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Publié par Dreuz Info le 6 août 2008

Le sujet me donne la chair de poule et j’espérais n’avoir jamais à en parler. De quoi s’agit-il ? J’ai travaillé un temps pour le Corps Consulaire et Diplomatique de Lausanne. Dans ce cadre j’ai publié une petite étude historique (1). Mais le sujet n’est pas là. Le sujet c’est les conditions de survie des domestiques dans certaines missions diplomatiques des émirats du Golfe accréditées auprès du Bureau européen de l’ONU à Genève. J’ai été confronté à cette abomination dans le cadre du Corps Consulaire et Diplomatique de Lausanne,  notamment concernant des domestiques philippines. Le récent comportement de Hannibal Kadhafi à Genève a relancé ce douloureux sujet. L’article ci-dessous paru dans Le Matin Dimanche rappelle quelques faits horrifiants à cet égard. Je m’abstiens quant à moi de tout commentaire à ce stade.

Miguel Garroté

(1) Survol historique du Corps Consulaire et Diplomatique de Lausanne des années 1930 aux années 1950,  http://www.consuls.info/site03.htm .

 

Les esclaves domestiques restent légion en terre d’islam.

L’affaire du fils Kadhafi à Genève est venue brutalement rappeler le sort réservé au personnel de maison dans les pays arabes. Une forme d’esclavage moderne encore beaucoup trop répandue. Un intellectuel musulman lance un cri de guerre contre cette «culture esclavagiste» qu’il estime contraire au Coran. Les pressions internationales se multiplient également.

Ludovic Rocchi,  le 2 août,  dans Le Matin Dimanche.

http://www.lematin.ch/fr/actu/monde/les-esclaves-domestiques-restent-legion-en-terre-d-islam_10-210602

Hannibal Kadhafi passe pour le mauvais garçon de la famille. Quand le fils du dictateur libyen est interpellé à Genève avec son épouse pour répondre de graves sévices corporels à l’encontre de deux domestiques, on peut penser qu’il s’agit d’un dérapage isolé, d’une frasque de plus d’un personnage connu pour sa violence et qui se croit tout permis. Hélas, non, la violence reprochée à Hannibal Kadhafi et à son épouse n’a rien d’exceptionnel. Le phénomène de la maltraitance du personnel de maison est si ample dans le monde arabe qu’il donne lieu à une longue liste de faits divers et de rapports alarmants d’organisations internationales. Cette semaine encore, une riche famille des Emirats arabes unis a été inculpée en Belgique pour avoir tenu enfermés et avoir harcelé moralement onze domestiques dans un des plus grands palaces de Bruxelles. Mais il ne faudrait pas croire que ces dérapages ne se produisent que lors de séjours à l’étranger. C’est sur place que la situation se révèle la plus terrible.

Publié au début de ce mois, un nouveau rapport de l’ONG Human Rights Watch décrit des «conditions proches de l’esclavage» pour une grande partie du million et demi de travailleuses domestiques asiatiques employées en Arabie saoudite (lire leurs témoignages ci-dessous). Passeport confisqué, salaire absent ou dérisoire, horaire démentiel, violences physiques et sexuelles, les pratiques barbares à l’encontre des domestiques se révèlent sans limites et le plus souvent impunies au regard du droit et des traditions en vigueur dans les pays arabes.

La tradition de la tutelle

Bien sûr, l’islam ne détient pas le monopole de cette survivance de l’esclavagisme. La Genève internationale est bien placée pour le savoir, avec ses scandales à répétition de domestiques exploités et maltraités par des diplomates étrangers, qu’ils soient arabes, indiens, sud-américains ou africains. Et on pourra dire que le sort des femmes de ménage employées au noir jusqu’en Suisse n’est pas toujours reluisant. Mais en terre d’islam, la pratique est érigée en système, héritée de quinze siècles de traite d’esclaves. Les marchés de chair humaine à ciel ouvert ont évidemment disparu. Les pays arabes tardent cependant à se défaire de la tradition de la tutelle ou du parrainage qui remplace le droit du travail. Dans leurs palaces et leurs maisons bourgeoises, les maîtres ne sont pas considérés comme des employeurs à l’égard de leur personnel de maison, mais comme les tuteurs d’étrangers qu’ils abritent sous leur toit. Attirées en masse par la promesse d’un emploi plutôt que la misère dans leur pays d’origine, ces petites mains sont dépouillées de tous droits. Il n’est donc pas difficile de leur confisquer leur passeport, de les cloîtrer et de les exploiter sans aucun risque d’être inquiété. Le plus souvent asiatiques, ces victimes de l’esclavage moderne peuvent aussi venir des pays arabes eux-mêmes, à l’image des «petites bonnes» marocaines, ces centaines de milliers de femmes qu’on enlève très jeunes à leur famille et qui finissent exploitées le plus souvent sans salaire, quand elles ne sont pas violées puis répudiées parce qu’elles ont le malheur de tomber enceinte.

