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Publié par Dreuz Info le 10 septembre 2008

Benoît XVI,  la loi juive  et  la justice juive




Benoît XVI sera en France à partir de vendredi qui vient,  12 septembre 2008.  Les médias ne se sentant pas concernés par cette visite,  je profite de l’occasion,  pour rappeler,  quelques vérités,  sur les relations entre d’une part le catholicisme,  le christianisme,  et d’autre part le judaïsme.  L’Eglise catholique a formulé sa condamnation de l’antisionisme dans une déclaration conjointe rendue publique – mais guère mentionnée par les médias – en juillet 2004 à l’issue d’un forum réunissant Juifs et catholiques.  La condamnation catholique de l’antisionisme a fait en suite l’objet – le 30 juillet 2004 – d’un article de Shlomo Shamir dans le journal israélien Haaretz.  Concrètement,  dans cette déclaration conjointe,  l’Eglise catholique a mis l’antisionisme en rapport avec l’antisémitisme – en 2004 à Buenos Aires – lors d’un colloque de religieux, d’universitaires et autres personnalités juives et catholiques.




En  2004 à Buenos Aires,  l’antisémitisme a été décrété inacceptable quelle que soit sa forme y compris celle de l’antisionisme qui est devenu une manifestation d’antisémitisme et cela a été souligné dans la déclaration conjointe.  Ilan Steinberg – directeur du Congrès Juif Mondial – un des organisateurs du forum a qualifié la déclaration conjointe de moment historique.  Pour la première fois l’Eglise catholique a reconnu dans l’antisionisme une agression non seulement contre les Juifs mais contre le peuple juif en tant que tel.  D’éminentes personnalités juives ont qualifié,  cette déclaration publique,  de soutien de l’Eglise catholique face à l’antisionisme.  Par le passé,  le sionisme a été qualifié de racisme et cette déclaration fait de l’antisionisme lui-même une forme de racisme.




Lors d’une conférence organisée à Genève à l’occasion du 59e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël,  l’abbé Alain René Arbez – responsable auprès de l’Eglise catholique des relations avec le Judaïsme – a prononcé un discours citant Jean XXIII et Jan Paul II :  « Non,  l’Alliance conclue par Dieu avec Israël n’a pas été abrogée.  Loin d’être une branche morte,  les Juifs sont les frères aînés des Chrétiens.  La foi juive est intrinsèque au Christianisme,  car qui rencontre Jésus,  rencontre d’abord le Judaïsme ».




La France que Benoît XVI va découvrir dans deux jours compte plus de musulmans que de Juifs.  Je saisis donc cette opportunité pour revenir – aussi – sur l’islam.  A ce propos,  qui connaît  Mohammed Arkoun,  l’intellectuel musulman né en Algérie qui a enseigné à la Sorbonne,  à Princeton et qui est aujourd’hui directeur de recherche à l’Institut d’études ismaélites de Londres ?  Qui se souvient qu’il a été interviewé par John Allen,  le vaticaniste du National Catholic Reporter.  Mohammed Arkoun est revenu,  dans cette interview,  sur le discours de Benoît XVI à l’Université Ratisbonne :  « Le pape Benoît XVI a affirmé qu’il n’existe pas de relation étroite entre la raison et la foi dans la pensée islamique et dans ses expressions.  (…)  Après la mort du philosophe Averroès en 1198,  la philosophie a effectivement disparu de la pensée islamique.  Par conséquent,  à compter de ce moment-là,  le pape est dans le vrai.  (…)  Le problème,  c’est que lorsque l’on parle aujourd’hui avec des musulmans,  ils n’ont pas la moindre idée de leur histoire.  (…)  Je ne vois aucun historien de la pensée parmi eux.  (…)  Le pape devrait plutôt créer un véritable espace de discussion,  au lieu de tous ces prétendus dialogues interreligieux qui se sont succédé depuis Vatican II.  J’ai participé à bon nombre d’entre eux et je peux affirmer qu’ils sont absolument inutiles.  Ce ne sont que des bavardages.  Il n’y a aucun apport intellectuel,  il n’y a pas de respect pour les compétences élevées ».  Or,  il se trouve qu’après son discours à Ratisbonne,  Benoît XVI compte maintenant revenir sur le sujet à Paris,  dans deux jours.




En effet,  le directeur de la Salle de presse du Vatican,  le père Lombardi,  a présenté – hier mardi 9 septembre 2008 – le voyage de Benoît XVI en France.  Le père Lombardi a expliqué que le discours de Benoît XVI prévu pour vendredi prochain 12 septembre 2008,  discours qui s’adressera au monde de la culture,  sera particulièrement important.  Benoît XVI a personnellement beaucoup travaillé dessus.  Il a rédigé la version originale en allemand,  ce qu’il fait uniquement pour les textes auxquels il attache une très grande importance.  Vendredi 12 septembre à 17:30,  Benoît XVI prononcera ce « discours au monde de la culture » au collège des Bernardins.




