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Publié par Dreuz Info le 1 juillet 2008


par Daniel Pipes
1er juillet 2008, version provisoire

«Depuis les attentats du 11 septembre, on a dénombré plus de 2300 arrestations liées du terrorisme islamiste en Europe, contre 60 environ aux États-Unis.» C’est ce qu’affirme Marc Sageman dans un nouvel ouvrage très remarqué: Leaderless Jihad: Terror Networks in the Twenty-First Century (Djihad sans leaders: les réseaux terroristes au XXIe siècle – University of Pennsylvania Press).

Dans un chapitre intitulé «Le fossé atlantique», Sageman tire de cette simple comparaison statistique des conclusions de grande envergure sur les conditions de vie bien meilleures des musulmans américains. «Le taux d’arrestation à la suite d’accusations de terrorisme au sein des musulmans est six fois plus élevé en Europe qu’aux États-Unis.» La raison de cet écart résiderait «dans la différence de la mesure dans laquelle ces communautés musulmanes respectives sont radicalisées». Et de louer «l’exception culturelle américaine», d’exhorter les gouvernements européens à «éviter de commettre des erreurs qui risquent de compromettre la bonne volonté dans la communauté musulmane» et de presser les Européens à prendre exemple sur les Américains.

L’argument de Sageman est en fait une resucée de ce que Spencer Ackerman écrivait dans un grand article de New Republic à la fin 2005 et dans lequel il estimait que «la culture de désaffection, de marginalisation et de djihad des musulmans d’Europe ne prend pas racine» aux États-Unis.

Marc Sageman – Djihad sans leaders: les réseaux terroristes au XXIe siècle (University of Pennsylvania Press).Mais toute la démonstration de Sageman repose sur les nombres d’arrestations avancés, soit 2300 et 60. Sans même considérer d’autres explications possibles, telles que le système légal européen qui offre plus de possibilités d’effectuer des arrestations liées au terrorisme, ces chiffres sont-ils simplement corrects? Il les soutient par une note de bas de page brève et imprécise: «Mise à jour de Eggen et Tate, 2005; Lustick 2006: 151-52 approuve cette estimation.» Ici, «Eggen et Tate, 2005» fait référence à un article de presse en deux parties et «Lustick 2006» à un long discours extrémiste discrédité entre-temps.

En fait, les chiffres de Sageman sont scandaleusement inexacts.

Arrestations en Europe. Son nombre d’arrestations en Europe est exagéré. Les statistiques publiées par Europol (European Police Office) montrent que 201 islamistes étaient détenus dans l’Union européenne (sans le Royaume-Uni) sur des accusations de terrorisme en 2007, contre 257 en 2006. Les statistiques antérieures d’Europol sont moins claires, mais un examen attentif effectué pour moi par Jonathan Gelbart, de l’université de Stanford, montre que 234 arrestations ont eu lieu en 2005, 124 en 2004 et 137 en 2003. Dans l’ensemble, le nombre total d’arrestations pour terrorisme effectuées en Europe occidentale semble être inférieur à 1400.

Arrestations aux États-Unis. Selon le Département américain de la Justice, le chiffre de Sageman est presque dix fois trop bas. Une dépêche de Fox News cite un porte-parole du Département, Sean Boyd, indiquant que «527 prévenus ont été accusés dans des affaires liées au terrorisme dans le cadre d’enquêtes effectuées depuis le 11 septembre 2001. Ces cas ont débouché sur 319 condamnations, et 176 autres cas sont encore pendants.» D’autre part, comme je l’ai exposé dans «Aveuglement face au terrorisme» (et dans le billet qui lui fait suite), les politiciens, les membres des forces de l’ordre et les médias rechignent à admettre les incidents terroristes, de sorte que le nombre réel d’arrestations liées au terrorisme est sensiblement supérieur.

Compte tenu du fait que la population musulmane des États-Unis représente un septième de celle de l’Europe occidentale (3 millions et 21 millions), les chiffres de 527 arrestations aux États-Unis et 1400 en Europe indiquent que le taux d’arrestation des musulmans sur des accusations de terrorisme est deux fois et demi plus élevé aux États-Unis qu’en Europe, et non six fois plus bas, comme le prétend Sageman. En fait, Sageman (qui a décliné l’offre de se prononcer sur le présent article) se trompe d’un facteur de 15 environ.

Son erreur a des implications majeures. Si, en dépit des conditions de vie bien meilleures des musulmans américains, les États-Unis souffrent d’un taux de terrorisme islamiste deux fois et demi supérieur à celui de l’Europe, il est improbable que des améliorations socio-économiques puissent résoudre les problèmes européens.

Cette conclusion s’inscrit dans une démonstration plus large selon laquelle l’islamisme n’a guère de rapport avec des difficultés économiques ou autre. En d’autres termes, les idées comptent davantage que les conditions de vie personnelles. Comme je l’écrivais en 2002, «les facteurs qui provoquent le déclin ou l’essor de l’islam radical semblent liés à des questions d’identité, et non à des difficultés économiques». Quiconque accepte la vision du monde islamiste (ou communiste, ou fasciste), riche ou pauvre, jeune ou vieux, homme ou femme, en accepte aussi l’infrastructure idéologique qui peut conduire à la violence, terrorisme compris.

En termes politiques, les Américains n’ont pas de quoi se vanter. Certes, les Européens devraient prendre exemple sur les États-Unis pour la qualité bien supérieure de l’intégration de la population musulmane qui y règne. Mais ils ne devraient pas en attendre une réduction de leur problème de terrorisme. Celui-ci pourrait même s’en trouver aggravé.

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