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Publié par Dreuz Info le 15 octobre 2008


LA VIDEO DE LA RENCONTRE

Les lecteurs de drzz.info connaissent bien David Littman, mari de l’auteure Bat Ye’or et représentant d’ONG à l’ONU. Peu savent en revanche qu’il a été sayan (« volontaire ») pour le meilleur service secret de la planète.

Depuis plus de vingt ans, Littman combat l’emprise des pays islamiques sur les Nations Unies avec son flegme légendaire.

Le 5 mars 1987, David Littman fut le premier à inviter le très célèbre dissident soviétique Nathan Sharansky (qui depuis influence jusqu’à Bush lui-même) à parler à l’ONU. La délégation de l’URSS quitta la salle en signe de protestation.

Aucun orateur ne dérange autant les dictatures du Moyen Orient. Il y a deux semaines, Littman était à nouveau pris à parti par l’ambassadeur d’Egypte en plein Conseil des Droits de l’Homme, après avoir suscité l’ire du Pakistan (voir l’article sur Jihad Watch). Trois mois plus tôt, il provoquait un tollé en évoquant les droits des femmes en pays musulmans. Et deux autres cas similaires ont eu lieu le le 24 janvier et 26 mars 2008.

Ce courage ne lui est pas nouveau. En effet, en 1961, le jeune idéaliste qu’était Littman atterrissait au Maroc où, à 27 ans, il devenait un agent sous couverture afin d’aider des enfants juifs du royaume à rejoindre Israël. L’alya était interdite à l’époque, et les Juifs subissaient humiliations et persécutions dans un monde arabe enflammé par le nationalisme nassérien. Quelques mois avant que Littman ne débute sa mission, la sécurité marocaine démantela un réseau d’immigration clandestine du Mossad . Les agents capturés furent impitoyablement torturés.

Mais le Mossad refusait
de laisser tomber les Juif du Maroc. Il décida de monter une nouvelle opération et alloua d’importants moyens à ses réseaux marocains. Le légendaire directeur général de l’époque, Isser Harel, qui venait de capturer le nazi Adolf Eichmann en Argentine, avait nommé Alex Gatmon comme chef de station à Casablanca. Gatmon comptait parmi les agents les plus expérimentés du service Au sommet, à Tel Aviv, la mission était supervisée par le numéro 2 du Mossad, Shmuel Toledano, un spécialiste du monde arabe.

L’opération était officiellement chapeautée par l’Agence Juive et une ONG, l’Oeuvre de Secours aux Enfants (OSE), basée à Genève. Le principe était d’envoyer quelqu’un au Maroc, faire sortir les enfants du pays sous un faux prétexte et les transférer en secret vers Israël.

Le Mossad trouva en Littman l’homme providentiel. Il lui donna un code, « Mural ».

Entre mars et juillet 1961, David Littman se présenta à la bonne société de Casablanca comme un Anglican venu au Maroc promettre des vacances à des enfants défavorisés. Aux autorités marocaines, il expliqua que son ONG avait monté une colonie à Morgins, en Suisse occidentale.

Appuyé par sa femme Gisèle, et avec Diana, leur bébé de 5 mois, le jeune Anglais organisa le départ clandestin de centaines d’enfants juifs. Littman ignorait qu’il travaillait avec les services secrets israéliens ; il pensait oeuvrer pour une organisation humanitaire (OSE) et l’Agence juive.  Pourtant, ce sont ses contacts avec des agents du Mossad au Maroc, « Georges » (Gad Shahar) et « Jacques » (Pinhas Katsir), qui lui permirent d’accomplir sa mission au-delà de toutes espérances.

Transmissions secrètes, rencontres clandestines, fausse identité, Littman passa 130 jours en territoire hostile, dans des conditions exceptionnellement difficiles. S’il avait été découvert, il aurait encouru la prison à vie et peut-être même la mort.

Grâce à son ingéniosité
et son sens inné de la communication, Littman écarta un fonctionnaire marocain soupçonneux et permit à 530 enfants de rejoindre Israel. Les « passeports collectifs » que Littman imposa ont été réutilisés par le Mossad pour négocier avec le roi Hassan II le départ des Juifs marocains : 100’000 d’entre eux purent émigrer en  Israel pendant « l’Opération Yakhin », entre 1962 et 1964. 

