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Publié par Dreuz Info le 24 avril 2009

Notre ami l’ambassadeur Stenhof a remarquablement rendu, hier dans ces colonnes, l’atmosphère surréaliste qui environne la conférence mondiale contre le racisme, tenue à Genève et baptisée officiellement « Conférence d’examen de Durban » (« Durban 2 » pour les intimes).

 

La journée d’hier n’a fait que confirmer l’absurdité généralisée de la conférence. On y a vu, entre autres, la délégation iranienne utiliser un artifice de procédure pour faire déclarer « hors sujet » (dans une conférence contre le racisme !) les interventions d’organisations non-gouvernementales qui évoquaient le sort des victimes du racisme en Iran.

 

On a vu la Corée du Nord affirmer qu’elle était à la pointe de la lutte contre le racisme et qu’elle accordait les mêmes droits à tous ses citoyens ; ce qui est exact, puisqu’aucun de ces citoyens ne bénéficie d’aucun droit.

 

Comble du comique, on a vu l’Afrique du Sud protester contre l’appellation « Durban 2 », au prétexte que celle-ci serait « insultante pour l’Afrique du Sud » : preuve que l’Afrique du Sud elle-même ne veut pas être associée au souvenir de la conférence de Durban de 2001, qui avait commencé comme une conférence de lutte contre le racisme et s’était terminée dans une orgie de haine anti-israélienne et anti-américaine.

 

La conférence dure cinq jours (elle se terminera officiellement aujourd’hui vendredi) ; mais elle a adopté son « document final » dès le deuxième jour (mardi soir). Le « bureau du comité préparatoire » (un groupe de diplomates de vingt nations chargés de gérer la conférence) a en effet modifié en urgence l’ordre du jour dès mardi, pour imposer que le document « final » soit adopté… trois jours avant la fin, et non, comme c’était initialement prévu, vendredi soir, en conclusion des débats.

 

Pourquoi cette décision ? Parce que plusieurs pays musulmans faisaient pression sur le bureau pour réintroduire dans le « document final » des « éléments de rédaction » qui en avaient été éliminés au stade préparatoire pour obtenir le soutien des pays d’Europe à la conférence.

 

Les pays musulmans ont avancé deux revendications : que le document soutienne explicitement la cause palestinienne, comme l’avait fait, en 2001, la déclaration de Durban ; et qu’il appelle les pays membres à limiter la liberté d’expression pour garantir le respect des religions et en particulier de l’islam.

 

Ces deux revendications avaient été abandonnées pendant les travaux préparatoires. En échange, les pays d’Europe avaient accepté que le document final réaffirme les conclusions de la conférence de Durban de 2001, dite « contre le racisme ».

 

Ces conclusions, elles, contiennent une référence explicite au « peuple palestinien vivant sous occupation étrangère » (art. 63), tout en réaffirmant le droit de tous les Etats du Moyen Orient, y compris Israël, à vivre en sécurité.

 

En faisant référence à Durban 1, le document final de Durban 2 permet à ceux qui tenaient à condamner Israël d’affirmer que cette condamnation figure dans le texte, et à ceux qui ne le voulaient pas, de prétendre qu’elle n’y est pas. C’est de ces doubles sens permanents qu’est faite, malheureusement, la plus grande partie du travail des diplomates à l’ONU.

 

Sur la liberté d’expression, les conclusions de Durban 1 (art. 90) étaient très éloignées de ce que demandent aujourd’hui les pays musulmans. Aucune protection particulière des religions contre cette liberté n’était encore envisageable en 2001, quelques jours avant le 11 septembre. Durban 1 n’apporte qu’une seule réserve à la liberté d’expression, acceptable par tous : la condamnation de l’utilisation des nouvelles technologies pour appeler au racisme, à la xénophobie et à la discrimination.

 

Durban 2, au contraire, garde un silence discret sur cette question. L’abandon de toute référence à la liberté d’expression traduit, hélas, l’évolution des rapports de force. Les pays musulmans ne sont pas assez forts pour imposer l’inscription, dans le document, d’un droit à protéger l’islam contre toute critique ; mais ils sont devenus assez forts, en revanche, pour empêcher toute mention d’une des plus importantes libertés occidentales – une liberté dont ils refusent absolument d’admettre qu’elle doit pouvoir s’appliquer aussi à la critique des religions.

           

Les Européens ont jugé qu’ils avaient bien négocié lorsqu’ils ont accepté que le document final de Durban 2 renvoie à celui de Durban 1, en échange d’un abandon des revendications musulmanes.

 

C’est ce que voulait dire le ministre français Bernard Kouchner, lorsqu’il a déclaré que Durban 2 était « un succès » malgré le discours raciste d’Ahmadinejad, les irrégularités de procédures et l’absurdité kafkaïenne des débats.

