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Publié par Dreuz Info le 29 janvier 2009

  
  
  

  

Texte adapté par Miguel Garroté,  jeudi 29 janvier 2009 (1)   En ces jours où nous commémorons la Shoah,  le pape Benoît XVI s’est souvenu hier mercredi au cours de l’Audience générale de ce qu’il a vu lors de ses fréquentes visites à Auschwitz,  l’un des camps où s’est produit le massacre effréné de millions de Juifs,  victimes innocentes d’une haine raciale et religieuse aveugle.   Le 27 janvier 1945,  les troupes soviétiques entrèrent à Auschwitz,  y découvrant le camp de concentration ;  ils en abattirent les murs et libérèrent les survivants qui y étaient resté,  environ 7.000.  Cette date a aujourd’hui été adoptée pour célébrer le ‘Jour de la mémoire’ pour rappeler la fin de la Shoah – c’est-à-dire l’extermination du peuple juif,  qui a fait 6 millions de victimes en plus des hommes torturés et persécutés – et par la suite,  la fin des lois raciales.  Pour cette journée,  parmi les multiples initiatives organisées dans le monde,  le livre « J’ai peur de mes rêves » de Wanda Poltawska,  polonaise,  médecin,  membre de l’Académie pontificale pour la vie et du Conseil pontifical pour la famille,  a été présenté à Rome.

Wanda Poltawska, qui pour raison de santé a été remplacée à la présentation par sa fille Ania,  fut déportée dans le camp de concentration de Ravensbruck à l’âge de 20 ans,  à cause de ses activités dans la résistance polonaise.  Son livre est le récit d’une personne mature, dont les souvenirs sont brouillés :  Wanda,  en effet,  commença à écrire ses mémoires,  à peine sortie du camp de concentration où elle resta quatre ans.  Une nécessité pressante,  celle d’écrire,  parce que le souvenir du camp,  le soir et pendant son sommeil,  ne la laissait pas en paix.  Elle ne réussit finalement à dormir sans cauchemar qu’une fois son journal (« J’ai peur de mes rêves ») terminé.
  En quatre ans,  Wanda,  comme les autres femmes qui étaient avec elle dans ce camp,  furent soumises à des traitements et des expérimentations pseudo médicales,  qui visaient à mutiler les personnes.  « D’une manière ou d’une autre,  seule la mort nous attendait »,  écrit Wanda Poltawska,  qui raconte comment la poésie,  la beauté du paysage – le ciel qu’elles pouvaient observer durant l’appel quotidien – et la solidarité entre les déportées,  étaient les seules moyens valables pour réussir à survivre à l’horreur.

  

  

C’est justement dans des conditions inhumaines comme la sienne que l’on arrive à comprendre qui l’on veut devenir et quelle route on veut suivre.  « Puisque nous avions désormais la certitude de ne plus revenir,  nous écrivîmes un testament légal » :  dans ce testament,  on prévoyait la fondation d’un centre,  qui existe aujourd’hui à Ravensbruck,  où les jeunes ont la possibilité de se rencontrer et de ne pas oublier.  Comme le rappelle sa fille Ania (qui a lu à cette occasion certains passages du livre choisis par sa mère) « jusqu’à la rédaction du livre,  ma mère n’a jamais parlé de l’expérience du camp ;  j’ai réussi à connaître de nombreux détails à la lecture du livre et à m’approcher de cette expérience ».  Et elle a ajouté :  « Aujourd’hui, ma mère en parle avec plus de sérénité,  même si beaucoup de choses continuent encore à l’inquiéter,  comme les chants de Noël qui lui rappellent ces moments malheureux ».
  La conscience de ces atrocités ne doit pas s’éteindre,  et pour que cette horreur ne soit pas oubliée ou scandaleusement niée,  il faut en transmettre la mémoire aux jeunes générations.  C’est l’objectif de cet ouvrage déjà traduit en anglais et en allemand.

En ces jours où nous commémorons la Shoah,  le pape Benoît XVI s’est souvenu hier mercredi au cours de l’Audience générale de ce qu’il a vu lors de ses fréquentes visites à Auschwitz,  l’un des camps où s’est produit le massacre effréné de millions de Juifs,  victimes innocentes d’une haine raciale et religieuse aveugle.  « Tandis que je renouvelle avec sympathie à nos frères destinataires de la première alliance,  l’expression de ma pleine et incontestable solidarité,  je souhaite que la mémoire de la Shoah conduise l’humanité à réfléchir sur la puissance imprévisible du mal lorsqu’il s’empare du cœur de l’homme.  Que la Shoah soit pour tous un avertissement contre l’oubli,  la négation et le réductionnisme car la violence perpétrée contre un seul être humain est violence contre tous.  Aucun homme n’est une île,  a écrit un célèbre poète.  Que la Shoah enseigne à la fois aux vieilles et aux nouvelles générations que seul le dur chemin de l’écoute et du dialogue,  de l’amour et du pardon conduit les peuples,  les cultures et les religions du monde à la fraternité et à la paix dans la vérité, tant souhaitées.  Que jamais plus la dignité de l’homme ne soit humiliée par la violence ».

(1) Sources : http://www.vatican.va , http://eucharistiemisericor.free.fr et http://www.la-croix.com .


  

Wanda Poltawska
  
  
    

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