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Publié par Dreuz Info le 22 janvier 2009

  
  
  

  

Miguel Garroté,  jeudi 22 janvier 2009     J’ai déjà eu l’occasion d’écrire que trois prêtres,  acteurs importants de l’amitié judéochrétienne (et non pas d’un simple « dialogue »),  le Père Allafort,  le Père Arbez et le Père Remaud,  étaient nos références en la matière.  Or,  voici que le Père Remaud a récemment fait l’objet d’un article (de ZENIT.org) sur la prière pour les Juifs – et non pas pour la « conversion » des Juifs,  article que je reproduis intégralement ci-dessous.  La nouvelle formule telle que décrétée par Benoît XVI dit « Prions aussi pour les Juifs ».  Cette formule est utilisée une seule fois dans l’année,  le Vendredi Saint et de ce fait sans la messe,  puisqu’il n’y pas de messe,  ni en latin,  ni en français,  ni même en martien,  le Vendredi Saint.

J’en profite pour signaler – une fois encore – notre « texte fondamental » sur l’Eglise catholique et le Judaïsme :

Nous sommes catholiques. Cela dérange certains (version actualisée).

Ce « texte fondamental » – long et riche en références – ne contredit en rien le magistère de l’Eglise catholique et s’appuie sur des documents irréfutables.

A l’heure où quelques hauts dignitaires de la curie romaine,  sans doute égarés par nos médias,  se permettent des comparaisons déplacées – et je reste poli – il m’a paru important de verser,  ci-dessous,  l’article (de ZENIT.org) sur le Père Remaud et la prière pour les Juifs à notre dossier sur l’Eglise catholique et le Judaïsme.


  

  

Prière pour les juifs : Ni latin, ni messe, ni « conversion » !

Le P. Michel Remaud épingle trois idées fausses

ROME, Mercredi 21 janvier (ZENIT.org) – La prière pour les juifs le vendredi saint du rituel de Jean XXIII ne dit pas « prions pour la conversion des juifs », mais « prions pour les juifs », a fait observer à Zenit le P. Michel Remaud, directeur de l’Institut chrétien d’Etudes juives et de littérature hébraïque, à Jérusalem. Et il rappelle que cette formule, du rituel de Jean XXII amendé par Benoît XVI est utilisée de façon « extraordinaire » et « n’est pas celle qui est utilisée normalement dans les églises » le Vendredi saint. En somme, ce n’est ni une question de « latin », ni une question de « messe », ni une question de « conversion » qui a suscité un débat, voire une polémique. En effet, à l’occasion de la semaine de prière pour l’Unité des chrétiens, chaque année du 18 au 25 janvier, la conférence des évêques d’Italie avait institué une « Journée » de dialogue avec le judaïsme le 17 janvier. Les rabbins italiens n’y ont pas participé pour la seconde fois cette année, préférant une « pause », en raison de la prière pour les juifs le Vendredi saint, selon le rituel datant de Jean XXIII. Or, le texte de l’Office de la Passion en latin, autorisé à titre exceptionnel par Benoît XVI pour la première fois pour le Vendredi saint 2008, ne dit pas « Oremus pro conversione Judæorum », mais en réalité : « Oremus et pro Judæis », après la suppression du « perfidis » il y a cinquante ans par le pape Roncalli. « Dans un domaine aussi délicat », le P. Remaud recommande « d’être rigoureux ». Le P. Michel Remaud a expliqué avec beaucoup de précision en quoi consiste la formule latine de la prière pour les juifs le Vendredi saint, selon le rituel exceptionnel, en latin, amendé par Jean XXIII et par Benoît XVI (et non pas selon la formule tridentine, comme on lit parfois) : une réflexion publiée par « Un Echo d’Israël » sous le titre « Dialogue et profession de foi ». Il évoque à cette occasion les enjeux. Pour le P. Remaud, l’essentiel de la question est: « le chrétien qui exprime sa foi en faisant siennes les formules du Nouveau Testament doit-il être soupçonné d’une volonté de conversion lorsqu’il dialogue avec les juifs ? », mais il précise auparavant les données liturgiques du débat : que dit le rituel ? Il faut se souvenir d’une part que la « messe en latin » existe aussi dans le rituel post-conciliaire de Paul VI, c’est même l’édition originale : une version notamment utilisée dans les assemblées internationales, à Lourdes et à Rome par exemple. La question n’est donc pas celle de la « messe en latin » ou en langue vernaculaire. Fausse piste. « Pour désigner le rituel antérieur à la réforme de 1969, fait remarquer le P. Remaud, les chroniqueurs de presse ont créé l’expression, commode, mais inadéquate, de « messe en latin ». En réalité, ce qui distingue l’ancien rituel de l’actuel n’est pas l’usage du latin, puisque le missel promulgué en application de la réforme conciliaire est lui-même rédigé en langue latine, et qu’il est aujourd’hui utilisé concurremment avec ses traductions dans les langues vivantes ». Mais il n’est pas non plus question de « messe » !  Car le Vendredi saint, il n’y a pas de « messe », mais l’Office de la Passion: nouvelle fausse piste.

