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Publié par Dreuz Info le 7 mai 2009

 

Le petit  émirat de Dubaï, à la réussite économique si insolente ces dernières années, est en train de vivre le pire. La chute brutale des prix du Pétrole a paralysé l’économie de l’émirat et la réalité de la crise financière internationale l’a rattrapé de plein fouet  pour que le rêve de Doubaï s’effondre définitivement comme un château de carte.  




L’insolente prospérité De Dubaï et la notoriété qu’il s’est construite au fils des années et qui en font une destination de plus en plus prisée des arabes, notamment des nord-africains qui rêvent désormais de Dubaï et de ses pétrodollars, est désormais sur le point de prendre fin.  

 



Plombé par des investissements immobiliers hasardeux, Dubaï s’enfonce dans le marasme. Fin février 2009, malgré l’émission de bonds du Trésor de 20 milliards de dollars pour refinancer  sa dette, l’ombre d’une faillite  généralisée se rapproche dans ce petit émirat arabe qui a  forgé son image sur le luxe  exorbitant et les grattes ciels exotiques. Selon une étude du 5 février, 55 % des projets de construction, d’un montant de 582 milliards de dollars, ont été gelés. Et des menaces pèsent aujourd’hui sur les actifs de la plupart des banques. Selon Raed Safadi, chef économiste du gouvernement de Dubaï, le PIB s’établira sous les 2,5% (prés de 9 % estimé en 2008), ce qui signifie que l’émirat sera incapable de stimuler les dépenses publiques. Les agences de notation ont estimé récemment que la dette de Doubaï atteignait 47 milliards de dollars, soit 103 % de son PIB, précise Mary Nicola, économiste en charge du Moyen Orient à la Standart Chartered Bank . A quoi s’ajouteraient 70 milliards de dollars de dettes dans les comptes des sociétés contrôlées par l’émirat de Dubaï.  

 




Sous la direction du Cheikh Mohammed bin Rashid Al-Maktoum, Dubaï (un des 7 Etats des Emirats arabes unis) a invité les gens du monde entier à venir « faire de l’argent » et ils l’ont fait. Environ 83 pour cent de sa population de 1,4 millions, sont étrangers. L’émirat a exploité le boom de l’énergie. Dubaï est devenu célèbre pour la seule piste de ski dans le désert tropical, le seul hôtel 7 étoiles, et le bâtiment le plus haut du monde, le tout fait avec un tour nouveau. La publicité pour les gratte-ciels, par exemple, les présente comme « un exemple sans précédent de coopération internationale » et « un phare de progrès pour le monde entier. ».  

 



Mais si Dubaï a semblé être une exception à la trajectoire musulmane générale, cela  n’était  qu’éphémère. Depuis six mois, la crise mondiale a ouvert quelques voies d’eau dans ce symbole démesuré de l’économie arabe. L’immobilier, qui devait être la locomotive de l’après–pétrole est la première victime de la vague de la récession dans les pays du Golf persique. Et les 800 000 travailleurs immigrés, qui représentent plus des deux tiers de la population de Dubaï, voient le rêve du plein-emploi s’évanouir. Pakistanais, Indiens, Philippins…sont directement exposés au chômage. Tandis que le gel de plusieurs chantiers, comme celui de la tour Burdj Dubaï, tour qui devait dépasser le seuil vertigineux des 1000 mètres, vient d’être décidé.  

 

Quand ce n’est pas le chômage technique, c’est le retour au pays d’origine. Car les autorités n’ont pas d’états d’âme .Les chômeurs étrangers ont un mois pour quitter le territoire .Aucune donnée précise n’est officiellement disponible sur l’ampleur de cet exode économique, mais la presse arabe avance le chiffre de 50 000 à 70 000 départs depuis le début de l’année .Des rapatriements que les chômeurs espèrent provisoires  pour ne pas perdre le bénéfice de leur précieuse carte de séjour, valable seulement six mois après leur départ.  

 



Les énormes recettes pétrolières qui ont été versées n’ont nulle part où aller, sinon de plus en plus dans la spéculation immobilière. C’est un grand commerce pour les promoteurs et leurs fournisseurs occidentaux et asiatiques. La formule, de leur point de vue, est très simple : vendre les terres désertiques à des investisseurs  at premium (à prime). Ensuite doubler les profits par le financement de la construction d’îles artificielles, de lacs, de centres commerciaux. Comment d’ailleurs on jauge les pharaoniques travaux entrepris depuis vingt ans pour transformer Dubaï en joyau urbain de la péninsule arabique ?  



