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Publié par Dreuz Info le 7 septembre 2008

Un an après, on prend les mêmes, et on recommence ? On aurait pu le croire, ce mercredi, à Nancy, sous la pluie, derrière la superbe place Stanislas, en voyant les acteurs du procès en appel de Fanny Truchelut. Les mêmes avocats, apparemment contents d’eux, des trois associations « anti-racistes », le Mrap, la LDH et la Licra, étaient aux côtés de leur « victime ». Le journaliste de l’Est Républicain Jean-Baptiste Bize, qui avait lancé, deux ans plus tôt, le lynchage médiatique contre la propriétaire du gîte, couvrait l’événement. Le matin même, il continuait à vouloir démolir l’accusée dans un article d’une partialité invraisemblable. Pendant ce temps, comme il y a un an, notre ami Pascal Hilout distribuait un tract où il expliquait pourquoi, en tant que musulman, il défendait Fanny.

  Horia Demiati avait la même tenue, et faisait de gros efforts de communication, essayant de sourire, de saluer un maximum de monde, et de répondre à la sollicitation des médias, dont beaucoup n’en avaient que pour elle.

Fanny paraissait épuisée, tendue, crispée, à bout de forces. Le procès pouvait commencer. Mais nous dûmes attendre jusqu’à 16 heures pour qu’il débute vraiment. Il fallut entendre auparavant quatre autres appels, sur des affaires qui allaient du mari qui refuse de payer la pension alimentaire, d’une bagarre dans un foyer, d’une femme accusée de vol, et d’un jeune homme qui a tiré des coups de feu sur des voitures.

Quand les autres affaires furent évacuées, le procès a pu enfin commencer. La tension était vive dans l’assistance.

Premier constat : la salle était pleine, et de nombreuses personnes étaient debout.

Deuxième constat : contrairement à la première fois, Fanny n’était pas seule. Il y avait derrière elle une quarantaine de personnes, dont une dizaine venues de Paris avec Pierre, Pascal et Lucette. Ce n’étaient pas des militants, mais des personnes que la situation faite à la tenancière du gîte avait tout simplement révolté, et qui entendaient l’aider comme ils le pouvaient, en étant présent. Avec émotion, beaucoup d’entre elles vinrent la saluer, et l’encourager. Horia Demiati pouvait compter sur une quinzaine de soutiens, dont quelques membres de sa famille, la présidente du Mrap local, Claude Gavoille, et quelques représentants de la LDH du département, venus pour faire contre-poids à la section de Nancy.

Ce furent les trois avocats des associations « anti-racistes » qui plaidèrent les premiers.

Egal à lui-même, l’avocat du Mrap (dont l’association avait publié un communiqué, la veille, demandant le maintien du premier verdict), Gérard Wetzler, nous refit le coup de « la jeune femme née en France, qui convainc ses parents marocains de venir passer des vacances dans les Vosges, avec l’enfant trisomique et le jeune enfant d’Horia Demiati, par ailleurs femme diplômée qui exerce la profession d’auditeur financier » (on ne saura pas où, ni si elle garde son voile quand elle est au boulot), et qui fut victime de la méchante Fanny. Quand il osa parler de « phantasme anti-maghrébin », une partie de la salle ne peut s’empêcher de crier son indignation, tant l’attaque était sordide. Il osa quand même réclamer, de manière confuse – pas étonnant que ce socialiste n’ait jamais gagné une élection locale – 4000 euros pour le Mrap, et 1500 euros pour Horia Demiati.

Vint ensuite Michel Tubiana, ancien président de la LDH. On ne le reconnut pas. Celui qui, il y a un an, de manière haineuse, insultait impunément Fanny Truchelut, Annie Sugier et Anne Zelensky, avait manifestement baissé d’un ton. Sans doute rendu prudent par la prise de position de la section de Nancy, qui a semé le doute chez de nombreux membres de la LDH, il fut d’une prudence qu’on ne lui a pas connue dans d’autres circonstances. Il alla même jusqu’à dire que personnellement, il était opposé à la symbolique du voile (qu’est-ce que ce serait s’il était pour !). Il demanda quand même le même verdict, et des dommages et intérêts, il faut bien que la LDH vive !

Vint le tour de Grégoire Bouvier, l’avocat de la Licra, association qui a beaucoup déçu en plaidant une deuxième fois aux côtés du Mrap et de la LDH. Terne orateur, il ne sut que répéter laborieusement ce que ses prédécesseurs avaient dit auparavant. Il réussit quand même à faire un parallèle scabreux entre l’attitude de Fanny, et la complaisance qu’il croit voir dans la montée, dans les Vosges et la Lorraine, des idées d’extrême droite. Les citoyens de ces régions, où le FN ne fait pas de meilleurs scores que dans le reste du pays, apprécieront.

Le discours de l’avocat général était attendu. Lors des quatre premières affaires, il avait été impitoyable avec les accusés, rappelant systématiquement quelques réalités que les plaidoiries avaient tendance à occulter. Cette fois, Philippe Cedric-Laumosne rappela d’abord à l’ordre l’avocat du Mrap, et celui de la Licra, leur expliquant qu’il n’avait pas vu le moindre racisme dans cette affaire, et qu’ils ne vivaient pas dans un bastion de l’extrême droite.