 

Kouchner a raison sur un point important : beaucoup de pays hostiles aux libertés étaient mécontents du contenu du document final. Si mécontents, qu’après avoir accepté le compromis proposé par l’Europe, ils espéraient se rétracter de leur accord en séance, et modifier le texte, in extremis, avant la fin de la semaine.

 

Mais lorsqu’ils ont commencé à faire pression dans ce sens, le bureau a jugé que les dernières démocraties présentes risquaient de partir en bloc. Neuf démocraties avaient décidé, avant le début de la conférence, de ne pas participer : l’Allemagne, l’Australie, le Canada, les Etats-Unis, Israël, l’Italie, la Nouvelle-Zélande, la Pologne et les Pays-Bas.

 

Après le discours raciste d’Ahmadinejad, lundi dernier, la République Tchèque a quitté, elle aussi, la conférence. La plupart des autres démocraties a quitté la salle pendant le discours du Perse, mais a continué à participer à la conférence.

 

Malgré cela, les démocrates sont mal à l’aise dans l’atmosphère de Genève, où ils ne forment qu’une minorité. Tous subissent la pression d’une partie de leur opinion publique pour quitter la ville de Calvin. Ils avaient donc fait savoir au bureau, en termes diplomatiques, qu’ils quitteraient la conférence si le document préparé était modifié dans le sens demandé par les Etats musulmans (mention explicite d’Israël, limitation de la liberté d’expression pour protéger les religions). S’ils avaient mis cette menace à exécution, il n’y aurait pas eu de document final – ou, s’il y en avait eu un, il aurait été adopté par une coalition ad hoc de tyrannies, ce qui lui aurait retiré toute portée universelle et donc toute respectabilité.

 

Le bureau a voulu éviter à tout prix que la conférence n’explose ainsi en vol. Toute l’idéologie de l’ONU repose sur l’idée (sympathique, mais contredite par 4.000 ans d’histoire humaine) que tous les hommes partagent les mêmes valeurs.

 

Si la conférence avait échoué, la planète entière aurait assisté au spectacle d’Etats divisés entre des blocs irréconciliables, incapable de rapprocher leurs visions du monde, leurs objectifs et leurs principes. Chacun aurait appris le secret que les diplomates de l’ONU connaissent, mais ne veulent pas ébruiter : il n’y a pas de communauté internationale. Il n’existe que des Etats et des alliances entre Etats, qui se sont toujours haïs et se haïront toujours.

 

C’est pour éviter que cette information ne devienne publique que le « document final » a été adopté mardi soir dans la précipitation – non seulement sans vote (le terme onusien poli est « par consensus »), mais en utilisant la procédure stalinienne la plus grotesque. La présidente de séance, Mme Najat al-Hajjaji, n’a donné à personne le temps de répondre à sa question – « Y a-t-il des oppositions ? » – avant de déclarer immédiatement que le texte était adopté.

 

Mais si les apparences ont été préservées – tant bien que mal, et plutôt mal que bien – la réalité diplomatique n’a pas changé. L’ONU repose entièrement sur la fiction d’une communauté internationale appliquant des valeurs universelles. En pratique, cependant, elle est dominée par une majorité de tyrannies diverses – théocraties, kleptocraties, colonels-présidents, vieux communistes, et j’en passe.

 

Dans cet environnement, les prétendues « valeurs universelles » ne sont plus que des prétextes utilisés par les uns et les autres pour faire avancer, dans le meilleur cas, leurs intérêts nationaux – mais aussi, très fréquemment, les intérêts personnels de leurs dirigeants et diplomates.

 

 

 

Najat al-Hajjaji, Présidente libyenne de la Conférence de Genève, sans son maillet

 

En plus de ce détournement des valeurs de l’ONU, qui concerne tous les Etats membres à des degrés divers, on assiste, depuis quelques années, à un effort diplomatique intense pour abroger les principes mêmes de l’organisation. Cet effort est mené par une alliance qui regroupe la plupart des pays musulmans (réunis dans l’Organisation de la Conférence Islamique ou OCI), mais aussi des puissances non musulmanes hostiles à la liberté, comme la Chine ou le Venezuela d’Hugo Chavez. L’effort porte sur deux objectifs.

 

En premier lieu, alors que le droit humanitaire international classique cherche, avant tout, la protection des individus, l’alliance antioccidentale cherche à imposer, au contraire, une protection des institutions – l’islam en premier lieu – contre les individus rebelles.

