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Publié par Dreuz Info le 11 mai 2009

Au moment ou nous écrivons ces lignes quelques 3.000  pèlerins juifs, selon les organisateurs, sont entrain de participer au pèlerinage annuel de la Ghriba, qui se poursuivra jusqu’au   Mardi  12 Mai dans l’île tunisienne de Djerba placée sous haute surveillance.



Ce rassemblement traditionnel de plusieurs jours , autour de la plus ancienne synagogue d’Afrique, dans l’île touristique située à 500 kilomètres au sud de Tunis , constitue un moment fort pour Djerba  qui abrite 1 045 juifs et 19 synagogues. La  Hara el-Kbira est le principal  quartier qui abrite l’essentiel  de communauté juive sur l’Ile.



Les plus gros contingents de pèlerins sont venus de France et d’Israël. Trois cents Israélites, généralement d’origine tunisienne,  sont  arrivés cette année à Djerba. En raison de l’absence de relations aériennes et diplomatiques entre leur pays et la Tunisie, ils sont venus via la France, Malte ou la Turquie et sont entrés en Tunisie munis d’un visa spécial.

Un énorme dispositif de sécurité, encore plus important cette année,  est déployé à Djerba où sont installés un millier de juifs tunisiens.

 



Le séjour des  pèlerins juifs,  venant d’Europe et d’Israël et d’Amérique, a  connu  son apogée  ce lundi  lors de la procession rituelle entre la Ghriba et deux autres synagogues de Djerba, qui en abrite dix-neuf au total.

 

Officiellement, le pèlerinage ne dure que deux jours (les 11 et 12 mai, cette année). Il est marqué par une procession assez folklorique dans les rues d’Erriadh, le village qui abrite la Ghriba, autour d’une pyramide hexagonale en argent, la Menara, sur laquelle sont inscrits les noms des douze tribus d’Israël et des rabbins renommés de Tunisie. Dans les faits, le pèlerinage s’étale sur une semaine.

 

Haut lieu du judaïsme, avant être détruite puis reconstruite, durant la première diaspora (500 ans avant l’ère chrétienne), la Ghriba, petit édifice blanc et bleu d’un étage près de la petite ville de Houmt Souk est un fleuron du judaïsme  nord africain .

 



Ghriba signifie « merveilleux » ou « étrange » en arabe et reflète le statut spécial de la synagogue dans les traditions juives de Tunisie. Elle est la plus connue d’un certain nombre de synagogues portant le même nom et situées dans d’autres pays d’Afrique du Nord (notamment à Annaba). La renommée de la synagogue est basée sur les nombreuses traditions et croyances qui soulignent son ancienneté et son importance parmi les Juifs locaux et ceux des anciennes communautés juives de Tunisie et de la Libye voisine.

 


Tous le disent : « La Ghriba, on y croit fermement ! » Deux légendes circulent quant aux origines de ce haut lieu du judaïsme, qui a des allures de Lourdes. Une femme, arrivée de nulle part – d’où son nom, la Ghriba (« l’étrangère ») -, aurait vécu ici en solitaire. Une nuit, sa cabane prit feu. Découvrant le lendemain son corps intact sous les cendres, les habitants comprirent qu’ils avaient côtoyé une sainte, non une sorcière, et construisirent un sanctuaire à sa mémoire. L’autre légende veut que des juifs, fuyant la destruction du temple de Jérusalem par le Babylonien Nabuchodonosor, en 565 avant l’ère chrétienne, se soient réfugiés sur l’île aux Lotophages chantée par Homère dans L’Odyssée. Ils y bâtirent une synagogue avec une porte du temple qu’ils avaient emportée dans leur fuite.

 



Quoi qu’il en soit, la Ghriba est supposée faire des miracles. Des cancéreux y obtiennent des guérisons inespérées. Des femmes stériles se retrouvent enceintes juste après être passées par là, ou après avoir chargé un parent d’allumer une bougie à leur intention, à la synagogue, ou d’y déposer un oeuf. Des célibataires endurcis rencontrent leur conjoint dans l’année.




