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Publié par Dreuz Info le 7 mai 2009

Je vous mets en ligne un article concernant la libération de JP NEY, écrit par Etienne DURANIER , pour Metula News Agency.

Réjouissons-nous !

A l’issue d’une réunion de 45 minutes, qui s’est tenue avant-hier à la résidence du président ivoirien, M. Laurent Gbagbo, à Yamoussoukro, le secrétaire d’Etat français à la Coopération, M. Alain Joyandet, avait annoncé la mise en liberté provisoire de notre camarade et ami, le reporter-photographe Jean-Paul Ney. 

Hier, dans la soirée, on apprenait, avec une satisfaction non-dissimulée, que notre confrère avait effectivement été libéré. De plus, son avocat, Me Traoré, a indiqué que son client pouvait « quitter le territoire ivoirien, parce que la décision qui a été rendue est sans restriction ».

 

Notre confrère ne fera pas de vieux os dans la République ivoirienne ; dès qu’il aura passé une visite médicale démontrant qu’il est en état de prendre l’avion, il s’envolera vers Paris.

 

Jean-Paul Ney avait été appréhendé le 27 décembre 2007 devant le siège de la Radiotélévision Ivoirienne (RTI). Il avait ensuite été inculpé pour « attentat » et « complot contre la sécurité de l’Etat » et a passé une grande partie de ses 17 mois de détention à la Maca, l’une des prisons les plus terrifiantes d’Afrique occidentale.

 

La Ména avait décrit les circonstances de l’interpellation de J-P Ney dans un article du 7 janvier 2008 « Un grand reporter détenu à Abidjan ».

 

Ledit article est illustré de très belles photos effectuées lors de l’ »incrustation » du reporter dans l’unité d’élite Kherev, « Sabre », de l’armée israélienne. Tsahal avait, pour la première fois, ouvert les portes de ce corps d’infanterie-motorisée, presque entièrement constitué de combattants et d’officiers appartenant à la minorité druze israélienne, à la demande de la Ména.

 

Cette « incrustation » avait cela de particulier, pour le surplus, qu’elle s’était déroulée moins d’un mois après la fin de la Seconde Guerre du Liban, sur la frontière du pays au Cèdre, alors que la tension était encore très vive.

 

Kherev fut la seule unité de Tsahal engagée dans le conflit à n’avoir subi aucun blessé physique, en dépit des âpres combats auxquels elle avait participé.

 

 

Il est toujours seul, celui qui ne connaît que la liberté

Photo Jean-Paul Ney ©, automne 2006

 

Ney avait partagé les dortoirs avec les soldats et avait pris part, une semaine durant, à toutes leurs patrouilles et à leurs entraînements.

 

Avant le début de cette expérience inhabituelle, le commandant en chef de Kherev avait exprimé aux oreilles de notre rédacteur-en-chef la crainte que le journaliste français soit incapable de suivre le rythme imposé par ses hommes et les ralentisse.

 

A la fin du reportage, le même colonel avait déclaré que Jean-Paul disposait du même niveau de préparation physique que ses soldats, et qu’il s’était parfaitement intégré dans le groupe. « La seule différence avait été qu’eux portaient des fusils-mitrailleurs, et lui, des appareils de photo ».

 

Une véritable relation de confiance s’était instaurée entre la troupe et le journaliste étranger, qui allait et venait librement dans le camp principal de l’unité. Avant son départ, le colonel Wajdi Serkhan décerna à Ney, en signe d’amitié, les épaulettes de Kherev, figurant deux sabres arrondis qui se croisent, ce qui émut le grand reporter.

 

Pour notre part, nous avons tiré et agrandi les images prises par notre camarade et les avons remises à ses hôtes d’un moment ; elles servent désormais de tapisserie sur les murs du mess.

 

Voici la fiche professionnelle de notre ami, telle qu’elle s’est répandue dans la presse généralisée :

 

« JEAN-PAUL NEY

 
Né le 4 mai 1976 à Prades

 
Journaliste de terrain et correspondant pour plusieurs médias nationaux, Jean-Paul Ney a fait
ses armes de photoreporter au Moyen et Proche Orient pour la prestigieuse agence Sipa Press.

Collaborateur à Paris Match et au Figaro Magazine.

 
Il a aussi longuement publié pour France Soir au titre d’envoyé spécial et à VSD, au titre de
correspondant aux Etats-Unis, ainsi que dans plusieurs pays du Moyen-Orient.

 

Il était un proche de la Ména, Metula News Agency, dans les bureaux de laquelle il a résidé quelques temps.

 
Journaliste de télévision (TF1, LCI, France5, M6) et écrivain, il a été l’auteur d’investigations qui ont fait la une de l’actualité ».

