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Publié par Dreuz Info le 21 novembre 2008

Par Guy Millière, www.menapress.com

Le monde entier ou presque est en extase : les Etats-Unis ont un nouveau président. Tout va changer, dit-on. La paix et l’amour vont régner sur la terre.

 Comme Barack Obama l’a dit, à une époque où il n’était que candidat, bientôt, grâce à lui, le niveau des océans va commencer à baisser. Que peut-on imaginer encore ? Il semblerait que rien d’aussi extraordinaire ne se soit produit depuis que Moïse a reçu les Tables de la Loi ou depuis la naissance de Jésus. On pourrait croire que le pays dont la capitale est Washington ployait, depuis des décennies, sous la charge d’un ignoble racisme et qu’il vient de s’approcher de la rédemption.

 Encore, je vous fais l’économie de commenter les reportages foisonnants parlant de la pauvreté en Amérique, d’une économie ruinée, que le nouveau Messie devrait relever après le passage de l’abominable homme du Texas.

 Puis-je me permettre de le suggérer, moi qui me suis montré d’emblée sceptique vis-à-vis de ce qui ressemble à la dernière mode ou au dernier engouement post-religieux, tout cela est profondément ridicule et relativement inquiétant.

 Ridicule, d’abord, parce que voir des adultes se comporter comme des adolescentes en pamoison devant un chanteur à la mode ne peut se trouver qualifié d’un autre adjectif : voici quatre mois, Obama était en campagne et il était enrhumé. Il s’est mouché au milieu d’un discours. La foule l’a acclamé comme s’il venait d’accomplir un exploit surhumain. La scène a longtemps figuré sur Youtube. Je me suis demandé si, en sortant de scène, l’Elu a jeté son mouchoir et si un fan l’a ramassé et l’a, depuis, conservé comme relique.

 C’est inquiétant, ensuite, parce que la démocratie et le suffrage universel ne devraient pas entraîner des foules vers ce qui ressemble à un élan de déraison, voire de délire. L’irrationalité, l’histoire l’a montré, n’est pas bonne conseillère et peut mener au pire.

 De surcroît, il se dit à peu près n’importe quoi au sujet d’Obama, et, dans une époque où tant de dangers menacent, le n’importe quoi peut conduire n’importe où.

 Ce qui doit être dit est que, si Barack Obama est le premier noir à accéder à la Maison Blanche, il n’est pas le premier noir aux Etats-Unis à avoir accédé à des fonctions très importantes : Colin Powell était général en chef des armées américaines voici plus de quinze ans, et il est ensuite devenu ministre des Affaires Etrangères, poste occupé aujourd’hui encore par une femme de couleur, Condoleezza Rice.

 Si Colin Powell s’était présenté à la présidence, en 1996, il aurait eu de très grandes chances d’être élu : comme il était Républicain, cela n’aurait, bien sûr, pas suscité le même effet d’enthousiasme messianique.

 L’un des hommes les plus remarquables aux Etats-Unis aujourd’hui s’appelle Clarence Thomas : il est l’un des neuf juges membres de la Cour Suprême. Il est noir lui aussi, et il siège, depuis 1991, en cette éminente institution, qu’on peut considérer comme la clé de voûte du pays.

 Ce qui caractérise Barack Obama est qu’il est noir et de gauche. Et je pense que la deuxième qualité compte au moins autant que la première aux yeux de ses adorateurs.

 Ce qui doit être ajouté est que, non seulement Obama est de gauche, mais que, de sa jeunesse à son élection au Sénat en 2004, il était même à la gauche de la gauche, et portait avec lui toute une cohorte de gens très douteux, dont curieusement plus personne ne parle, si tant est que nous ayons été nombreux à en parler.

 Entre 2004 et son entrée dans la campagne présidentielle, voici deux ans, Obama s’est recentré en devenant simplement une incarnation de la gauche du parti démocrate et en commençant ses incantations sur le changement et l’espoir, l’espoir du changement, et le changement dans l’espoir.

