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Publié par Dreuz Info le 2 novembre 2008

Par Khaled Asmar, www.mediarabe.info

A la lecture des médias européens, il est stupéfiant de découvrir comment les hommes politiques du Vieux Continent et, avec eux, une large partie de l’opinion publique, se réjouissent avant l’heure de la victoire annoncée de Barack Obama, le 4 novembre. Cet engouement peut cependant cacher des erreurs stratégiques, aux conséquences graves.

Il est frappant que les commentateurs des médias européens, surtout français, utilisent les sondages favorables à Obama pour analyser ce que sera la politique du candidat et probable futur président, en s’appuyant exclusivement sur ce qu’il a promis pour les Etats-Unis et pour le monde, notamment en matière de politique étrangère. Ces analyses semblent dangereusement légères. Car, bien que le bilan des deux mandats de George Bush aient été catastrophiques, selon les analystes européens, la rupture annoncée par les démocrates et vivement souhaitée par les Européens, le sera encore davantage. Ces commentateurs ne semblent pas mesurer le danger que représenterait un virage brutal de la politique américaine pour les équilibres mondiaux. Et comme personne n’est en mesure de remonter l’histoire pour refaire le monde, il serait préférable de bien négocier ce virage pour éviter les dérapages.

Au niveau stratégique, les européens se trompent lourdement. Obama a en effet annoncé avec insistance qu’une fois élu, il retirerait ses troupes d’Irak, le plus tôt possible et qu’il engagerait le dialogue avec la Syrie et l’Iran, et qu’il aurait une nouvelle approche quant à la guerre contre le terrorisme. Ce qui revient à dire que les Etats-Unis remplaceraient les erreurs commises en Irak par une énième erreur grossière qui consiste à quitter ce pays, et à l’abandonner en proie aux Iraniens et à Al-Qaïda. Washington aura ainsi investi à fonds perdu, et perdu plus de 3.000 soldats pour rien. D’autant plus que tout retrait d’Irak renforcerait à la fois l’Iran, bientôt nucléarisé, la Syrie et Al-Qaïda qui l’ont déjà fait savoir. La Syrie finance la campagne des démocrates (avec des fonds iraniens, Téhéran étant le seul appui financier de Damas) et cherche à tourner la page des tensions avec l’administration Bush pour reprendre son bellicisme dans la région. Al-Qaïda vient de son côté de réitérer ses vives souhaits : une victoire d’Obama signifie un retrait rapide d’Irak. La République Islamique d’Irak aura de beaux jours devant elle.

Dans ce contexte, comment Obama peut-il prétendre négocier avec Téhéran et Damas et poursuivre le combat contre le terrorisme d’Al-Qaïda, selon une nouvelle approche, au moment où il leur signe sa défaite ? Cette perspective inquiète sérieusement les pays arabes, victimes de ce terrorisme. Car, le vide en Irak et le dialogue avec l’Iran et la Syrie signifient que l’axe Téhéran-Damas poursuivra son offensive et étendra son influence sur toutes les monarchies du Golfe. Cette crainte touche aussi l’Afrique du Nord, où toute victoire d’Al-Qaïda en Mésopotamie se répercutera indéniablement sur son antenne maghrébine, la QJMI (ex-GSPC). Le groupe actif en Algérie et dans tout le Maghreb a fait allégeance à Ben Laden et s’est inscrit dans le jihad planétaire. L’Europe ne sera ainsi pas à l’abri de ce terrorisme. Les islamistes, victorieux, n’hésiteront pas à lancer leur contre-offensive pour achever l’Occident, en déclin.

Au niveau économique, les européens se félicitent que la victoire d’Obama, qui n’a pas encore eu lieu, permettrait aux Etats-Unis de sortir de la crise financière et d’éviter une crise économique mondiale. Paradoxalement, certains commentateurs estiment que la politique prônée par Barack Obama conduira à un repli américain. Cet isolationnisme vu par ces brillantissimes analystes, contraste avec la politique étrangère agressive de John McCain. Mais les effets économiques du repli américain annoncé ou souhaité se limiteront à l’économie des Etats-Unis, et le moteur de la mondialisation tournera au ralenti. L’Europe n’aura alors que ses yeux pour pleurer.

Au niveau personnel, il n’est pas question, ici, de porter un jugement sur l’origine ethnique ou religieuse de Barack Obama, face à John McCain. Pourtant, ces critères semblent considérés en Europe comme susceptibles de révolutionner les Etats-Unis d’Amérique et de redonner aux Noirs et aux autres minorités leurs droits bafoués. Alors que, dans ce cas, les Européens devraient commencer par révolutionner leur propre espace avant de s’occuper des autres.

Il est particulièrement douloureux et très inquiétant de constater que les Européens éliraient – s’ils en avaient les moyens – le Président de la première puissance mondiale sur la base de sa couleur ou de son appartenance ethnique ou religieuse, sans tenir compte de leurs propres intérêts et des questions stratégiques existentielles. D’autant plus qu’avec la défaite que Barack Obama compte concéder aux adversaires des Etats-Unis et de l’Occident en général, l’Europe s’exposera à tous les dangers : terroristes et politique. L’élection américaine sera un exemple et fera jurisprudence et rien n’empêchera les prochains présidents de sortir droit de l’immigration.

Ce n’est pas nouveau, mais avec un tel comportement irresponsable, ils donnent l’impression d’être tombés sur la tête. Heureusement que les électeurs américains ne les écoutent pas.

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