Le discours s’inscrit dans l’un des axes pastoraux les plus importants pour Benoît XVI,  à savoir le lien entre la foi,  la raison et la culture.  Deux questions seront analysées dans le discours :  primo,  comment la démarche du croyant a-t-elle une dimension rationnelle recevable pour la raison ;  et secundo,  comment la sagesse venant de la Loi juive et de la Bible peut-elle éclairer les décisions des hommes d’aujourd’hui,  qu’ils soient croyants ou non croyants,  chrétiens ou non chrétiens.




Aujourd’hui mercredi 10 septembre 2008,  Eucharistie Sacrement de la Miséricorde,  rappelle qu’en choisissant de s’appeler Benoît XVI,  le cardinal Ratzinger a souhaité inscrire son pontificat dans une Tradition marquée par saint Benoît,  fondateur du monachisme en Occident,  également patron de l’Europe.

En avril 2008 Benoît XVI déclarait :  « Paul VI,  en proclamant saint Benoît patron de l’Europe le 24 octobre 1964,  voulut reconnaître l’œuvre merveilleuse accomplie par le saint à travers la Règle pour la formation de la civilisation et de la culture européenne.  Aujourd’hui,  l’Europe – à peine sortie d’un siècle profondément blessé par deux guerres mondiales et après l’effondrement des grandes idéologies qui se sont révélées de tragiques utopies – est à la recherche de sa propre identité.  Pour créer une unité nouvelle et durable,  les instruments politiques,  économiques et juridiques sont assurément importants,  mais il faut également susciter un renouveau éthique et spirituel ».




Le choix du nom de Benoît rappelle également la grande figure du pape Benoît XV,  ‘le Pape pour la paix’.  Rappelons à ce propos qu’au cours du bref pontificat de Benoît XV de 1914 à 1922 ont eu lieu la Première Guerre mondiale,  le génocide des Arméniens et la révolution bolchevique.  Benoît XVI avait fermement et à maintes reprises condamné la Première Guerre mondiale,  définie successivement comme « spectacle monstrueux »,  « épouvantable fléau »,  « suicide de l’Europe civile »,  « tragédie de la démence humaine » et « inutile massacre ».  Mais ses propos ont valu à Benoît XV l’aversion des classes dirigeantes des pays engagés dans le conflit.  En 1920 parut la première encyclique qu’un pape ait consacrée à la paix :  Pacem Dei munus.

De son côté,  Benoît XVI a constamment encouragé la poursuite de l’intégration européenne.  En septembre 2007,  il déclarait :  « Le processus d’unification est de toute façon une œuvre d’une grande portée qui a permis à ce continent,  longtemps miné par des conflits continuels et des guerres fratricides désastreuses,  de vivre une période de paix qu’il n’avait pas connue depuis longtemps ».  Cependant,  comme en mars 2007,  Benoît XVI porte un regard sévère sur certaines orientations actuelles des politiques européennes :  « Une communauté qui se construit sans respecter la dignité authentique de l’être humain,  en oubliant que chaque personne est créée à l’image de Dieu,  finit par n’accomplir le bien de personne.  Voilà pourquoi il apparaît toujours plus indispensable que l’Europe se garde d’adopter un comportement pragmatique,  aujourd’hui largement diffusé,  qui justifie systématiquement le compromis sur les valeurs humaines essentielles,  comme si celui-ci était l’inévitable acceptation d’un prétendu moindre mal ».




Benoît XVI,  en septembre 2007,  soulignait également son attachement au dialogue entre la foi et la raison, lié à l’enracinement judéochrétien de l’Europe :  « Fait aussi partie de l’héritage européen une tradition de pensée,  pour laquelle un lien substantiel entre foi,  vérité et raison est essentiel.  Il s’agit ici,  en définitive,  de se demander si,  oui ou non,  la raison est au principe de toutes choses et à leur fondement.  Il s’agit de se demander si le hasard et la nécessité sont à l’origine de la réalité,  si donc la raison est un produit secondaire fortuit de l’irrationnel,  et si,  dans l’océan de l’irrationalité,  en fin de compte,  elle n’a aucun sens ou si au contraire ce qui constitue la conviction de fond de la foi chrétienne demeure vrai »,  poursuivait Benoît XVI ».

« Permettez-moi,  ajoutait Benoît XVI,  de citer dans ce contexte Jürgen Habermas,  un philosophe qui n’adhère pas à la foi chrétienne : Par l’autoconscience normative du temps moderne,  le christianisme n’a pas été seulement un catalyseur.  L’universalisme égalitaire,  dont sont nées les idées de liberté et de solidarité,  est un héritage immédiat de la justice juive et de l’éthique chrétienne de l’amour.  Inchangé dans sa substance,  cet héritage a toujours été de nouveau approprié de façon critique et de nouveau interprété.  Jusqu’à aujourd’hui,  il n’existe pas d’alternative à cela’,  conclut Jürgen Habermas ».

Le « discours au monde de la culture » de Benoît XVI – au collège des Bernardins – fera-t-il autant de bruit que celui de l’Université de Ratisbonne ?  Quoi qu’il en soit,  nous serons très attentifs.  A ce discours.  Et à ce qu’en diront nos bien aimés médias,  toujours très au fait des questions spirituelles.

Miguel Garroté



  
  
  

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