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Publié par Dreuz Info le 4 juin 2009

 Que de temps perdu! Les élections approchant, la droite s’affole de la violence dans les cités et les écoles. Mais cela fait vingt ans et plus que le compte à rebours est enclenché. Vingt ans et plus que des observateurs alertent, en vain, sur les désastres promis par la « dictature des bons sentiments », dénoncée hier par Nicolas Sarkozy.

Vingt ans et plus que la pensée conforme refuse les évidences et insulte ceux qui les désignent. La faillite de la société est patente quand des voyous des cités tirent sur des policiers à l’arme de guerre, quand une enseignante se fait poignarder par un élève de 13 ans, quand un lycéen se fait agresser à coups de marteau. Mais ces faits sont presque routiniers.

 
Arrêtons-nous sur l’école. Fouiller des cartables, installer des « équipes mobiles d’agents », généraliser la vidéosurveillance : tout cela est utile pour freiner une insécurité banalisée de surcroît par le cinéma et les jeux vidéo et aggravée par la démission de certaines familles. Mais ces solutions ne régleront pas les causes. Celles-ci, complexes, tiennent d’abord à une démission collective des politiques et des médias. Ils ont renoncé à combattre la démagogie des syndicats enseignants et n’ont pas davantage tenu tête à l’idéologie hyperégalitariste qui a arasé l’autorité et la culture.


Ainsi, cette semaine, une partie des syndicats du primaire a décidé de s’opposer aux évaluations des connaissances pour les élèves de CE1 (Le Figaro, mardi). Un fait qui s’ajoute aux témoignages de professeurs (dernier en date : Véronique Bouzou, Ces profs qu’on assassine, Jean-Claude Gawsewitch) qui dénoncent le renoncement de l’Éducation nationale à transmettre. Il est des inspecteurs d’académie qui ont déclaré la guerre à la « tyrannie des savoirs ». Il en est d’autres qui préfèrent lâcher un professeur en conflit avec un élève. Les exemples sont légion.


Illettrisme et ensauvagement sont les fruits de cette école qui a inversé les valeurs, au nom du respect de l’autre. En 2005, déjà, Karen Montet-Toutain était poignardée en plein cours par un élève. Depuis, l’enfer s’est installé. Il devrait mobiliser la société rassemblée, qui est en train de produire son propre malheur. Il n’en est rien. Ce n’est pas une politique répressive qui rétablira l’école-sanctuaire. Il s’agit de reconstruire l’école publique. Un énorme chantier, qui oblige d’abord à sortir, concrètement, de la complaisance qui édulcore les réalités. Qu’attend-on?

Allègre « négationniste »

Claude Allègre avait raison quand il dénonçait les tares de l’Éducation et les responsabilités des syndicats. Une partie de la droite lui sait encore gré d’avoir dit, à l’époque, des vérités inavouables sur le « mammouth ». Or, peu d’hommes politiques osent renverser la table. Comme le remarque l’essayiste André Grjebine, parlant des pays scandinaves, le conformisme est devenu un procédé destiné à maintenir une cohésion sociale : « L’opinion publique ne résulte pas de l’addition des sentiments véritables de ceux qui la composent, mais de l’idée que chacun se fait de ce que les autres pensent. » Cet artifice neutralise le débat public. Il empêche aussi de voir et de parler clair.


C’est pourquoi la nomination de l’ancien conseiller de Lionel Jospin à un ministère de la Recherche et de l’Innovation pourrait être vue comme un affranchissement du conformisme, que Sarkozy semble vouloir rompre en promettant, hier, « des opérations coups de poing dans les cités ». En tout cas, les

Inutile ouverture

Cette possible arrivée d’un socialiste repenti n’illustre pas pour autant les vertus de l’ouverture, que l’Élysée dit vouloir poursuivre. S’il est une famille où le politiquement correct reste ancré, c’est bien au PS, gardien de dogmes responsables du désastre de l’Éducation nationale, sa chasse gardée. Alors qu’un mouvement de fond porte la droite, partout en Europe, il serait paradoxal d’en appeler encore aux largués « progressistes ». N’y aurait-il donc pas, hors la gauche, d’hommes compétents pour épauler le gouvernement?

Entendre évoquer l’hypothèse d’une nomination au ministère de l’Éducation de Richard Descoings, patron de Sciences Po Paris, peut faire craindre une replongée de l’école multiculturelle dans le communautarisme, ses quotas, ses passe-droits, son angélisme. Sont-ce là les moyens de préserver un héritage culturel qui devrait être commun à tous?

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accusations contre Allègre illustrent bien la réalité de la pensée unique : parce que ce scientifique récuse la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique, il est considéré par les amis du médiatique Nicolas Hulot comme « un négationniste en matière d’environnement ». Alain Juppé juge que sa nomination constituerait un « contre-signal formidable ». C’est parce qu’ils sont nombreux à vouloir le faire taire qu’Allègre doit entrer au gouvernement.

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