 Au cours des trois derniers mois, il s’est recentré davantage encore. On peut espérer qu’il va gouverner au centre et qu’il a utilisé tous ceux qu’il a fréquentés, pour lui servir de marchepieds. On pourra, dans ce cas, beaucoup lui pardonner et voir en lui un opportuniste qui, au bout de son opportunisme, se donne soudain les dimensions d’un homme d’Etat.

 On peut aussi rester sceptique, et penser qu’on ne peut pas avoir eu aussi longtemps de très mauvaises fréquentations et de très malsaines lectures sans qu’il n’en reste des traces qui ressortiront tôt ou tard.

 Je fais, bien sûr, partie de ces sceptiques rémanents. D’autant plus que, – aspect totalement occulté en France – la campagne d’Obama est très loin d’avoir été irréprochable, si l’on songe aux activités d’inscriptions frauduleuses sur les listes électorales de groupes tels qu’ACORN (Association of Community Organizations for Reform Now).

 D’autant plus, aussi, que les médias américains se sont transformés, au cours des six derniers mois, en un ensemble d’organes de propagande au service d’Obama, à un degré tel qu’on a pu se demander parfois si les Etats-Unis n’étaient pas en train de glisser vers une pensée unique dotée d’un parti unique.

 Ce qui doit être ajouté est, d’une part, que les Etats-Unis ne sont pas du tout au bord de l’effondrement économique, et, d’autre part, qu’Obama ne va pas gouverner seul, mais avec un Congrès dirigé par des gens qui se situent eux-mêmes à la gauche du parti démocrate, Nancy Pelosi et Harry Reid.

 Le discours sur le mauvais état économique des Etats-Unis me semble pouvoir servir de prétexte pour administrer à l’économie américaine des remèdes dont elle n’a pas besoin et qui ressembleraient à ceux qui font que le malade meurt guéri. J’ai autant confiance en les docteurs Pelosi, Reid et Obama pour soigner l’économie américaine que j’aurais confiance en un docteur Dracula pour soigner mes enfants.

 Le programme d’Obama comporte toutes les solutions qui ont échoué en Europe et ont plongé le continent européen dans l’asthénie et le vieillissement prématuré qui les marque présentement. S’il l’applique, les résultats sont très prévisibles. Si – ce qu’on peut souhaiter -, il ne l’applique pas, le pire sera évité. Je pense que, pour le moment, rien n’est sûr. Et j’ajouterai que le pire cadeau qu’Obama pourrait faire à ses électeurs et au reste du monde serait de tenir ses promesses.

 On peut noter, pour finir, que la faiblesse affichée d’Obama en politique étrangère produit déjà ses premiers effets. La Russie pousse ses avantages et vient d’installer des batteries de missiles dans l’enclave de Kaliningrad.

 Le lendemain de la victoire de l’Elu, le Hamas faisait pleuvoir une pluie de roquettes sur le Sud d’Israël. La Syrie masse des troupes sur ses frontières. Divers dirigeants islamistes, dont ceux de l’Iran, parlent d’une ère nouvelle et positive. N’ayant pas la même définition qu’eux de ce qui est positif, je n’y vois strictement aucun signe encourageant, bien au contraire.

 Tandis que Chavez applaudit l’élection d’Obama de la main gauche, il signe de la main droite des accords nucléaires avec la Russie. Je ne veux pas être pessimiste. Je pense néanmoins qu’il faut être vigilant, très vigilant.

 L’extase a ses avantages pour ceux qui s’y adonnent. C’est au moment où on redescend sur terre qu’on voit que le recours à certaines substances peut avoir de sérieux effets secondaires.

 Pour ce qui me concerne, j’attends. Je jugerai sur pièces. Je préfère être très pessimiste et heureusement surpris, que béatement optimiste et tragiquement déçu. Je serais plutôt enclin à penser que ceux qui ont critiqué Bush et l’ont insulté vont se souvenir, bien plus vite qu’ils n’y songent aujourd’hui, que le temps où les Etats-Unis avaient un président venu du Texas n’avait, tout bien considéré, pas que des mauvais côtés.

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