David Littman a été célébré en Israël (1er mai 1986) par le premier ministre Shimon Pérès, son député Yitzhaq Shamir, ainsi que le maire de Jérusalem Teddy Kollek ; puis à nouveau début janvier 2004 à Ashdod par le Ministre de la Défense Shaul Mofaz. Cette page inconnue de l’histoire d’Israël a été révélée  dans un récent et excellent documentaire (« Opération Mural » : Casablanca 1961) diffusé en Israël à deux reprises sur la première chaîne, dans des festivals juifs partout dans le monde – et bientôt à la TV francophone canadienne.

Le 1er  juin 2008, les époux Littman, leurs deux filles et trois petites-filles, ainsi que tous les acteurs de l’opération ont été reçus dans la demeure du Président Shimon Pérès à Jérusalem pour commémorer l’Opération.

David Littman m’a envoyé des photos et une vidéo dont je vous propose ici quelques images.
 
 

1er juin 2008, Jérusalem : le Président Shimon Pérès, visiblement impressionné, remercie David Littman au nom d’Israël et du peuple juif  pour son courage durant l’Opération Mural.


La famille Littman (Bat Ye’or, David et Ariane , leur fille cadette ) en discussion avec l’ambassadeur suisse en Israël. Durant l’Opération Mural, la future  Bat Ye’or épaula son mari  en se faisant passer pour une Française catholique.


A gauche, Gad Shahar, alias « Georges » (nom de code « Camus »), en discussion avec Pérès.
Katsa (agent) du Mossad résidant à Paris, Shahar s’installa au Maroc pour organiser l’alya clandestine. Sa couverture était celle d’un vendeur d’engins agricoles. Durant toute la durée de la mission au Maroc (1960-1963), il tint une correspondance prolifique avec des clients imaginaires mais ne vendit pas une seule vis !


Bat Ye’or serre la main de Shimon Pérès.


Shimon Pérès étreint Carmit, la veuve d’Alex Gatmon, chef de station du Mossad à Casablanca. Maître espion de l’Institut et colonel dans l’aviation israélienne, Gatmon (nom de code « Armin ») avait été nommé agent résident au Maroc en novembre 1960.

Avant sa venue en Israël, Gatmon était membre des commandos Nokmin (« vengeurs ») qui traquèrent les dirigeants nazis après la Deuxième Guerre mondiale.


Vue globale de la salle de réception de la Présidence israélienne pendant le discours de l’ambassadeur suisse en Israël, Walter Haffner. Au premier plan, à droite, Shmuel Toledano, ancien directeur adjoint du Mossad pour la diaspora.

Littman explique à Shimon Pérès ses péripéties lorsqu’il était sous couverture au Maroc. Afin de ne pas éveiller les soupçons par sa confession et son prénom à connotation juive, Littman utilisait son deuxième nom (Gerald) et fréquentait assidûment l’église anglicane.   


Le Président israélien en compagnie de Tova Ronel, veuve d’Ephraïm Ronel, l’agent résident du Mossad qui supervisait l’Opération Mural depuis Paris.  


De gauche à droite : Littman, alias « Mural », le Président israélien Shimon Pérès et Shmuel Toledano, numéro 2 du Mossad et adjoint du légendaire directeur Isser Harel. 

« David Littman, c’était comme  trouver le bon chapeau avec la bonne tête » a dit Toledano, l’un des dirigeants les plus influents de l’histoire du Mossad qui veilla sur les secrets d’Israël pendant vingt-trois ans (1953-1976) avant d’entrer à la Knesset.


Pinhas Katsir, alias « Jacques » (nom de code « Gino »), officier du Mossad au Maroc, salue le Président israélien.


Littman avec ses petites-filles et le Président.


David Littman plaisante avec le Président israélien.

Shimon Pérès était Ministre de la Défense à l’époque de l’opération Mural.


Shimon Pérès et l’un des enfants de l’Opération Mural, Yamin Ka’anan.

A 7 ans, Ka’anan put fuir le Maroc avec son frère et sa soeur grâce à « Mural ». Il rejoignit Israël où il devint colonel dans les forces de sécurité israéliennes.  


LA VIDEO DE LA RENCONTRE

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