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Publié par Dreuz Info le 5 décembre 2008

  
  

  

Miguel Garroté     Je reproduis ci-dessous intégralement un article de Michel Gurfinkiel sur la série d’actes terroristes récemment perpétrée à Bombay.  Cet article met la tragédie de Bombay en perspective,  notamment par rapport à l’islam,  par rapport au Pakistan et par rapport à Barak Hussein Obama.  Et j’en profite pour signaler que des articles pertinents sur cette même tragédie ont été publiés sur le site de l’Union des Patrons Juifs de France et sur le site de Metula News Agency.

Michel Gurfinkiel,  aujourd’hui vendredi 5 décembre 2008,  sous le titre « Terrorisme / Pourquoi Bombay ? »,  écrit :  « A travers le massacre de Bombay , Al Qaida cherche avant tout à s’imposer comme le « nouveau califat » : le nouvel état-major du monde musulman dans la guerre sainte contre le reste du monde.  Commandos suicide, opérations multiples et simultanées, cibles hautement symboliques, bain de sang : l’assaut terroriste que vient de subir Bombay , alias Bombay, la capitale économique de l’Inde, porte bien la marque d’Al Qaida. C’est aussi, de toutes les attaques menées par l’organisation islamiste, celle qui se rapproche le plus, en termes politiques, du 11 septembre 2001.



  

Voici sept ans, en frappant New York et Washington, Al Qaida défiait le président républicain George W. Bush, tout juste installé à la Maison Blanche. Aujourd’hui, elle jette le gant, au-delà de l’Inde, à un autre président américain, le démocrate Barack Obama, à peine élu par la nation.  La personnalité ou l’affiliation politique du président des Etats-Unis compte peu, en l’occurrence. Les islamistes visent les Etats-Unis en tant que principale puissance non-musulmane. Dans leur logique, en effet, l’islam constitue un « camp », le reste du monde un autre. Et le premier doit livrer au second une guerre sans merci, jusqu’à ce que celui-ci accepte de se « soumettre dans l’humiliation » (Coran, IX, 29), ou soit massacré (Coran, IX, 5). Le calife – le chef légitime des musulmans – est celui qui prend au sérieux cette injonction, la met en application et attaque le plus puissant des non-musulmans. Ou pour être encore plus clair : le chef musulman qui s’attaque de la manière la plus audacieuse, la plus efficace, la plus impitoyable, la plus sadique, aux plus puissants des non-musulmans peut revendiquer une autorité politique absolue sur l’ensemble des musulmans.



  

C’était le sens profond de la « Révolution islamique » iranienne de 1979, par laquelle l’imam Khomeiny entendait non seulement prendre le pouvoir dans son pays mais aussi donner aux chiites, après près de quinze siècles de concurrence avec les chiites, le primat jihadique dans l’ensemble du monde musulman. C’est le sens du néo-jihadisme d’Al Qaida, à travers lequel les sunnites extrémistes (wahhabites, salafistes) ont cherché à se ressaisir de ce primat.

La mouvance Al Qaida avait commencé ses opérations contre les Etats-Unis dans les années 1990, sous l’administration démocrate Bill Clinton : notamment en perpétrant un premier attentat sur le site du World Trade Center dès 1993. Bush, en 2001, présentait le tort supplémentaire, à ses yeux, d’être un Occidental convaincu de la valeur de sa civilisation, un chrétien sincère, et un ami du peuple juif et d’Israël : d’où le 11 septembre 2001. Obama, aujourd’hui, présente deux torts supplémentaires au moins : celui d’être un apostat, puis qu’il a abandonné l’islam, religion de son père kenyan puis de son beau-père indonésien, pour le christianisme de sa famille maternelle. Et celui d’avoir dit, pendant la campagne électorale, que l’Afghanistan et le Pakistan constituaient des front plus importants que l’Irak dans la guerre contre le terrorisme.

Bombay a été conçu comme un piège où, selon la logique islamiste, le président élu américain ne peut que tomber : soit qu’il se refuse à réagir sur le terrain, en rappelant que les opérations terroristes se sont déroulées en Inde et sont du ressort de ce pays souverain, ce qui sera immédiatement présenté comme un aveu de faiblesse ; soit qu’il réagisse, notamment en renforçant la présence militaire américaine dans la région, ce qui le « démasquera » , notamment chez les musulmans « libéraux » et dans le Tiers-Monde, comme le continuateur du « croisé » Bush…



  

Si l’Amérique reste, dans la stratégie globale d’Al Qaida et dans ses diverses opérations, l’ennemi principal, l’Inde est un ennemi presque aussi important, un « petit Satan ». Ce pays avait été conquis et dominé par des musulmans entre le Xe et le XVIe siècle. Il est donc, pour les islamistes, « terre d’islam » à jamais. Mais la démocratie y a rendu le pouvoir, au XXe siècle, à une majorité hindoue : une « révolte » intolérable. Les musulmans ont réagi en exigeant la création d’un Etat séparé, le Pakistan ou « Pays des Purs ». Dont la véritable vocation, à peine cachée, est de reconquérir un jour l’ensemble du sous-continent. Depuis la dictature de Mohamed Zia ul-Haq (1977-1988), les services secrets pakistanais (ISI) sont passés sous le contrôle des islamistes et se comportent en puissance souveraine, qui ne tient pratiquement pas compte de la politique officielle, relativement pro-occidentale, de leur pays. Ils ont téléguidé le mouvement taliban en Afghanistan et la guérilla islamiste au Cachemire indien. Ils sont probablement impliqués, comme l’affirme le gouvernement indien, dans les opérations de Bombay .

Les islamistes ont également attaqué le centre communautaire juif de Bombay , dirigé par des membres de la communauté hassidique Habad (Loubavitch). C’est conforme à leur idéologie, où les juifs, israéliens ou non, sionistes, antisionistes ou asionistes, sont considérés comme des ennemis génériques : un autre « petit Satan », sinon même le véritable « grand Satan » , dominateur de l’Amérique, âme et cerveau de toutes les Résistances à l’islam. Les bonnes relations qui existent aujourd’hui entre l’Amérique et Israël d’une part,  l’Inde et Israël d’autre part, leur apparaissent à cet égard comme des preuves suffisantes et accablantes ».

© Michel Gurfinkiel & Hamodia, 2008.


  

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