Timide prise de conscience

Face à ce constat accablant, quelques intellectuels musulmans tentent de relayer chez eux le combat des organisations internationales. Quelques pays arabes, dont le Liban, se mettent timidement à empoigner le problème. L’an dernier, un premier colloque international s’est tenu à Marrakech sur l’esclavage dans les pays arabo-musulmans. Et l’Organisation internationale du travail s’est engagée à réglementer en priorité l’exploitation des domestiques lors de sa prochaine assemblée en 2010. Mais l’esclavage en terre d’islam reste «un tabou bien gardé», dénonce l’intellectuel franco-algérien Malek Chebel dans son dernier ouvrage consacré au sujet (lire son interview ci-dessous).

Contraire à l’esprit du Coran

On retient de l’Histoire et du Coran que l’affranchissement des esclaves a été prôné en islam bien plus tôt que chez les Occidentaux. C’est vrai, le Coran évoque la question dans vingt-cinq versets datés du VIIe siècle. Mais cet élan n’a pas duré. Et, surtout, le Coran n’étant pas contraignant, il relève de la responsabilité de chaque maître d’affranchir ses esclaves pour gagner la bénédiction du Ciel. Enfin, il existe aussi une partie du texte sacré qui permet de se donner bonne conscience, comme le font les musulmans wahhabites d’Arabie saoudite et ceux du Golfe. Ils se réfèrent à un verset qui dit que Dieu «a élevé les uns au-dessus des autres, en degrés, afin que les premiers prennent les autres à leur service, tels des serviteurs». Il n’est toutefois pas précisé qu’il faut humilier, cloîtrer et violenter ses domestiques…

«Ce n’est pas une question de religion mais d’éducation»

Le Franco-Algérien Malek Chebel se réclame de l’islam des Lumières. Il a l’habitude de publier des ouvrages qui remettent en cause la manière dont sa propre religion est «dévoyée». Le dernier en date* est consacré au tabou de l’esclavage en terre d’islam.

 

Pour le «Matin Dimanche», Malek Chebel a accepté d’analyser l’affaire Kadhafi.

Les violences dont sont accusés Hannibal Kadhafi et son épouse à l’égard de leurs domestiques sont-elles courantes chez les riches arabes?

Il est malheureusement fréquent que les puissants du monde arabe se permettent de maltraiter les gens à leur service. Cette barbarie est favorisée par l’absence totale d’Etat de droit. Ceux qui ont le pouvoir façonnent le droit pour eux-mêmes.

Faut-il comprendre que cette manière d’humilier l’autre fait partie de la culture arabe et islamique?

Non, l’islam n’est pas une religion esclavagiste. Mais certains exploitent des versets du Coran ambigus et vieux de quatorze siècles (!) pour faire croire qu’ils sont en adéquation avec leurs principes religieux. Il s’agit plutôt d’un problème d’éducation individuelle, où chez les nantis, on apprend à disposer du droit de vie et de mort sur tout le reste de la population.

Avez-vous l’espoir d’un changement par rapport à cette «culture esclavagiste» dont vous estimez que l’islam est victime?

Oui, je crois que c’est le bon moment pour venir à bout de ce tabou massif. Je suis invité dans le monde entier pour donner des conférences depuis la publication de mon livre sur le sujet. Il y a dix ans encore, je n’aurais bénéficié d’aucune écoute…

*«L’esclavage en terre d’islam», Malek Chebel, Fayard, 496 pages.


Elles partent en enfer. Nous sommes en 2008.

De terribles témoignages

L’Arabie saoudite figure en tête des pays arabes où l’exploitation des domestiques cause problème. Dans un rapport de 133 pages publié le 3 juillet dernier, l’organisation non gouvernementale Human Rights Watch dénonce des «conditions proches de l’esclavage» imposées aux travailleuses domestiques venues le plus souvent de pays asiatiques (Indonésie, Sri Lanka, Philippines, Népal). Les autorités saoudiennes sont appelées à entreprendre d’urgence des réformes en matière d’immigration, de droit du travail et de justice pour mettre fin à cette barbarie. Le rapport contient des dizaines de témoignages qui glacent le sang.

En voici deux extraits :

 

«Pendant un an et 5 mois, je n’ai reçu aucun salaire. Si je réclamais l’argent, ils me battaient, ou me coupaient avec un couteau, ou me brûlaient. J’ai des marques sur le dos. J’avais mal partout. Ils prenaient ma tête et la cognaient contre le mur. Chaque fois que je réclamais mon salaire, il y avait un conflit» Ponnamma S., une travailleuse domestique sri-lankaise, Riyad, le 14 décembre 2006.

 

«Au bout d’un moment, l’employeur a commencé à montrer de l’affection pour moi. Il m’a fait venir dans sa chambre. Il a dit: «Je veux te raconter comment je t’ai eu à l’agence». Il a dit: «Je t’ai ramenée pour 10 000 riyals»… L’employeur m’a violé plusieurs fois… J’ai tout dit à madame… La famille entière, madame, l’employeur, ne voulaient pas que je parte. Ils ont fermé les portes et les portails à clefs…» Haima G., travailleuse domestique philippine, Riyad, le 7 décembre 2006.

  


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