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Publié par Dreuz Info le 16 mai 2009

Souvenez-vous : 1984, dans les Vosges. Le petit Grégory est retrouvé assassiné dans une rivière. L’affaire, qui émeut la France entière, provoque un véritable raz-de-marée médiatique. Bien que la justice n’ait jamais tranché du fait de la mort du principal suspect, son compte-rendu de l’enquête est suffisamment clair pour admettre que la gendarmerie, depuis le début, avait résolu le crime. Dans un ouvrage très éclairant, le capitaine Etienne Sesmat, qui mena l’enquête, raconte la folie qui s’empara de la région : combien il fut insulté par sa hiérarchie, moqué par la presse et mis sous pression par les magistrats, jusqu’à être destitué du dossier, alors que ses hommes avaient découvert le vrai coupable du meurtre de Grégory Villemin : Bernard Laroche.

2007 : une petite fille de 3 ans disparaît durant des vacances familiales au Portugal. Elle s’appelle Madeleine McCann, et vient de Grande-Bretagne. Elle aurait disparu pendant l’absence de ses parents, dans le bungalow qu’ils louaient au coeur d’une cité balnéaire portugaise. Devant les médias, les parents soutiennent qu’elle a été enlevée par des ravisseurs inconnus. Débute une véritable tornade médiatique. David Beckham, JK Rowling, la Reine d’Angleterre et même le pape se joignent à la douleur des parents, qui vont de plateau de télévision en plateau de télévision pour répéter la même histoire. Au Portugal, les enquêteurs sont pourtant sceptiques : si les preuves concrètes  manquent, les indices ne collent pas avec la théorie de l’enlèvement. Témoignages contradictoires des parents et de leurs amis, traces de sang dont l’ADN correspond à celui de la fillette trouvées dans l’appartement familial, témoignages affirmant avoir vu, le soir de la disparition, le père Gerald McCann dans la rue, tenant dans ses bras une petite fille insconsciente habillée comme Maddie, et surtout odeurs de cadavre détectées par les chiens dans l’appartement et dans la voiture des parents louée vingt jours après la disparition de la petite…

Sans compter que le comportement du couple est loin d’être celui de parents normaux : le jour de la disparition, les McCann appellent la chaîne de télévision britannique Sky News avant la police. Plus tard, ils s’octroient les services d’un conseiller en communication avant de prendre un avocat. Pendant leurs dépositions, les parents se contredisent ; l’une de leurs amies, censée avoir vu un « kidnappeur », en donnera quatre portraits-robots différents en l’espace de deux ans…

Pire : devant des enquêteurs portugais stupéfaits, le père McCann se lance dans une joyeuse discussion sur le rugby alors que la police suit de près une annonce de rançon (bidon) parvenue de Hollande… Plus incroyable encore: aucun des deux parents ne participera physiquement aux recherches de leur fille sur les plages et dans les rues portugaises, pendant quatre mois !

Injustifiable, ce comportement conforte les policiers portugais dans leur première opinion : les McCann, médecins fortunés, ont abandonné leur enfant pour s’offrir un repas de vacances. Pendant leur absence, Maddie a fait une chute mortelle , peut-être due aux médicaments (Maddie étant une fille hyperactive, sa mère lui administrait des tranquilisants pour la faire dormir). Refusant de porter la responsabilité de cette mort,  le couple aurait caché le cadavre et créé de toutes pièces l’histoire de l’enlèvement.  

Sourds aux preuves, les médias
britanniques ne veulent rien savoir. Le portrait de la petite Maddie émeut le pays, les stars se bousculent, et les parents font d’excellents dramaturges : pourquoi tarir un tel sujet vendeur ? Dans les tabloïds anglais, les policiers portugais sont insultés, qualifiés de « flics du Tiers Monde » (tout comme les gendarmes des Vosges étaient traités d' »arriérés » lorsqu’ils soutenaient la culpabilité de Bernard Laroche). La justice pour Maddie attendra, place au spectacle. 

Du côté des professionels, l’inspecteur général Gonçalo Amaral, responsable de l’enquête, refuse d’abdiquer. Au fil des semaines, il nourrit de plus en plus de soupçons à l’égard des parents. Lorsqu’il commence à s’intéresser à l’emploi du temps des McCann, ces derniers quittent subitement le Portugal pour l’Angleterre… et Amaral devient la tête de turc des médias britannique. Soumis à une pression internationale, le gouvernement portugais finit par lui retirer l’affaire.

L’inspecteur a depuis décidé de parler dans un livre, best-seller au Portugal et récemment traduit en français (Maddie, l’enquête interdite, Bourin éditeur, 2009). Il y détaille les faisceaux d’indices que son équipe a mis à jour. Tous écartent la piste d’un enlèvement et pointent vers la responsabilité des parents. 

Faisant preuve d’un courage rare, l’inspecteur Gonçalo Amaral, après vingt-sept ans de bons et loyaux services dans la police judiciaire, ose dénoncer le tourbillon médiatique qui biaise la justice et rend un vrai hommage à la petite Madeleine McCann, tuée par la négligence de ses parents qui l’avaient abandonnnée dans un bungalow, en pleine nuit, pour aller s’enivrer avec des amis dans un restaurant local. 

L’HYPOTHESE LA PLUS CREDIBLE
 Selon la police portugaise, Maddie, 3 ans, sous le coup de violents médicaments donnés par ses parents, se serait réveillée seule dans son appartement, comme tous les soirs, alors que ses parents dinaient à 100 mètres de là, dans le restaurant du club. Effrayée, souhaitant se rapprocher de la fenêtre d’où lui parvenait le son de la voix de son père, elle  aurait fait une chute mortelle en voulant enjamber le sofa et se serait tuée (des traces de sang ont été localisées à cet endroit). Sa mère l’aurait découverte. Craignant d’être à juste titre condamnée pour négligence criminelle, elle aurait dans un premier temps caché le cadavre dans un placard (où l’odeur d’un corps décédé a été détectée par les chiens, de même que sur la peluche de la petite fille) avant d’avertir son mari. Celui-ci aurait transporté le cadavre vers la plage (il a été identifié par des témoins irlandais, transportant une petite fille « en pijama et aux bras pendants » vers la plage la nuit de la disparition) et l’aurait cachée. Vingt jours plus tard, il serait revenu la chercher avec sa voiture de location (odeur de cadavre détectée dans la voiture) et se serait débarassé du corps de la fillette dans un lieu inconnu.

Authentique vidéo des chiens de la police scientifique britannique, spécialisés dans la détection d’odeur de cadavre humain, et déployés sur la scène de crime de l’affaire Maddie.
Emmenés sur le lieu de la disparition de la fillette, ils n’ont réagi que face à la voiture louée par le couple McCann vingt jours après la disparition (première séquence) et dans l’appartement où Madeleine a disparu, dans le placard et derrière le sofa (seconde séquence), preuve que les parents sont impliqués dans la disparition de leur fille.

 

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