 

Nous avons, bien entendu, beaucoup tenté pour hâter la libération de Jean-Paul, mais sans succès. Des officiels et des officieux de divers pays, que nous avions approchés, nous ont fait comprendre que, vu la complexité des intérêts engagés autour de la présidence ivoirienne, vu la situation délicate de la France dans ce pays, de même que la présence discrète d’éléments israéliens en Côte d’Ivoire, il valait mieux, dans l’intérêt de notre camarade, que la Ména n’intervienne pas davantage.

 

Mais pour tous, il est absolument évident que le reporter-photographe n’a en rien trempé dans une tentative de coup d’Etat.

 

Lors d’une conversation téléphonique avec un correspondant de l’AFP, J-P Ney, apprenant mardi la nouvelle de sa libération, a en outre déclaré « (…) J’ai forcément du mal à y croire. Si c’est le cas, c’est une victoire de la justice ivoirienne, de la liberté de la presse, de la liberté d’investiguer.

Je suis venu faire mon travail (en Côte d’Ivoire), je crois qu’il y a eu une mésentente aussi bien de mon côté que du côté des Ivoiriens. (…) ».

 

La méprise, de son côté, ce fut d’avoir voulu filmer ce qui ressemblait fort à la préparation d’un coup d’Etat, et penser que cela participait de la liberté d’investiguer. J-P Ney avait saisi dans son objectif des réunions préparatoires tenues par le chef rebelle Ibrahim Coulibaly avec son équipe de conspirateurs.

 

Au cas où les comploteurs auraient réussi leur dessein de renverser Gbagbo, Jean-Paul tenait un documentaire d’envergure mondiale ; mais à voler trop près du soleil, on peut se brûler les ailes, c’est connu depuis l’antiquité grecque.

 

S’il est certain que le reporter français n’a pas aidé Coulibaly, et qu’il n’était en aucun cas obligé d’informer les agents du président ivoirien de ce qui se tramait, il aurait dû se douter que l’Afrique n’a pas encore beaucoup d’égards pour notre déontologie, surtout lorsque les régimes en place sont sur le qui-vive.

 

Quant aux services de Laurent Gbagbo, ils se sont empressés d’annoncer une grosse prise : vous imaginez, un Européen, et français qui plus est, qui aurait trempé dans une tentative de coup d’Etat…

 

Puis, très rapidement, ils se sont rendu compte que le requin blanc n’était en fait que le plongeur qui filmait le squale. Mais comment admettre la bévue sans couvrir les « services » ivoiriens et, partant, le président, de ridicule ?

 

Ney devenait gênant. Il fallait trouver une échelle pour redescendre de l’arbre ; elle s’est présentée lorsque qu’elle a correspondu à des priorités politiques avec la France. En 45 minutes de discussion, noyées dans des sujets de collaboration entre Etats, Paris et Abidjan ont solutionné le cas Ney.

 

A en croire la presse locale, le Président et M. Joyandet ont abordé au moins cinq sujets, dans des domaines aussi vastes que l’agriculture, l’agroalimentaire, le monétaire et la libération provisoire de notre confrère et ami.

 

Encore, est-ce sans compter le sujet principal, qui, me semble-t-il, est en fait le seul à avoir été réellement abordé par les deux hommes : Paris exige en effet de Gbagbo qu’il « fixe une date précise pour la tenue d’élections libres en Côte d’Ivoire ».

 

Cela a été d’ailleurs très clairement formulé à la sortie de l’entretien par le haut fonctionnaire français : « Nous avons fait ce trajet en direction du Président de la République pour lui indiquer que la France est prête à relancer la coopération franco-ivoirienne. Dès que les opérations électorales auront été terminées. En ce qui concerne les avancées dans ce cadre là, on fera un tour d’horizon sur les différents sujets qui concernent le développement de la Côte d’Ivoire », a précisé Alain Joyandet.

 

Il semble que Laurent Gbagbo ait un besoin ultime de cette « aide au développement » proposée par Paris. Et que, face à cette urgence, le sort de notre ami Jean-Paul était retombé en importance. Garder un ressortissant tricolore innocent en prison n’aidait pas à recouvrer les grâces de l’Elysée.

 

Ney est devenu un tout petit pion face à cet enjeu. C’est bien, Cela lui a assuré sa libération. Et puis il s’envolera librement vers l’Europe, le régime qui domine la Côte d’Ivoire ne voulant plus en entendre parler.

 

Alors nous attendons avec impatience de pouvoir obtenir J-P Ney au téléphone. Ensuite, Stéphane Juffa, son ami, ira à sa rencontre. Dans l’espoir qu’ils ne nous l’ont pas trop amoché durant ses dix-sept mois de réclusion.

 

S’il a besoin d’un endroit où passer sa convalescence et préparer ses prochains barouds, sa chambre à la Ména est toujours prête. Nous avons changé les draps, elle l’attend. Et nous aussi, nous t’attendons, espèce de tête brûlée !

 

Enfin une bonne nouvelle : J-P Ney est libre (info # 010705/9) [Analyse]

Par Etienne Duranier © Metula News Agency

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