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Publié par Dreuz Info le 6 décembre 2008



Miguel Garroté     Je n’ai pas écrit « Les ».  J’ai écrit « Des ».  Je consulte volontiers certains sites et blogues catholiques anglophones,  italophones et hispanophones.  Je consulte,  également volontiers,  quelques sites et blogues catholiques francophones.  En revanche,  j’évite au maximum de consulter des sites et blogues catholiques français.  Pourquoi ?  Parce qu’ils m’énervent.  Pourquoi m’énervent-ils au point que j’en fasse ici mention ?  Les sites et blogues catholiques français m’énervent (au point que j’en fasse ici mention) parce qu’ils ont la manie de tout mélanger et – par dessus le marché – de se croire supérieurs aux autres.  C’est assez tragique,  car aussi longtemps qu’il en sera ainsi,  la France,  n’aura aucune chance,  de se sortir de sa merde,  si vous voulez bien me passer l’expression.  Vous me direz que je n’ai qu’à pas lire ce qui m’énerve.  Mais c’est que j’espère toujours un changement.  Alors au bout de quelques mois de résistance à la tentation,  je finis par retourner sur ces mêmes sites et blogues,  pour m’apercevoir,  que les essayistes de service,  y sont toujours aussi indécrottables.  Je finirai par penser que le jour où l’Eglise catholique a qualifié la France de « Fille aînée de l’Eglise,  éducatrice des peuples »,  ce jour-là l’Eglise catholique a rendu à la France le pire service qu’on pouvait lui rendre.  Car depuis lors,  on a le sentiment hautement agaçant,  que lorsque la France essaye de revenir aux promesses de son baptême et à sa vocation chrétienne,  il faut toujours que tel ou tel coq morveux,  si possible avec un nom à particule et une case en moins,  vienne tout gâcher,  avec ses litanies débiles sur l’américanisme,  le sionisme et le mondialisme.  Cette prose facile,  digne d’un cerveau atrophié,  n’a pas sa place dans l’Eglise catholique.  Alors,  pour me consoler,  je me suis documenté sur le dernier livre de Marcello Pera,  un Italien.

Le jeudi 27 novembre 2008 – dans un article intitulé Quelle amitié judéochrétienne ? – j’ai déjà traité du dernier livre de Marcello Pera.  Dans cet article du 27 novembre,  j’ai notamment écrit « que Benoît XVI réitère sa réticence à engager un dialogue proprement théologique avec les non chrétiens.  Et que Benoît XVI en revanche considère le dialogue (entre les religions) sur les implications culturelles (de ce même dialogue) comme particulièrement urgent aujourd’hui ».  Or,  ce même livre traite aussi des liens entre le libéralisme et le christianisme.  Et contrairement aux idioties aussi affolantes qu’anachroniques lues sur des sites et blogues catholiques français,  le livre de Marcello Pera,  lui,  donne au libéralisme un sens actuel et intelligent.  Pour tout arranger,  voici que Benoît XVI pense comme Marcelleo Pera et qu’il le fait savoir.  Ceux qui m’énervent l’ont dans l’os,  et ce disant,  je reste poli.

Le sénateur italien Marcello Pera publie « Pourquoi devons-nous être chrétiens. Le libéralisme, l’Europe et l’éthique » (Edition Mondadori), un livre dans lequel, comme laïc et comme libéral, il reconnaît et démontre la manière dont la foi est indissolublement et strictement connectée aux principes constitutifs de la civilisation européenne, et fait partie d’une tradition sans laquelle, pratiquement, nous ne serions nous même. « Si l’on veut être libéraux, il faut être chrétiens », écrit le prof. Pera dans son livre, comme le rappelle Roberto Fontolan, journaliste et coordinateur de la rencontre organisée par la maison éditrice et par le Centre culturel de Rome. Ce livre, divisé en 3 chapitres, est doté d’une perle précieuse et rare : une lettre que le Saint-Père Benoît XVI a écrite au sénateur pour le remercier d’avoir clairement mis en lumière la manière dont le libéralisme, à l’origine, est en rapport avec Dieu.

Déjà en 2004, l’ancien cardinal Ratzinger avait écrit avec le professeur Pera un livre intitulé « Sans racine. Europe, relativisme, christianisme, Islam », dont les thèmes anticipent ceux du nouveau livre du sénateur ; un rapport d’estime qui a mené le Saint-Père à la lecture du livre, une lecture que le pape Benoît XVI lui-même a définie de passionnante, et dont il a loué le devoir d’analyse de « l’essence du libéralisme à partir de ses fondements, montrant que c’est à l’essence du libéralisme qu’appartient sa radicalisation dans l’image chrétienne de Dieu : sa relation avec Dieu dont l’homme est image et dont nous avons reçu le don de la liberté ». La grande vertu de l’auteur est, selon le Saint-Père, de montrer « que le libéralisme, sans cesser d’être libéralisme mais, au contraire, pour être fidèle à lui-même, peut se relier avec une doctrine du bien, en particulier celle chrétienne qui lui est congénère, offrant vraiment ainsi une contribution au dépassement de la crise ».

Historiquement, en Europe, beaucoup d’État nationaux se sont formés suite à une véritable lutte entre le libéralisme et l’Église catholique, jusqu’à faire devenir l’adjectif « libéral » comme un synonyme de « non chrétien ».  De cette manière, affirme le Saint-Père Benoît XVI dans la lettre, « nous perdons les mêmes qualités, les mêmes vertus, les mêmes fondements de cette liberté et de ces droits sur lesquels se fondent nos États libéraux ». Comme l’a souligné le cardinal Camillo Ruini, présent à la rencontre de présentation du livre, on peut être chrétiens par foi ou par culture : la foi est un choix personnel, fille du rapport de chacun avec Dieu, mais il ne suffit pas d’être chrétiens par culture. « Il est nécessaire d’être ouvert au saut de la foi », a affirmé le cardinal. « En rapport au problème du fondamentalisme religieux, et en particulier du fondamentalisme islamique – a poursuivi le cardinal –, le livre entre aussi dans la thématique du dialogue interreligieux, auquel l’Église a invité les catholiques depuis la déclaration
Nostra Aetate du Concile Vatican II. Marcello Pera affirme nettement qu’un tel dialogue, ‘dans un sens technique et strict’ ne peut exister, parce qu’il présuppose que les interlocuteurs soient disponibles à la révision ainsi qu’au refus de la vérité par laquelle ils commencent l’échange dialectique, alors que les religions, et spécialement les religions monothéistes et révélées, ont chacune leur propre Vérité et leur propres critères pour l’accepter.

C’est pourquoi, se rappelant à l’invitation du ‘dialogue des cultures’ par lequel Benoît XVI concluait sa célèbre leçon de
Ratibonne, il propose que s’instaure entre les religions cette seconde forme de dialogue, qui concerne non pas le noyau dogmatique mais les conséquences culturelles – en particulier de type éthique – des différentes religions, c’est-à-dire les droits attribués ou niés à l’homme, les coutumes sociales consenties ou interdites, les formes de relations interpersonnelles admises ou censurées, les institutions politiques recommandées ou interdites. Ce dialogue interculturel entre les religions peut être un dialogue au sens strict et peut conduire les interlocuteurs à revoir leurs positions initiales, les corriger, les intégrer et aussi les refuser sans que cela implique nécessairement une mise en discussion du noyau dogmatique ».
(sources :  E.S.M. ;  vatican.va ;  monde-info)


  
  
  

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