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Publié par Dreuz Info le 11 mars 2009

Quels enjeux pour la lutte antiraciste, pour les droits humains et la démocratie ?

Je livre à votre réflexion le texte de Malka Marcovich en 2 parties , qui démontre a quel point cette conférence est une sordide mascarade. Elle s’annonce pire que celle de Durban I.

I ère Partie :

 

d’après un texte de Malka Marcovich

 

L’assemblée générale des Nations Unies, inquiète des discriminations sévissant dans le monde, décida d’organiser une Conférence Internationale sur le racisme. La première conférence eut lieu à Vienne en 1993 et elle décida de la nomination d’un Haut Commissaire auprès de la Commission des Droits de l’Homme.

 

La troisième conférence mondiale contre le racisme s’est tenue en août 2001, à Durban en Afrique du Sud, et s’est s’achevée le 8 septembre 2001, trois jours avant les attentats du 11 septembre. Cet événement majeur devient aussitôt le nouveau marqueur à partir duquel les discours et les actions s’élaboreront au sein de l’ONU pendant les années qui suivront. Les délégations de 170 Etats y prennent part. En même temps, se tient un Forum des organisations non-gouvernementales (ONG), rassemblant quelques 6000 ONG, chiffre record.

 

A deux mois de la Conférence d’examen de Durban dite Durban 2 (20 au 24 avril2009 à Genève), il est utile de comprendre les enjeux de cette conférence :

 

· de rappeler précisément ce que fut Durban 1,

· de connaître l’évolution des normes internationales autour du racisme,

· les possibles conséquences sur les luttes contre le racisme, pour les droits humains et la démocratie

 

1.    Durban 1, ce qu’il faut savoir

 

D’un point de vue organisationnel, il est utile de rappeler l’existence de deux forums, l’un gouvernemental et le deuxième regroupant les ONG admises à participer. Les ONG ainsi que les gouvernements doivent produire un document avec des recommandations finales.

 

Au retour de Durban 1, certains témoins ont décrit les violences, les slogans antisémites qui pouvaient s’exprimer sans retenue dans le Forum des ONG de la conférence mondiale contre le racisme. Mais on a peu évoqué d’autres faits aussi graves, comme la mise au silence des femmes, le putsch du caucus des ONG dans une atmosphère de lynchage, l’adoption du texte du forum des ONG en dehors de tout cadre démocratique (1)

 

Si le forum des ONG a donné lieux à des outrances comportementales, la rencontregouvernementale n’a pas été sans poser problème. Comme dans le Forum des ONG, on a assisté à une focalisation sur la question proche orientale et à la tentative de certains états d’utiliser dans la Déclaration et la plateforme d’action (DPA) contre le racisme, une terminologie que l’on a intitulé alors de « langage de haine ».

 

Lundi soir 3 septembre, Israël quittait Durban, décision prise en coordination avec les Etats-Unis. L’après-midi même, la déclaration du rabbin Michael Melchior, ministre adjoint des affaires étrangères israélien, avait été lue en assemblée plénière : « Le texte proposé à Durban fait d’Israël un état démoniaque et par conséquent illégitime. La politique israélienne peut et doit être critiquée. Mais, en employant des termes aussi radicaux que “purification ethnique”, « apartheid», « génocide », « crimes racistes » et « holocauste » pour qualifier l’attitude israélienne dans le conflit palestinien, les pays arabes transforment ce qui est un conflit politique et territorial enconflit racial, religieux et existentiel ».

 

Après le départ des Etats-Unis et d’Israël, l’Union européenne (UE) sous Présidence belge, a su tenir jusqu’au bout pour que soit supprimée cette fameuse rhétorique. Mais il y eut, également, un accord entre l’UE et l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) afin que soit introduite la « mémoire de l’holocauste » en échange du maintien des paragraphes portant spécifiquement sur la Palestine, Israël demeurant le seul pays qui soit ainsi visé dans l’ensemble du document.

 

Malgré ce qui a été affirmé par la suite par l’UE ou le Haut commissariat aux droits de l’homme de l’ONU, la Déclaration finale (DPA) n’a pas été adoptée par consensus par l’ensemble de la communauté internationale. Outre le départ des USA et d’Israël durant la conférence, certains états ont émis des réserves et se sont dissociés du consensus lors de l’adoption du texte.

 

Pour des raisons diamétralement opposées, l’Australie, le Canada, le Guatemala, l’Irak, la République islamique d’Iran et la Lettonie, ont refusé les paragraphes concernant la Palestine.

 

Les Émirats arabes unis et les délégations de l’État de Bahreïn, du Royaume d’Arabie saoudite, du Sultanat d’Oman, de l’État du Qatar et de l’État du Koweït, se sont clairement démarqués de

« certains libellés et concepts contraires aux dispositions de la charia islamique.»

 

Le Chili, le Canada, le Guatemala et l’Équateur ont dénoncé le fait que l’orientation sexuelle soit

« absente du texte ».

 

La DPA gouvernementale comporte certains paragraphes qui sont, cependant, une avancée pour le mouvement antiraciste, notamment en ce qui concerne les Roms/Gitans/Sintis ainsi que les peuples autochtones. En revanche, il a été impossible d’évoquer les discriminations de caste et la situation des Dalit (Intouchables) en Inde, ou celles commises contres les minorités en Chine, en particulier contre le peuple tibétain, en raison du refus de ces deux pays.

 

Concernant la traite et l’esclavage, elles ne sont condamnées et considérées comme crime contre l’humanité que dans le cadre de la traite transatlantique, car plusieurs pays arabes et africains s’étaient formellement opposés à ce que l’on évoque l’esclavage contemporain, la traite transsaharienne ou dans l’Océan Indien.

