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Publié par Dreuz Info le 6 mars 2009

  
  
  

  
  

Michel Garroté – Vendredi 6 mars 2009

http://monde-info.blogspot.com

Jeudi 5 mars 2009 – pour la troisième fois – Jérusalem a subi un attentat au tractopelle qui a  blessé deux Israéliens.  Au sujet de cet attentat au tractopelle,  une agence de presse francophone a déformé le fait au point d’écrire :  « Le conducteur d’un bulldozer ayant heurté jeudi une voiture de police et un autobus à Jérusalem a été tué par balles ».  Ce qui occulte purement et simplement le fait qu’il s’agit d’un attentat perpétré par un terroriste.  Et ce qui par dessus le marché donne l’impression que les Israéliens sont des fous paranoïaques qui tirent à vue sur tout conducteur qui « heurte » simplement un autobus.

Or,  il faut savoir que la plupart des journalistes francophones,  y compris audiovisuels,  pour pondre leurs articles et leurs télénews,  ne font que broder autour des dépêches de l’agence de presse francophone en question ;  et souvent ne font que reprendre le début et la fin de la dépêche de l’agence en question.  Ce qui explique souvent le parti pris – et également le refus de voir les choses en face – dans nos médias,  aussi bien  écrits qu’audiovisuels.

A titre d’exemple, reprenant – en abrégé – le début et la fin de la dépêche d’agence susmentionnée,  un quotidien écrivait ce matin vendredi 6 mars,  en guise de (dés)information sur l’attentat de Jerusalem :  un conducteur palestinien de bulldozer de Jérusalem-est ayant heurté jeudi un autobus a été tué par balles.  Les Palestiniens qui vivent dans la partie orientale de Jérusalem ne sont pas considérés comme des citoyens israéliens en dépit du fait qu’ils sont détenteurs d’une carte d’identité israélienne (pas un mot sur ce qui est un attentat et non pas un heurt ;  mais un commentaire scribouillard complètement hors sujet sur une histoire de carte d’identiti chti dit…).


  

  
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Dans un article intitulé « Mémoire de la désinformation »,  Guy Senbel,  sur Guysen International News,  écrit,  vendredi 6 mars 2009,  à propos de la désinformation (début de l’article de Guy Senbel) :  « Cette semaine,  nous souhaiterions attirer l’attention de nos lecteurs sur la pratique de la désinformation et ses conséquences.  Thème à la mode,  la désinformation préoccupe ou révolte.  Phénomène ancien,  la désinformation inquiète parce qu’elle contribue à forger des généralisations incorrectes à partir de faits manipulés.  Manipulation de l’opinion publique à des fins politiques,  la désinformation à l’ère numérique consiste à propager des informations fausses pour influencer une opinion,  affaiblir un camp,  inventer un ennemi.

Les dérives sont si fréquentes que Richard Prasquier,  Président du CRIF,  a demandé au Premier ministre français François Fillon au cours du dîner annuel organisé lundi 2 mars,  de créer un observatoire du racisme sur Internet,  de renforcer les moyens de l’Office central de lutte contre la criminalité liée aux technologies de l’information et de poursuivre systématiquement les hébergeurs de contenus antisémites.

En outre,  la désinformation pose la question évidente de l’indépendance des médias,  et par voie de conséquence de la justesse des faits relatés et de la vérité de ce que les journalistes présentent ou plus exactement représentent.  L’utilisation de faux documents est l’une des méthodes de désinformation la plus répandue et la plus ancienne.  Tout le monde se souvient que le capitaine Dreyfus a été accusé de trahison à la patrie sur la base d’un faux.  Au début du 20e siècle,  les ‘Protocoles des Sages de Sion’ circulent pour essayer de montrer que les Juifs ont mis au point un programme pour anéantir la Chrétienté et dominer le monde.  Ces mêmes ‘Protocoles’ servirent la propagande antisémite du Troisième Reich.  Aujourd’hui,  ce sont les intégristes musulmans qui l’utilisent.

Correspondant du journal ‘Le Monde’ à Varsovie,  Bernard Margueritte,  proposait une drôle de lecture de la campagne antisémite alors orchestrée par le régime de Gomulka.  Rappelons qu’on ne fît pas du massacre des survivants après la Shoah un événement majeur ;  il fallut attendre l’affaire du Carmel d’Auschwitz en 1986 pour que l’on prenne conscience des ravages de l’antisémitisme en Pologne.  C’est cette prise de conscience qui conduisit certainement le Président Walesa à présenter des excuses historiques à la Knesset en 1991.

Concernant les faits et leurs représentations au Moyen Orient et plus particulièrement en Israël,  la désinformation fait souvent rage.  Elle s’est construite à partir de clichés ou de contrevérités.  L’image véhiculée sur les Juifs conduits dans les camps comme des moutons à l’abattoir pendant la Shoah ou l’idée reçue selon laquelle Israël serait une ‘compensation’ au peuple juif pour les six millions de morts,  ont contribué à fausser l’histoire.  Relativisée,  la politique sioniste des Juifs développée dès la fin du 19e siècle.  Autorisée,  la critique des Israéliens qui,  au nom de leur héritage et de leur mémoire endeuillée,  ont à peine le droit de se défendre.