La Ghriba, c’est un peu, pour les juifs, l’antichambre de Jérusalem, un morceau de Terre sainte en territoire musulman. La Ghriba est un mythe qui enchante chaque année des milliers de pèlerins au moment des célébrations du Lag Baomer, fête de liesse populaire qui marque la fin de la période de deuil du Omer (1). Le pèlerinage annuel de La Ghriba est un rappel permanent aux faits marquants de l’histoire du judaïsme, c’est un retour constant vers la mémoire. Ce jour de Lag Baomer, est aussi l’occasion de fête, un peu partout dans le monde, essentiellement chez les sépharades.

 

 Djerba qui détiendrait le plus vieux texte de loi du judaïsme, qui  abriterait une relique du Temple de Jérusalem  et qui recevrait chaque année des milliers de pèlerins pourrait bien honorer le titre de «  Capitale culturelle juive ». A l’instar de Jérusalem qui est désigné « Capitale culturelle arabe » pour l’année 2009, nous plaidons pour que très bientôt aussi l’UNESCO désignera  Djerba comme capitale de la culture juive.



L’UNESCO, organe culturel des Nations Unies, vient de prendre une décision hautement symbolique cette année, en décrétant Jérusalem comme « capitale de la culture arabe » pour l’année 2009. Pour encourager le dialogue judéo-muslman, et pour que ce dialogue ne sera pas à sens unique  il est vivement souhaitable que l’Unesco élève  Djerba au rang de capitale culturelle juive.



Si Jérusalem est le carrefour des 3 grandes religions du Livre, Djerba l’est aussi puisque cette île abrite aussi des Musulmans et des Juifs qui  fréquentent chaque jours la même école, mais aussi des chrétiens  orthodoxes qui visitent tout au long de l’année  cette île  abritant une somptueuse église orthodoxe grecque. Cette  église est même supervisée par une musulmane .Cet esprit de coexistence et de tolérance a valu à Djerba le surnom d' »Ile des rêves ».



Ainsi, il serait possible de faire de Djerba, en Tunisie, la «capitale de la culture juive» de l’Afrique du Nord. Surtout que sur l’île de Djerba se trouve des dizaines de synagogues et maisons de prière  mais surtout cette célèbre synagogue de Ghriba qui est  construite, il y a de cela 2600 ans, lorsque des juifs s’y sont établis après  qu’ils eurent été chassés de Jérusalem (soit 1000 ans avant la conquête arabe de la Tunisie) (2).




Djerba, est une île de tolérance et la Tunisie un pays pluriel et tolérant où les trois religions du Livre (ndlr: islam, christianisme et judaïsme) cœxistent.  Ce sera donc une initiative louable si le choix de l’UNESCO va dans le sens d’élever Djerba au rang de la future. »Capitale culturelle  juive  » .Cette initiative sera mondialement saluée,  elle constituera en plus une avancée majeure dans le cadre du rapprochement entre juifs et arabes et la reconnaissance de la  tradition d’ouverture et de tolérance de ce pays.

 


Ftouh Souhail, Tunis

 


(1) Période comprise entre Pessa‘h et Chavou‘oth, appelée « Omèr » .Elle est marquée, par des pratiques proches de celles du deuil. De fait, cette période, tout au long de l’histoire, a été marquée par des événements tragiques : Les massacres des communautés juives de France et d’Allemagne au moment des Croisades, ceux perpétrés en Pologne en 1648 et 1649 par Bogdan Chmielnicki et ses Cosaques, et bien d’autres encore…


(2) Les Juifs soent arrivés pour la première fois en Tunisie au VIème siècle avant J.C., après que le Roi de Babylone Nebuchadrezzar les eut chassés après avoir détruit leur Premier Temple à Jérusalem. Les réfugiés auraient apporté avec eux une porte et une pierre de l’autel du temple détruit.

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