La prière universelle du Vendredi saint

Si ce n’est pas une « messe », dans quel cadre la liturgie introduit-elle donc une prière pour les « frères aînés », selon la formule de Jean-Paul II à la synagogue de Rome le 13 avril 1986 ? C’est une prière « universelle », pour toute l’humanité. « L’office propre à ce jour contient une longue série d’oraisons dans lesquelles sont recommandées à Dieu toutes les catégories de croyants et d’incroyants qui constituent l’humanité », précise le P. Remaud. Il ajoute, sans reprendre  son article très documenté sur la prière pour les juifs dans la liturgie du vendredi saint: « Jusqu’en 1959, on priait, entre autres intentions (en latin), « pro perfidis judæis ». » Mais, « même après la suppression par Jean XXIII de l’adjectif « perfidis », l’oraison continuait à employer des formules que l’on pouvait considérer comme blessantes pour les juifs ». Or, la formule est « tombée en désuétude quelques années plus tard avec la promulgation du missel dit de Paul VI ». Ainsi, l’autorisation accordée par Benoît XVI d’utiliser cet ancien missel avec la formule amendée a concerné pour la première fois la liturgie de l’Office de la Passion du Vendredi saint 2008. Notons cependant que Jean-Paul II, en 1984, avait autorisé l’usage de l’ancien missel pour ceux qui, ayant suivi Mgr Lefebvre, s’étaient ensuite ralliés à Rome. L’ancienne formule a donc été utilisée pendant 24 ans par certaines communautés catholiques sans que personne ne s’en émeuve, souligne le P. Remaud. Le motu proprio Ecclesia Dei renvoie en effet à la Lettre Quattuor abhinc annos qui dit clairement:  « Le Souverain Pontife, désirant donner satisfaction à ces groupes, offre aux évêques diocésains la faculté d’user d’un Indult pour permettre aux prêtres et aux fidèles, énumérés explicitement dans la requête présentée à leur évêque, de célébrer la Messe en utilisant le Missel Romain édité officiellement en 1962, tout en observant » quatre normes dont celle-ci : « Cette célébration devra se faire en suivant le Missel Romain de 1962 et en latin ».

Modifications de Jean XXIII et de Benoît XVI

Avant de donner son autorisation, Benoît XVI a demandé une autre modification « interdisant, même à ceux qui utilisent, à titre exceptionnel, le missel antérieur au concile de reprendre désormais ces expressions ». « Paradoxalement, note le P. Remaud, c’est donc la décision de corriger une formule jugée inacceptable, et utilisée par un nombre très restreint de catholiques (une fois par an, ndlr), qui a suscité toute cette indignation ». Il propose donc de comparer les deux formules, ou plutôt leurs traductions.

Ancienne formulation (après correction par Jean XXIII)

« Prions aussi pour les juifs. Que notre Dieu et Seigneur retire le voile de leurs cœurs, pour qu’eux aussi reconnaissent Jésus Christ notre Seigneur.

Prions.

Fléchissons les genoux.

Levez-vous.

Dieu éternel et tout-puissant, qui n’écartes pas même les juifs de ta miséricorde, exauce nos prières, que nous te présentons pour ce peuple aveuglé (littéralement : pour l’aveuglement de ce peuple), afin que, ayant reconnu la vérité de ta lumière, qui est le Christ, ils soient arrachés à leurs ténèbres. Par ce même Jésus-Christ notre Seigneur.

Amen ».

Ce sont ces dernières expressions que Benoît XVI a fait modifier.

Formulation de 2008 (après correction par Benoît XVI)

« Prions aussi pour les juifs.

Que notre Dieu et Seigneur illumine leurs cœurs, pour qu’ils reconnaissent Jésus Christ comme sauveur de tous les hommes.

Prions.

Fléchissons les genoux.

Levez-vous.

Dieu éternel et tout-puissant, qui veux que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité, accorde, dans ta bonté, que, la plénitude des nations étant entrée dans ton Église, tout Israël soit sauvé. Par le Christ notre Seigneur.

Amen ».

Enfin, dernière fausse piste : le mot « conversion » n’apparaît nulle part. Le P. Remaud fait observer que « tout le débat suscité par cette décision s’est concentré sur un mot qui ne figure pas dans le texte, celui de « conversion », et que « demander à Dieu d’illuminer les cœurs est une chose, et faire pression sur les gens pour tenter de les convaincre en est une autre : la différence est plus qu’une nuance ». Il pose cette question « plus fondamentale » : « Si le chrétien considère Jésus comme « le sauveur de tous les hommes », et qu’il exprime cette conviction dans la liturgie, peut-il dialoguer sans arrière-pensée avec ceux qui ne partagent pas sa foi ? » (note de Miguel Garroté :  pour ce qui nous concerne,  il ne s’agit pas d’un simple « dialogue »,  mais d’amitié dans le cadre de la société libre de culture judéochrétienne). Il y répond dans les colonnes de « Un écho d’Israël ». Et dans ses livres et notamment « Chrétiens et Juifs entre le passé et l’avenir » (Bruxelles, Lessius, 2000).

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