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Publié par Dreuz Info le 8 avril 2009

  

Michel Garroté depuis Pomasqui (Equateur) le mercredi 8 avril 2009   –   J’admire depuis longtemps Jean Vanier,  Canadien,  fondateur de la Communauté de L’Arche,  une communauté qui accueille les pauvres, les malades, les trisomiques,  etc.  Jean Vanier est l’auteur de nombreux livres,  notamment « La Communauté, lieu du pardon et de la fête » (livre que je cite à plusieurs reprises dans mon essai intitulé « Dieu est-il dépressif ? »).  En cette semaine sainte,  Jean Vanier publie dans La Croix un article sur Benoît XVI,  article que je reproduis intégralement ci-dessous.  Jean Vanier se consacre depuis 40 ans aux pauvres et aux malades.  Contrairement à d’autres leaders charismatiques (bavards et fatiguants…),  Jean Vanier a toujours fait preuve d’humilité,  de discrétion,  et ce malgré son apport – à la fois immense et concret – à la vie de l’Eglise catholique.  Vu d’ici (Equateur),  en ce mercredi saint,  au milieu d’un peuple pauvre mais pieux et généreux,  loin des anachronismes et des égoïsmes européens,  j’ai été particulièrement touché par l’article de Jean Vanier,  article que je reproduis intégralement ci-dessous.

Jean Vanier dans La Croix   –   « J’aime Benoît XVI car il est le successeur de Pierre, le vicaire de Jésus qui lui a donné la mission d’être le berger des bergers. J’aime son humilité, son courage, son acuité intellectuelle. Je l’aime aussi parce qu’il est attaqué en ce moment, avec parfois de la hargne ; j’aime être alors à ses côtés.

J’aime sa recherche d’unité avec les évêques intégristes, en levant l’excommunication sans les intégrer dans l’Église tout de suite. J’aime aussi son désir d’unité avec les Églises orthodoxes, anglicanes et protestantes. Avec ces évêques intégristes, il a utilisé un geste exceptionnel – peut-être faudrait-il trouver d’autres gestes innovateurs pour l’unité avec les autres Églises, en particulier orthodoxes.

J’aime aussi son audace, sa force et son courage dans ses
discours en Afrique. Ils m’ont profondément touché et révélé une véritable vision pour ce continent. Pour ce qui est du préservatif, le successeur de Pierre ne peut que défendre la famille. La stabilité d’une société provient en particulier de deux éléments : la qualité de la vie familiale, la qualité avec laquelle une société lutte contre la corruption et s’engage envers les personnes les plus pauvres.
  
  
Une Église qui sans cesse s’engage aux côtés des pauvres
  
Une société ne peut devenir humaine que si l’écart entre les riches et les pauvres s’amenuise. C’est vrai au sein d’un pays comme entre les pays, dans la grande famille humaine. Il n’y a pas de paix sans justice, pas de paix sans recherche d’une harmonie entre les nations. Il ne peut y avoir de paix que si les nantis acceptent de perdre des privilèges et le monopole du savoir et des richesses humaines. Ces nantis sont appelés à rechercher le vrai bien des êtres humains dans des relations humaines avec une vraie fraternité, basée sur l’égalité des droits et dans le désir d’une vraie liberté : celle de ne pas être gouverné par la peur de perdre.

J’aime l’Église de Jésus, j’aime l’Église de saint Jean disant que si quelqu’un voit un frère dans la nécessité et lui ferme ses entrailles, il n’a pas Dieu en lui (1 Jn 3, 17). J’aime l’Église de saint Jacques, qui a été blessé et en colère à cause de l’écart entre riches et pauvres dans l’assemblée des chrétiens (Jc 2). J’aime l’Église du diacre saint Laurent, qui a montré aux autorités romaines les mendiants, les SDF, les malades comme étant la richesse de l’Église et qui pour cela a été mis à mort. J’aime l’Église de saint Vincent de Paul, qui parle de ses maîtres « les pauvres ». J’ai beaucoup apprécié les encycliques des papes Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI qui rappellent et répètent la nécessité non seulement de s’engager auprès des plus pauvres, mais de vivre avec eux.

Il est vrai que les tensions en Occident viennent en partie de l’écart entre les principes et la réalité des personnes. Tensions augmentées par la façon dont les médias montrent une Église fermée, coupée de la réalité, s’abreuvant à des dogmes et à des principes plus ou moins inacceptables pour l’esprit moderne.

Ils cachent souvent la réalité d’une Église qui sans cesse voudrait annoncer une bonne nouvelle aux pauvres et s’engage à leurs côtés. Je connais tant de prêtres qui s’engagent auprès des pauvres et font l’œuvre de Jésus. Je sais le soutien discret et aimant des papes, des évêques et des prêtres vis-à-vis de l’Arche, de Foi et Lumière et de tant d’autres communautés et mouvements engagés auprès des plus démunis.
  
  
Un tiraillement au cœur de notre vie à l’Arche
  
L’écart entre les principes et la réalité des personnes a été dénoncé par le cardinal Tomas Spidlik comme une des plus grandes questions déchirant l’Occident. À Assise, en janvier 2005, ce théologien jésuite disait : « Certains sont pour les principes, d’autres pour les personnes. Nous nous sentons obligés de choisir et nous rejetons l’autre partie : les uns refusent tout repère commun et ecclésial, les autres ne laissent aucune place à l’expérience personnelle qui n’a qu’à tenir dans les normes. De là viennent de grandes tensions en nous, des conflits entre nous, des excommunications mutuelles. L’unité n’y gagne pas. »

Ce tiraillement est au cœur de notre vie à l’Arche. Nous vivons avec des hommes et des femmes qui sont parfois très éloignés de l’Église, et toujours en marge de la société venant de familles souvent très pauvres culturellement. Beaucoup sont perturbés sur le plan de l’agressivité et de la sexualité. Notre rôle est de les accueillir et de les accompagner avec compétence et compassion, dans leurs cris, leurs confusions et leurs souffrances. Il s’agit d’essayer d’aider chacun à faire un petit pas pour devenir un peu plus humain, plus paisible et plus heureux. Pour certains, c’est un long chemin. L’autre jour, on m’a parlé d’une jeune fille dans un hôpital psychiatrique ; chaque fois qu’elle fuguait, elle revenait enceinte. Que faire ? comment faire ? Évidemment, elle avait un grand besoin d’aide sur le plan médical, psychologique, humain et spirituel.

Le cardinal Spidlik dit aussi qu’une des façons de réduire cette tension entre principes et personnes est la formation de bons accompagnateurs (qu’il appelle père ou mère spirituels) comprenant les questions des personnes, leur désarroi, et les aidant à faire un pas vers la lumière des principes. Il note qu’il y a très peu de tels accompagnateurs disposés à faire cette œuvre de compétence, d’intelligence et d’unité.

Ne faut-il pas aussi qu’il y ait de plus en plus de communautés et de mouvements qui cherchent à vivre non seulement les principes moraux, mais les principes annoncés dans l’Évangile, les Béatitudes ? Les personnes pauvres nous montrent un chemin de vérité et d’unité, surtout quand on vit avec elles. Certes, en ce moment, il y a des turbulences dans l’Église. Chaque crise est un appel et une occasion pour mieux se situer dans son chemin de communion avec Jésus et avec les plus pauvres et démunis, et avec le pape et les évêques » (Jean Vanier dans La Croix).

  

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