’utilisation biaisée d’une note des « services de sécurité » du pays -, mais lorsqu’il s’agira, tôt ou tard, d’une manière ou d’une autre, de passer à des gestes plus efficaces, ce sera contre un Iran moins stable, moins assuré, plus fendillé que cela se passera.
 
Le putsch récent du Hezbollah au Liban sera vu, alors, comme une fuite en avant du clan Ahmedinejad.
  

  1. L’idée de démocratisation nécessaire de tout le Proche-Orient, qui fait partie intégrante de la stratégie, est elle-même, tout bien considéré, là encore, une excellente chose. Elle a débouché sur des élections en Afghanistan et en Irak où de nouvelles élections auront lieu en octobre prochain. Ces pays sont, bien sûr, loin d’être des démocraties à l’occidentale, mais ce qui s’y joue n’en est pas moins un apprentissage graduel de libertés élémentaires, et cet apprentissage commence à faire son chemin.  

La démocratisation a également porté ses fruits au Pakistan, même si c’est, là aussi, de manière très imparfaite. Les régimes du monde arabo-musulman sont placés dans une situation très inconfortable et sont pris présentement entre les appels américains à la liberté politique, qui les indisposent fortement, et les actes du clan Ahmedinejad. Entre la réticence à accepter l’émergence d’un Irak stable, modéré, allié des Etats-Unis, et la crainte de voir le clan Ahmedinejad garder la main en Iran et susciter ailleurs des menées djihadistes.  


Ils sont en position d’attente et attendent de voir, au delà de Bush, dans quel sens soufflera le vent. Des ferments ont été disséminés. Ils continuent et continueront à gonfler, n’en déplaise aux nostalgiques du statu quo. Sur des chaînes telles qu’Al Jazzera, on peut assister aujourd’hui à des débats qui auraient été impensables voici quelques années et qui sont, à l’évidence, les conséquences de la stratégie de Bush.
 

  1. La victoire du Hamas lors des dernières élections palestiniennes est elle-même, à bien y regarder, fort loin d’être une mauvaise chose et ne constitue en aucun cas un revers pour la stratégie de Bush. Entre des fanatiques racistes, qui utilisent le double ou le triple langage et des fanatiques racistes, qui affichent clairement leurs intentions, les seconds ont au moins le mérite de la franchise.  
    Le discours de Bush parlant de deux Etats démocratique et vivant en paix côte à côte n’a pas varié. Annapolis et la reprise du « processus de paix » n’ont été que des épisodes. La démocratie, dans des territoires gorgés de propagande haineuse, cela donne le Hamas.

 Mahmoud Abbas ne représente rien, sinon un vieil appareil pervers et vermoulu et une façade susceptible de servir d’interface entre monde occidental et monde arabe. Bush peut dire au monde arabe qu’il a fait preuve de bonne volonté et qu’il a parlé de paix. Il peut dire la même chose aux Européens. Il peut dire qu’il a voulu la paix, et même un Etat palestinien démocratique. Il ne peut que constater que, malheureusement… 

  1. On doit se rappeler, c’est très important, que lorsque Bush lui-même a défini la « doctrine Bush », entre 2001 et 2003, il a stipulé que celle-ci correspondait à une guerre longue, qui dépasserait les limites de ses mandats présidentiels, qui connaîtrait de multiples phases et durerait au moins une génération. Nous sommes dans cette guerre longue et dans ses multiples phases.

 
La mise en sourdine, dont je parlais en commençant, est le fruit d’erreurs tactiques commises lors de la guerre en Irak, et qui sont désormais rectifiées. Elle est le fruit, aussi, du fait que les Etats-Unis ont disposé de fort peu d’alliés fiables, sans parler des alliés qui ont fait défection. La trahison commise par la France de Chirac et l’Allemagne de Schröder a eu des conséquences. La chute du gouvernement Aznar en Espagne, puis du gouvernement Berlusconi en Italie ont pesé. L’Europe est actuellement moins antiaméricaine, mais toujours aussi impuissante, faible, et offerte à l’apaisement.


