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Publié par Dreuz Info le 24 décembre 2008

  
  
  

  

Miguel Garroté     Il y a huit jours,  dans un commentaire sur le sens de la Nativité et de la Fête de Noël,  Benoît XVI s’est livré à une magistrale analyse anthropologique de la personne humaine dans sa relation avec Dieu.  Au-delà de sa dimension spécifiquement chrétienne,  cette anthropologie de la personne humaine développée par Benoît XVI,  constitue un apport de haut niveau,  à la réflexion philosophique en général.  J’ose même ajouter qu’une personne qui ne se reconnaît pas dans la foi chrétienne,  mais qui est à la recherche du Très Haut,  cette personne,  peut,  avec un brin de bonne volonté,  trouver dans ce commentaire de Benoît XVI,  quelques éléments de réflexion sur son chemin propre.  C’est là un des grands mérites de Benoît XVI :  en alliant foi et raison,  en alliant cœur et rigueur,  Benoît XVI,  au-delà de l’Eglise catholique,  a contribué,  contribue et contribuera encore à enrichir la philosophie dans son étude de la personne humaine.

Le mercredi 17 décembre 2008,  Benoît XVI,  en commentant l’universalité de la fête de Noël,  à l’occasion de l’audience du jour,  devant quelque 5.000 visiteurs de différents continents,  a notamment déclaré qu’à Noël, les chrétiens célèbrent un événement historique qui est un remède à l’absurde.  Benoît XVI a entre autre souligné le caractère historique de l’événement que Noël célèbre en déclarant :  « A Noël nous ne nous limitons donc pas à commémorer la naissance d’un grand personnage ;  nous ne célébrons pas simplement et de façon abstraite le mystère de la naissance de l’homme ou le mystère de la vie en général ;  pas plus que nous ne fêtons seulement le début de la nouvelle saison ».

« A Noël nous rappelons quelque chose de très concret et d’important pour les hommes,  quelque chose d’essentiel pour la foi chrétienne,  une vérité que saint Jean résume dans ces quelques paroles :  ‘Le Verbe s’est fait chair’.  Il s’agit d’un événement historique que l’évangéliste Luc se préoccupe de situer dans un contexte bien déterminé :  au cours des jours où parut l’édit du premier recensement de César Auguste,  lorsque Quirinius était déjà gouverneur.  C’est donc dans la nuit d’une date historique qu’eut lieu l’événement de salut.  Dans l’obscurité de la nuit de Bethléem s’alluma réellement une grande lumière :  le créateur de l’univers s’est incarné,  s’unissant de façon indissoluble à la nature humaine,  au point d’être réellement ‘Dieu de Dieu,  lumière de lumière’,  et dans le même temps homme,  vrai homme ».




Benoît XVI a proposé une lecture du terme ‘le Verbe’ en rappelant que Dieu redonne ‘sens’ à la vie de l’homme par son incarnation :  « Ce que Jean appelle en grec ho logos   qui se traduit en latin par Verbum,  ‘le Verbe’   signifie également ‘le Sens’.  Nous pourrions donc comprendre ainsi l’expression de Jean :  le ‘Sens éternel’ du monde est devenu tangible à nos sens et à notre intelligence ;  nous pouvons à présent le toucher et le contempler (cf. 1 Jn 1, 1) ».  Benoît XVI a également souligné la proximité de Dieu :  « Le ‘Sens’ qui s’est fait chair n’est pas simplement une idée générale présente dans le monde ;  il s’agit d’une ‘Parole’ qui nous est adressée.  Le Logos nous connaît,  nous appelle,  nous guide.  Il ne s’agit pas d’une loi universelle,  au sein de laquelle nous accomplissons un rôle,  mais il s’agit d’une Personne qui s’intéresse à chaque personne :  c’est le Fils du Dieu vivant,  qui s’est fait homme à Bethléem ».

« A beaucoup hommes,  a précisé Benoît XVI,  et d’une certaine façon à nous tous,  cela semble trop beau pour être vrai.  En effet,  on nous répète ici :  oui,  il existe un sens,  et le sens n’est pas une protestation impuissante contre l’absurde.  Le Sens a un pouvoir :  c’est Dieu.  Un Dieu bon qui ne doit pas être confondu avec un quelconque être très haut et lointain,  auquel il ne nous serait jamais donné d’arriver,  mais un Dieu qui s’est fait notre prochain et qui est très proche de nous,  qui a du temps pour chacun de nous et qui est venu pour demeurer avec nous.  La petitesse de l’enfant est capable de faire fondre l’orgueil.  Et alors,  nous nous demandons spontanément :  ‘Une telle chose est-elle possible ?  Est-ce digne de Dieu de se faire enfant ?’ ».

« Pour tenter d’ouvrir le cœur à cette vérité qui illumine l’existence humaine tout entière,  il faut plier l’esprit et reconnaître la limite de notre intelligence.  Dans la grotte de Bethléem,  Dieu se montre à nous comme un humble ‘enfant’ pour vaincre notre orgueil.  Libéré de l’orgueil,  alors l’homme peut aimer.  Peut-être nous serions-nous inclinés plus facilement devant la puissance,  devant la sagesse ;  mais Lui ne veut pas que nous nous inclinions ;  Il fait au contraire appel à notre cœur et à notre libre choix d’accepter son amour.  Il s’est fait petit pour nous libérer de cette prétention humaine de grandeur qui jaillit de l’orgueil ;  Il s’est incarné librement pour nous rendre véritablement libres,  libres de l’aimer »,  a encore ajouté Benoît XVI.

Copyright Miguel Garroté 2008

  

  
  
  

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