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Publié par Dreuz Info le 16 avril 2009
Par Sami El Soudi

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© Metula News Agency 

des cellules et des commandos du Hezbollah sont toujours actifs en Egypte

 

Le torchon brûle entre l’Iran et ses milices supplétives, d’une part, et l’Egypte et les grands Etats arabes sunnites, de l’autre.

 

Mais beaucoup d’intoxication, résultant d’ « informations » diffusées par les media au service des deux camps, a tendance à brouiller l’entendement de l’observateur non-averti.

 

Afin d’identifier les enjeux de ce face-à-face, il est nécessaire de se départir des lunettes occidentalisantes, que l’on porte en Europe, aux USA, et même en Israël. Nous avons, en effet, affaire à une lutte de pouvoir typiquement moyen-orientale, répondant à des normes endémiques propres à notre région.

 

Ce qu’il importe avant tout de saisir, c’est que ce qui intéresse les régimes impliqués dans la brouille, c’est uniquement la pérennité desdits régimes et des castes de pouvoir qui profitent d’eux.

 

Dans deux ans, Hosni Moubarak entend passer les rênes de la semi-dictature égyptienne à son fils Gamal, à l’occasion des pseudo-élections présidentielles qui se dérouleront en 2011. Le raïs du grand pays du Nil, dans la capitale duquel fleurit toujours un marché des lépreux, et où des dizaines de milliers de gens vivent dans les tombeaux des cimetières, fait tout ce qui lui est possible afin de transmettre à sa progéniture un domaine maîtrisable.

 

Les notions de bien du peuple, d’opinion publique, de sécurité nationale sont étrangères aux dirigeants du Moyen-Orient, hormis Israël, la Turquie, et, dans une moindre mesure – ou temporairement – le Liban et l’Autorité Palestinienne.

 

Celui qui est incapable d’admettre cette dure réalité sans tenter de la relativiser ou de diluer ses effets n’a aucune chance de percevoir ce qui se trame ici.

 

Celui qui est sensible aux effets de manche idéologiques ou humanitaires, s’est laissé avoir par des arguments propagandistes, destinés premièrement à mobiliser dans un des camps une population indigène majoritairement ignare.

 

Aucun dirigeant moyen-oriental, sauf les exceptions que j’ai mentionnées, telles que je les ai mentionnées, n’entretient la moindre considération pour le bien-être des individus dont il a la charge, et aucun ne se soucie de leurs aspirations, pour peu, encore, que les individus concernés possédassent l’éducation requise pour les formuler de manière intelligible ; ce qui touche une minuscule minorité.

 

Ce qui importe aux dirigeants, est de gérer les foules, et ceux qui sont susceptibles de les exciter – à l’intérieur du pays aussi bien qu’à l’étranger – afin qu’elles ne rendent pas leurs pays immaîtrisables.

 

Car les mouvements de populaces, dans les pays arabo-musulmans, constituent la hantise de tous les gouvernants : dans les conditions qui prévalent, ils relèvent de la même dangerosité que les départs d’avalanches. C’est pour cela que les semi-dictateurs s’activent autant lorsqu’ils hument un péril qui, vu d’Occident, peu paraître lointain. Ils doivent à tout prix prévenir leur diffusion parmi les masses. Une foi que les germes d’instabilité qu’ils véhiculent se sont déclenchés, rien ne saurait arrêter leur prolifération, et certainement pas les « forces de sécurité » du régime.

 

Ces dernières sont aussi dangereuses pour les oligarchies moyen-orientales qu’elles ne les protègent.

 

D’ailleurs, il n’existe aucun ami véritable dans ces sphères étatiques ou semi-états, chaque groupe, chaque personne possédant un début d’influence ou de richesse, participant à une délicate partie d’échecs qui ne se termine jamais.

 

Même le sentiment national, qui pourrait jouer un rôle rassembleur, au-dessus des intérêts partisans, n’est, au mieux, qu’à l’état d’ébauche dans la région. Au Liban, en Syrie et en Jordanie, par exemple, la notion de nation indépendante est combattue par une partie prédominante de la population.

 

En Palestine, l’idée d’un Etat indépendant sur une partie de la Palestine mandataire de 1948, qui signifierait la fin du Djihad dans notre zone, constitue le pire des cauchemars de Mashal, d’Hanya, de leurs alliés et de leurs mandants. C’est précisément cette incompatibilité d’aspirations qui rend pathétiques et vouées à l’échec toute les tentatives de rabibocher les islamistes et le Fatah.

 

Pour les islamistes, la nécessité de continuer la guerre contre l’Occident – et, au besoin – ça arrive très souvent –, d’inventer des raisons pour la perpétuer – est mille fois plus importantes que la formation d’un Etat de Palestine. Même si le caractère suicidaire de cette guerre s’avère de bataille perdue en déroute concédée.

