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Publié par Dreuz Info le 27 avril 2009

Comme chaque année,  le 24 avril est  célébré comme une  date significative pour la  mémoire  du Génocide Arménien du 24 avril 1915 exécuté par les turcs.

 

 

Le massacre des Arméniens par les Turcs, pendant la Première Guerre mondiale, est le premier génocide du XXe siècle. Il débute le 24 avril 1915 à Istanbul, capitale de l’empire ottoman, avec l’assassinat de 600 notables arméniens sur ordre du gouvernement. A la fin de l’été 1915, les deux tiers des Arméniens de Turquie, soit environ 1,2 millions de personnes, auront péri dans des conditions généralement épouvantables.


 

L’empire ottoman comptait environ 2 millions d’Arméniens à la fin du XIXe siècle sur une population totale de 36 millions d’habitants.

 

Après l’extermination deux tiers des Arméniens de Turquie, les Jeunes-Turcs  se sont lancés dans l’élimination de la totalité des Arméniens de l’Asie mineure, qu’ils considèrent comme le foyer national exclusif du peuple turc. Les territoires habités par les Arméniens et les Kurdes constituaient, à leurs yeux, des obstacles à la continuité territoriale de leur imaginaire patrie turque. Il fallait les expurger de leurs habitants non turcs. La guerre mondiale leur offrit l’occasion de mettre à exécution leur dessein génocidaire.

 

Ils procèdent avec méthode et brutalité. La «Loi provisoire de déportation» du 27 mai 1915 fixe le cadre réglementaire de la déportation des survivants ainsi que de la spoliation des victimes.

 

Dans les villages qui ont été quelques semaines plus tôt privés de leurs notables et de leurs jeunes gens,  les militaires et  les gendarmes  turcs  déportèrent les femmes et les enfants arméniens. Ces malheureux furent réunis en longs convois et déportés vers le sud, vers Alep, une ville de la Syrie ottomane.

 

Les marches se déroulèrent  sous le soleil de l’été 1915, dans des conditions épouvantables, sans vivres et sans eau, sous la menace constante des montagnards kurdes, trop heureux de pouvoir librement exterminer leurs voisins et rivaux.

 

 


Survivent toutefois  quelques  jeunes femmes ou d’adolescentes arméniennes  (parmi les plus jolies) ; celles-là furent  enlevées par les Turcs ou les Kurdes pour être vendues comme esclaves ou converties de force à l’islam et mariées à des familiers musulmans  (en ce début du XXIe siècle, beaucoup de Turcs sont ainsi troublés de découvrir qu’ils descendent ainsi d’une jeune chrétienne d’Arménie arrachée à sa famille et à sa culture).

 


En septembre 1945, après les habitants des provinces orientales, vient le tour d’autres Arméniens du reste de  l’empire. Ceux-là sont convoyés vers Alep dans des wagons à bestiaux puis transférés dans des camps de concentration en zone désertique où ils ne tardent pas à succomber à leur tour. Au total disparaissent pendant et  après l’été 1915 les deux tiers de la population arménienne sous souveraineté ottomane.

 


Le traité de Sèvres signé le 10 août 1920 entre les Alliés et l’empire ottoman prévoyait la mise en jugement des responsables du génocide. Mais le sursaut nationaliste de Moustafa Kémal bouscule ces bonnes résolutions et entraîne une amnistie générale, le 31 mars 1923.


 

Les nazis tireront les leçons du premier Génocide  impuni de l’Histoire et de cette occasion perdue de juger les coupables… «Qui se souvient encore de l’extermination des Arméniens ?» aurait lancé Hitler en 1939, à la veille de massacrer les handicapés de son pays (l’extermination des Juifs viendra deux ans plus tard).


 

La question lancinante qui reste posée, à travers le génocide arménien, est celle de sa négation. La réalité du génocide perpétré sur les Arméniens  chrétiens de l’Empire ottoman  musulman pendant la Première Guerre mondiale est encore contestée par certains.

 


Reconnu par la sous-commission des Droits de l’homme des Nations unies en 1986, le génocide arménien de 1915 est  surtout nié par l’Etat turc. La Turquie qui  n’est pas un pays européen, ni géographiquement ni culturellement, n’a pas reconnue  son acte horrible qui s’est déroulé entre avril 1915 et juillet 1916.

 


En effet, nous sommes en 2009 et 93 ans plus tard, la Turquie, pays à 99 % musulman,  nie entièrement ce génocide. Commettre un tel acte est une chose horrible mais le nier est encore bien pire. Il serait temps que le gouvernement turc évolue et fasse preuve d’humanité…

 

 

Le Négationnisme est une entrave à la mémoire, un acte délibéré de destruction de la mémoire. Comment justifier qu’on tue 1,5 million de personnes ? Comment justifier l’oubli de ce génocide ? Nier ce drame, c’est nier le droit au peuple arménien  à exister. Deux  tiers de  ce peuple, qui porte la foi et la Croyance en Dieu, ont été exterminés par la machine infernale  d’extermination. Ils n’ont été éliminés que parce qu’ils étaient chrétiens.

 

 

Nous rendons ici un Hommage au peuple arménien martyrisé ,  nous honorons notre devoir de mémoire envers un million et demi de victimes innocentes disparus dans un crime monstrueux et abominable.

 


 

Plus que la  Turquie, le  reste du Monde musulman a aussi  un devoir moral envers le peuple arménien. Ce génocide, on le sait, fut organisé, planifié, accompli par un  gouvernement  de jeunes musulmans  turcs, animés par un nationalisme  fanatique visant à créer un empire allant des rives de l’Adriatique à la muraille de Chine.

 


Le sentiment d’injustice du peuple arménien ne pourra vraiment s’apaiser que le jour où il y aura des monuments et des musées à la mémoire du génocide arménien à Van, à Kharpert, à Malatya mais aussi à Istanbul. Quant au reste des pays musulmans,  autrefois rattachés à l’empire Ottoman, devront  eux aussi reconnaître  et enseigner  aux  nouvelles générations l’histoire de ce  génocide  pour que plus jamais la barbarie n’humilie la dignité de l’Homme !


 

Ftouh Souhail, Tunis

Citoyen du Monde

 

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