La guerre contre le Hamas en est un exemple flagrant :  les huit années au cours desquelles le Néguev est attaqué par des milliers de missiles tirés depuis la bande de Gaza se transforment en quelques ‘semaines’.  La riposte israélienne est par conséquent présentée comme ‘disproportionnée’ et à l’origine d’une catastrophe humanitaire…  Ces représentations inexactes de l’actualité nuisent plus tard à la vérité historique.  Certains ouvrages présentent la ‘guerre du Ramadan’ plutôt que la guerre de Kippour.  L’affaire Al Dura fait partie des éléments déclencheurs de la deuxième Intifada.  La violence ordinaire existe ailleurs au Moyen Orient,  en Iran,  en Arabie Saoudite,  on pend des gens toutes les semaines…

Jeudi 5 mars,  et pour la troisième fois en un an,  Jérusalem a connu un nouvel attentat au tractopelle,  blessant deux policiers.  L’auteur de l’attentat n’était pas un activiste mais un terroriste.  Il s’agissait bien d’un attentat,  non d’un accident…  Ce soir,  nous pensons à Guilad Shalit,  otage du Hamas,  et non prisonnier.  Citoyen français et soldat de Tsahal,  Guilad Shalit n’a pas connu la liberté depuis 984 jours » (fin de l’article de Guy Senbel).


  

  

Isabelle Marcus et Nora Rabinovici,  dans la Tribune de Genève du vendredi 6 mars 2009 apportent le rectificatif suivant :  « Nous souhaitons vous apporter notre témoignage sur les faits (ndmg :  à Genève) graves survenus à l’occasion de la soirée privée du 2 mars organisée par l’Association des amis des invalides de Tsahal et victimes d’attentats en Israël. Rappelons juste aux lecteurs qu’il s’agit d’une association humanitaire dont l’objectif est d’apporter un soutien physique et moral aux blessés de guerres et d’attentats. En effet, alors que nous arrivions devant l’hôtel Kempinski dans lequel se trouve le théâtre où se tenait la soirée, nous avons été assaillis verbalement et physiquement par des cris, insultes, gestes choquants et même jets de pierres (y compris sur la police) de la part de manifestants appartenant au Collectif Urgence Palestine (CUP). (…) Nous dénonçons ici l’agressivité de ces manifestants qui, loin de militer en faveur de la paix, ont visiblement cherché à transposer une Intifada en plein cœur de Genève. Il est déplorable de constater dans notre ville de tels déchaînements de violence de la part d’extrémistes qui devraient considérer que toute vie humaine a une valeur et qu’une victime israélienne ne vaut pas moins qu’une autre » (fin du rectificatif de Isabelle Marcus et de Nora Rabinovici).

Luc Hafner,  dans la Tribune de Genève du vendredi 6 mars 2009,  apporte le rectificatif suivant :  « J’étais hier soir [lundi 2 mars 2009] au Théâtre du Léman. Votre journaliste se trompe en écrivant dans son article que cette soirée privée au Théâtre du Léman était en faveur de Tsahal. Il s’agissait d’une soirée organisée par une association privée venant en aide aux invalides de l’armée israélienne et aux invalides israéliens, victimes des attentats terroristes perpétrés par les amis des manifestants. Toute communauté et tout pays ont le devoir de soutenir et d’aider à la réinsertion sociale et professionnelle de leurs invalides. C’est une œuvre d’une grande dignité et générosité qui est exécutée dans des centres de rééducation et de soins privés qui ne sont pas liés à Tsahal. Les manifestants, face au calvaire des invalides, n’ont su que montrer leur haine aveugle et leur absence d’humanisme » (fin du rectificatif de Luc Hafner).


  

  

Le bilan de la désinformation – on l’a vu avec les exemples ci-dessus – est proprement catastrophique.  Un terroriste qui veut réduire des Juifs de Jérusalem en bouillie au tractopelle est un gentil palestinien qui « heurte » un bus et qui se fait tuer par balles.  Et en plus,  le pauvre palestinien tué par balle (donc,  en clair,  le terroriste tractopellique halluciné) n’était pas considéré comme un citoyen israélien.  En somme,  en Israël,  à Jérusalem,  les Juifs tuent les sans papiers…  A Genève,  une association humanitaire dont l’objectif est d’apporter un soutien physique et moral aux blessés de guerres et d’attentats provoque une petite Intifada palo-gauchiste et tout le monde trouve cela normal.

Autrement dit,  si un soldat juif est mutilé par un acte terroriste hamassoïde,  ce soldat juif n’a droit à aucune compassion à Genève,  ville abritant le siège mondial du Comité International de la Croix Rouge (CICR)…  Cela fait plusieurs décennies que sous prétexte « d’antisionisme » (en clair,  de judéophobie moderne),  les terroristes palestiniens sont soi-disant des victimes,  résistantes et innocentes ;  et les Juifs israéliens mutilés ou assassinés sont donc,  forcément,  tous et toujours,  des coupables et rien que des coupables.  C’est dans les mots.  Le problème,  c’est que les mots finissent par s’accomplir dans des actes,  comme Mein Kampf s’est accomplis dans la Shoah.

© 2009 Michel Garroté http://monde-info.blogspot.com


  

Quand un gentil palestinien « heurte » un autobus…
   
  

  

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