Le gouvernement Olmert en Israël a été fort loin de correspondre à ce qu’on aurait pu souhaiter pour qu’Israël soit en position de force.


 Le poids des « réalistes » au sein de l’administration américaine s’en est trouvé accentué.

L’histoire, pour autant, n’est pas finie. La « doctrine Bush n’est pas morte.

 Les propos prononcés par Bush lors de son récent voyage au Proche-Orient, et, en particulier, ceux qu’il a prononcés à la Knesset, constituent une forme de testament politique et la posée de jalons pour l’avenir.

 

Non seulement Bush, en Israël, a souligné ce qui lie indissociablement Israël à l’Amérique et au devenir de la Civilisation, façon de rappeler que s’en prendre à Israël, c’est s’en prendre à la Civilisation elle-même, mais il a prononcé des paroles très fortes à l’encontre de tous ceux qui pourraient en venir à oublier l’existence du mal fanatique et totalitaire et qui seraient tentés par l’aveuglement volontaire et la position couchée.


Il a parlé de liberté
et de ce qu’il en avait coûté, voici sept décennies, de croire qu’on pouvait négocier sans conditions avec Hitler.


 
En terre arabe, plus tard, il a reparlé de démocratie.

Jamais un chef d’Etat occidental, jamais, même, un chef d’Etat américain, n’avait prononcé des paroles aussi fortes, aussi claires, aussi déterminées, et je le dis : aussi lucides.

La prochaine échéance, cruciale, sera l’élection présidentielle américaine de novembre 2008.

Les régimes arabes attendent de voir, ai-je noté, dans quel sens soufflera le vent. Les Européens aussi. Les dirigeants palestiniens ne sont pas en reste. Les dirigeants iraniens non plus, et il est à craindre que la fuite en avant du clan Ahmedinejad se poursuive, et pas seulement au Liban.

Il est absolument évident que les dirigeants arabes, comme les dirigeants européens, palestiniens ou iraniens espèrent une victoire de Barack Obama.


Si celle-ci survenait
, Bush aurait pris date. Une période très difficile, chaotique et incertaine s’ouvrirait. Mais cette période ne durerait pas. Le peuple américain n’aime pas les désastres et n’est guère enclin, dans son immense majorité, au déshonneur. Israël devrait se préparer à un temps d’orage pour quelques mois et prendre ses dispositions en conséquence, en songeant que l’orage serait passager.


Si, comme je le pense
, Obama n’est pas élu, et si John McCain devient Président, le testament de Bush et les jalons qu’il a posés seront utiles immédiatement.


 En attendant, il est indéniablement heureux que Bush soit encore à la Maison Blanche.

Paul Johnson n’est pas seul à le penser. Je ne suis pas seul, avec Paul Johnson, à le penser non plus. Ed Koch, ancien maire de New York, Démocrate, notait voici peu que l’histoire rendrait justice à Bush : « Il est », notait Koch, « l’un des très rares dirigeants sur la planète aujourd’hui qui comprend la complexité du monde. Il n’a perdu ni son courage ni sa lucidité. Nous comprendrons tout cela longtemps après qu’il soit parti ».


 Tôt ou tard, le monde arabo-musulman se démocratisera. Tôt ou tard, l’Iran sortira de la fuite en avant dans le fanatisme. Ce jour là, Israël vivra en paix. Et cela fera partie de l’héritage laissé par Bush.


Tôt ou tard, les populations
arabes de Cisjordanie et de Gaza vivront en paix, elles aussi, et, dans un geste qui délivrera Israël du mal, seront elles-mêmes délivrées du mal. Ce jour là, la paix pour Israël sera la paix pour toute la région.


Et ce jour là, on discernera que Bush avait une vision du moyen terme, et que cette vision était juste et lucide.

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