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Publié par Dreuz Info le 29 avril 2009

  
  
  

  

Michel Garroté    Mercredi 29 avril 2009     La crise ? Quelle crise ? Je lis dans le quotidien Le Monde (une fois n’est pas coutume) que « Georges Pompidou a laissé le centre Beaubourg, François Mitterrand a inauguré la Pyramide du Louvre, Jacques Chirac a voulu le Musée des Arts premiers. Dans la lignée de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy tient son grand chantier présidentiel : un métro automatique de 130 kilomètres qui sertirait la capitale et fonctionnerait jour et nuit. « C’est tout de même bien pour laisser sa marque dans l’histoire de Paris », fait-on remarquer à l’Elysée. Ce grand projet coûtera plus de 20 milliards d’euros. Il sera lancé en 2012 et achevé en douze ans. Il nécessitera une loi pour raccourcir les délais de réalisation actuels des grandes infrastructures. Nicolas Sarkozy se fixe trois objectifs chiffrés dans son projet de Grand Paris : 70 000 logements de plus par an, soit le double de l’effort actuel, grâce à l’assouplissement des règles d’urbanisme et à une meilleure utilisation de réserves foncières existantes. En outre, un million d’emplois supplémentaires devraient être créés en vingt ans. A cela s’ajoute une « dizaine de territoires économiques » dont le développement est jugé prioritaire. Parmi ceux-ci, figurent le plateau de Saclay, la future « vallée des biotechnologies » à cheval entre le sud de Paris et Ivry-sur-Seine et le quartier de la Défense.


  

  

Le chef de l’Etat devait dévoiler son grand dessein, mercredi 29 avril, lors de l’inauguration de l’exposition consacrée aux travaux des dix équipes d’architectes de renom qui ont participé à la consultation initiée par M. Sarkozy sur le « grand pari de l’agglomération parisienne ». Pour réaliser le Grand Paris qu’il appelle de ses voeux, M. Sarkozy a abandonné – à ce stade – l’idée d’une réforme institutionnelle. Sans passer par une refonte administrative qui risque de heurter les élus, il n’a pas renoncé, en revanche, à unifier Paris et les villes qui l’entourent. Pour que les habitants de l’agglomération parisienne se sentent appartenir à un même territoire, « il faut que les citoyens soient égaux en terme d’accès à Paris quel que soit l’endroit où ils habitent dans la métropole », explique-t-on à l’Elysée. Après l’aventure du métro dans la première moitié du XXe siècle, la réalisation du RER lancée par le général de Gaulle en 1965 et inaugurée en 1977, Nicolas Sarkozy justifie ainsi sa volonté de lancer une troisième « révolution » des transports des Franciliens. M. Sarkozy devait annoncer, mercredi, un plan d’investissement global de 35 milliards d’euros sur 12 ans. Soit 20 milliards de plus que ce que la Région et l’Etat ont d’ores et déjà prévu de dépenser dans les 15 ans qui viennent. Cet effort financier supplémentaire devrait être financé par un emprunt sur une durée de cinquante ans. Jusqu’à présent, l’Etat et la région se gardaient de recourir aux banques. Les investissements ont été uniquement fonction des recettes tirées de l’exploitation du réseau et des subventions de l’Etat à la SNCF et à la RATP. Pour rembourser le futur emprunt – qui pourrait être souscrit par un opérateur public ou privé – il faudra dégager chaque année 1,4 milliard d’euros.


  

  

« Toutes les pistes vont être explorées », indique l’Elysée. Sont ainsi envisagées l’augmentation du prix des tickets de transport, la remise en question de certaines exonérations, la hausse des taxes que versent les entreprises au Syndicat des transports d’Ile-de-France (STIF), la réévaluation de la redevance sur les bureaux. Enfin l’Elysée évoque l’idée de soumettre les promoteurs qui construiront le long de la future rocade de métro à une taxe sur la plus-value foncière qu’ils retireront de la bonne desserte des nouveaux immeubles. Une mission devrait être confiée à un groupe de parlementaires piloté par le député Gilles Carrez (UMP, Val-de-Marne) pour réfléchir aux modalités de financement du plan transports. Elle devrait rendre ses conclusions d’ici deux mois.


  

  

Pour lancer son projet pharaonique, M. Sarkozy a besoin de l’accord des élus. S’il entend les brusquer, il ne veut pas les braquer. Le chef de l’Etat devait donc préciser, mercredi, que le grand projet de rocade de métro autour de Paris n’absorbera pas les moyens financiers prévus pour améliorer le réseau existant et lancer les projets « déjà dans les tuyaux » (prolongation des lignes de métro, amélioration du réseau RER). En plaçant les transports au coeur de son projet de Grand Paris, M. Sarkozy tente aussi de faire la synthèse entre les travaux des dix équipes d’architectes qui ont toutes insisté sur la nécessité d’améliorer les déplacements pour faire de Paris une métropole de rang mondial. Le chef de l’Etat tient compte surtout de la « vision » de Christian Blanc, le secrétaire d’Etat chargé de la région-capitale. Ancien patron de la RATP, celui-ci a convaincu M. Sarkozy de réaliser une rocade automatique qui relierait les principaux pôles de développement économiques de la Région. Ce futur mode de déplacement est considéré par M. Blanc comme stratégique pour améliorer l’attractivité économique de l’Ile-de-France. Reste encore à préciser le tracé du futur métro. En se montrant soucieux d’apporter un remède aux difficultés des Franciliens pour se déplacer, M. Sarkozy espère ainsi se prévaloir de trouver les solutions que les élus, majoritairement à gauche en Ile-de-France n’ont pas réussi à fournir. Le premier coup de pioche de la future rocade est prévu pour 2012. Année d’élection présidentielle ».

  

  
  
  

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