Avec une récession dans le monde entier et le prix du pétrole chutant de plus des deux tiers, nul n’a été touché plus durement que la machine à rêve de Dubaï. Tout comme elle s’était élevée avec panache, elle coulait maintenant avec brio. Un exemple, comme l’a indiqué Robert F.Worth dans le New Yok Times : « Avec l’économie de Dubaï en chute libre, les journaux ont rapporté que plus de 3000 voitures se trouvaient abandonnées partout dans le parc de stationnement, à l’aéroport de Dubaï, laissées par la fuite des étrangers surendettés (qui peuvent en fait être emprisonnés s’ils ne payaient pas leurs factures.) Certains ont dit avoir crevé le plafond de leur carte de crédit et des notes d’excuses ont été fixées avec du ruban adhésif sur le pare-brise. »  




Ce syndrome de la voiture abandonnée et les chômeurs qui  perdent  leur visa de travail, tout cela a pour effet de réduire les dépenses, de créer des logements vacants et de faire baisser le prix de l’immobilier, dans une spirale descendante qui a laissé des parties de Dubaï – saluée comme la superpuissance économique du Moyen-Orient – ressemblant à une ville fantôme. Les routes de Dubaï, généralement surchargées de trafic à cette époque de l’année, sont maintenant pour la plupart dégagées.  



Les expatriés sont maintenant en baisse dans le pays .Certains voient cela « comme si c’était une arnaque (un jeu de con) depuis le début. ». Une spécialiste des Emirats arabes unis à l’université de Durham, note que « Quand Dubaï était riche et prospère, tout le monde souhaitait être son ami. Maintenant qu’il n’a plus d’argent en poche, personne ne désire plus être copain avec lui. »  

 



Les prix de l’immobilier, qui ont augmenté de manière dramatique pendant les six années du boom de Dubaï, ont chuté de 30 % ou plus sur les 2 ou 3 derniers mois .Des dizaines de milliers de personnes sont parties, les prix de l’immobilier se sont effondrés, une multitude de grands projets de construction de Dubaï ont été suspendus ou annulés. Le mois dernier les journaux locaux ont rapporté que Dubaï annulait 1000 visas de travail tous les jours. Certains disent que le véritable chiffre est bien supérieur. Personne ne connaît l’étendue du mal.  




Au lieu de s’orienter vers une plus grande transparence, les Emirats semblent se diriger dans une autre direction .Un nouveau projet de loi sur la presse considèrerait comme un crime d’endommager la réputation du pays ou de l’économie, passible d’amende jusqu’à un million de dirhams (272 000 dollars). Certains disent que ça a déjà un effet frigorifiant sur les analystes de la crise. 


La  panique  est maximale à Dubaï. Comme le gouvernement refuse de donner des chiffres les rumeurs vont bon train endommageant la confiance et sapant l’économie un peu plus. Les méchantes rumeurs se répandent vite : le Palm Jumeirah, l’île artificielle qui est un des développement phare de la ville est en train de couler. 


La vulnérabilité de Dubaï était prévisible. L’Establishment a espéré que de grosses constructions se substitueraient aux hydrocarbures et que la ville sera,  du jour au lendemain, un  centre financier. Surgie  alors de terre, en vingt ans,  des centenaires de skyline  donnant à Dubaï de faux airs de Frankfort ou Manhattan. 


Il faut voir ici  le résultat d’un aveuglement  politique des cheikhs, rois, émirs et leurs amis qui n’ont aucune perception de la vraie richesse qui réside essentiellement,  non pas dans le béton armé ou le luxe vulgaire mais dans l’investissement dans l’Intelligence Humaine. L’Etat juif par exemple n’a pas de pétrole,  mais il  a des femmes et des hommes créatifs. Faute de ressources naturelles, les israéliens  misent sur la matière grise. Seulement, voilà les riches émirats, à l’instar de la plupart des pétro-monarques de la région,  n’ont pas un attachement pour  le savoir et la connaissance comme les pionniers juifs en Israël. C’est pour cela que l’on ne connaît pas de pays musulmans producteur de richesse. Quand les énergies écologiques auront raison du pétrole, ces pays là deviendraient pauvres comme avant la parenthèse du pétrole.



Ftouh Souhail, Tunis

 

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