 

L’alliance cherche notamment, et souvent réussit, à faire adopter, dans les enceintes de l’ONU, des déclarations protégeant « les religions, et notamment l’islam » (selon la formulation la plus souvent employée) contre la « diffamation » – c’est-à-dire contre toute critique. Ses objectifs s’opposent donc directement à ceux de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qui, dans ses articles 18 et 19, garantit à chacun la liberté d’expression et la liberté religieuse.

 

Au sein du Conseil des droits de l’homme de l’ONU, installé à Genève et totalement contrôlé par l’alliance antioccidentale, cette politique est devenue systématique. En mars 2008, le Conseil avait ainsi décidé de modifier le mandat de son « Rapporteur spécial sur la liberté de l’expression », pour lui demander de faire rapport, non seulement sur les atteintes à cette liberté… mais aussi sur ses « abus ». En clair, le Rapporteur sur la liberté d’expression a désormais pour mission explicite de dénoncer ceux qui font usage de cette liberté. Ce n’est pas exactement ce que Voltaire avait à l’esprit.

 

En juin 2008, à la suite d’un incident de séance provoqué par l’Egypte, le Conseil des droits de l’homme décida d’exclure de toutes ses discussions la mention des atteintes aux droits de l’homme liées à l’application de la Charia. Il est donc désormais interdit, dans l’enceinte de l’ONU chargée de la défense des droits de l’homme, d’évoquer ne serait-ce que la possibilité selon laquelle la Charia pourrait, parfois, être contraire à ces droits.

 

Il y a moins d’un mois (le 26 mars 2009), le Conseil des droits de l’homme a adopté une résolution intitulée « Combattre la diffamation des religions ». Au nom des droits de l’homme, l’ONU est en train de créer un nouveau droit international – un droit dans lequel la persécution par les Etats des dissidents et des minorités religieuses sera justifiée par l’idée abjecte qu’exprimer une croyance, c’est diffamer ceux qui ne la partagent pas.

 

Cette résolution fut immédiatement condamnée par une alliance de deux cents organisations non-gouvernementales, y compris des groupes musulmans, chrétiens, juifs et athées. Mais les ONG – que les Etats aiment à utiliser comme un outil quand cela les arrange – semblent n’avoir plus aucun poids quand il s’agit d’arrêter la tyrannie.

 

En second lieu, l’alliance antioccidentale cherche à mettre fin à un autre principe fondateur du droit humanitaire : celui de l’égalité entre tous les hommes, qui exige une protection égale de « tous les membres de la famille humaine » (Préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme).

 

En lieu et place de cette égalité fondamentale, l’alliance veut imposer un droit humanitaire délibérément inégalitaire : les mêmes atteintes aux droits de l’homme devront être ignorées si elles viennent d’Etats antioccidentaux, condamnées si elles sont le fait d’Etats occidentaux, et condamnées au centuple, si elles sont le fait d’Israël. Dans ce dernier cas, l’existence effective d’une infraction n’est pas nécessaire pour s’indigner.

           

On trouve d’ailleurs plus que des traces de cette politique systématique du « deux poids, deux mesures » dans le document final de Durban 2. En particulier, ce document (article 64) cite l’héritage de la traite transatlantique d’esclaves (un crime occidental dont l’Occident reconnaît l’horreur depuis plus d’un siècle), mais passe entièrement sous silence la traite arabe, qui, à l’Est de l’Afrique, fit plus de victimes que l’esclavagisme occidental.

 

En dépit de cela, et malgré les autres faiblesses du texte, le ministre Kouchner a raison de souligner que le document final est, au total, plus proche des valeurs occidentales qu’on ne l’a longtemps craint.

 

Le document condamne l’Holocauste et l’antisémitisme. Il n’appelle pas à limiter la liberté d’expression, même s’il ne la défend pas expressément non plus. Pour la première fois, les démocraties – qui, trop souvent, acceptent sans réagir d’être placées en minorité sur les textes les plus répugnants – ont utilisé une menace crédible de cesser toute participation, si le texte dérapait davantage ; et cette menace a eu des résultats.

 

Dans la guerre diplomatique, qui fait rage sous les apparences policées de l’ONU, les pays libres restent en position de faiblesse. Mais ils commencent, timidement, à défendre leurs principes.

 

Certains (moi le premier) auraient préféré qu’aucune démocratie ne participe à la conférence de Genève ; que le clan des tyrannies adopte un texte inacceptable pour tout homme civilisé ; et que les oppositions irréductibles apparaissent au grand jour. Mais à défaut, cette conférence ratée, dont les ennemis de l’Occident sont sortis furieux de ne pas avoir obtenu le texte qu’ils espéraient, n’est pas un si mauvais résultat que cela.

  

Par Sébastien Castellion © Metula News Agency info # 012404/9) [Analyse]

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