Ensuite, avec beaucoup de prudence, il refusa que ce jugement ne soit l’affrontement de deux camps, mais seulement le croisement accidentel de deux femmes dont il ne souhaita qu’aucune n’ait un statut de martyr. Il conclut en disant qu’il ne lui apparaissait pas opportun que Fanny Truchelut soit condamnée à payer une amende. Le discours du représentant de l’Etat était très éloigné de celui du procureur de la République d’Epinal, qui, il y a un an, avait eu des mots très durs contre l’accusée.

Curieusement, l’Est Républicain, que nous avons déjà épinglé, se livre, dans l’édition du jeudi 4 octobre, à une désinformation invraisemblable, concernant cette intervention, comme le montre dans son texte Lucette Jeanpierre. Le nommé Eric Nicolas, dans une article d’une partialité qui fait honte au métier de journaliste, ose, dans un chapeau, écrire que l’avocat général demande la confirmation de la peine du premier procès, alors qu’au contraire, il ne demande aucune amende ! Incompétence ou partialité militante ?

Benoît Chabert plaidait en dernier. Il parla plus d’une demi-heure, avec beaucoup de conviction, mais aussi d’émotion.

Sa stratégie était différente de celle d’Alexandre Varaut, le premier avocat de Fanny Truchelut. Il précisa immédiatement qu’il n’était pas l’avocat d’une cause, mais d’une personne, et que son intervention resterait uniquement dans le cadre juridique.

Présentant sa cliente avec des mots touchants, rappelant qui elle était vraiment, avec un portrait bien éloigné des insinuations des avocats « anti-racistes », il axa son argumentation sur deux questions : Fanny a-t-elle vraiment refusé l’entrée du gîte aux Demiati ? Les parties communes font-elles vraiment partie du gîte ?

Il admit que Fanny n’avait peut-être pas eu raison, juridiquement, de demander à Horia Demiati de retirer son voile, mais demanda à la cour de comprendre qu’elle ait pu être choquée par une tenue qu’elle ne s’attendait pas à rencontrer dans un tel lieu. Mais il sut démontrer que les Demiati étaient bien rentrés dans le gîte, qu’elle le leur avait fait visiter, et que, surtout, c’était Horia Demiati qui avait demandé à ce qu’on lui rende ses arrhes. Il expliqua donc qu’il y avait un premier doute, et certifia que Fanny ne les aurait pas refusés, si les plaignants n’étaient pas partis aussi vite. Le délit n’est donc pas constitué.

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b54a_1920

Il approfondit l’interrogation sur les parties communes du gîte, sachant que chaque appartement était équipé d’une cuisine indépendante. Dans l’esprit de Fanny, ces parties communes faisaient partie aussi de ses appartements à elle, et par convivialité, elle acceptait de les partager avec ses clients.

D’où la question : peut-on considérer que les parties communes font partie du gîte ?

Cette approche, fort différente de la première plaidoirie plus militante d’Alexandre Varaut, lors du premier procès, dérouta les accusateurs. Le président du tribunal, qui fut, lui aussi, d’une grande courtoisie avec l’accusée (ce qui ne fut pas toujours le cas du président du tribunal d’Epinal, il y a un an), annonça que le verdict serait rendu le 8 octobre.

Certains auraient peut-être préféré que la plaidoirie soit davantage militante. Nous l’avons toujours dit, nous ne sommes pas de ceux qui instrumentalisons les personnes. Ce qui compte, c’est que Fanny Truchelut soit relaxée, comme l’a demandé Benoît Chabert, « non pour une raison idéologique, mais juridique ». Nous l’avons sentie détendue, enfin soulagée que ce deuxième procès, dont elle attendait qu’il lave son honneur, ait eu lieu.

Elle peut sortir de ce deuxième procès épuisée, mais la tête haute. Nous avons l’impression d’avoir tout fait pour l’aider, cette affaire arrive à sa fin.

Continuez à signer la pétition, pétition, jusqu’au 8 octobre. Toute signature nouvelle fait du bien.

Continuez à envoyer de l’argent, cela ne sera pas de trop, pour aider Fanny à payer les frais de justice, et les émoluments de son avocat. http://www.ripostelaique.com/Ou-en-sommes-nous-a-la-veille-du.html

Que Fanny se reconstruise, pense enfin à elle, et oublie cette affaire qui lui a brisé une partie de sa vie. Qu’elle soit remerciée pour son courage, sa détermination, sa simplicité, ses qualités humaines, son authenticité. Elle demeurera notre amie.

Quant à nous, nous continuerons à mener les batailles nécessaires pour qu’en France, il n’y ait plus jamais de Fanny Truchelut qui se retrouve devant les tribunaux, traînée par de petites soldates de l’islam, parce qu’elles refusent d’être agressées par une tenue qui symbolise l’oppression de la femme, et qui n’est pas compatible avec les valeurs égalitaires de la République française.

Nous ferons tout pour que le législateur ne puisse pas ignorer plus longtemps cette question, qui demeure un des combats essentiels de Riposte Laïque.

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