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Publié par Dreuz Info le 25 avril 2009

  
  

  

Michel Garroté
   –   Lu sur Libération   –   Jusqu’alors, pour les pays occidentaux, l’urgence dans le dossier du nucléaire iranien consistait à parvenir à un accord avec Téhéran avant que ce pays n’accède à la bombe atomique. Mauvaise nouvelle, l’arrivée au pouvoir de Benyamin Nétanyahou en Israël a imposé un nouvel impératif : arriver à cet accord avant une attaque israélienne sur les sites iraniens. Réelle ou non, cette menace est en tout cas prise très au sérieux par les chancelleries occidentales. 
Les signes laissant présager une telle attaque ne manquent pas. Nétanyahou, en personne, a fait campagne sur ce thème. Depuis, on sait que les avions de Tsahal volent régulièrement jusqu’à Gibraltar pour s’entraîner au ravitaillement en vol sur de longues distances. Vendredi, le site israélien Debka, proche des services secrets, affirmait que le 17 avril, veille d’une parade aérienne pour la journée de l’armée iranienne, Moscou avait alerté le régime islamique sur l’imminence d’une attaque israélienne visant 140 appareils rassemblés sur une base près de Téhéran. Selon le même site, ces avions ont aussitôt été éparpillés aux quatre coins du pays. En 1967, l’aviation égyptienne avait été anéantie de la même façon.  D’ores et déjà, les pays occidentaux sont comme hantés par une possible attaque israélienne visant l’Iran, estimant qu’elle serait «une catastrophe». D’où l’urgence de reprendre les négociations. Interrompues en septembre, celles-ci n’ont en fait jamais commencé, Téhéran ayant surtout cherché à gagner du temps. La main tendue du président Obama peut-elle changer la donne ? L’Union européenne essaye d’y croire. Lundi, elle doit appeler Téhéran à «saisir l’opportunité» créée par la nouvelle politique américaine «pour engager sérieusement le dialogue», selon un texte validé par les Vingt-Sept. En coulisses, l’UE s’emploie à convaincre l’Iran que l’engagement américain est authentique mais que, sans réponse, il risque de ne pas durer.  Ce qui brouille les cartes, c’est que Washington est engagé à la fois dans le groupe des Six (Etats-Unis, Allemagne, Chine, France, Grande-Bretagne, Russie) à propos du nucléaire et dans une relation bilatérale avec Téhéran qui concerne d’autres dossiers difficiles : Irak, Afghanistan, Hezbollah… Du côté de Téhéran, après trente ans de tabou, la normalisation des rapports avec Washington demeure un problème pour le régime.  Reste que l’atmosphère a changé sans que l’on sache si une négociation «authentique» peut se mettre en place. Téhéran a dit oui au dialogue tout en voulant maintenir ses activités d’enrichissement, ce qui est jugé inacceptable par le groupe des Six. Mercredi, la secrétaire d’Etat Hillary Clinton a menacé l’Iran de sanctions «très dures» en cas d’échec des discussions. Réaction de l’ex-président Rafsandjani : «Que pouvons-nous attendre après de tels propos ? Ils [les Américains, ndlr] feraient mieux de ne pas les répéter afin de ne pas gâcher l’atmosphère qui existe aujourd’hui en Iran pour des pourparlers ».

  

  

  

  

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