 

A cet égard, le document issu du Forum des ONG va plus loin que le document gouvernemental, puisqu’il évoque tous ces sujets, et bien d’autres encore, notamment la question des discriminations liées à l’orientation sexuelle.

 

Ainsi, la prise en main du forum des ONG par des groupes anti-démocratiques, qui ont instrumentalisé la question de la Palestine et empêché une prise de parole des femmes a porté ombrage à nombre de situations discriminatoires dans le monde. En effet, en raison du « langage de haine », la Haute Commissaire aux droits de l’homme, Mary Robinson s’est vue obligée de refuser de transmettre le document final des ONG aux représentants des gouvernements.

 

 

 

2. 2001-2009 : la structuration idéologique de Durban 2

 

La Déclaration et le programme d’action de Durban, met à l’honneur la religion comme « valeur intrinsèque des êtres humains » qui « peut aider à promouvoir la dignité » et à « éliminer le racisme ». Pour la première fois, le terme d’islamophobie (2) a été introduit dans un texte international qui désigne tout à la fois, l’atteinte aux musulmans autant que le blasphème.

 

A peine quelques semaines après les attentats du 11 septembre, commence à s’élaborer au sein de l’ONU toute une rhétorique d’inversion, visant à faire peser sur une entité non définie, mais fortement stigmatisée : « l’Occident », la responsabilité des actes terroristes qui ont été commis sur le sol américain, puis à Madrid en 2004 ou au Royaume Uni en 2005.

 

Se structure depuis 2001 une plateforme politique qui continue de se focaliser sur l’état d’Israël, considère l’islamophobie comme la forme absolue du racisme commise par les occidentaux, et vise à limiter la liberté d’expression.

 

De nombreux mécanismes voient le jour, notamment sur les descendants d’Africains. Mais aucune des nouvelles structures ne permettent d’aborder les sujets qui n’avaient pu être abordés en 2001, comme les discriminations de caste ou les violations des droits humains par la Chine.

 

En ce qui concerne les femmes, les poussées relativistes, qui placent les traditions, les cultures et les religions comme supérieures aux droits universels, va particulièrement porter un coup aux revendications concernant les droits des femmes.

 

En revanche certains thèmes comme la représentation politique, les mutilations sexuelles, la traite ou la prostitution vont être instrumentalisés pour valoriser la place traditionnelle des femmes dans l’espace de la famille, protégées par l’espace du religieux, notamment par la Charia.

 

L’affaire dite « des caricatures de Mahomet » va porter à son comble l’obsession des institutions internationales contre l’islamophobie. Les rapports du rapporteur spécial sur le racisme vont principalement porter sur l’islamophobie. D’ailleurs, les missions qu’il effectuera entre 2002 et 2008 témoignent d’une vision sélective du monde, puisqu’il se rendra dans sept pays d’Amérique latine (Brésil, Colombie, Guatemala, Guyane, Honduras, Nicaragua, La République dominicaine, Trinidad et Tobago), deux pays d’Afrique (Côte d’Ivoire, Mauritanie), trois pays du groupe Europe de l’ouest et autres : Canada, Etats-Unis, Italie, Suisse et un pays du groupe Asie : le Japon.

 

A partir des résolutions contre la diffamation des religions qui sont adoptées chaque année à l’Assemblée Générale et au Conseil des droits de l’homme (CDH), va se construire toute une rhétorique visant à réduire la liberté d’expression. Le mot censure n’est jamais évoqué. On parle en revanche de responsabilisation des médias. Et s’il y a violence, voir acte de terrorisme, c’est en raison de l’irresponsabilité des médias dans la diffusion de textes ou dessins diffamatoires.

 

Même le mandat du rapporteur spécial sur la liberté d’expression se voit transformé en « policier » du CDH. Il doit désormais débusquer « les cas où le droit à la liberté d’expression constitue un acte de discrimination raciale ou religieuse » et s’assurer «que toutes les formes de médias rapportent les informations de manière équitable et impartiale ». Afin de prévenir les conflits et parvenir à la paix entre les peuples, le dialogue inter-religieux est promu.

 

Lors de la conférence du Mouvement des non alignés à Durban en 1998, le président de la République islamique d’Iran avait proposé que l’Assemblée Générale consacre l’année 2001 « année du dialogue des civilisations », afin de contrer le livre de l’universitaire américain, Samuel Huntington, « le choc des civilisations » (3), considéré par Khatami comme le projet politique hégémonique occidental. Après les attentats à Madrid en 2005, une nouvelle structure va naître ausein de l’ONU, « L’alliance des civilisations » sous l’égide des gouvernements espagnols et turcs.

 

En réalité, l’alliance ou le dialogue de civilisations présentent une vision bipolaire du monde qui met en face à face l’Occident (entité non définie) et l’Islam, attaque la laïcité et l’universalisme considérés comme un système de valeur occidental, et confère aux religions monothéistes – ce qui exclue toutes les autres – une place politique.

 

(Fin de la première partie.  A suivre…)

 

(1)   Voir les témoignages et les éclairages de différents témoins à Durban dans les actes du Colloque « Durban et après », 7 décembre 2001, Assemblée Nationale, sous l’égide de la CLEF et du MAPP.

(2)   Pour mémoire, ce terme a été utilisé pour la première fois par l’Ayatollah Khomeiny contre Salman Rushdie après la publication des « Versets sataniques »Sur l’origine et les débats autour de la notion d’« islamophobie »,voir notamment C. Fourest et F. Venner, Tirs croisés. La laïcité à l’épreuve des intégrismes, juif, chrétien et musulman, 2003, Calmann-Lévy.

(3)    1993, Odile Jacob 1997

Aschkel

http://marcovichnews.canalblog.com/


 

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