 

C’est dans ces conditions particulières, que le Mossad, la CIA, mais également le M16 britannique et le BND allemand, ont livré à Moubarak, pieds et mains liés, les membres dirigeants du réseau de déstabilisation que les Iraniens, à partir de leur base du Liban, avaient implanté en Egypte. L’objectif des Occidentaux : soutenir le régime de Moubarak afin que l’ex-empire de Cléopâtre ne tombe pas aux mains des islamistes.

 

Ils ont ainsi gagné une bataille contre la centrale Al-Quds des Sepah-e Pasdaran-e Enghelāb-e Islami, les Gardiens de la révolution iranienne et islamique. Cette unité est chargée – entre autres tâches – de la déstabilisation et du renversement des régimes sunnites.

 

L’organisation démantelée en Egypte était commandée, depuis Beyrouth, par le chef de la très officielle mission permanente des Pasdarans dans la capitale libanaise, le général Faysal Bargherzadeh [1].

 

Les chefs du réseau étaient le Libanais Sami Shihab et Mohamed Mansour, qui sont aux mains des hommes d’Omar Suleiman, le ministre et chef des services spéciaux de Moubarak. Ils recevaient leurs ordres par une double filière : d’une part le cheik Naïm Kassem, l’un des plus proches assistants d’Hassan Nasrallah, et de l’autre, pour la partie opérationnelle, des responsables de l’unité du Hezbollah faisant miroir aux Iraniens d’Al-Quds. Ces chefs ont pour noms Al-Mussawi, Safi et Dugmoush.

 

Jusqu’à présent, officiellement, 25 personnes, membres de la filière, ont été arrêtées sur les bords du Nil. Officieusement, on parle de douzaines de personnes incarcérées, principalement des Egyptiens, mais également des Libanais, des Soudanais et des Palestiniens.

 

On est en pleine intoxication, la recherche de la vérité ne revêtant pas la moindre importance dans les annonces qui sont faites par voie de presse. Ainsi, le régime Moubarak entend faire comprendre qu’il a arrêté une grosse cellule, mais pas trop grosse tout de même, afin de ne pas donner l’impression (de la réalité) que les services secrets du raïs sont de véritables passoires, soumises aux règles de la corruption.

 

Et puis, les media aux ordres du Caire mettent les projecteurs sur trois activités véridiques du réseau : l’intention de porter atteinte aux touristes israéliens et occidentaux se dorant sur les plages du désert du Sinaï, le projet de couler un navire au milieu du Canal de Suez et le trafic d’armes en provenance du Soudan et à destination du Hamas.

 

Le Caire nie toutefois ce pourquoi la Ména détient des indices sérieux, à savoir l’intention de s’en prendre à des personnalités clés du régime, notamment à Hosni Moubarak en personne. Selon nos sources, plusieurs individus auraient reçu un million de dollars chacun, en cash, avec mission d’abattre le raïs.

 

C’est évidemment l’un des talons d’Achille des autocraties : coupez leur la tête et le corps n’agit plus que comme un ensemble d’organes désarticulés, incapables de prendre les décisions indispensables à sa défense.

 

Le régime de Moubarak dément ces informations, qui seraient susceptibles de créer un mouvement de panique. Les autres objectifs dévoilent cependant une volonté claire d’ébranler le pouvoir, comme l’indique le quotidien semi-officiel Al-Ahram. En s’attaquant aux touristes, comme par le passé, les terroristes agissant au profit de l’Iran s’en prennent à la première source de revenus du pays des pyramides.

 

En coulant un navire dans le Canal, ils le rendraient impraticable durant de longs mois, privant le pouvoir de milliards de dollars.

 

Or un gouvernement privé de ces rentes ne pourrait plus subvenir à ses besoins sécuritaires minimums, ne pourrait plus entretenir sa cour de privilégiés et s’en trouverait fortement affaibli.

 

Ce, d’autant que la seconde puissance constituée d’Egypte, la fratrie des Frères Musulmans, représentant pourtant le haut clergé sunnite, soutient les objectifs affirmés du Hezbollah. Ce, en dépit du fait qu’un nombre croissant d’Egyptiens sont en train de se convertir au chiisme.

 

Quant au Hezbollah, justement, et au gouvernement iranien, ils nient en vrac les accusations portées par les media cairotes. Tout ce qu’ils admettent est qu’un agent du « Parti de Dieu » libanais est détenu en Egypte. Ils accusent également, sans la moindre réserve, le gouvernement de Moubarak de combattre les Palestiniens aux côtés des Israéliens.

 

Le Hezb fait à l’occasion un amalgame qui n’existe pas dans la réalité entre le Hamas à Gaza, le Fatah, et la population palestinienne divisée. Mais qu’importe ! On est dans le domaine de la propagande, pas celui de l’information.

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